nom féminin
(latin mansio, -onis, de manere, rester)
1. Bâtiment construit pour servir d'habitation aux personnes ; immeuble : Rue bordée de maisons. Synonymes : bâtisse - chalet - construction - immeuble - pavillon - villa
2. Construction individuelle abritant une famille Se faire construire une maison.
3. Logement où l'on habite ; son aménagement : Venez dîner à la maison. Synonymes : chez-soi - foyer - gîte - intérieur - logis - nid - toit
4. Membres d'une même famille vivant ensemble : C'est une maison de fous ici. C'est un ami de la maison. Synonyme : maisonnée (familier)
5. Centre, bâtiment servant à un usage déterminé : Maison de la radio, de la culture. Maison de repos.
6. Entreprise de luxe (marque de haute couture, joaillier, malletier, fabricant de spiritueux, etc.) : De grandes maisons françaises créées au xixe s. existent encore
7. Entreprise commerciale ou industrielle : La maison mère et ses filiales. Avoir vingt ans de maison. Synonymes : boîte (populaire) - entreprise - établissement - firme
8. Ensemble des familles nobles issues d'une souche commune : Il est le dernier descendant d'une grande maison.
9. Chacune des douze divisions du ciel qui, en astrologie, concernent les conjonctures formant la trame de l'existence.
10. Ensemble des personnels civils et militaires attachés au service d'un grand personnage (roi, reine, empereur, prince, etc.).
adjectif invariable
1. Familier. Qui est fabriqué à la maison même, sur place, selon des recettes éprouvées (par opposition à industriel, de série) : Des tartes maison.
2. Populaire. Qui est particulièrement réussi, soigné : Un exposé maison.
3. Familier. Qui est particulier à une entreprise, qui dépend de l'établissement où l'on travaille : Un syndicat maison.
nom féminin
1. Bâtiment d'habitation (➙ immeuble, logement, résidence); spécialement bâtiment conçu pour un seul ou un petit nombre de foyers (➙ pavillon, villa). La façade, les murs, le toit d'une maison. Une maison pauvre, délabrée. ➙ baraque, bicoque, masure. Pâté de maisons. Maison de campagne, résidence secondaire d'un citadin. locution* C'est gros comme une maison, énorme, évident.
2. Habitation, logement (qu'il s'agisse ou non d'un bâtiment entier). ➙ demeure, domicile, foyer, logis ; appartement. Les clés de la maison. À la maison : chez soi. Rentrer à la maison. ➙ bercail. S'occuper de la maison, y faire les tâches domestiques.
3. Travail, place (d'un domestique). Elle a fait de nombreuses maisons. locution Employé de maison. Les gens de maison : les domestiques.
nom féminin
(+ adjectif ; + de et nom)
Bâtiment, édifice destiné à un usage spécial. Maison centrale, de correction, d'arrêt. ➙ prison. Maison de santé (➙ clinique, hôpital), de repos. Maison de retraite. Maison de jeux. ➙ tripot. Maison de rendez-vous. Maison close, maison de tolérance. ➙ bordel.
nom féminin
Entreprise commerciale. ➙ établissement, firme. Maison de détail, de gros. La maison mère et ses succursales. La maison ne fait pas de crédit. L'établissement où l'on travaille. Les traditions de la maison.
nom féminin
au figuré
1. vieux Famille. Une maison princière. locution Faire la jeune fille de la maison, le service au cours d'une réception.
2. Histoire Ensemble des personnes employées au service des grands personnages. La maison du roi.
3. Descendance, lignée des familles nobles. La maison d'Autriche.
nom féminin
en apposition (invariable)
1. Qui a été fait à la maison, sur place. Tarte maison.
2. familier Particulièrement réussi, soigné. Une engueulade maison.
3. Particulier à une entreprise. L'esprit maison.
(mê-zon) s. f.
1. Bâtiment servant de logis. « Mais chercher ton asile en la maison du mort ! » Corneille, Cid, III, 1. « Ma maison est brûlée, et on dit : je suis perdu », Bossuet, la Vallière. « Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qui les a dissipées par ses profusions ; …il emprunte de tous côtés pour se cacher à lui-même sa misère, il remplit, par ce moyen, en quelque façon, le vide de sa maison », Bossuet, ib. « Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger riche des dépouilles de la chrétienté… tes maisons ne sont plus qu'un amas de pierres », Bossuet, Mar.-Thér. « Que le prodigue retourné reçoit plus de grâces que son aîné, qui ne s'est jamais échappé de la maison paternelle », Bossuet, ib. « Nous aurons une très belle maison à Paris pour cinq cents écus », Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 15 mars 1678. « [Elle] Va pour les malheureux quêter dans les maisons », Boileau, Sat. X. « De tous ses amis morts un seul ami resté Le mène en sa maison de superbe structure », Boileau, Art p. IV. « Un vieux valet restait… Sa vue embarrassait ; il fallut s'en défaire ; Il fut de la maison chassé comme un corsaire », Boileau, Sat. X. « La maison du seigneur, seule un peu plus ornée, Se présente en dehors de murs environnée », Boileau, Ép. VI. « Voyez-vous bien cette maison couverte d'ardoises, dont les fenêtres sont reblanchies depuis peu ? » Regnard, le Retour imprévu, 13. « Comment donner de l'eau dans Paris à trente mille maisons qui en manquent ?… osez le vouloir… », Voltaire, Dict. phil. Vénalité. « Il [Louis XI] allait quelquefois de maison en maison dîner et souper chez les bourgeois ; il s'informait de leurs affaires, se mêlait de leurs mariages, et voulait être parrain de leurs enfants », Duclos, Hist. de Louis XI, Œuv. t. III, p. 341, dans POUGENS. « Sur le penchant de quelque agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents verts », Rousseau, Ém. IV. Fig. « Il a porté la paix dans la maison de son âme », Massillon, Carême, Communion. À la maison, chez soi. « Le pain est cher et la misère est grande, Et pour longtemps je dîne à la maison », Béranger, 10 000 fr. Garder la maison, rester chez soi, ne pas sortir. Il est fait en brûleur de maison, voy. BRÛLEUR. Je ne suis pas de la maison, réponse que l'on fait à quelqu'un qui s'enquiert dans une maison, quand on ignore tout ce qui appartient à cette maison. « Je ne suis point de la maison, monsieur ; je passe ma vie au café », Voltaire, Écoss. I, 2. Fig. Par-dessus les maisons, excessivement, d'un prix excessif. « Qu'a-t-il demandé ? - Oh ! d'abord des choses par-dessus les maisons », Molière, Scapin, II, 8. Fig. Grand poids, inquiétude extrême. « Chamillart en revint [de chez le roi] tout rajeuni, et une maison levée de dessus l'estomac », Saint-Simon, 199, 151.
2. Maison royale, maison impériale, maison qui appartient au roi, à l'empereur, et où il peut habiter avec sa cour.
3. La maison du Seigneur, le temple de Jérusalem. « Salomon bâtit la maison du Seigneur, et l'acheva », Sacy, Bible, Rois, III, VI, 14. « Nourri dans ta maison [du Seigneur] en l'amour de ta loi… », Racine, Athal. I, 2. La maison de Dieu ou la maison de paix, l'église, le lieu où l'on prie Dieu. « Dès qu'elle entrait dans la maison de Dieu, n'oubliait-elle pas qu'elle était reine ? » Fléchier, Mar.-Thér. « Qui l'eût cru qu'on dût voir jamais Les glaives meurtriers, les lances homicides Briller dans la maison de paix ? » Racine, Athal. III, 8. Fig. La maison céleste, le ciel, le paradis. « Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d'accueil ? » Malherbe, VI, 18. La maison d'où l'on ne revient pas, le séjour des morts. « Adieu, fragile enfant échappé de nos bras, Adieu, dans la maison d'où l'on ne revient pas, » Chénier, Fragm. sur la mort d'un enfant.
4. Maison d'éducation, maison où l'on prend en pension des enfants, pour les instruire.
5. Maison de commerce, ou, elliptiquement, maison, maison où l'on fait le trafic des marchandises. Ouvrir une maison de commerce. Ce commerçant a une maison à Paris et une à Bordeaux. On dit maison de banque, lorsqu'il s'agit du trafic de l'argent. Maison de commission, maison d'un négociant qui fait la commission. Maison de prêt, maison où l'on prête de l'argent sur des objets déposés en nantissement.
6. Maison de ville, maison commune, l'hôtel où s'assemblent les officiers municipaux.
7. Maison d'arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, lieux désignés par l'autorité pour recevoir ceux qu'on vient d'arrêter, ou ceux qui ont été condamnés à la détention. Maison centrale, maison de détention pour les condamnés à l'emprisonnement en matière correctionnelle dont la peine excède un an de prison, et pour les condamnés a la détention ou à la réclusion en matière criminelle. Maison de justice, lieu établi près de chaque cour d'assises pour y recevoir jusqu'à leur comparution ceux contre lesquels il a été rendu une ordonnance de prise de corps. Terme d'ancienne coutume. Maison de force ou maison forcée, prison des femmes de mauvaise vie. Par plaisanterie. La maison du roi, la prison. « Je vous trouve, monsieur, dans la maison du roi ; Quel charme, quel désordre, ou quelle raillerie Des prisons de Lyon fait votre hôtellerie ? » Corneille, Suite du Ment. I, 1.
8. Maison de charité, maison où l'on donne des secours aux indigents. Maison religieuse, nom donné aux couvents. « La chute des maisons religieuses ne commence jamais par le désintéressement », Maintenon, Mme du Pérou, t. III, p. 170, dans POUGENS.
9. Maison de santé, établissement privé, généralement dirigé par un médecin, et dans lequel se trouvent réunies de bonnes conditions de traitement pour ceux qui ne peuvent pas se faire soigner dans leur domicile. Maison d'aliénés, établissement public ou privé, particulièrement destiné aux soins des aliénés incurables et au traitement de ceux qui sont jugés susceptibles de guérison. « Il y a ici une maison où l'on met les fous… sans doute que les Français, fort décriés chez leurs voisins, enferment quelques fous dans une maison pour persuader que ceux qui sont dehors, ne le sont pas », Montesquieu, Lett. pers. 78. Maison mortuaire, édifice où l'on dépose la personne morte jusqu'au moment où la putréfaction commence à se manifester. Maison mortuaire, signifie aussi la maison du mort, celle où le corps est encore en attendant l'enterrement. On se réunira à la maison mortuaire.
10. Maison garnie, maison où on loue des chambres, des appartements garnis.
11. Maison de jeu, maison ouverte au public où l'on joue de l'argent. « Je ne m'étonne pas qu'il y ait des brelans publics comme autant de piéges tendus à l'avarice des hommes… qui ne sait pas qu'entrer et perdre dans ces maisons est une même chose ? » La Bruyère, VI.
12. Petites-Maisons, nom donné autrefois à un hôpital de Paris où l'on renfermait les aliénés (on met un P et une M majuscules). « …Et l'autre tiers à la nourriture des pauvres vieilles gens étant dedans l'hôpital de Saint-Germain des Prés, et continuation des Petites-Maisons, qui sont nécessaires à bâtir audit hôpital », Lett. pat. 28 déc. 1623. « J'aurai beau protester ; mon dire et mes raisons Iront aux Petites-Maisons », La Fontaine, Fabl. V, 4. « …Il n'est point de fou qui par belles raisons Ne loge son voisin aux Petites-Maisons », Boileau, Sat. IV. « Heureux si de son temps [d'Alexandre], pour cent bonnes raisons, La Macédoine eût eu des Petites-Maisons », Boileau, Sat. VIII. « Nous sommes des fous qui ne ressemblent pas tout à fait à ceux des Petites-Maisons », Fontenelle, Sur l'hist. Œuv. t. IX, p. 370, dans POUGENS. Il est à mettre aux Petites-Maisons c'est un échappé des Petites-Maisons, c'est un homme sans raison, qui fait ou dit des choses folles. Fig. Les Petites-Maisons, choses folles, extravagances. « On dit que Mme de Réquigny vient aussi, c'est la sibylle Cumée ; elle cherche à se guérir de soixante et seize ans dont elle est fort incommodée ; ceci devient les Petites-Maisons », Sévigné, 282. « Nos folies de libéralités sont parvenues au comble de toutes les Petites-Maisons du monde », Sévigné, 20 nov. 1675. Fig. Ce sont les Petites-Maisons ouvertes, se dit en parlant d'un trait de folie.
