‹ Retour à l'index

samsara

D'après les sources cochées · ·

samsara Larousse (Définition)

nom masculin

(mot sanskrit)

Dans l'hindouisme et le bouddhisme, cycle de la vie, de la mort et de la renaissance.

✻samsara Académie française (toutes éditions)

Éditions : ·

xxe siècle. Mot sanscrit, de même sens.

Dans plusieurs religions d’Extrême-Orient, tels l’hindouisme et le bouddhisme, cycle de vie, de mort et de renaissance auquel est soumis tout être vivant, ne prenant fin que lorsqu’il atteint le nirvana. Le sage aspire à se délivrer du samsara.

samsara Wiktionnaire (Définition)

Nom commun

→ voir saṃsāra

1. (Inde) Cycle des réincarnations conditionné par le karma. « Bouddha a enseigné que tous les êtres vivants font l’expérience, sans liberté ni choix, vie après vie, du cycle récurrent de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort. Ce cycle est connu sous le nom de « samsara ». L’objectif fondamental de tous les enseignements de Bouddha est de montrer comment atteindre la libération du samsara, en surmontant l’attachement, et d’aider les autres à atteindre cette même libération. Une politique habile peut apporter des avantages temporaires, mais l’objectif principal de la politique est de trouver le bonheur à l’intérieur du samsara, en essayant de changer les conditions extérieures. » — (Une grande imposture : La Politique du Lama, Western Shugden Society, Londres, 2009) « En méditant sur ces objets, nous identifions correctement le samsara et la libération, devenons déterminés à renoncer au samsara et à atteindre la libération, devenons convaincus que nous en sommes capables, et développons une grande conviction en la voie qui mène à la libération. Lorsque nous méditons sur la première noble vérité, les vraies souffrances, nous méditons sur les défauts du samsara. » — (Guéshé Kelsang Gyatso, La Voie joyeuse : Toute la voie bouddhiste qui mène à l’illumination, traduction française collective par New Kadampa Tradition, Éditions Tharpa, 2011, page 299) « Le samsara est le cercle vicieux de l’existence confuse, le monde de lutte et de souffrance qui se fonde sur l’attachement à l’ego, les émotions conflictuelles et les schémas habituels. Sa cause racine est l’ignorance de notre vraie nature, qui est ouverture et transcende la dualité du soi et de l’autre. Le samsara est opposé au nirvana, état d’éveil caractérisé par la cessation de l’ignorance et de la souffrance de l’existence conditionnée. » — (Chogyam Trungpa, Argent, Sexe et Travail, Le Seuil, 2016)

2. (Bouddhisme) Monde illusoire caractérisé par l’attachement et la dépendance, par opposition au nirvana. « Ce monde des désirs égocentriques, le bouddhisme le nomme samsara. C’est le monde des apparences véhiculant l’illusion de la plénitude. Il y a en lui un attachement à des facteurs extérieurs à nous-mêmes, créant la dépendance. » — (Jean Proulx, Grandir en humanité, Fides, 2018, page 95)

Variantes orthographiques

samsâra saṃsāra samsarâ (Rare)

Dérivés

samsarique samsariquement

Saṃsāra Wikipédia (Encyclopédie)

Le saṃsāra (संसार, IAST : saṃsāra, signifiant « ensemble de ce qui circule », d'où « transmigration » ; 輪回 / 轮回, lúnhuí ; tibétain : འཁོར་བ།, Wylie : khor ba, THL : Khorwa ; japonais : 輪廻(りんね), rinne) signifie « transition » mais aussi « transmigration », « courant des renaissances successives ».

Ce concept n'existe pas dans les Vedas mais provient des Upanishad, des écrits post-védiques. Il est utilisé dans différentes branches de l'hindouisme, ainsi que le jaïnisme, le bouddhisme et le sikhisme pour parler du cycle des existences successives et du conditionnement dû au karma.

