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syncrétisme

D'après les sources cochées · ·

syncrétisme Larousse (Définition)

nom masculin

(grec sugkrêtismos, union des Crétois)

1. Système philosophique ou religieux qui tend à faire fusionner plusieurs doctrines différentes.

2. Synthèse de deux ou plusieurs traits culturels d'origine différente, donnant lieu à des formes culturelles nouvelles.

3. Système archaïque de pensée et de perception, consistant en une perception globale et confuse de différents éléments.

syncrétisme Le Robert (Définition)

nom masculin

didactique

Combinaison de doctrines, de systèmes initialement incompatibles. Le syncrétisme religieux du vaudou. Psych. Appréhension globale et indifférenciée qui précède la perception et la pensée par objets nettement distincts les uns des autres.

syncrétisme Littré (Définition)

(sin-kré-ti-sm') s. m.

1. Système de philosophie grecque qui consistait à fondre ensemble les divers systèmes. « Les disputes qui s'élevaient continuellement parmi tant de sectes donnèrent lieu au syncrétisme, c'est-à-dire à un système par lequel on entreprenait de concilier toutes les opinions, et surtout celles des principaux philosophes », Condillac, Hist. anc. XV, 2.

2. Mode de philosopher qui a été transporté dans la médecine, et par lequel on réunit et mêle les vues et les doctrines différentes.

3. Mélange d'opinions. « Je crois même que notre union secrète [un prêtre catholique et un prêtre protestant] produira un très bon effet ; ce pieux syncrétisme ne sera point soupçonné du public, qui, voyant les deux partis acharnés contre ces gens-là [les encyclopédistes], ne manquera pas de les croire très criminels », Voltaire, Dial. 31.

Étymologie

Συηχρητισμὸς, de σὺν, avec, et ϰερᾷν, mélanger.

syncrétisme Académie française (toutes éditions)

Éditions : ·

Terme didactique. Conciliation, rapprochement de diverses sectes, de différentes communions. Il n’y aura jamais de vrai syncrétisme, que la tolérance civile.

Terme didactique. Conciliation, rapprochement de diverses sectes, de différentes communions. Il n’y aura jamais de vrai syncrétisme, que la tolérance civile.

T. didactique. Conciliation, rapprochement de diverses sectes, de différentes communions. Si l’on ne peut parvenir au vrai syncrétisme, du moins la tolérance civile peut jusqu’à un certain point le remplacer.

Terme didactique. Conciliation, rapprochement de diverses sectes, de différentes communions. Si l’on ne peut parvenir au vrai syncrétisme, du moins la tolérance civile peut jusqu’à un certain point le remplacer.

T. didactique. Rapprochement de divers cultes, fusion de diverses doctrines. Il se dit aussi, en termes de Philosophie, de la Réunion, de la synthèse de plusieurs éléments.

xviie siècle. Emprunté du grec sugkrêtismos, « union de Crétois », puis, comme les Crétois avaient la réputation d’être fourbes, « union de deux adversaires contre un troisième », lui-même composé à partir de sun, « avec », et Krêtê, « Crète ».

1. religion. philosophie. Fusion de plusieurs croyances ou doctrines en une seule qui en fait la synthèse. Le syncrétisme des religions grecque et orientales à l’époque hellénistique. On a parfois qualifié le néoplatonisme de syncrétisme de la pensée grecque. ▪ Par extension. Syncrétisme artistique.

2. psychologie. Stade de la connaissance qui consiste en l’appréhension générale, voire confuse, des objets du monde et de la pensée. Pour Édouard Claparède ou Jean Piaget, le syncrétisme constitue une étape du développement cognitif et intellectuel de l’enfant.

3. linguistique. Réunion en un même cas de plusieurs valeurs grammaticales qui, dans un état antérieur de la langue, étaient exprimées par des cas distincts. Le cas régime en ancien français, qui s’est substitué à tous les cas du latin en dehors du nominatif, résulte d’un syncrétisme.

syncrétisme Wiktionnaire (Définition)

Nom commun

(1687) Emprunté au grec ancien συγκρητισμός, sugkrêtismós, « union de deux Crétois », ceux-ci étant réputés menteurs et fourbes. Cf. krêtizein, « parler comme un Crétois, être un imposteur », ou le célèbre paradoxe du menteur : « Épiménide, penseur crétois, affirmait que tous les Crétois sont des menteurs ». Le sens a évolué vers celui d’« accord entre partis opposés contre un ennemi commun ».