13. Maison de ville, maison où l'on loge quand on est en ville. « Je passe une partie des miens [jours] dans ma maison de ville qui est un assez vilain cabaret », Maintenon, Lett. à Mme de Ventadour, 24 sept. 1714. Maison des champs, maison que l'on a à la campagne pour l'utilité. « L'île fut lors donnée en apanage à Lucifer ; c'est sa maison des champs », La Fontaine, Papef. Maison de campagne, maison qu'on a à la campagne pour l'agrément. « Molière avait une maison de campagne à Auteuil où il se délassait souvent des fatigues de sa profession, qui sont bien plus grandes qu'on ne pense », Voltaire, Vie de Molière. Maison de bouteilles, petite maison de campagne où l'on va vider des bouteilles, faire des parties. Maison rustique, ferme, métairie avec ses dépendances. « Rien n'est plus beau, à mon gré, qu'une vaste maison rustique, dans laquelle entrent et sortent par quatre grandes portes cochères des chariots chargés de toutes les dépouilles de la campagne », Voltaire, Mél. litt. à M. Dupont. Maison rustique, titre de plusieurs ouvrages qui traitent d'économie rurale. Maisons forestières, maisons construites dans l'intérieur des forêts pour le logement des gardes. Maison de chasse, maison qui sert de rendez-vous de chasse. « Le cardinal va trouver le roi à Versailles, alors petite maison de chasse, achetée par Louis XIII vingt mille écus, devenue depuis, sous Louis XIV, un des plus grands palais de l'Europe et un abîme de dépenses », Voltaire, Mœurs, 176. Petite maison, nom donné autrefois à une maison ordinairement située dans un quartier peu fréquenté et destinée à des rendez-vous avec des maîtresses. « Les gens qui sont occupés de la musique de Gluck et de leur souper ne songent pas à toutes ces horreurs [Lalli, le chevalier la Barre, etc. mis à mort] ; ils iraient gaiement à l'opéra et à leurs petites maisons sur les cadavres de ceux qu'on égorgea les jours de la Saint-Barthélemy et de la bataille du faubourg Saint-Antoine », Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 7 sept. 1774. « Le premier usage de ces maisons appelées communément petites maisons, s'introduisit à Paris par des amants qui étaient obligés de garder des mesures et d'observer le mystère pour se voir », Duclos, Comte de *, Œuvres, t. VIII, p. 65. « Jamais soupé des petites maisons de Paris n'approcha de ce repas », Rousseau, Confess. IV. « Elle n'ignorait pas que, dès l'âge de dix-neuf ans, il avait, selon le bel usage, une petite maison et une jolie maîtresse », Marmontel, Contes mor. École des pères. « Par des cadeaux son altesse m'entraîne Jusqu'à sa petite maison », Béranger, Cartes.
14. Tout ce qui a rapport aux affaires domestiques, de ménage. Sa maison est bien ordonnée. « Malgré les nécessités de sa maison épuisée », Bossuet, Louis de Bourbon. « Considérez ce que peut dans les maisons la prudence tempérée d'une femme sage pour les soutenir », Bossuet, Mar.-Thér. « Quand j'aurai une maison montée », Maintenon, Lett à M. d'Aubigné, 1er janv. 1681. Tenir la maison, être à la tête du gouvernement d'un ménage. C'est elle qui tient la maison chez son père. « Elle tenait habituellement la maison à Versailles », Marmontel, Mém. V. Tenir maison, avoir une maison où l'on reçoit, où l'on donne à dîner. « Le même tour d'esprit qui fait exceller une femme du monde dans l'art de tenir maison », Rousseau, Ém. V. Bonnes maisons, maisons où tout est bon et en abondance. « Il [un domestique] a été dans de bonnes maisons », Sévigné, 19 août 1675. Grandes maisons, maisons opulentes. « Grandes maisons se font par petite cuisine », Regnard, les Vendanges, 1. Faire une bonne maison, amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille. « Je ne suis point adroit, je n'ai point d'éloquence Pour… Suborner par discours une femme coquette… Débaucher une fille, et par vives raisons Lui montrer comme amour fait les bonnes maisons », Régnier, Sat. III. « Elle eût du buvetier emporté les serviettes, Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes ; Et voilà comme on fait les bonnes maisons… », Racine, Plaid. I, 4. Avoir un grand état de maison, avoir un grand luxe de table, d'ameublement, beaucoup de domestiques, de chevaux, etc. Faire bien les honneurs de sa maison, bien recevoir ceux qu'on invite. Avoir une bonne maison, donner souvent à manger.
15. Ceux qui, vivant ensemble dans une maison, composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Toutes les maisons honnêtes de la ville lui sont fermées. « La maison des vaincus touche seule mon âme », Corneille, Hor. III, 1. « La maison de ce patriarche devient un grand peuple en peu de temps », Bossuet, Hist. I, 3. « Dieu ! que dira le roi ? quel funeste poison L'amour a répandu sur toute sa maison ! » Racine, Phèdre, III, 6. Le maître, l'enfant, le fils, la fille de la maison. « Que de souffrir ainsi, contre toute raison, Qu'on en chasse pour vous le fils de la maison », Molière, Tart. IV, 1. Il est de la maison, c'est un membre de la famille, ou c'est un ami assez intime pour être considéré comme tel. « N'apporte point ici l'air de cérémonie ; Regarde-toi déjà comme de la maison », Gresset, Méchant, III, 7. Maison gaie, maison où l'on s'amuse et amuse les autres. Maison triste, maison où il n'y a aucune gaieté. « Un mari et une femme qui s'aiment, des gens extraordinaires, enfin c'est une maison triste, ma pupille s'y est ennuyée », Lesage, Turcaret, II, 2.
16. Terme collectif désignant les gens attachés au service d'une maison. Un valet et deux servantes composent toute sa maison. Entrer en maison, se dit d'un domestique qui prend du service dans une maison. Ce domestique a fait beaucoup de maisons, il a changé souvent de place. Familièrement. Faire maison nette, renvoyer à la fois tous ses domestiques. « Enfin je respire, j'ai fait maison nette aujourd'hui », Legrand, Métamorph. amour. sc. 1. « Même je vous prierai quelque jour instamment De faire maison nette impitoyablement, Et de vous composer un nouveau domestique », Imbert, Jaloux sans amour, II, 7. Fig. « Voilà donc les jésuites chassés de Naples ; on dit qu'ils vont bientôt l'être de Parme, et qu'ainsi tous les États de la maison de Bourbon feraient maison nette », D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 14 déc. 1767. Faire maison neuve ou maison nouvelle, prendre de nouveaux domestiques. « Il faudrait chaque jour faire maison nouvelle », Tristan, Mariane, I, 3. « On a beau chasser, faire maison nouvelle », Rousseau, Hél. IV, 10. Les gens de la maison, les domestiques attachés au service d'une maison en particulier, par opposition à gens de maison, en général, les personnes dont l'état est de servir comme domestiques.
17. Terme collectif désignant toutes les personnes employées au service des grands personnages, des princes et princesses. « Il [le duc de Beaufort] offrait de s'aller poster à l'entrée du cours avec la maison de Monsieur », Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 380, dans POUGENS. « La dame d'honneur, les dames d'atour, les filles, la gouvernante, les hommes, et toute la maison [de Madame la Dauphine] part demain », Sévigné, 400. « Enfin sa maison fut plus d'une heure à passer et à être admirée », Maintenon, Lett. à Mme de Villarceaux, 27 août 1660. « Je réveille ici, sans y penser, maison désolée de cette princesse [la Dauphine], votre tendresse et votre douleur, par le souvenir des bienfaits ou de l'espérance qui vous restait de la protection d'une si bonne et si puissante maîtresse », Fléchier, Dauph. Faire sa maison, rassembler tout ce qui forme un état de maison, domestiques, meubles, voitures, etc. ; cela ne se dit que des princes et des personnes élevées en dignité. Cet ambassadeur s'occupe à faire sa maison. Maison du souverain, se dit de tous les officiers de la bouche, de la chambre et autres qui servent le roi ou l'empereur. La maison de l'empereur est partie pour Compiègne.
18. Maison militaire du roi, de l'empereur, ou maison du roi, de l'empereur, ou, simplement, la maison, les troupes destinées à la garde de la personne du souverain. « Il ira à l'armée pendant son quartier avec Sa Majesté, et commandera toute la maison du roi », Sévigné, 125. « Le roi fut à Compiègne faire la revue de sa maison et de la gendarmerie », Saint-Simon, 1, 24. « Vous qui gardez mon roi, vous qui vengez la France, Vous peuple de héros dont la foule s'avance, Accourez, c'est à vous de fixer les destins ; Louis, son fils, l'État, l'Europe est dans vos mains ; Maison du roi, marchez, assurez la victoire », Voltaire, Fontenoi. Maison rouge, les mousquetaires, qui étaient ainsi nommés à cause de leur uniforme rouge. Ancien terme de marine. Maison du roi, voy. LOGIS DU ROI.
19. Fig. Race, famille, en parlant des familles nobles, des grandes familles. « Et [il] sort d'une maison si féconde en guerriers… », Corneille, Cid, I, 1. « Jusques à ce grand coup un honteux esclavage D'une seule maison nous faisait l'héritage », Corneille, Othon, III, 3. « Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison ! » Corneille, Cid, I, 9. « Il se fit donc une longue guerre entre la maison de Saül et la maison de David », Sacy, Bible, Rois, II, III, 1. « J'ai du bien, je suis jeune, et sors d'une maison Qui se peut dire noble avec quelque raison », Molière, Mis. III, 1. « C'est par la suite de ces conseils que Dieu a fait naître les deux puissantes maisons d'où la reine devait sortir, celle de France et celle d'Autriche », Bossuet, Mar.-Thér. « L'auguste maison d'Autriche… où, durant l'espace de quatre cents ans, on ne trouve que des rois et des empereurs et une si grande affluence de maisons royales, avec tant d'États et de royaumes, qu'on a prévu il y a longtemps qu'elle en serait surchargée », Bossuet, ib. « La maison de France, la plus grande, sans comparaison, de tout l'univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder sans envie, puisqu'elles tâchent de tirer leur gloire de cette source », Bossuet, Reine d'Anglet. « La maison de Clovis était tombée dans une faiblesse déplorable ; de fréquentes minorités avaient donné occasion de jeter les princes dans une mollesse dont ils ne sortaient point étant majeurs », Bossuet, Hist. I, 11. « La maison de Bavière est une de ces maisons augustes où la puissance, la valeur et la piété se perpétuent, et dont la gloire ne vieillit point avec le temps », Fléchier, Dauphine. « Enfin de votre Dieu l'implacable vengeance Entre nos deux maisons rompit toute alliance », Racine, Athal. II, 7. « Toute la maison royale d'Angleterre venait d'un simple gentilhomme, nommé Tudor, qui avait épousé la veuve de Henri V, fille du roi de France Charles VI », Voltaire, Mœurs, 168. « Et si je n'écoutais que la honte et ma gloire, L'honneur de ma maison, mon père, sa mémoire… », Voltaire, Zaïre, III, 4. « D'après mon blason, Je crois ma maison Plus noble, ma foi, Que celle du roi », Béranger, Carabas. « Qu'on rassemble les chefs des plus nobles maisons », Delavigne, Vêpr. Sicil. III, 5. La maison royale, la maison impériale, les princes du sang. Cette maison est éteinte, finie, le dernier de la race est mort. « La maison de Jagellon, qui avait régné près de deux cents ans dans la Pologne, fut éteinte », Fléchier, Vie de Commendon, IV, 1. Relever sa maison, acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille son ancien éclat. Les grandes maisons, les maisons les plus éminentes par leur noblesse et leurs dignités. « Je vous gronde, ma fille, de vous être baignée dans cette petite rivière, qui n'est point une rivière et qui prend ce grand nom, comme bien des gens qui prennent le nom des grandes maisons », Sévigné, 306. Être de grande maison, être d'une famille noble. On a dit dans le même sens : être de maison. « Vous êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté ; Clarice est de maison et n'est pas sans beauté », Corneille, Ment. III, 5. « Connaissez-vous leurs biens, leurs emplois, leurs familles ? - Leurs familles ? eh fi ! perdez-vous la raison ? Les voudrais-je souffrir s'ils n'étaient de maison ? Qui vous fait présumer en moi tant de faiblesse ? Famille est bourgeoisie, et maison est noblesse », Boursault, Les mots à la mode, III. Bonne maison, maison noble. « On ne choisit pas pour gouverner un vaisseau celui des voyageurs qui est de la meilleure maison », Pascal, Pens. V, 9, éd. HAVET. « Un homme de très bonne maison », Sévigné, 140. « Pausanias, jeune homme de bonne maison », Bossuet, Hist. I, 8. Bonne maison se dit aussi de toute maison qui, avec la bonne renommée, jouit d'un état de fortune assuré. Enfant de bonne maison, enfant appartenant à une bonne maison. « Nous apprîmes ensemble tout ce qu'on enseigne aux enfants de bonne maison », Scarron, Rom. com. I, 14. « Mon père m'a laissé un assez riche héritage pour pouvoir vivre à Madrid en enfant de bonne maison », Lesage, Est. Gonz. ch. 31. « Aux filles de bonnes maisons Comme il avait su plaire.. » Béranger, Yvetot. Ce jeune homme sent son enfant de bonne maison, il a les manières nobles. Fig. et ironiquement. Je vous traiterai, je vous accommoderai en enfant, en fils de bonne maison, c'est-à-dire je vous châtierai sévèrement, comme vous le méritez.
