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sécularisation

D'après les sources cochées · ·

sécularisation Larousse (Définition)

nom féminin

1. Passage de certaines valeurs du domaine du sacré dans le domaine du profane.

2. Retour à la vie laïque, avec indult de l'autorité compétente, d'un clerc ou d'un religieux.

3. Passage d'un religieux dans le clergé séculier.

4. Transfert à l'État des biens ecclésiastiques ou exercice par l'État de fonctions précédemment réservées au clergé (état civil, assistance publique, enseignement).

sécularisation Le Robert (Définition)

nom féminin

Religion

Action de séculariser (un bien religieux). La sécularisation des biens du clergé à la Révolution.

sécularisation Littré (Définition)

(sé-ku-la-ri-za-sion ; en vers, de sept syllabes) s. f.

1. Action de séculariser un religieux, une communauté religieuse. Bulle de sécularisation. Se dit aussi d'un bénéfice qui cesse d'appartenir au clergé, d'un lieu, d'un édifice qui cesse d'être sacré.

2. Acte par lequel on fait passer dans le domaine séculier une principauté, un établissement ecclésiastique. « Je ne crois pas qu'il [le roi de Prusse] voulût que la France se mêlât de cette sécularisation [de principautés ecclésiastiques en faveur de l'Autriche] », Voltaire, Lett. Amelot. 8 oct. 1743. Sécularisation des biens du clergé, leur transformation en biens nationaux pendant la Révolution.

Étymologie

Séculariser.

sécularisation Académie française (toutes éditions)

Éditions : ·

Action par laquelle on secularise un benefice, une personne. La bulle de secularisation.

Action par laquelle on secularise un Benefice regulier. La bulle de secularisation. obtenir la secularisation d’un Monastere.

Action par laquelle on sécularise un Bénéfice régulier, p. 646une Communauté régulière. La Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un Monastère.

Action par laquelle on sécularise un Bénéfice régulier, une Communauté régulière. Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un Monastère, d’un Chapitre.

Action par laquelle on sécularise un Bénéfice régulier, une Communauté régulière. Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un Monastère, d’un Chapitre.

Action de séculariser un religieux, un bénéfice régulier, une communauté régulière. Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un monastère, d’un chapitre.

Action de séculariser un religieux, une communauté régulière. Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un monastère, d’un chapitre. Il se dit aussi de L’acte par lequel on fait passer dans le domaine séculier une principauté, un établissement ecclésiastique. La Prusse s’est formée en grande partie par la sécularisation de principautés ecclésiastiques. Il se dit figurément en parlant De celles des fonctions publiques qui étaient un privilège du clergé, et qui sont rentrées dans le domaine du pouvoir civil. La sécularisation de l’enseignement public.

Action de séculariser un religieux, une communauté régulière. Bulle de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un monastère, d’un chapitre. Il se dit aussi de l’Acte par lequel on fait passer dans le domaine séculier, entre les mains des laïques, une principauté, un établissement ecclésiastique. La Prusse s’est formée en grande partie par la sécularisation de principautés ecclésiastiques. La sécularisation des biens du clergé. Il se dit figurément de l’Action par laquelle on fait rentrer dans le domaine du pouvoir civil celles des fonctions publiques qui étaient un privilège du clergé. La sécularisation de l’enseignement public.

xvie siècle. Dérivé de séculariser.

1. religion chrétienne. Action de séculariser. Une bulle, un indult de sécularisation. Obtenir la sécularisation d’un chapitre. ▪ Par extension. Passage dans le domaine séculier d’un bien, d’un territoire appartenant à l’Église. La Prusse s’est formée en grande partie par la sécularisation de principautés ecclésiastiques. Les romantiques allemands critiquèrent vivement la grande vague de sécularisations consécutive au recès de 1803. ▪ Fig. Action par laquelle on fait entrer dans les attributions de l’État des fonctions, des établissements qui ressortissaient au pouvoir du clergé. La sécularisation de l’enseignement.

2. Évolution générale de certaines sociétés modernes dans lesquelles le rôle, l’influence de la religion diminuent progressivement. Un pays en voie de sécularisation.

sécularisation Wiktionnaire (Définition)

Nom commun

(Date à préciser) Dérivé de séculariser, avec le suffixe -ation.

