nom masculin
(latin templum)
1. Édifice élevé en l'honneur d'une divinité ; lieu où l'on s'assemble pour l'exercice d'un culte.
2. Édifice dans lequel les protestants célèbrent leur culte.
3. Lieu privilégié que fréquentent les connaisseurs, les amateurs d'un art, d'un sport : Le temple de la gastronomie.
4. Antiquité Région du ciel ou du sol consacrée par les augures qui y faisaient leurs observations.
5. Franc-maçonnerie Synonyme de loge. Synonyme : loge
nom masculin
1. Édifice public consacré au culte d'une divinité. ➙ église, mosquée, pagode, synagogue. Les temples grecs. Un temple bouddhiste.
2. Édifice où les protestants célèbrent le culte. Aller au temple.
3. Histoire Le Temple : ordre de moines-soldats fondé lors des premières croisades près de l'emplacement du temple de Jérusalem.
(tan-pl') s. m.
1. Chez les Romains, lieu découvert d'où la vue pouvait s'étendre, et consacré par les augures. « Le sénat ne pouvait s'assembler légalement que dans un lieu consacré par les augures, auquel on donnait pour cette raison le nom de temple », Bouchaud, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. v, p. 123.
2. Édifice public consacré à la divinité chez les peuples qui ont un culte. « Tous les monstres d'Égypte ont leur temple dans Rome », Corneille, Poly. IV, 6. « Le Capitole bâti par Tarquin le Superbe, et le temple qu'il éleva à Jupiter dans cette forteresse », Bossuet, Hist. III, 6. « Ils [les Scythes] revinrent dans la Palestine, où quelques-uns d'entre eux pillèrent, à Ascalon, le temple de Vénus le plus ancien qui eût été consacré à cette déesse », Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 100, dans POUGENS. « Entre les temples célèbres bâtis par le peuple d'Ionie, le plus mémorable, quoiqu'il ne soit pas le plus ancien, est le fameux temple de Diane construit à Éphèse », Rollin, ib. t. XI, 1re part. p. 19. « Les peuples qui n'ont point de temples ont peu d'attachement pour leur religion », Montesquieu, Esp. XXV, 3. « Comme la divinité est le refuge des malheureux, et qu'il n'y a pas de gens plus malheureux que les criminels, on a été naturellement porté à penser que les temples étaient un asile pour eux », Montesquieu, ib. « Les Tyriens avaient un temple dans lequel Hérodote entra, et qu'il dit avoir deux mille trois cents ans d'antiquité », Voltaire, Déf. mil. Bolingbr. 9. « Point de temple, point de palais bien entendu sans une belle vue et sans une grande place », Voltaire, Phil. Hérode, monuments. « Vos yeux se tournent depuis longtemps vers ce fameux temple de Minerve, un des plus beaux ornements d'Athènes ; il est connu sous le nom de Parthénon », Barthélemy, Anach. ch. 12. « Les temples des Grecs et des Romains n'étaient que le sanctuaire proprement dit ; les sacrifices étaient offerts sous les péristyles, à la vue d'un peuple immense qui ne pénétrait point dans l'enceinte sacrée », Mongez, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 133. « Il paraît que l'intérieur des temples destinés à la célébration des mystères admettait certains prestiges de lumière et d'obscurité, faits pour ébranler l'imagination des assistants », Quatremère de Quincy, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. III, p. 266. « C'est une belle idée qu'avaient les anciens de placer les temples au sommet des lieux élevés », Staël, Corinne, VIII, 4. Fig. « Il [Épicure] fut le premier qui prononça courageusement ce qu'il en pensait [des dieux du paganisme], et qui osa publiquement ébranler, autant qu'il lui fut possible, les fondements de tous les temples de la Grèce, en déclamant contre la vanité du culte qui s'y exerçait », La Mothe le Vayer, Vertu des païens, II, Épicure.
3. Absolument et par excellence, le temple que Salomon bâtit à Jérusalem par ordre de Dieu, et qui fut rebâti par Hérode. « J'ai dessein de bâtir un temple au nom du Seigneur mon Dieu, selon que le Seigneur l'a ordonné à David mon père », Sacy, Bible, Rois, III, v, 5. « Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé », Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 9. « Hérode, ce politique raffiné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une magnificence presque semblable à celle de Salomon… », Bossuet, Médit. sur l'Év. La dern. sem. du Sauv. 35e jour. « Il [David] ordonna aux lévites de venir au temple le matin et le soir, pour y bénir Dieu et pour y chanter ses louanges », Bossuet, Polit. VIII, v. 5. « Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel », Racine, Athal. I, 1. Le second temple, le temple rebâti par Hérode.