20. Compagnie, communauté d'ecclésiastiques, de religieux. La maison de Sorbonne.
21. Maison de tonnerre, petit appareil pour démontrer l'utilité des pièces qui conduisent l'électricité dans le sol.
22. Terme d'astrologie. Maisons du ciel, maisons du soleil, douze divisions que les astrologues faisaient dans le ciel, auxquelles ils attribuaient diverses propriétés, et qui correspondaient aux douze divisions du zodiaque. « Le soleil n'a que douze maisons, et nous avons trente châteaux que je parcours toute l'année », Dancourt, Impr. de Surêne, sc. 15.
Historique
XIe s. « Si le pere truvet sa file en avulterie en sa maison », Lois de Guill. 37. « Sil [ainsi il le] comandat as cous [queux, cuisiniers] de sa maison », Ch. de Rol. CXXXV. XIIe s. « E tute la maison de Jacob se vestit de honte », Machab. I, I. « En sa maison n'a nul espoir Qui voit la [celle de] son voisin ardoir », Brut, ms. f° 112, dans LACURNE. « Ses bourgeois [il] fait armer chascun à sa maison », Saxons, VIII. « E là remest treis meis, e nostre sire benesquid [bénit] Obededom e sa maison », Rois, p. 140. XIIIe s. « Il n'est mie drois ne raison Qu'ele ait en paradis maison », la Rose, 5942. « Il [saint Louis] fist edefier pluseurs mesons Dieu, la meson-Dieu de Paris, celle de Pontoise… », Joinville, 298. XIVe s. « Pour une maison Dieu dalée d'ivoire et d'ebeinne, garnie d'argent », De Laborde, Émaux, p. 377. XVe s. « Ils avoient si grand desir de retourner chacun en sa maison que priere n'y valut rien », Froissart, I, I, 25. « En nostre famille que vulgairement on dit nostre maison, la quelle combien que mal ou bien nous l'avons gouvernée », Testament du duc de Guyenne, dans Cabinet du roi Louis XI, à la suite de Commines, t. IV, p. 221, dans LACURNE. XVIe s. « Pour chacune maison de mouche à miel, un sol tournois par an », Coust. génér. t. II, p. 1127. « Chaque creancier pourra poursuivre son deu pendant l'an et jour contre la maison mortuaire [la succession] », ib. 714. « Il teint maison ouverte à tous venans tant excessive, que dedans ses tentes, à toutes les heures du jour, à tables couvertes de viandes exquises estoient allans et venans receus et repeus », Jean D'Auton, Annales de Louis XII, p. 237, dans LACURNE. « La maison fait cognoistre le maistre », Cotgrave † « En bonne maison l'on a tost appresté », Cotgrave † « À l'entrée de la ville est le commencement des maisons », Cotgrave † « Qui fait nopces et maison, met le sien en abandon », Cotgrave † « Maison de terre, cheval d'herbe, amy de bouche, N'i vallent pas le pied d'une mouche », Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 172. « Maison sans flamme, corps sans ame », Leroux de Lincy, ib. « En maison neufve Qui n'y porte rien, rien n'y treuve », Leroux de Lincy, ib. p. 173. « Chascun est roi en sa maison », Leroux de Lincy, ib. p. 267. « Nulle maison sans croix ni passion », Leroux de Lincy, ib. p. 358.
Étymologie
Wallon, mohon, mohone ; Verviers, mâhon ; Ardennes, majon ; namur. maujo ; Hainaut, mason ; bourg. moison ; picard, majon, mason, mageon, moison, moeson, mansion, mon ; Berry, maihon, maïon ; normand, moison ; provenç. maiso, mayson, maizo, maio ; anc. esp. mayson ; ital. magione ; du lat. mansionem, de manere, rester (voy. MANOIR).
Logis, bastiment fait pour y loger, pour y habiter. Maison commode, bien logeable. belle maison. grande maison. maison à porte cochere. petite maison. maison basse. maison elevée, exhaussée. maison à un estage, à plusieurs estages. maison neuve. une vieille maison. maison de briques. maison de pierres de taille. maison accompagnée de bois, de jardins voilà une maison bien placée. une maison en bel air. une maison sise, située en telle ruë. bastir une maison. abattre, demolir une maison. maison de campagne. maison de plaisance. il a maison à la ville, maison aux champs. maison à loüer. maison à vendre. les fondements d’une maison. les gros murs d’une maison. la couverture d’une maison. les divers appartements d’une maison. maison de loüage. il est en maison d’emprunt. il tient le haut de la maison. au bout du terme il faut qu’il vuide la maison. il va de maison en maison. sa maison est ouverte à tous venants. il ne sort point, il ne bouge de la maison. On appelle, Maison de bouteille. Une petite maison de campagne proche la ville, où l’on est visité souvent de ses amis que l’on y traite. On dit, Maison garnie, Pour signifier une maison qu’on meuble pour la loüer. Il tient maison garnie. il loge en maison garnie. On dit, qu’Un homme tient maison, pour dire, Qu’il tient menage. On dit par extension, qu’Une tortuë porte sa maison sur son dos. On dit prov. d’Un homme mal basti, mal mis, de meschant air, qu’Il est fait comme un brusleur de maisons. On dit fig. Faire maison nette, maison neuve, pour dire, Chasser tous ses domestiques & en prendre d’autres. Il a fait maison neuve. On dit prov. Que le Charbonnier est maistre dans sa maison, pour dire, Que chacun vit chez soy comme il luy plaist. On dit, d’Un homme qui voit un autre embarassé pour une affaire où il a part. On a sujet d’avoir peur quand on voit brusler la maison de son voisin. On dit aussi, d’Un homme qui va de tous les costez, & qui mange rarement chez luy. Il est comme les Menestriers qui ne trouvent point de pire maison que la leur. On dit qu’Une chose a esté venduë par dessus les maisons, pour dire, qu’Elle a esté venduë excessivement. Maison. Se prend aussi pour tous ceux qui sont d’une mesme famille. C’est une maison de gens de bien. une maison bien reglée. On dit, qu’Un homme a fait une bonne maison, pour dire, qu’Il a amassé beaucoup de bien, & qu’il est en estat de bien establir sa famille. On nomme, Maison, Une compagnie, une Communauté d’Ecclesiastiques, de Religieux. Il est Docteur de la Maison & Societé de Sorbonne. il est de la Maison de Navarre. la Maison Professe des Jesuites. la Maison des Carmes, des Jacobins. la Maison Abbatiale. toute la Maison est en prieres pour le Roy. On dit, Faire sa maison, pour dire, Prendre des domestiques. Il est arrivé un Ambassadeur, mais il n’a pas encore fait sa maison. la maison de ce Prince n’est pas encore faite. Il ne se dit que des personnes elevées en haute dignité. Maison, signifie aussi les Officiers de bouche & de chambre, de garderobe &c. Toute la Maison du Roy a pris les devants. On appelle aussi, La Maison du Roy, Les troupes destinées pour la garde de sa Personne & de sa Maison. Dans un tel combat la Maison du Roy fit merveilles. Maison, signifie encore, Race. Il ne se dit guere que des races nobles & illustres. Maison noble. Maison ancienne. Maison illustre. grande Maison. maison Souveraine. la Maison de France. la Maison d’Austriche. la Maison de Lorraine, On dit, Un enfant, une fille de bonne maison, pour dire, De noble famille. Il sent son enfant de bonne maison. On dit par menace à un jeune homme, qu’On le traitera, qu’on l’accommodera en enfant de bonne maison, pour dire, qu’On le chastiera comme il merite. On appelle en France, La Maison Royale, Tous les Princes du Sang. On dit, qu’Une maison est esteinte, finie, pour dire, que Le dernier d’une race est mort. On dit, qu’Un homme a relevé sa maison, pour dire, qu’Il a acquis des biens & des honneurs. On appelle, Maisons Royales, Les maisons qui appartiennent au Roy, & où il fait quelquefois sa demeure. Chambor est une maison Royale &c. Maison de Ville, L’Hostel où s’assemblent les Officiers de Ville. Il estoit allé à la Maison de Ville. Il signifie aussi, Le corps des Officiers de Ville. La Maison de Ville ordonna. il est Procureur du Roy. Greffier &c. de la Maison de Ville. la Maison de Ville fut mandée. On dit, Les douze Maisons du Soleil, pour dire, Les douzes signes du Zodiaque. On appelle l’Eglise, La Maison de Dieu. la Maison de Dieu est une Maison d’Oraison. On dit prov. d’Une maison où l’on ne donne à manger à personne. C’est la maison de Dieu, on n’y boit ny mange. On dit, qu’Un homme fait bien l’honneur, les honneurs de sa maison, pour dire, qu’Il reçoit bien le monde chez luy. On appelle à Paris, Petites Maisons, l’Hospital où l’on enferme ceux qui ont l’esprit aliené. Il le faut mettre, il devroit estre aux Petites Maisons.
Logis, bastiment fait pour y loger, pour y habiter. Maison commode, bien logeable. belle maison. grande maison. maison à porte cochere. petite maison. maison basse. maison eslevée, exhaussée. maison à un estage, à plusieurs estages. maison neuve. une vieille maison. maison de brique. maison de pierre de taille. maison accompagnée de bois, de jardins, Voila une maison bien placée. une maison en bel air. une maison située en telle ruë. bastir une maison. abbattre, demolir une maison. maison de campagne. maison de plaisance. il a maison à la ville, maison aux champs. maison à loüer. maison à vendre. les fondements d’une maison. les gros murs d’une maison. la couverture d’une maison. les divers appartements d’une maison. maison de louage. il est en maison d’emprunt. il tient le haut de la maison. au bout du terme il faut qu’il vuide la maison. il va de maison en maison. sa maison est ouverte à tous venants. il ne sort point, il ne bouge de la maison. On appelle Maison de bouteille, Une petite maison de campagne proche la ville, & qui expose son Maistre à beaucoup de despense, à cause des visites que l’on y reçoit souvent. On dit Maison garnie, Pour signifier Une maison meublée qui est à loüer en tout ou en partie. Il tient maison garnie. il loge en maison garnie. On dit qu’Un homme tient maison, pour dire, qu’Il tient menage. On dit qu’Une tortuë porte sa maison sur son dos ; Parce qu’elle porte l’escaille dans laquelle elle est enfermée. On dit prov. d’Un homme mal habillé & tout en desordre, qu’Il est fait comme un brusleur de maisons. On dit fig. Faire maison nette, pour dire, Chasser tous ses domestiques : Et Faire maison neuve, pour dire, En prendre d’autres. Il a fait maison neuve. On dit prov. Que le Charbonnier est maistre dans sa maison, pour dire, Que chacun vit chez soy comme il luy plaist. On dit d’un homme qui en voit un autre dans un malheur, & qui a sujet d’en craindre un semblable, On a sujet d’avoir peur, quand on voit brusler la maison de son voisin. On dit aussi d’Un homme qui va de tous les costez, & qui mange rarement chez luy. Il est comme les menestriers, qui ne trouvent point de pire maison que la leur. Il est du style familier. On dit qu’Une chose a este venduë par dessus les maisons, pour dire, qu’Elle a esté venduë excessivement.