1. (Philosophie) Système de philosophie grecque qui faisait la synthèse des divers systèmes de pensée. « Deux circonstances expliquent le phénomène. La première fut la croyance en l’unité de la philosophie antique. Elle est due à un vaste effort de syncrétisme des dernières écoles d’Alexandrie et d’Athènes qui s’évertuèrent à coordonner le Platonisme, l’Aristotélisme, le Stoïcisme, le Néo-Pythagorisme en une synthèse unique […] » — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1966)

2. (Religion) Rapprochement de divers cultes ; fusion de plusieurs doctrines religieuses. « Par un syncrétisme fréquent entre rites païens et chrétiens, il arrive que la Vierge Marie soit elle aussi invoquée par les jeunes filles désireuses de se marier : […]. » — (Nicolas Werth, La vie quotidienne des paysans russes, de la Révolution à la collectivisation (1917-1939), Librairie Hachette, 1984, p. 261) « Il faut en effet, pour faire œuvre utile, éviter dès le départ toute confusion et prendre garde de ne pas tomber dans un syncrétisme hâtif : le syncrétisme est une dégénérescence de la pensée. » — (Roger Arnaldez, Trois messagers pour un seul Dieu, 1993) « Quelques mois après, Claude Lévi-Strauss publia, dans Les Temps modernes, un article célèbre dans lequel il remettait la fête de Noël en perspective historique et anthropologique. Il y rappelait l’ancienneté des racines païennes comme chrétiennes de cette fête, le syncrétisme d’éléments remontant à la Rome ancienne, aux fêtes scandinaves ou au Moyen Age européen. » — (Pierre-Cyrille Hautcoeur, « A la critique morale des fêtes de Noël s’ajoute désormais la critique écologique de la consommation à outrance », Le Monde. Mis en ligne le 4 janvier 2023)

3. (Par extension) Mélange d’opinions, de doctrines, de modes de pensée, etc. → voir métissage « Le royaume normand de Sicile fut un bel exemple de tolérance religieuse et de syncrétisme culturel. »

4. (Linguistique) Regroupement de plusieurs traits grammaticaux en un seul élément. Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)

Dérivés

syncrétique

Vocabulaire apparenté par le sens

syncrétisme figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : assimilation culturelle.

Syncrétisme Wikipédia (Encyclopédie)

Un syncrétisme est un mélange d'influences. Le terme de syncrétisme vient du mot grec συνκρητισμός / sunkrêtismós signifiant « union des Crétois ». Initialement appliqué à une coalition guerrière, il s'est étendu à toutes formes de rassemblement de doctrines disparates, et est surtout utilisé à propos de religion.

Il est le résultat d’un processus d'adaptation endogène généralement imposé par une culture exogène.

Religion

Le terme s'utilise surtout en histoire des religions, pour qualifier des confessions à part entière, mais dont plusieurs composants d'origine sont encore reconnaissables. C'est une religion dont la doctrine ou les pratiques sont un mélange d'éléments pris dans différentes croyances.

Sphère culturelle grecque et Méditerranée

On retrouve cette pratique très tôt dans l'Antiquité. La Bible fait mention du syncrétisme religieux du peuple d'Israël à l'époque du Roi d'Israël, Osée (2 Rois 17). Le verset 33 donne un exemple frappant de ce mélange religieux entre la Loi mosaïque que Yahvé donna à Israël et « la religion des nations d'où on les avait emmenés en exil ». Traduction possible de cette citation : les Hébreux étant une tribu de pasteurs nomades vivant en Mésopotamie (Ur en Chaldée), leur religion était, selon toute vraisemblance, le Zoroastrisme. Mais leurs pratiques radicales et sectaires les tenaient à l'écart des autres populations et furent probablement à l'origine de leur exode, d'abord, sous la conduite de Terah, père d'Abraham, vers Harran (Turquie actuelle), puis, sous celle d'Abraham, pour le pays de Canaan.

Ernest Renan considère la croyance éventuelle à une vie post-mortem comme un effet de la captivité des Hébreux en Égypte. Celle-ci possédait ce concept dont la religion juive était seule, selon lui, à faire l'économie à l'époque. Cette interprétation n'exclut pas l'hypothèse zoroastrienne. En effet, selon le Zoroastrisme, l'âme de l'Homme préexiste à sa naissance et survit à sa mort. Si les bonnes actions passées du défunt l'emportent sur les mauvaises, l'âme va dans la « Maison des Chants » par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière et y reste pour l'éternité. Dans le cas inverse, elle va à la « Maison du Druj » où elle séjourne un temps avant de rejoindre la « Maison des Chants ». La croyance en une vie post-mortem n'est donc pas d'origine « égyptienne » mais plus large ; le Zoroastrisme était probablement répandu dans tout le Moyen-Orient antique, comme il l'était, vers l'Est, jusqu'en Inde.