4. Dans le style soutenu, église consacrée au culte catholique. « Soit, mais il est saison que nous allions au temple », Corneille, le Ment. IV, 9. « Marinette : Pour vous chercher j'ai fait dix mille pas, Et vous promets, ma foi… - Eraste : Quoi ? - Marinette : Que vous n'êtes pas Au temple, au cours, chez vous, ni dans la grande place », Molière, le Dép. I, 2. « Tu le vois, tous les jours [Louis XIV], devant toi prosterné, Humilier ce front, de splendeur couronné, Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples », Racine, Esth. Prologue. « Les chrétiens n'eurent des temples que vers le commencement du règne de Dioclétien ; l'Église était alors très nombreuse », Voltaire, Dict. phil. Autels. Fig. Dans le style de la chaire, les fidèles sont les temples vivants, les temples du Saint-Esprit. « En faire [d'un grand peuple] le temple de Dieu, le réconcilier à Dieu… », Pascal, Pens. XVIII, 16, édit. HAVET. « Il nous consacre comme temples de Dieu, il nous consacre comme enfants de Dieu », Bourdaloue, Serm. 17e dim. après la Pent. Dominic. t. IV, p. 78. « Elle [cette passion] déshonore le corps du chrétien ; elle profane le temple de Dieu en nous », Massillon, Carême, Enf. prod. Le nouveau temple, l'Église chrétienne. « La gloire de ce nouveau temple sera bien plus grande que la gloire du premier [les Juifs] », Pascal, Pens. XXV, 171. Fig. Le temple, l'ensemble des idées chrétiennes. « Malebranche est un aigle enfermé dans le temple », D. Stern, Esquisses mor. p. 157.
5. Se dit, chez les protestants, de l'édifice où se font les cérémonies du culte. « M. le cardinal de Bouillon fut hier bénir l'église d'Orsay, qui n'était maintenant qu'un temple », Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 116.
6. Anciennement, résidences des chevaliers du Temple (on met une majuscule). Le faubourg du Temple à Paris. « Je n'ose presque vous parler de votre déménagement de la rue du Parc-Royal pour aller demeurer au Temple ; j'en suis affligée pour vous et pour moi : je hais le Temple autant que j'aime la déesse [Mme de Coulanges] qui veut présentement y être adorée », Sévigné, à Coulanges, 1er déc. 1690. « Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alors pour les débiteurs insolvables », Marmontel, Mém. VI. Chevalerie du Temple, ordre des templiers.
7. Le Temple, dans le langage de la franc-maçonnerie, le lieu où se réunissent les francs-maçons.
8. Fig. et poétiquement, temple de Mémoire, ou, simplement, temple, souvenir qui reste des grandes œuvres ou des grandes actions (on met une majuscule à Mémoire). « Celle à qui dans mes vers, sous le nom de Nérée, J'allais bâtir un temple éternel en durée », Malherbe, VI, 25. « J'irais plus haut peut-être au temple de Mémoire, Si, dans un genre seul, j'avais usé mes jours », La Fontaine, Poésies mêlées, LXIX. Être inscrit au temple de Mémoire, avoir immortalisé son nom.
Historique
XIe s. « Il viola le temple Salomon », Ch. de Rol. CXVII. XIIe s. « Cist temples [est], cum li huem, senz honor », Machab. I, 2. « Puis entrad li poples de la terre el temple Baal, e destruisirent les altels… », Rois, p. 288. XIIIe s. « L'en avoit ordenné que le Temple [les chevaliers du Temple] feroit l'avant-garde, et le comte d'Artois auroit la seconde bataille après le Temple », Joinville, 224. XIVe s. « Ainssin fasoit Girars : es bons prenoit exemple, à Dieu s'estudioit de son cuer [cœur] faire temple », Girart de Ross. v. 2995. XVe s. « Pour les laiz [laïques] et ceuls du temple [ecclésiastiques] », R. Desch. Poésies mss. f° 46.
Étymologie
Provenç. temple ; espagn. templo ; ital. tempio ; du lat. templum, qui est le même que τέμενος, de τέμνειν, couper : proprement, lieu coupé par deux lignes d'orientation que les augures traçaient pour leurs observations.
(tan-pl') s. f.
1. Outil de charron.
2. Instrument pour tenir l'étoffe tendue sur le métier. « Pour diriger la largeur de la toile, l'ouvrier se sert d'un instrument appelé temple, qui est une petite règle de bois ayant des dents ou hoches en forme de crémaillère, » Dict. des arts et mét, Tisserand. On dit aussi templu. « Les temples ou templus », Tarif des douanes, 1869 p. 140.
3. Au plur. Terme de pêche. Perches horizontales qui servent à construire les bourdigues.
Nom commun 1
(Nom 1) Du latin templum. (Nom 3) Variante de tempe.