■ Maison Se prend aussi pour tous ceux qui sont d’une mesme famille. C’est une maison de gens de bien. une maison bien reglée. On dit qu’Un homme a fait une bonne maison, pour dire, qu’Il a amassé beaucoup de bien, & qu’il est en estat de bien establir sa famille. On nomme Maison, Une Compagnie, une Communauté d’Ecclesiastiques, de Religieux. Il est Docteur de la maison & societé de Sorbonne. il est de la maison de Navarre. la maison professe des Jesuites. On dit Faire sa maison, pour dire, Prendre des domestiques. Il est arrivé un Ambassadeur, mais il n’a pas encore fait sa maison. la maison de ce Prince n’est pas encore faite. Il ne se dit que des Princes & des personnes eslevées en haute dignité.
■ Maison, signifie aussi Tous les Officiers de bouche & de la chambre, de la garderobe, &c. & autres de la maison du Roy. La maison du Roy a pris les devants. On appelle aussi La maison du Roy, Les troupes destinées pour la garde de sa personne & de sa maison. Dans un tel combat la maison du Roy fit merveilles. p. 12
■ Maison signifie encore Race. Il ne se dit guere que des races nobles & illustres. Maison noble. maison ancienne. maison illustre. grande maison. maison souveraine. la maison de France. la maison d’Austriche. la maison de Lorraine. On dit, Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, pour dire, De noble famille. Il sent son enfant de bonne maison. On dit par menace à un jeune homme, qu’On le traitera, qu’on l’accommodera en enfant de bonne maison, pour dire, qu’On le chastiera comme il merite. On appelle en France, La maison Royale, Les Princes du sang. On dit qu’Une maison est esteinte, finie, pour dire, que Le dernier d’une race est mort. On dit qu’Un homme a relevé sa maison, pour dire, qu’Il a acquis des biens & des honneurs qui ont relevé sa famille. On appelle Maisons Royales, Les maisons qui appartiennent au Roy, & où il fait quelquefois sa demeure, Chambor, Fontainebleau, sont des maisons Royales.
■ Maison de ville. L’Hostel où s’assemblent les officiers de ville. Il estoit allé à la maison de ville. Il signifie aussi, Le Corps des officiers de ville. La maison de ville ordonna… Il est Procureur du Roy, Greffier, &c. de la maison de ville. la maison de ville fut mandée. On dit en termes d’Astrologie, Les douze maisons du soleil, pour dire, Les douze signes du Zodiaque. On appelle l’Eglise, La maison de Dieu. La maison de Dieu est une maison d’oraison. il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. On dit prov. & bassement d’Une maison où l’on ne donne à manger à personne, C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni ne mange. On dit qu’Un homme fait bien l’honneur, les honneurs de sa maison, pour dire, qu’Il reçoit bien le monde chez luy. On appelle à Paris, Petites Maisons, l’Hospital où l’on enferme ceux qui ont l’esprit aliené. Il le faut mettre, il devroit estre aux petites maisons.
Logis, bâtiment fait pour y loger, pour y habiter. Maison commode, bien logeable. Belle maison. Grande maison. Maison à porte cochére. Petite maison. Maison basse. Maison élevée, exhaussée. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Une vieille maison. Maison de brique. Maison de pierre de taille. Maison accompagnée de bois, de jardins, Voilà une maison bien placée. Une maison en bel air. Une maison située en telle rue. Bâtir une maison. Abattre, démolir une maison. Maison de campagne. Maison de plaisance. Il a maison à la ville, maison aux champs. Maison a louer. Maison à vendre. Les fondemens d’une maison. Les gros murs d’une maison. La couverture d’une maison. Les divers appartemens d’une maison. Maison de louage. Il est en maison d’emprunt. Il tient le haut de la maison. Au bout du terme il faut qu’il vuide la maison. Il va de maison en maison. Sa maison est ouverte à tous venans. Il ne sort point, il ne bouge de la maison. On appelle, Maison de bouteille, Une petite maison de campagne près de la ville où l’on demeure, & qui expose son Maître à beaucoup de dépense, à cause des visites que la proximité lui attire. On dit, Maison garnie, Pour signifier, Une maison meublée qui est à louer en tout ou en partie. Il tient maison garnie. Il loge en maison garnie. On dit, qu’Un homme tient maison, pour dire, qu’Il tient ménage. Et on dit, Lever maison, pour dire, commencer à tenir ménage. On dit, qu’Une tortue porte sa maison sur son dos ; Parce qu’elle porte l’écaille dans laquelle elle est enfermée. On dit prov. d’Un homme mal habillé & tout en desordre, qu’Il est fait comme un brûleur de maisons. p. 66On dit fig. Faire maison nette, pour dire, Chasser tous ses domestiques. Et, Faire maison neuve, pour dire, En prendre d’autres. Il a fait maison nette. Il a fait maison neuve. On dit prov. Que le Charbonnier est maître dans sa maison, pour dire, Que chacun vit chez-soi comme il lui plaît. On dit, d’Un homme qui en voit un autre affligé d’un malheur, qu’il a lieu de craindre pour lui-même, On a sujet d’avoir peur, quand on voit brûler la maison de son voisin. On dit aussi prov. d’Un homme qui va de tous les côtez, & qui mange rarement chez lui. Il est comme les ménêtriers, qui ne trouvent point de pire maison que la leur. On dit famil. qu’Une chose a été vendue par dessus les maisons, pour dire, qu’Elle a été vendue excessivement.
■ Maison, Se prend aussi pour tous ceux qui sont d’une même famille. C’est une maison de gens de bien. Une maison bien réglée. On dit, qu’Un homme a fait une bonne maison, pour dire, qu’Il a amassé beaucoup de bien, & qu’il est en état de bien établir sa famille. On nomme, Maison, Une Compagnie, une Communauté d’Ecclésiastiques, de Religieux. Il est Docteur de la maison & société de Sorbonne. Il est de la maison de Navarre. La maison professe des Jesuites. On dit, Faire sa maison, pour dire, Prendre des domestiques. Il est arrivé un Ambassadeur, mais il n’a pas encore fait sa maison. La maison de ce Prince n’est pas encore faite. Il ne se dit que des Princes & des personnes élevées en haute dignité.
■ Maison, Signifie aussi, Tous les Officiers de la bouche, de la chambre, de la garderobe, &c. & autres de la maison du Roi. On appelle aussi, La maison du Roi, Les troupes destinées pour la garde de sa personne. Dans un tel combat la maison du Roi fit merveilles.
■ Maison, Signifie encore, Race. Il ne se dit que des races nobles & illustres. Maison noble. Maison ancienne. Maison illustre. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France. La maison d’Autriche. La maison de Lorraine. On dit, Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, pour dire, De noble & ancienne race. Et d’un jeune homme qui a les manieres nobles, qu’Il sent son enfant de bonne maison. On dit par menace à un jeune homme, qu’On le traitera, qu’on l’accommodera en enfant de bonne maison, pour dire, qu’On le châtiera comme il le mérite. On appelle en France, La maison Royale, Les Princes du sang. On dit, qu’Une maison est éteinte, finie, pour dire, que Le dernier d’une race est mort. On dit, qu’Un homme a relevé sa maison, pour dire, qu’Il a acquis des biens & des honneurs qui ont relevé sa famille. On appelle, Maisons Royales, Les maisons qui appartiennent au Roi, & où il fait quelquefois sa demeure. Chambor, Fontainebleau, sont des maisons Royales.
■ Maison de Ville. L’Hôtel où s’assemblent les Officiers de ville. Il étoit allé à la maison de ville. Il signifie aussi, Le Corps des Officiers de ville. La maison de ville ordonna… Il est Procureur du Roi, Greffier, &c. de la maison de ville. La maison de ville fut mandée. On dit en termes d’Astrologie, Les douze maisons du soleil, pour dire, Les douze signes du Zodiaque. On appelle l’Eglise, La maison de Dieu. La maison de Dieu est une maison d’oraison. Il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. On dit prov. d’Une maison où l’on ne donne à manger à personne, C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni ne mange. On dit, qu’Un homme fait bien les honneurs de sa maison, pour dire, qu’Il reçoit bien le monde chez lui. On appelle à Paris, Petites Maisons, l’Hôpital où l’on enferme ceux qui ont l’esprit aliené. Il le faut mettre, il devroit être aux petites maisons.
Logis, bâtiment pour y loger, pour y habiter. Maison commode, bien logeable. Belle maison. Grande maison. Maison à porte cochère. Petite maison. Maison basse. Maison élevée, exhaussée. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Une vieille maison. Maison de brique. Maison de pierre de taille. Maison accompagnée de bois, de jardins, &c. Voilà une maison bien placée. Une maison en bel air. Une maison située en telle rue. Bâtir une maison. Abattre, démolir une maison. Maison de campagne. Maison de plaisance. Il a maison à la ville, maison aux champs. Maison à louer. Maison à vendre. Les fondemens d’une maison. Les gros murs d’une maison. La couverture d’une maison. Les divers appartemens d’une maison. Maison de louage. Il est en maison d’emprunt. Il tient le haut de la maison. Au bout du terme il faut qu’il vide la maison. Il va de maison en maison. Sa maison est ouverte à tous venans. Il ne sort point, il ne bouge de la maison. On appelle Maison de bouteille, Une petite maison de campagne près de la ville où l’on demeure, & qui expose son maître à beaucoup de dépense, à cause des visites que la proximité lui attire. Il est familier. On dit, Maison garnie, pour signifier Une maison meublée qui est à louer en tout ou en partie. Il tient maison garnie. Il loge en maison garnie. On dit, qu’Un homme tient maison, pour dire, qu’Il tient ménage. Et on dit, Lever maison, pour dire, Commencer à tenir ménage. On dit, Garder la maison, pour dire, Rester chez soi, ne pas sortir. On dit, qu’Une tortue porte sa maison sur son dos, Parce qu’elle porte l’écaille dans laquelle elle est enfermée. On dit proverbialement d’Un homme mal habillé & tout en désordre, qu’Il est fait comme un brûleur de maisons. On dit fig. & fam. Faire maison nette, pour dire, Chasser tous ses domestiques. Et, Faire maison neuve, pour dire, En prendre d’autres. Il a fait maison nette. Il a fait maison neuve. On dit proverbialement, que Le Charbonnier est maître dans sa maison, pour dire, que Chacun vit chez soi comme il lui plaît. On dit d’Un homme qui en voit un autre affligé d’un malheur qu’il a lieu de craindre pour lui-même, On a sujet d’avoir peur, quand on voit brûler la maison de son voisin. On dit aussi proverbialement d’Un homme qui va de tous les côtés, & qui mange rarement chez lui, Il est comme les Ménétriers qui ne trouvent point de pire maison que la leur. On dit proverbialement, qu’Une chose a été vendue par dessus les maisons, pour dire, qu’Elle a été vendue excessivement. On appelle Maisons Royales, Les maisons qui appartiennent au Roi, & où il fait quelquefois sa demeure. Chambor, Fontainebleau, sont des Maisons Royales.
■ Maison, se prend aussi pour tous ceux qui sont d’une même famille. C’est une maison de gens de bien. Une maison bien réglée. On dit, qu’Un homme a fait une bonne maison, pour dire, qu’Il a amassé beaucoup de bien, & qu’il est en état de bien établir sa famille. On nomme Maison, Une Compagnie, une Communauté d’Ecclésiastiques, de Religieux. Il est Docteur de la Maison & Société de Sorbonne. Il est de la Maison de Navarre. La Maison professe des Jésuites. On dit, Faire sa maison, pour dire, Prendre des domestiques. Il est arrivé un Ambassadeur, mais il n’a pas encore fait sa maison. La maison de ce Prince n’est pas encore faite. Il ne se dit que des Princes & des personnes élevées en haute dignité.
■ Maison, signifie aussi Tous les Officiers de la bouche, de la chambre, de la garderobe, & autres de la maison du Roi. On appelle aussi La maison du Roi, Les troupes destinées pour la garde de sa personne. Dans un tel combat, la maison du Roi fit merveilles.