1. Action de séculariser un religieux, une communauté régulière. « Bulle de sécularisation. » « Obtenir la sécularisation d’un monastère, d’un chapitre. »

2. Acte par lequel on fait passer dans le domaine séculier, entre les mains des laïques, une principauté, un établissement ecclésiastique. La Prusse s’est formée en grande partie par la sécularisation de principautés ecclésiastiques. « La sécularisation des biens du clergé, loi par laquelle l’Assemblée constituante déclara le 2 novembre 1789 que les biens du clergé deviendraient biens nationaux. »

3. (Sens figuré) Action par laquelle on fait rentrer dans le domaine du pouvoir civil celles des fonctions publiques qui étaient un privilège du clergé. « Comment ces hommes d’intelligence étaient-ils à ce point déroutés par le mouvement démocratique, à ce point affolés par la sécularisation de l’État que les chefs républicains, en accord avec les masses, poursuivaient ? » — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)

Dérivés

autosécularisation

Sécularisation Wikipédia (Encyclopédie)

La sécularisation (du latin saeculum ("siècle") et signifie littéralement "rendre au siècle" ou "au monde") est un processus historique, social et culturel par lequel la religion perd progressivement son pouvoir d'autorité et son influence dans les domaines politiques, sociaux, culturels et juridiques. Elle ne signifie pas forcément la disparition de la religion, mais à son retrait de l'espace public et des institutions étatiques.

Le terme sécularisation désignait à l’origine, le processus par lequel des biens ecclésiastiques (terres, bâtiments, monastères, églises, objets religieux, etc.) étaient transférés dans le domaine public, ou encore le retrait de certaines fonctions et biens de l'influence des institutions religieuses. Il a également été utilisé pour décrire les transformations religieuses survenues en Europe occidentale à partir de la fin du XVIIe siècle.

Définition

Le terme entre dans le langage courant à l'occasion du traité de Westphalie (1648), quand des biens et des territoires appartenant à l'Église catholique passent aux mains de propriétaires civils. Il désigne également, dans le droit canon, le retour de membres du clergé au statut de laïcs.

À partir du XIXe siècle, sa signification porte sur l'autonomie des structures politiques et sociales par rapport aux religions. C'est en ce sens qu'il est caractéristique de la modernité selon Jürgen Habermas et qu'il a été étudié par des sociologues tels que Durkheim, Troeltsch ou Max Weber. Ce dernier inscrit la sécularisation dans le phénomène plus large de désenchantement du monde et de rationalisation. Si la sécularisation concerne la société dans son ensemble, il ne faut pas la confondre avec la laïcisation qui, elle, ne touche que les institutions.

John Sommerville (1998) a relevé six utilisations du terme sécularisation dans la littérature scientifique. Les cinq premières sont proches de définitions alors que la dernière est plutôt une clarification d'usage :

- en parlant de « structures macro sociales », la sécularisation peut se référer à une différenciation : un processus dans lequel les divers aspects sociaux, économiques, politiques, législatifs, et moraux, deviennent de plus en plus spécialisés et distincts les uns des autres ; - lorsque l'on parle d'« institutions individuelles », la sécularisation peut dénoter la transformation d'une religion en une institution séculière. On peut prendre en exemple l'évolution d'institutions telles que l'Université Harvard qui est passée d'une institution à dominance religieuse à une institution séculière ; - en parlant d'« activités », la sécularisation se réfère au transfert d'activités religieuses en institutions séculières, par exemple des services sociaux donnés non plus par un groupe religieux mais par le gouvernement ; - lorsqu'on parle de « mentalités », la sécularisation se réfère au passage de préoccupations ultimes en des préoccupations de proximité. Par exemple, de nombreux Occidentaux guident désormais leurs actions plus par leurs conséquences immédiatement applicables que par d'éventuelles conséquences post-mortem. Il s'agit là d'un déclin religieux au niveau personnel, ou d'un mouvement vers un style de vie séculier ; - en parlant de « populations », la sécularisation fait référence à de larges domaines sociaux de déclin religieux, en opposition avec la sécularisation individuelle du point (4) ci-dessus. Cette définition de sécularisation est aussi différente du point (1) ci-dessus car elle fait référence spécifiquement au déclin religieux plutôt qu'à la différenciation sociale ; - lorsqu'on parle de « religion », la sécularisation peut uniquement être appliquée sans ambiguïté à la religion au sens générique. Par exemple, une référence au christianisme n'est pas claire à moins de spécifier exactement de quelles dénominations du christianisme il s'agit.

En histoire

Il existe trois périodes principales de sécularisation des biens des Églises européennes :

- à l’époque de la Réforme protestante, au XVIe siècle et dans les pays germaniques et anglo-saxons ; exemple concret : signature le 15 avril 1525 du traité de Cracovie fondant le Duché de Prusse, sécularisation de l'État teutonique ; - à l’époque de la Révolution française, d’abord en France avec les Biens nationaux (1789) puis dans toute l’Europe jusqu’en 1815 (la plupart des biens sécularisés restèrent dans le domaine public après le Congrès de Vienne) ; - à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, en France, avec la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), soutenue par Aristide Briand, Jean Jaurès et Francis de Pressensé, à ne pas confondre avec le projet de loi du gouvernement, précédent et démissionnaire, Combes.