Origines

Selon Jean Filliozat : « L'origine de cette doctrine de la transmigration n'est pas attestée par des sources explicites. Elle a donné lieu à des conjectures multiples, notamment d'emprunt à des croyances aborigènes par la société brahmanique aryenne venue s'établir dans l'Inde. » Le terme saṃsāra commence à apparaître dans les textes à l’époque des Upanishad.

Dans l'hindouisme

Dans l'hindouisme, saṃsāra est souvent utilisé pour parler du cycle des renaissances, des vies et des morts qui se suivent sans que l'adepte réussisse à atteindre la libération, la lumière, le moksha. Le yoga aide à sortir de ce cycle.

Cependant saṃsāra peut aussi signifier :

- cours commun de rivières après leur confluent ; - mouvement circulaire de la conscience divine dans l'espace et le temps (selon Aurobindo Ghose) ; - la vie dans le monde de la multiplicité (Ramana Maharshi) ; - le monde (selon Râmakrishna).

Dans le bouddhisme

Le saṃsāra est le cycle de renaissance et de souffrance dans lequel sont pris les êtres non éveillés. Ce cycle est sans commencement dans le temps, il se perpétue par l'accumulation du karma couplée à la soif d'existence, et s'achève pour chaque être dès que le nirvāṇa est atteint. À la différence des autres philosophies indiennes, ce n'est pas une « âme » qui parcourt le saṃsāra, chaque être n'étant qu'un processus impersonnel : ce n'est « ni le même, ni un autre » qui renaît. Alors que le bouddhisme theravāda oppose saṃsāra et nirvāṇa, le Mahāyāna affirme leur identité ultime.

Le bhavacakra, « roue de l'existence », est une représentation imagée du saṃsāra.

Naropa a dit que le saṃsāra est un organe sensoriel au moyen duquel l'on perçoit les fautes d'autrui.

Cycles

Le saṃsāra renvoie à la détermination historique du présent, en ce que le moment actuel se forme des conséquences du passé, en particulier des actes karmiques, à commencer par la pensée. Ce modèle implique une succession de cycles énonçant une détermination complexe, de nombreux facteurs coopérant : ce modèle est celui de la coproduction conditionnée. Ce terme désigne le cycle infini des renaissances. Les hommes naissent, meurent et renaissent sans cesse dans un cycle infini : le saṃsāra. Enchaîné au saṃsāra, duquel il ne peut s'échapper, l'homme souffre en vain. C'est assis sous l'arbre de l'éveil que le Bouddha se remémora ses vies antérieures et qu'il prit conscience du saṃsāra. L'objectif même du bouddhisme étant la cessation de la souffrance, la pratique doit mener à un état de cessation de cette souffrance universelle, le nirvāṇa. C'est uniquement lorsque l'on a atteint le nirvāṇa que l'on peut se libérer du saṃsāra. La condition dans laquelle on renaît dépend de nos vies passées et de nos actes présents, avec le phénomène du karma.

Mondes

Le saṃsāra se comprend également dans le cadre de la cosmologie bouddhiste ; il est traditionnellement décrit comme composé de trois mondes (loka) :

- le monde du désir ; - le monde de la forme ; - le monde du sans forme.

Les mondes correspondent pour l'essentiel à des états d'existence (et donc à des états d'esprit).

Dans le jainisme

Dans le jaïnisme, le saṃsāra est la vie caractérisée par des renaissances et réincarnations dans divers domaines de l'existence. Il est décrit comme la banale existence, pleine de souffrance et de misère et il est donc vu comme ce dont on doit s'échapper. Le saṃsāra est sans commencement et l'âme se trouve dans la servitude à son karma depuis la nuit des temps. Mokṣa est la seule libération du saṃsāra.

Dans le sikhisme

Dans le sikhisme, l'âme doit suivre des transmigrations avant la libération finale. La volonté de Dieu, le hukam met fin à ces changements de corps. Le karma s'applique dans cette religion, mais pas aussi strictement que dans l'hindouisme. De bonnes actions procurent une vie meilleure mais seule la Grâce donne la libération (mukti), dit le Livre saint, le Guru Granth Sahib, page 2.