■ Maison, signifie encore Race. Il ne se dit que des races nobles & illustres. Maison noble. Maison ancienne. Maison illustre. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France. La maison d’Autriche. La maison de Lorraine. On dit, Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, pour dire, De noble & ancienne race. Et d’un jeune homme qui a les manières nobles, qu’Il sent son enfant de bonne maison. On dit par menace à un jeune homme, qu’On le traitera, qu’on l’accommodera en enfant de bonne maison, pour dire, qu’On le châtiera comme il le mérite. Il est familier. On appelle en France, La Maison Royale, Les Princes du sang. On dit, qu’Une maison est éteinte, finie, pour dire, que Le dernier d’une race est mort. On dit, qu’Un homme a relevé sa maison, pour dire, qu’Il a acquis des biens & des honneurs qui ont relevé sa famille.
■ Maison de ville. L’Hôtel où s’assemblent les Officiers de ville. Il étoit allé à la maison de ville. Il signifie aussi Le corps des Officiers de ville. La maison de ville ordonna… Il est Procureur du Roi, Greffier, &c. de la maison de ville. La maison de ville fut mandée. On dit en termes d’Astrologie, Les douze maisons du soleil, pour dire, Les douze signes du Zodiaque. On appelle l’Église, La maison de Dieu. La maison de Dieu est une maison d’oraison. Il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. On dit proverbialement d’Une maison où l’on ne donne à manger à personne, C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni n’y mange. On dit, qu’Un homme fait bien les honneurs de sa maison, pour dire, qu’Il reçoit bien le monde chez lui. On appelle à Paris, Petites Maisons, l’Hôpital où l’on enferme ceux qui ont l’esprit aliéné. Il le faut mettre, il devroit être aux petites maisons.
Logis, bâtiment pour y loger, pour y habiter. Maison commode, p. 56bien logeable. Belle maison. Grande maison. Maison à porte cochère. Petite maison. Maison basse. Maison élevée, exhaussée. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Une vieille maison. Maison de brique. Maison de pierre de taille. Maison accompagnée de bois, de jardins, etc. Voilà une maison bien placée. Une maison en bel air. Une maison située en telle rue. Bâtir une maison. Abattre, démolir une maison. Maison de campagne. Maison de plaisance. Il a maison à la ville, maison aux champs. Maison à louer. Maison à vendre. Les fondemens d’une maison. Les gros murs d’une maison. La couverture d’une maison. Les divers appartemens d’une maison. Il est en maison d’emprunt. Il tient le haut de la maison. Au bout du terme il faut qu’il vide la maison. Il va de maison en maison. Sa maison est ouverte à tous venans. Il ne sort point, il ne bouge de la maison. On dit, qu’Un homme tient maison, pour dire, qu’Il tient ménage. Et on dit, Lever maison, pour dire, Commencer à tenir ménage. On dit qu’Un homme a une bonne maison, pour dire, qu’Il donne souvent à manger, et qu’Il a un grand état de maison, pour dire, qu’Il a beaucoup de domestiques. On dit qu’Un homme fait bien les honneurs de sa maison, pour dire, qu’Il reçoit bien ceux qui viennent chez lui. On dit, Garder la maison, pour dire, Rester chez soi, ne pas sortir. On dit proverbialement d’Un homme mal habillé et tout en désordre, qu’Il est fait comme un brûleur de maisons. On dit figurément et familièrement, Faire maison nette, pour dire, Chasser tous ses domestiques. Et, Faire maison neuve, pour dire, En prendre d’autres. On dit proverbialement, que Le Charbonnier est maître dans sa maison, pour dire, que Chacun vit chez soi comme il lui plaît. On dit d’Un homme qui en voit un autre affligé d’un malheur qu’il a lieu de craindre pour lui-même, On a sujet d’avoir peur, quand on voit brûler la maison de son voisin. On dit aussi proverbialement d’Un homme qui va de tous les côtés, et qui mange rarement chez lui, Il est comme les Ménétriers, qui ne trouvent point de pire maison que la leur. On dit proverbialement, qu’Une chose a été vendue pardessus les maisons, pour dire, qu’Elle a été vendue excessivement cher. On appelle Maisons Royales, Les maisons qui appartiennent à un Roi, et où il peut habiter avec sa Cour. Chambord, Fontainebleau, Choisy, et autres, sont des Maisons royales.
■ Maison, se prend aussi pour tous ceux qui composent une même famille. C’est une maison de gens de bien. On dit, Une maison bien réglée, pour dire, Une maison où il y a de l’ordre. On dit, qu’Un homme a fait une bonne maison, pour dire, qu’Il a amassé beaucoup de bien, et qu’il est en état de bien établir sa famille. On nomme Maison, Une Compagnie, une Communauté d’Ecclésiastiques, de Religieux. Il est Docteur de la Maison et Société de Sorbonne. Il est de la Maison de Navarre. La Maison de St. Magloire, de St. Lazare, de Ste. Geneviève. On dit, Faire sa maison, pour dire, Prendre des domestiques. Cet Ambassadeur n’a pas encore fait sa maison. La maison de ce Prince n’est pas encore faite. Il ne se dit que des Princes et des personnes élevées en dignité. Maison du Roi, signifie aussi Tous les Officiers de la bouche, de la chambre, de la garderobe, et autres, attachés au service domestique du Roi. On appeloit aussi Maison du Roi, et Maison tout court, Les troupes destinées pour la garde de sa personne. Dans un tel combat, la Maison du Roi fit merveilles. La Maison est partie pour l’armée.
■ Maison, signifie encore Race. Il ne se dit que des races nobles et illustres. Maison noble. Maison ancienne. Maison illustre. Grande maison. Maison souveraine. La Maison de France. La Maison d’Autriche. La Maison de Lorraine. La Maison de Coucy. On dit, Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, pour dire, De noble et ancienne race. Et d’un jeune homme qui a les manières nobles, qu’Il sent son enfant de bonne maison. On dit par menace à un jeune homme, qu’On le traitera, qu’on l’accommodera en enfant de bonne maison, qu’On le châtiera comme il le mérite. Il est familier. La Maison Royale, signifie Les Princes du Sang. On dit, qu’Une maison est éteinte, finie, pour dire, que Le dernier d’une race est mort. On dit, qu’Un homme a relevé sa maison, pour dire, qu’Il a acquis des biens et des honneurs qui ont relevé sa famille.
■ Maison de Ville. L’Hôtel ou s’assemblent les Officiers Municipaux. Il étoit allé à la maison de ville. Il signifie aussi Le corps des Officiers de ville. La maison de ville ordonna.... Il est Procureur du Roi, Greffier, etc. de la maison de ville. La maison de ville fut mandée. On dit en termes d’Astrologie, Les douze maisons du Soleil, pour dire, Les douze signes du Zodiaque. On appelle l’Église, La maison de Dieu. La maison de Dieu est une maison de prière. Il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. On dit proverbialement et populairement d’Une maison où l’on ne donne à manger à personne, C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni n’y mange. On appelle à Paris, Petites Maisons, l’Hôpital où l’on renferme ceux qui ont l’esprit aliéné. Il le faut mettre, il devroit être aux petites maisons. On dit proverbialement en parlant d’un trait de folie, que Ce sont les petites maisons ouvertes. On appelle aussi Petite maison, une maison destinée à des amusemens secrets.
Bâtiment servant de logis, d’habitation, de demeure. Maison commode, bien logeable. Belle, grande maison. Maison à porte cochère. Maison basse. Maison élevée, exhaussée. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Vieille maison. Maison de brique, de pierre de taille. Maison entre cour et jardin. Maison sur la rue. Voilà une maison bien placée. Une maison en bel air. Une maison située en telle rue. Bâtir, abattre, démolir une maison. Maison des champs. Maison de campagne, de plaisance, de ville. Maison à louer, à vendre. Les fondements, les gros murs, la couverture d’une maison. Le devant, le derrière d’une maison. Les divers appartements d’une maison. La distribution des appartements de cette maison est commode. Il occupe le haut de la maison. Au bout du terme il faut qu’il vide la maison. Il va de maison en maison. Sa maison est ouverte à tous venants. Il ne sort point, il ne bouge point de la maison. Fam., Garder la maison, Rester chez soi, ne pas sortir. Prov., Il est fait comme un brûleur de maisons, se dit D’un homme mal habillé et tout en désordre. Prov. et fig., Charbonnier est maître dans sa maison, Chacun vit chez soi comme il lui plaît. Prov. et fig., Par-dessus les maisons, se dit en parlant De choses exorbitantes, excessives, exagérées. Il fait des demandes, il a des prétentions par-dessus les maisons. Maison royale, Maison qui appartient au roi, et où il peut habiter avec sa cour. Fontainebleau, Compiègne, sont des maisons royales. Maison garnie, Maison où on loue des chambres, des appartements meublés. Tenir maison garnie. Loger en maison garnie. Maison d’éducation, Maison où l’on prend en pension des enfants, pour les instruire. Maison de santé, Maison où l’on prend en pension des malades ou des valétudinaires, pour les traiter. Maison de jeu, Maison ouverte au public, où l’on joue à des jeux de hasard. Maison de prêt, Maison où l’on prête de l’argent, sur des effets déposés en nantissement. Maison de commerce, Maison où l’on fait le trafic de marchandises. Il vient d’ouvrir une maison de commerce. En ce sens, on dit quelquefois simplement Maison. Ce commerçant a une maison à Paris, et une à Bordeaux. On dit, Maison de banque, lorsqu’il s’agit Du trafic de l’argent. Maison de commission, Maison d’un négociant qui fait la commission. Maison de ville, maison commune, L’hôtel où s’assemblent les officiers municipaux. Il était allé à la maison de ville, à la maison commune. Maison d’arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, Lieux légalement et publiquement désignés pour recevoir ceux qu’on vient d’arrêter, ou ceux qui ont été condamnés à la détention. Maison de charité, Maison où l’on donne des secours à la classe indigente. La maison de Dieu, L’église. Il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. Prov. et pop., C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni on n’y mange, se dit D’une maison où l’on ne donne à manger à personne. Petites-Maisons. Nom donné, autrefois, à un hôpital de Paris, où l’on renfermait des aliénés. Prov., Il est à mettre aux Petites-Maisons, c’est un échappé des Petites-Maisons, C’est un homme sans raison, qui fait ou qui dit des choses folles. Prov. et fig., Ce sont les Petites-Maisons ouvertes, se dit en parlant D’un trait de folie. Petite maison, se disait autrefois d’Une maison ordinairement située dans un quartier peu fréquenté, et destinée à des plaisirs secrets. Il leur a donné à dîner dans sa petite maison. Fig., en termes d’Astrologie, Les douze maisons du soleil, Les douze signes du zodiaque.
■ Maison, signifie aussi, par extension, Le ménage, tout ce qui a rapport aux affaires domestiques. Tenir, lever maison. C’est elle qui tient la maison, qui a soin de la maison. Elle gouverne bien sa maison. Elle entend parfaitement tous les détails d’une maison. Ce petit revenu leur suffit pour faire aller, pour faire rouler la maison. Sa maison est bien ordonnée, bien réglée. Il a une maison bien dispendieuse, bien lourde. Avoir une bonne maison, Donner souvent à manger. Avoir un grand état de maison, Avoir un grand luxe de table, d’ameublement, beaucoup de domestiques, de chevaux, etc. Faire bien les honneurs de sa maison, Bien recevoir ceux qu’on invite. Faire une bonne maison, Amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille.
■ Maison, se dit encore de Ceux qui demeurent et vivent ensemble dans une maison, qui y composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Il est l’ami de la maison. Toute la maison s’est réjouie de son arrivée. Il est de la maison. Toutes les maisons honnêtes de la ville lui sont fermées. Il m’a introduit dans une maison fort agréable. Le maître, la maîtresse, l’enfant, le fils, la fille de la maison. Quitter la maison paternelle. Il se prend, quelquefois, pour Les gens attachés au service d’une maison. Un valet et deux servantes composent toute sa maison. Faire sa maison, Rassembler tout ce qui forme un état de maison, en domestiques, en chevaux, en équipages, etc. Cela ne se dit que Des princes et des personnes élevées en dignité. Cet ambassadeur s’occupe à faire sa maison. La maison de ce prince n’est pas encore faite. Fam., Faire maison nette, Renvoyer à la fois tous ses domestiques ; et, Faire maison neuve, En prendre d’autres. Les gens de la maison, Les domestiques attachés au service d’une maison en particulier ; et, Les gens de maison, en général, Les personnes dont l’état est de servir comme domestiques. Maison du roi, Les officiers de la chambre, de la garde-robe, de la bouche, et autres, attachés au service personnel du roi. p. 150Maison militaire du roi, maison du roi, ou simplement, La maison, Les troupes destinées à la garde de la personne du roi. La maison partit pour l’armée. Dans ce combat, la maison du roi décida la victoire.