En France, le pouvoir institutionnel s’affirme progressivement par la sécularisation du politique : Jean Bodin pose les fondements de l’État moderne dans ses Six livres de la République (1576) en faisant clairement apparaître le lien direct entre ce concept et la notion de souveraineté, laquelle est unique, indivisible, perpétuelle et absolue. Cette sécularisation du pouvoir politique, qui marque le début d’une conception moderne de l’État, transparaît également dans la pensée de Nicolas Machiavel. Dans Le Prince (1513), ce dernier confère une dimension strictement humaine à l’action publique, excluant toute référence à une norme transcendante.

Des sécularisations ont aussi eu lieu en Russie sous Catherine II et en Prusse.

La perspective de la sécularisation et de la fin des religions au XXIe siècle a été plus radicalement remise en cause qu'elle ne l'est avec la thématique de la recomposition ou de la dérégulation du religieux. Cette remise en cause a trouvé une expression particulièrement claire avec la publication en 1999 d’un collectif dirigé par Peter L. Berger et intitulé La Désécularisation du monde. Peter Berger y affirme que la théorie de la sécularisation, qu'il avait lui-même défendue auparavant, est globalement fausse lorsqu'elle prédit la fin des religions car la sécularisation entraîne une réaction religieuse sur des lignes conservatrices ou traditionalistes. Pour Peter Berger, « le monde d'aujourd'hui est, à quelques exceptions près […], aussi furieusement religieux que toujours, et par endroits plus qu'il ne l'a jamais été ».

En philosophie : origine de la notion

La notion de sécularisation est récente et apparaît dans la philosophie politique allemande du XXe siècle, notamment chez Carl Schmitt, Karl Löwith et Hans Blumenberg. Cependant, les contenus doctrinaux liés à la problématisation des conséquences de la perte d'influence de la religion sur la société dans la modernité préexistent aux débats récents, notamment dans l'œuvre de Friedrich Nietzsche.

Le sens du terme sécularisation apparaît déjà dans les écrits du Nouveau Testament, notamment chez Paul de Tarse, où il désigne déjà sous l'aspect du saeculum, le « siècle » (latin de la Vulgate qui traduit le terme grec aiôn, présent dans sa lettre aux chrétiens de Rome chapitre 12 verset 2), c'est-à-dire de la temporalité de « ce monde-ci », la dimension « mondaine » de la vie humaine, associée à la dimension du péché. Retourner dans le siècle signifie retourner dans le monde profane.

C'est dans l'ouvrage daté de 1922 de Carl Schmitt, Théologie politique (cf. la traduction française, Gallimard, 1988, p. 46), qu'apparaît pour la première fois le terme de Säkularisation, néologisme allemand calqué sur le français sécularisation, terme indiquant la translation dans la politique moderne de notions issues de la théologie et réinvesties dans le vocabulaire de la vie politique : « Tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'État sont des concepts théologiques sécularisés ».

Dans son cours sur Nietzsche professé en 1941, Martin Heidegger emploie le terme de Säkularisation.

Néanmoins, c'est sur la base d'une étude des processus qui ont vu naître les philosophies de l'histoire que Karl Löwith utilise le terme de Verweltlichung dans son étude Histoire et Salut.

Point de vue catholique

Les autorités de l'Église catholique ont longtemps accueilli la sécularisation avec beaucoup de réticences, considérant qu'elle pouvait constituer un danger pour la foi.

Ainsi, aux XVIe et XVIIe siècles, face à la pensée protestante désirant retirer à l'Église ses compétences temporelles, de nombreux théologiens et juristes exprimèrent la nécessité selon eux de lui conserver ses compétences, comme certaines missions juridictionnelles ou les organes de charité.

Le cardinal Tarcisio Bertone accusa, en juin 2012, les universités catholiques dans le monde d'une certaine complaisance face à la sécularisation par une réduction de leur mission à un humanisme consensuel et le christianisme à un ensemble de valeurs.

Sécularisation et salut

Chez les théologiens catholiques, c'est Jean-Baptiste Metz qui montre le plus d'enthousiasme pour ce phénomène, et en discerne ses rapports avec la foi. C'est dans la théologie politique de ce théologien que l'on trouve une analyse des rapports entre la sécularisation et le salut car, selon lui, « c'est le christianisme qui donne au monde la liberté d'être lui-même ». Jean-Baptiste Metz ne veut toutefois pas dire que l'Église n'a plus « son mot à dire dans la sphère politique » mais plutôt que la sphère politique n'a plus son mot à dire dans l'Église. ».

L'historien et sociologue Jean Baubérot considère quant à lui que la sécularisation comporte des aspects positifs, en ce sens que l'adhésion au christianisme n'est plus le résultat d'un conformisme social mais un choix personnel.