Les Romains avaient pour politique d'incorporer les dieux locaux des pays qu'ils avaient conquis au panthéon romain. Ce choix leur évitait ainsi au moins toute opposition d'ordre religieux dans les pays polythéistes.

Une situation semblable s’est développée, mais involontairement, lorsque des missionnaires ont introduit la religion catholique en Amérique du Sud. Ils ont converti la majeure partie de la population, mais, à l’image des Samaritains de l’Antiquité, la population n'a pas oublié pour autant ses anciens rites. Ainsi, au Brésil, des chrétiens pratiquent toujours les rites vaudou et célèbrent des fêtes en l’honneur d’anciennes divinités, telle la déesse Iemanjá. On observe le même phénomène dans d’autres pays d’Amérique du Sud.

À l'époque contemporaine, la rencontre d'Assise de 1986 fut taxée de syncrétisme par quelques cardinaux du Vatican, bien que cela ne fût pas l'intention des organisateurs.

Dans le monde

Le concept de syncrétisme est suffisamment abstrait pour être appliqué à de nombreuses traditions. Le sikhisme est composé d'un mélange de l'hindouisme et de l'islam. L'approche syncrétique permet d'analyser les influences qui constituent une religion, elle doit s'arrêter avant de perdre ce qui en fait l'identité. Les religions de l'Antiquité étaient très caractérisées par le syncrétisme, qu'il soit d'assimilation ou d'association, rendant les influences entre religions très complexes. Le culte de Mithra associé à Apollon dans le panthéon romain en est un exemple.

Le syncrétisme du bouddhisme chan, forme de bouddhisme mahāyāna avec le taoïsme en est un exemple qui s'est principalement développé de la dynastie Han jusqu'à la fin de la dynastie Tang (189-907). Les panthéons des deux religions y sont progressivement mélangés, les textes bouddhiques sont réécrits par les taoïstes et les textes taoïstes par les bouddhistes. Le plagiat par le moine bouddhiste Xingduan (行端), dans son « Livre des Trois Cuisines prêché par le Bouddha » (佛說三停廚經), du moine taoïste Du Guangting et de son « Le Livre des Cinq Cuisines » (咒偈) en sont un exemple qui introduisit le végétalisme taoïste dans cette forme de bouddhisme. On retrouve ainsi dans cette forme de bouddhisme et ses dérivées en Corée (son), Japon (zen) et Vietnam (thiền), le végétalisme du taoïsme, les notions de yin et yang, de voie (tao), ou l'importance du néant (wu). On y pratique aussi la divination par le Yi Jing (livre des transformations) ou certaines notions du fengshui (géomancie). Le confucianisme a également influencé cette forme de bouddhisme.

La cohabitation du bouddhisme et du shintoïsme au Japon depuis le VIIIe siècle est un excellent exemple de syncrétisme, toujours observable aujourd'hui, et appelé shinbutsu shūgō. Ainsi en 2005, selon les chiffres officiels on comptabilisait 107 millions de shintoïstes (84 % de la population) et 91 millions de bouddhistes (71 % de la population). Dans les faits, la plupart des Japonais fêtent les mariages et les naissances suivant les rites shintoïstes et les funérailles suivant les rites bouddhistes. De plus, on peut trouver dans la plupart des temples bouddhistes japonais un petit sanctuaire shinto et un petit autel bouddhiste dans de nombreux sanctuaires shinto.

Un autre exemple de syncrétisme est la situation indonésienne, dans laquelle les gens, tout en se déclarant adeptes des « grandes » religions (bouddhisme, christianisme, hindouisme, islam), continuent d'adhérer à des croyances et à observer des rituels relevant des religions traditionnelles.

Le caodaïsme vietnamien constitue aussi un exemple typique de syncrétisme, de même que la coexistence du vaudou et du christianisme dans certains pays africains ou en Haïti. Le culte antoiniste propose aussi une forme de syncrétisme religieux selon le sociologue Régis Dericquebourg, tandis que la jurisprudence belge l'a défini comme un « mouvement syncrétiste, qui admet en son sein toutes les religions ».

Culturellement

On parle de syncrétisme culturel lorsqu'un système religieux (comme dit précédemment) ou philosophique tend à faire fusionner plusieurs doctrines différentes.

Lors d'une coexistence culturelle au niveau global, le syncrétisme est un métissage culturel, c’est-à-dire, une véritable création de nouveaux ensembles culturels qui trouvent une nouvelle cohérence à partir de plusieurs cultures différentes.