■ Maison, signifie figurément, Race, famille. Il ne se dit que Des familles nobles et illustres. Maison ancienne. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France, d’Autriche, de Hanovre. Soutenir l’honneur de sa maison. La maison royale, Les princes du sang. Un prince, une princesse de la maison royale. Cette maison est éteinte, finie, Le dernier de la race est mort. Relever sa maison, Acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille dont on sort, les avantages qu’elle avait perdus. Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, De noble et ancienne race. Ce jeune homme sent son enfant de bonne maison, Il a les manières nobles. Fig. et fam., Traiter, accommoder quelqu’un en enfant, en fils de bonne maison, Le châtier comme il le mérite.
■ Maison, se dit aussi d’Une compagnie, d’une communauté d’ecclésiastiques, de religieux. Il était docteur de la maison et société de Sorbonne.
Bâtiment servant de logis, d’habitation, de demeure. Maison commode, bien logeable. Belle, grande maison. Maison à porte cochère. Maison basse. Maison élevée, exhaussée. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Vieille maison. Maison de brique, de pierre de taille. Maison entre cour et jardin. Maison sur la rue. Voilà une maison bien placée. Une maison en bel air. Une maison située en telle rue. Bâtir, abattre, démolir une maison. Maison des champs. Maison de campagne, de plaisance, de ville. Maison à louer, à vendre. Les fondements, les gros murs, la couverture d’une maison. Le devant, le derrière d’une maison. Les divers appartements d’une maison. La distribution des appartements de cette maison est commode. Il occupe le haut de la maison. Au bout du terme il faut qu’il vide la maison. Il va de maison en maison. Sa maison est ouverte à tous venants. Il ne sort point, il ne bouge point de la maison. À la maison, Chez soi. Il reste, il est à la maison. Je dîne à la maison. Fam., Garder la maison, Rester chez soi, ne pas sortir. Prov., Il est fait comme un brûleur de maisons, se dit D’un homme mal habillé et tout en désordre. Prov. et fig., Charbonnier est maître dans sa maison, Chacun vit chez soi comme il lui plaît. Prov. et fig., Par-dessus les maisons, se dit en parlant De choses exorbitantes, excessives, exagérées. Il fait des demandes, il a des prétentions par-dessus les maisons. Maison royale, Maison qui appartenait au roi, et où il pouvait habiter avec sa cour. Fontainebleau, Compiègne, étaient des maisons royales. Maison de chasse, Maison qui sert de rendez-vous de chasse. Maison garnie, Maison où on loue des chambres, des appartements meublés. Tenir maison garnie. Loger en maison garnie. Maison d’éducation, Maison où l’on prend en pension des enfants, pour les instruire. Maison de santé, Maison où l’on prend en pension des malades ou des valétudinaires, pour les traiter. Maison d’aliénés, Établissement public ou privé où l’on soigne les aliénés. Maison de jeu, Maison ouverte au public, où l’on joue à des jeux de hasard. En France, les maisons de jeu sont interdites. Maison de prêt, Maison où l’on prête de l’argent, sur des effets déposés en nantissement. Maison de commerce, Maison où l’on fait le trafic de marchandises. Il vient d’ouvrir une maison de commerce. En ce sens, on dit quelquefois simplement, Maison. Ce commerçant a une maison à Paris, et une à Bordeaux. La maison Richard et Cie. On dit, Maison de banque, lorsqu’il s’agit Du trafic de l’argent. Maison de commission, Maison d’un négociant qui fait la commission. Maison de ville, maison commune, L’hôtel où s’assemblent les officiers municipaux. Il était allé à la maison de ville, à la maison commune. Maison d’arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, Lieux légalement et publiquement désignés pour recevoir ceux qu’on vient d’arrêter, ou ceux qui ont été condamnés à la détention. Maison centrale, Maison de détention pour les condamnés dont la peine excède un an. Maison de charité, Maison où l’on donne des secours à la classe indigente. La maison de Dieu, L’Église. Il faut entrer avec respect dans la maison de Dieu. Prov. et pop., C’est la maison de Dieu, on n’y boit ni on n’y mange, se dit D’une maison où l’on ne donne à manger à personne. C’est la maison du bon Dieu, signifie au contraire, Une maison hospitalière, ouverte à tout le monde. Petites-Maisons. Nom donné, autrefois, à un hôpital de Paris, où l’on renfermait des aliénés. Prov., Il est à mettre aux Petites-Maisons, c’est un échappé des Petites-Maisons, C’est un homme sans raison, qui fait ou qui dit des choses folles. Prov. et fig., Ce sont les Petites-Maisons ouvertes, se dit en parlant D’un trait de folie. Petite maison, se disait autrefois d’Une maison ordinairement située dans un quartier peu fréquenté, et destinée à des plaisirs secrets. Il leur a donné à dîner dans sa petite maison. Fig., en termes d’Astrologie, Les douze maisons du soleil, Les douze signes du zodiaque.
■ Maison, signifie aussi par extension, Le ménage, tout ce qui a rapport aux affaires domestiques. Tenir, lever maison. C’est elle qui tient la maison, qui a soin de la maison. Elle gouverne bien sa maison. Elle entend parfaitement tous les détails d’une maison. Ce petit revenu leur suffit pour faire aller la maison. Sa maison est bien ordonnée, bien réglée. Il a une maison bien dispendieuse, bien lourde. Avoir une bonne maison, Donner souvent à manger. Avoir un grand état de maison, Avoir un grand luxe de table, d’ameublement, beaucoup de domestiques, de chevaux, etc. Faire bien les honneurs de sa maison, Bien recevoir ceux qu’on invite. Faire une bonne maison, Amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille.
■ Maison, se dit encore de Ceux qui demeurent et vivent ensemble dans une maison, qui y composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Il est l’ami de la maison. Toute la maison s’est réjouie de son arrivée. Il est de la maison. Toutes les maisons honnêtes de la ville lui sont fermées. Il m’a introduit dans une maison fort agréable. Le maître, la maîtresse, l’enfant, le fils, la fille de la maison. Quitter la maison paternelle. Il se prend, quelquefois, pour Les gens attachés au service d’une maison. Un valet et deux servantes composent toute sa maison. Faire sa maison, Rassembler tout ce qui forme un état de maison, en domestiques, en chevaux, en équipages, etc. Cela ne se dit que Des princes et des personnes élevées en dignité. Cet ambassadeur s’occupe à faire sa maison. La maison de ce prince n’est pas encore faite. Fam., Faire maison nette, Renvoyer à la fois tous ses domestiques ; et, Faire maison neuve, En prendre d’autres. Les gens de la maison, Les domestiques attachés au service d’une maison en particulier ; et, Les gens de maison, en général, Les personnes dont l’état est de servir comme domestiques. Maison du roi, Les officiers de la chambre, de la garde-robe, de la bouche, et autres, attachés au service personnel du roi. Maison militaire du roi, maison du roi, ou simplement, La maison, se disait Des troupes destinées à la garde de la personne du roi. La maison partit pour l’armée. Dans ce combat, la maison du roi décida la victoire.
■ Maison, signifie au figuré, Race, famille. Il ne se dit que Des familles nobles et illustres. Maison ancienne. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France, d’Autriche, de Hanovre. Soutenir l’honneur de sa maison. La maison royale, Les princes du sang. Un prince, une princesse de la maison royale. Cette maison est éteinte, finie, Le dernier de la race est mort. Relever sa maison, Acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille dont on sort, les avantages qu’elle avait perdus. Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, De noble et ancienne race. Ce jeune homme sent son enfant de bonne maison, Il a les manières nobles.
■ Maison, se dit aussi d’Une compagnie, d’une communauté d’ecclésiastiques, de religieux. p. 153Il était docteur de la maison et société de Sorbonne.
Bâtiment servant de logis, d’habitation, de demeure. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Vieille maison. Maison de brique, de pierre de taille, en béton armé. Maison entre cour et jardin. Maison sur la rue. Bâtir, abattre, démolir une maison. Maison de campagne, de plaisance. Maison à louer, à vendre. Les fondements, les gros murs, la couverture d’une maison. Le devant, le derrière d’une maison. Les divers appartements d’une maison. Sa maison est ouverte à tous venants. Il ne sort point, il ne bouge point de la maison. À la maison, Chez soi. Il reste, il est à la maison, Chez lui. Je dîne à la maison, Chez moi. Fam., Garder la maison, Rester chez soi, ne pas sortir. Fig. et fam., C’est la maison du bon Dieu signifie une Maison hospitalière ouverte à tout le monde. La maison de Dieu, L’Église. On dit dans un sens analogue, en parlant d’une église en particulier : Il faut se tenir avec respect dans la maison du Seigneur. Fig. et fam., Par-dessus les maisons, se dit en parlant de Choses exorbitantes, excessives, exagérées. Il fait des demandes, il a des prétentions par-dessus les maisons.
■ Maison, pris absolument, est synonyme d’Établissement d’une société laïque (voyez plus bas Maison de commerce) ou ecclésiastique. La congrégation des filles de la Charité a des maisons dans le monde entier. Maison garnie, Maison où on loue des chambres, des appartements meublés. Tenir maison garnie. Loger en maison garnie. On dit plutôt Maison meublée. Maison d’éducation, Maison où l’on prend en pension des enfants pour les instruire. Maison de santé, Maison où l’on prend en pension des malades ou des valétudinaires pour les soigner. Maison de retraite, Établissement public ou privé, où l’on reçoit les vieillards. Maison-mère, en langage ecclésiastique, Maison principale où résident les supérieurs d’une congrégation de l’un ou de l’autre sexe. Maison publique, Maison de prostitution réglementée par l’autorité publique. On dit aussi Maison de tolérance. Maison d’aliénés, Établissement public ou privé où l’on soigne les aliénés. Maison de jeu, Maison ouverte au public, où l’on joue à des jeux de hasard. Maison de commerce, Maison où l’on fait le trafic de marchandises. En ce sens, on dit simplement Maison. Ce commerçant a une maison à Paris et une à Bordeaux. La Maison Richard et Cie. La Maison X n’a pas de succursale. Maison de détail, de gros, Maison de commerce qui vend les marchandises en détail, en gros. Maison de commission, Maison d’un négociant qui fait la commission. Maison commune, Le bâtiment où sont concentrés les services municipaux. On dit plus ordinairement Mairie. Maison d’arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, Lieux légalement et publiquement désignés pour recevoir ceux qu’on vient d’arrêter, ou ceux qui ont été condamnés à la détention. Voyez aussi Correction, Détention, Force. Maison centrale, Maison de détention pour les condamnés dont la peine excède un an. Petites-Maisons, Nom donné, autrefois, à un hôpital de Paris où l’on renfermait des aliénés. Prov., Il est à mettre aux Petites-Maisons, c’est un échappé des Petites-Maisons, C’est un homme sans raison, qui fait ou qui dit des choses folles. Petite maison se disait autrefois d’une Maison située dans un quartier peu fréquenté et destiné à des rendez-vous galants.
■ Maison désigne aussi, par extension, le Ménage, tout ce qui a rapport aux affaires domestiques. Tenir maison. C’est elle qui tient la maison, qui a soin de la maison. Elle gouverne bien sa maison. L’argent qu’il gagne lui suffit pour faire aller la maison. Sa maison est bien ordonnée. Elle a une maison bien lourde. Avoir un grand train de maison, Avoir un grand luxe de table, d’ameublement, de domestiques. Faire les honneurs de sa maison, Bien recevoir ceux qu’on invite. Faire une bonne maison, Amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille.
■ Maison se dit encore de Ceux qui demeurent et vivent ensemble dans une maison, qui y composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Il est l’ami de la maison. Toute la maison s’est réjouie de son arrivée. Il est de la maison. Le maître, la maîtresse, l’enfant, le fils, la fille de la maison. Quitter la maison paternelle. Maison s’emploie pour désigner les Gens attachés au service d’une maison. Dans chacun de ses déplacements, il emmène avec lui toute sa maison. Les gens de la maison, Les domestiques attachés au service d’une maison en particulier ; et, Les gens de maison, en général, Les p. 146personnes dont l’état est de servir comme domestiques. Faire installer sa maison, Rassembler tout ce qui forme un train de maison, en domestiques, en voitures, meubles, etc. Fam., Faire maison nette, Renvoyer à la fois tous ses domestiques ; et Faire maison neuve, En prendre d’autres. Maison du roi se disait autrefois des Officiers de la chambre, de la garde-robe, de la bouche, et autres, attachés au service personnel du roi. Maison militaire du roi, maison du roi, ou simplement La maison, se disait des officiers et des soldats destinés à la garde de la personne du roi. On dit aujourd’hui, dans un sens analogue, La maison militaire du Président de la République.