1. Édifice public consacré au culte de la divinité. « La prière (Salat ou Namaz) doit être précédée de l’Ézan. Il se fait du haut des minarets des mosquées. Des crieurs, nommés muezzins, sont attachés aux temples musulmans pour remplir ces fonctions. » — (Joseph Héliodore Garcin de Tassy, Science des religions : L’Islamisme, d'après le Coran, l'enseignement doctrinal et la pratique, 3e éd., Paris : chez Maisonneuve & Cie, 1874, p. 216) « Il y a quelques années, florissait, orgueil de nos boulevards, certain vaste et lumineux café, situé presque en face d’un de nos théâtres de genre, dont le fronton rappelle celui d’un temple païen. » — (Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, Les Demoiselles de Bienfilâtre, dans les Contes cruels, 1883, éd. J. Corti, 1954, vol. 1, p. 3) « Le temple ne fut dédié à son patron, saint Nicolas qu'en 1544 ; les anciennes croix de consécration sont conservées dans l'église et placées au-dessus des stations du chemin de Croix. » — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895) « Les Aztèques éventraient couramment, qu'on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu'il leur envoie la pluie. » — (Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932) « Wan-nien-sseu est un très vieux temple bouddhique, qui s'élève à quelques lis à peine des murailles de la ville, la courbe élégante de ses toits vernissés. » — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, page 209)
2. (Spécialement) Lieu où les protestants s’assemblent pour l’exercice de leur religion. « Les protestans avaient, au dix-septième siècle, un temple à Sanvic; […]. Lors de la révocation de l’édit de Nantes, la jeunesse catholique du Havre se porta en foule à Sanvic, et détruisit, en peu d’instans, cet édifice religieux dont on chercherait vainement aujourd’hui la place. » — (Joseph Morlent, Le Havre ancien et moderne et ses environs, chap. 22, tome 2, Le Havre : chez Chapelle & Paris : chez Pillet ainé, 1825, page 3)
3. (En particulier) Édifice que Salomon bâtit à Jérusalem. « Je n’imagine pas que l’on puisse faire sauter la mosquée du Rocher, comme certains juifs radicaux le pensèrent après la guerre de 1973, pour reconstruire le Temple à sa place. » — (Ghaleb Bencheikh et Philippe Haddad, L’islam et le judaïsme en dialogue: Salam Shalom, Éditions de l’Atelier, 2002, page 86)
4. (Par métonymie) Les autorités religieuses juives de l’époque. « Le Temple condamne les présomptueux comme toi. A Jérusalem, tu serais déjà mort lapidé ! » — (Eric-Emmanuel Schmitt, L’Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000. Prologue)
5. Lieu où demeuraient les templiers. « Il logeait au temple à Paris. » « Louis XVI et la famille royale furent enfermés au temple. » « Le faubourg du temple. »
6. Lieu où les franc-maçons se réunissent.
7. (Par extension) (Ironique) Lieu de convergence d'une population qui semble vénérer une activité autre que religieuse ou spirituelle à proprement parler. « Un tel accident s'est produit lorsque je me suis retrouvé dans un temple de la consommation — plus prosaïquement un centre commercial situé à la tête des ponts de la ville de Québec — par un bel après-midi de la fin de l'automne. » — (Daniel Tanguay, « Sur les traces du Loup des steppes », Argument, XXVII, 2, printemps-été 2025, page 71)
8. (Héraldique)
9. Meuble représentant un temple antique dans les armoiries. Il est généralement représenté avec un perron, un toit et plusieurs colonnes dont le nombre pourra faire l’objet d’une mention dans le blasonnement. D’azur au temple d’argent accompagné en chef de deux croisettes recroisetées au pied fiché d’or et en pointe d’un pont à cinq arches du même, qui est de la commune de Sassey-sur-Meuse → voir illustration « armoiries avec un temple réformé »
10. (Rare) Meuble représentant un temple protestant ou réformé dans les armoiries. Il est généralement représenté sans clocher contrairement aux églises. À rapprocher de chapelle et église. D’hermine au temple du lieu de gueules, ouvert et ajouré de sable (temple réformé), qui est de la commune d’Estréelles du Pas-de-Calais → voir illustration « armoiries avec un temple réformé »
Synonymes
sanctuaire
Dérivés
colonnes du temple gardien du temple gardienne du temple temple de la renommée temple du trot temple-montagne templier templion marchand du temple vipère des temples
Hyperonymes
construction édifice
Hyponymes
église pagode panthéon sérapéum synagogue nymphée
Méronymes
autel nef opisthodome parvis péribole
Vocabulaire apparenté par le sens
temple figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : église, ville, religion chrétienne.
Proverbes et phrases toutes faites
le temple est couvert
Nom commun 2
1. Outil de charron.
2. Instrument pour tenir l’étoffe tendue sur le métier. « Pour diriger la largeur de la toile, l’ouvrier se sert d’un instrument appelé temple, qui est une petite règle de bois ayant des dents ou hoches en forme de crémaillère. » — (Dict. des arts et mét, Tisserand) « Les temples ou templus. » — (Tarif des douanes, 1869 page 140)
3. (Pêche) Perches horizontales qui servent à construire les bordigues.
Dérivés
templet temploir templu
Apparentés étymologiques
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Nom commun 3
1. Forme ancienne pour tempe. « La partie la plus élevée de la tête est celle qui devient chauve la première, aussi-bien que celle qui est au dessus des temples : il est rare que les cheveux qui accompagnent le bas des temples, tombent en entier, non plus que ceux de la partie inférieure du derrière de la tête. » — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, De l’âge viril. Description de l’homme., in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 241)