■ Maison signifie, au figuré, Race, famille, en parlant des familles nobles et illustres. Maison ancienne. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France. Soutenir l’honneur de sa maison. La maison royale, Les princes du sang. Un prince, une princesse de la maison royale. Cette maison est éteinte, finie, Le dernier de la race est mort. Relever sa maison, Acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille dont on sort les avantages qu’elle avait perdus. Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, De noble et ancienne race.
xe siècle. Issu du latin mansio, « action de séjourner ; lieu de séjour ».
1. Bâtiment servant de logis, d’habitation, de demeure. Maison individuelle. Maison à trois étages. Maison de maître, voir Maître I. Maison bourgeoise. Maison de ville. Maison rurale. Maison de campagne, habitation d’agrément située à la campagne. Maison forestière, voir Forestier. Maison de brique, de pierre de taille. Bâtir, démolir une maison. Les fondations, les murs, la toiture d’une maison. Un pâté de maisons, ensemble de constructions délimité par des rues. Par analogie. Maison de poupée, jouet représentant une telle construction, à la taille des poupées ; fig., se dit d’un logement très exigu. Titre célèbre : La Maison de poupée, d’Ibsen (1879). ▪ Spécialement. La Maison carrée, nom donné à un temple romain édifié à Nîmes. La Maison-Blanche, la résidence du président des États-Unis d’Amérique, à Washington ; par métonymie, fam., le gouvernement de ce pays. C’est la position de la Maison-Blanche. ▪ Loc. La maison de Dieu, la maison du Seigneur, le temple, l’église. La maison du Père, le paradis. Expr. fig. et fam. C’est la maison du bon Dieu, un lieu où chacun peut être accueilli avec chaleur et hospitalité. ▪ Loc. adv. À la maison, chez soi, quel que soit le type d’habitation ainsi désigné. Venez dîner à la maison. Il rentre à la maison. ▪ Expr. Tenir maison ouverte, accueillir chez soi, inviter tous ceux qui s’y présentent. Faire à quelqu’un les honneurs de sa maison, l’y accueillir et la lui faire visiter. Fig. Gros comme une maison (fam.), énorme, bien visible. Un mensonge gros comme une maison. Une maison de verre, un lieu où rien n’est tenu secret, où tout se fait dans une parfaite transparence. ▪ Par extension. astrologie. Les maisons du ciel, les divisions du globe céleste correspondant à chaque signe du zodiaque (on dit aussi Mansion). Titre célèbre : La Maison de Claudine, de Colette (1922).
2. Bâtiment abritant les activités d’un établissement public ou privé ; cet établissement même. Maison commune, mairie, hôtel de ville. Maison du peuple, lieu de réunion offert aux habitants d’une ville par la municipalité ou les syndicats (s’emploie en particulier en Belgique). Maison d’éducation, maison de la culture, voir Éducation, Culture. Maison de santé, où l’on accueille des malades. Maison de retraite, où l’on accueille des personnes âgées. Une maison de fous, voir Fou I. Les Petites-Maisons, nom donné autrefois à un hôpital de Paris où l’on enfermait les vieillards et les aliénés. Il est bon à mettre aux Petites-Maisons (très vieilli). Maison meublée ou, vieilli, maison garnie, où l’on loue des chambres, des appartements meublés. Maison de jeu, établissement où l’on joue à des jeux de hasard en misant de l’argent. Maison de rendez-vous, maison de passe, maison close, maison de tolérance ou, simplement, maison, lieu de galanterie ou de prostitution. Titre célèbre : La Maison Tellier, de Maupassant (1881). ▪ Spécialement. Droit. Maison de force, nom donné jadis à certaines prisons. Maison d’arrêt, voir Arrêt. Maison centrale, voir Central. Maison de correction, maison de redressement (anciennement), établissement où l’on détenait les mineurs dont on voulait redresser la conduite. – religion catholique. Bâtiment abritant une communauté de prêtres ou de religieux ; cette communauté même. La congrégation des filles de la Charité a des maisons dans le monde entier. – économie. Maison de commerce ou, elliptiquement, maison, entreprise commerciale. La maison Dupont et Cie. Maison mère désigne, par rapport aux succursales ou aux filiales, l’établissement principal d’une firme, où sont situés le siège social, les services généraux, etc. Maison de détail, de gros, qui vend des marchandises en détail, en gros. Une maison d’édition. L’esprit, la tradition de la maison. Fam. Il est de la maison, il travaille dans l’entreprise. Ce n’est pas le genre de la maison, cela ne fait pas partie de ses pratiques habituelles. ▪ Dans un emploi absolu, se dit aussi pour désigner une institution, une grande école, la Maison s’entendant alors, pour ceux qui lui appartiennent, comme le lieu où se transmettent des traditions et des savoirs. Titre célèbre : La Maison du Chat-qui-pelote, de Balzac (1830).
3. Ensemble des affaires domestiques ; ménage, intérieur. Monter sa maison. Bonne maison, où l’on goûte l’aisance, le confort, où la table est bonne et abondante. Une maison bien tenue. Subvenir aux dépenses de la maison. Train de maison, ensemble des dépenses nécessaires à l’entretien d’un ménage. Maître, maîtresse de maison, voir Maître I. Les gens de maison, les employés de maison. ▪ En apposition. Fam. Qui a été confectionné sur place et que l’on considère, pour cette raison, de meilleure qualité. Tarte maison. Pâté maison. C’est fait maison.
4. Ensemble des personnes qui demeurent et vivent sous le même toit et composent une même famille. Toute la maison s’est réjouie de votre arrivée. Le fils, la fille de la maison. Un ami de la maison. ▪ Par extension. Les personnes chargées du service dans une demeure. Sa maison se composait d’une nombreuse domesticité. ▪ Spécialement. La maison du roi, les officiers attachés au service personnel du roi (on disait aussi l’hôtel). Les offices de la maison du roi étaient réservés à la haute noblesse. Maison impériale. Par extension. La maison civile, la maison militaire d’un chef d’État.
5. Fig. Ensemble des personnes de famille noble et illustre qui forment une lignée, une dynastie. Maison souveraine. La maison de Bourbon. La maison de France. La maison d’Autriche. Être issu d’une grande maison. Soutenir l’honneur de sa maison. Cette maison est éteinte, la lignée a disparu. Relever sa maison, redonner à sa famille son ancien lustre.
Nom commun
(Vers 980) Du moyen français maison, de l’ancien français maison, issu du latin mānsiō, -ōnem (« fait de séjourner ; lieu de séjour »). Le mot a subi le même processus de métonymie que habitation dérivant de l’action d’habiter vers le séjour comme endroit.
1. (Construction) Bâtiment servant de logis, d’habitation, de demeure. « Les maisons peuvent brûler, les fortunes sombrer, les pères revenir de voyage, les empires crouler, le choléra ravager la cité, l’amour d’une jeune fille poursuit son vol, comme la nature sa marche. » — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844) « Ils avaient une maison à eux. […] Oh ! une vraie cabane ! couverte de chaume, bâtie en pisé, fermée par des volets qui claquaient au vent. » — (Émile-Ambroise Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, page 324) « Cheikh Gaafar possédait une maison, toute neuve, en bordure des champs, à l’écart du village. C’était une maison en briques, entourée d’un jardin, avec de grandes fenêtres et des balcons. Une vraie maison d’homme riche. » — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940) « Pas de fermes isolées, rien que des bourgs formés de maisons les plus dissemblables, qu’une lézarde de géraniums essaye en vain d’appareiller. » — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916) « J’avais laissé Reykjavik, un grand village ; les maisons en bois étaient toiturées de tôle ondulée ; les plus importantes s’enorgueillissaient d’un étage surmontant l’entresol. » — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928) « À la campagne, les maisons très éloignées les unes des autres, et en général rudimentairement installées, rendent difficiles et souvent inefficaces les soins médicaux. » — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
2. Ménage, foyer ; tout ce qui a rapport aux affaires domestiques (qu’il s’agisse réellement d’une maison ou d’une autre forme d’habitation). « C’était elle qui assumait dans la maison les travaux de l’homme que sa vieillesse lui eût rendus difficiles. Combien de ménagères auraient, d’elles-mêmes, pris cette initiative généreuse ! » — (Louis Pergaud, « La Vengeance du père Jourgeot », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921) « Toutes les clés de la maison, des armoires et des coffres, cliquetaient autour de sa taille en un trousseau noué à sa ceinture. » — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 22–23) « Quitter la maison paternelle ou maternelle. » « Faire ses devoirs à la maison. »
3. (Par métonymie) Maisonnée, famille. « Toute la maison dormait encore. » — (Léon Tolstoï, Souvenirs, 1851-1857, traduction d’Ardève Barine, édition 1922, page 199) « Mais à Mervale les dix maisons, comme dix vieilles filles revêches, continueraient à s’épier, à s’envier, à s’enfoncer de plus en plus secrètes et solitaires, chaque mois davantage. » — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 16) « Pendant les trois semaines précédant le Carême 1667, la maison de la princesse Palatine aura ainsi englouti 200 unités vendues par le marchand de volailles, dont une quinzaine de chapons et autant de chapons gras. » — (Jérôme Fehrenbach, La princesse Palatine : L’égérie de la Fronde, Éditions du Cerf, 2016)
4. (Sens figuré) Lignée ; famille, en parlant des familles nobles et illustres. « La maison de Habsbourg. » « L’armée et la flotte furent remplies de nobles qui n’avaient vu ni un camp ni la mer depuis vingt-cinq ans ; on refit la maison du roi telle qu’elle était sous Louis XVI. » — (Théophile Lavallée, Histoire des français : depuis le temps des Gaulois jusqu’en 1830, volume 4, Paris : J. Hetzel & Paulin, 1841, 3e édition, page 535) « Pour lui faire épouser l’héritier d’une des plus illustres maisons de France, la marquise avait tout sacrifié. » — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832) « Souvent même, forcée de reculer devant la pression française devenue trop forte, la maison de Savoie a dû chercher en Allemagne son point d’appui et a trouvé un refuge dans la maison de Habsbourg. » — (« La Maison de Savoie, ses origines et sa politique », Revue des deux Mondes, deuxième période, tome 66 : novembre et décembre 1866) « Dans les seuls évêchés de Dol, Saint-Malo et Saint-Brieuc, quatorze feudataires dont les revenus nobles propres allaient de 1500 à 40 livres monnaie appartenaient à la maison du vicomte de Rohan. » — (Michel Nassiet, Parenté, noblesse et états dynastiques: XVe-XVIe siècles, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2000, page 121)
5. Entreprise ayant une identité bien définie, souvent présentée comme prestigieuse. « Les expéditeurs sont à leur poste ; les courtiers des grandes maisons étrangères sont sur pied. Sans beaucoup de bruit, des cours s’établissent, des transactions s’effectuent, des chargements s’accomplissent. » — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931) « Offrir cinq cents flacons de vinaigre des quatre-voleurs comme produit désinfectant au bureau de bienfaisance du XIe arrondissement, c’est un acte généreux ; faire savoir qu’il provient de la maison Maille, Robillard, Segond et Cie, cela devient de la réclame. » — (Ange-Pierre Leca, Et le choléra s’abattit sur Paris - 1832, Albin Michel, 1982, page 199) « 1929 : Delteil devient représentant en blanquette de Limoux, plus précisément de la bien nommée maison Génie. » — (Joseph Delteil, Les dossiers H, L’Âge d’Homme, 1998, page 353) « D’une dissidence à l’autre, Touly s’émeut également de ce que Mme Messier, épouse du plénipotentiaire PDG de Vivendi, puisse toucher quelques subsides de l’auguste maison. » — (Renaud Lecadre, « À l’eau de rosse », dans Libération du jeudi 23 septembre 2010)
6. Commerce, boutique. « Il est rare qu'un attroupement s'installe devant une maison de joaillerie. Pourtant, malgré l'heure matinale, une file d'attente s'est formée le 11 septembre 2024, avenue Montaigne, devant Tiffany & Co. » — (Le Point n° 2722, 3 octobre 2024, page 136)
7. (En particulier) Maison d’édition. « « Maison trop sérieuse, trop austère et rigoureuse, essence de la vertu littéraire, trop bien pour moi. » C’est avec cette cascade d’épithètes définitives que Jean Echenoz a expliqué pourquoi, en 1979, il n’avait pas envoyé son premier manuscrit aux Ḗditions de Minuit. » — (David Caviglioli, « Julia Deck, la révélation de Minuit », Le Nouvel Obs, 13 septembre 2012)
8. (Histoire, Religion) Établissement d’une communauté religieuse. « Les maisons provinciales d’un ordre. » « Maison de chartreux (Chartreuse), de capucins, de clarisses… »
9. (Astrologie) Un des fuseaux obtenus après division du ciel par les astrologues afin d’établir un thème astral. « Lettré, théologien, juriste et philosophe, il est le type parfait, très rare aujourd’hui, du savant arabe : véritable encyclopédie vivante de la science d’il y a un demi-millénaire. Il croit fermement aux horoscopes, à l’influence des planètes et des constellations, des « douze maisons » du soleil, à la pierre philosophale et à la possibilité de transformer les métaux vils en métaux précieux. » — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 122) « Le pôle nord de l’écliptique se trouve à 23°5' du pôle nord céleste. Les points de la Terre qui sont situés sur le cercle polaire ont leur zénith à 23°5' du pôle céleste. Donc, au cours du mouvement diurne, le pôle de l’écliptique passe chaque jour au zénith de tous ces lieux terrestres. Alors, l’écliptique coïncide avec l’horizon et ne traverse plus aucune maison. Il n’y a plus d’horoscope pour les malheureux qui naissent à ce moment-là. » — (Paul Couderc, L’Astrologie, 1974)
10. (Argot) Maison close ; lupanar. « J’ai été en maison, répondit Véra, jusqu’à ce que Cramoisi, mon second homme, m’en ait sortie pour m’affranchir des taules et des taulières. » — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928) « Le soir du crime, Pedro a prétendu avoir passé la soirée dans une maison spécialisée : chez Mme Arthur. » — (Jo Barnais, Mort aux ténors, ch. IX, Série noire, Gallimard, 1956, page 88) « Il était maquereau dans le civil et sa femme préférée était en maison à Bordeaux. » — (Romain Gary, La promesse de l'aube, Folio)
11. (Argot) (Péjoratif) Maison poulaga, police. « Quand on a une fortune de trente millions, on est toujours honorable… […] On n’a aucun intérêt à commettre un crime, parce que, avec son argent, on peut avoir tout ce qu’un crime pourrait vous donner, et avec moins de risques. Croyez-moi, mes enfants, depuis bientôt trente ans que je suis de la maison, j’en ai vu de tous poils et de toutes couleurs, et je sais ce que je dis. » — (Régis Messac, Cinis in cinerem [1936], éditions de la Grange Batelière, 2022, p. 148)
12. (Droit féodal) Redevance sur le transport des vins par voie fluviale.
13. (Curling) Cible circulaire dessinée sur la glace ; là où la pierre doit être lancée. « Vient ensuite l’essence du curling, le curl, cette manière imperceptible d’imprimer une rotation à la pierre pour que celle-ci décrive une courbe l’amenant tranquillement, ou vigoureusement, c’est selon, jusqu’à la maison, le nom de la cible dont le centre s’appelle le tee ou le dolly. » — (Jean-Baptiste Duchenne, Non, le curling n’est pas le pire sport du monde (et je vous le prouve), telerama.fr, 27 octobre 2019)
Variantes
maisonne (Missouri)
Synonymes
Bâtiment d’habitation (1) appartement, appart baraque (Familier) bercail bicoque (Familier) demeure domicile cambuse (Argot) foyer habitation logement logis maise (Argot) résidence
Dérivés
à la maison aux frais de la maison avoir un grand train de maison brule-maison (orthographe rectifiée de 1990) brûle-maison casser maison cadeau de la maison de maison en maison devoir à la maison Église de maison elfe de maison être de bonne maison être de la maison faire les honneurs de sa maison faire maison nette faire maison neuve fait maison garder la maison gens de maison grande maison gros comme une maison (Familier) homme de maison linge de maison maison à colombage, maison à colombages maison à gros numéro maison à pans de bois maison-atelier maison autonome Maison Blanche Maison Bleue maison bourgeoise maison-cage maison centrale maison-cercueil maison close maison-clou maison commune maison corne en coin maison curiale maison d’abattage maison d’aliénés (Vieilli) maison d’arrêt maison d’arrivée maison d’édition maison d’éducation maison d’habitation maison d’hôte maison de bouteille (Vieilli) maison de campagne maison de capitaine maison de commerce maison de commission maison de correction maison de cour (Louisiane) maison de cure maison de départ maison de détention maison de Dieu maison de famille maison de force maison de fous maison de garde-barrière maison de Hobbit maison de jeu maison de joie maison de la culture Maison de la Légion d’honneur maison de la presse maison de maitre (orthographe rectifiée de 1990) maison de maître maison de Molière maison de naissance maison de passage maison de passe maison de plaisance maison de plaisir maison de poupée maison de rendez-vous maison de refuge maison de repos maison de retraite maison de santé maison de suite (Vieilli) maison de thé maison de tolérance maison des champs maison des jeunes et de la culture (MJC) maison du bon Dieu Maison du peuple maison du roi maison du Seigneur maison éclusière maison en bande maison forestière maison forte maison fortifiée maison funéraire maison garnie maison hantée maison individuelle maison je t’arquepince maison j’t’arquinche maison mère maison meublée maison mobile maison passive maison Phœnix maison plurifamiliale maison pontière maison poulaga, maison Poulaga maison poulardin maison publique Maison Rose maison solaire maison-tour maison unifamiliale maisonnée maisonner maisonnette maisons des illustres maitre de maison (orthographe rectifiée de 1990) maître de maison maitresse de maison (orthographe rectifiée de 1990) maîtresse de maison martinet des maisons micromaison, micro-maison nègre de maison par-dessus les maisons parler de la corde dans la maison d’un pendu parler de la corde dans la maison du pendu pâté de maisons petite maison Petites-Maisons relever sa maison train de maison vide-maison
Vocabulaire apparenté par le sens
maison figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : astrologie, étiquette (emballage), logement, ville, sang, télétravail, confinement, sommeil, petit-déjeuner, drag, vie quotidienne, parenté, divination, parfumerie, bâtiment, habitation, immobilier. ⌂ (maison, symbole technique, U+2302) 🏘 (plusieurs maisons, U+1F3D8) 🏚 (maison en ruine, U+1F3DA) 🏠 (maison, U+1F3E0) 🏡 (maison avec jardin, U+1F3E1) maison figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : boutique, maison.
Hyperonymes
bâtiment logement, logis
Proverbes et phrases toutes faites
maison vide, le diable y entre on ne lance pas de pierre quand on vit dans une maison de verre
Dérivés dans d’autres langues
Créole louisianais : lamézon
Adjectif
1. (Familier) Qui est fabriqué à la maison. « Pour confectionner un exfoliant maison, mélangez de l’huile d’olive et une poignée de sel de mer. Utilisez cette préparation comme gommage pour le corps. » — (Julie Frédérique, L’huile d’olive, c’est malin : Tous les secrets de cet ingrédient magique, Leduc.S Éditions, 2010, page 53) « Ce professeur de mathématiques explique ainsi : « C’est simple, lorsque les élèves me rendent un devoir maison, je leur dis ‘sortez une feuille, devoir sur table maintenant’ et je leur repose les mêmes questions que dans le devoir maison, explique le professeur de mathématiques. Cette technique est très efficace. S’ils ont tous 19 au devoir maison et 4 au devoir sur table, c’est qu’ils ont triché." » — (Geeko Le Soir, 24/10/2024)
2. (Familier) Qui est confectionné par le commerçant lui-même. « Il ne la trouvera pas si fameuse, la choucroute de madame Bornand. Est-elle maison, au moins ? » — (Philippe Delerm, Il avait plu tout le dimanche, Mercure de France, 1998, page 22)
3. (Par extension) Relatif à sa propre ville, sa région, son pays. « L’économie allemande, estiment-ils, ne souffre pas seulement des vents contraires à l’extérieur mais aussi de problèmes maison, liés au manque de réformes depuis le début de l’ère Merkel. » — (Cécile Boutelet, L’économie de l’Allemagne montre ses limites structurelles, Le Monde. Mis en ligne le 15 janvier 2019)
Synonymes
domestique fait maison
Dérivés
syndicat maison
nom féminin
1. Bâtiment d'habitation. Synonyme : bâtisse, construction, habitation, immeuble, logement, pavillon, résidence, villa.
2. Lieu où l'on habite. Synonyme : chez-soi, domicile, foyer, intérieur, nid, toit. – Littéraire : demeure, gîte, logis.
3. Membres d'une famille. Synonyme : descendance, famille, lignée. – Familier : maisonnée. – Littéraire : parents, race.
4. Entreprise commerciale. Synonyme : entreprise, établissement, firme, société. – Familier : boîte.
Une maison est un bâtiment d'habitation, souvent de taille moyenne destiné au logement d'une famille, ou encore plus imposante divisée en plusieurs résidences ou appartements. Une maison est, en droit civil français, un immeuble, mot qui désigne aussi couramment un édifice de plusieurs étages divisé en plusieurs appartements occupés par diverses familles. On parle alors d'immeuble collectif.
La maison représente aussi l'ensemble des lieux de vie ou des espaces habités, ainsi que ses occupants ou résidents familiers. Elle est souvent considérée en « maisonnée » ou en symbole de la famille qui l'occupe.
Étymologie
Le mot maison attesté au XIe siècle en ancien français procède du mot latin de genre féminin ma(n)siōnem (accusatif de mansǐo) « séjour, lieu de séjour, habitation, demeure, auberge » (du verbe latin manere « rester, demeurer », cf. manoir) qui n'existe au sens de « maison » qu'en gallo-roman et dans les parlers septentrionaux. L'évolution phonétique à partir du radical ma(n)s- en gallo-roman et ancien français est complexe et diverse : on retrouve le mot féminin mansion au sens de « demeure » en 1155, mais aussi, via le mot bas-latin ma(n)sionata, les dérivés d'ancien français mesnie, maisnie, maisniee, mesnee, le plus souvent au sens de « famille, maisonnée », tandis que le participe substantivé à la forme neutre mansum a laissé le mot franco-provençal / occitan mas, le français manse, la langue d'oïl avait mes, meis. Un dérivé caractéristique de la langue d'oïl est mesnil de ma(n)sionilem. Il existe aussi masure, issu du bas latin ma(n)sura qui n'avait pas une valeur péjorative à l'origine, comme c'est encore le cas dans certains dialectes. Le diminutif maisonnette est attesté en 1160.
Le verbe latin manere intransitif veut dire simplement « rester, demeurer, séjourner, s'arrêter », mais aussi « persister, rester pour quelqu'un et être réservé à quelqu'un », il a engendré les mots dérivés manoir ou manant par le verbe ancien français maneir, et aussi ménage, ménagère, ménagement, déménager, aménager, aménagement, ménagerie, etc.
La maison est donc étymologiquement le lieu où l'on reste, où l'on revient, où l'on demeure, le lieu, domaine ou espace de sédentarisation ou d'arrêt momentanée, de la longue pause temporaire des (semi-)nomades. Dans le Midi de la France, on utilisait traditionnellement le mot occitan ostal, oustal (de même racine qu’hôpital et hôtel), avec l'idée de recevoir, d'accueillir, le mot mas étant réservé à des constructions plus petites. En région parisienne, la maison paysanne se nomme de manière similaire l'hostise avant le XIIIe siècle, le mot « maison » n'apparaît durant la seconde moitié du XIIIe siècle que pour désigner précisément cette habitation rustique. Pour la noblesse, la maison désigne au moins une famille ou une lignée associée à un domaine, ayant à son service ou pour sa gestion des intendants, des officiers et gardes, des serviteurs et domestiques… Une telle maison possède des propriétés et des titres, peut exhiber des droits juridiques et afficher son statut de prestige et ses honneurs. Le train de maison montre la richesse et la puissance active d'une maison, au cours d'un déplacement ou d'une réception…
Dans les autres langues romanes, ce sont des évolutions phonétiques à partir du latin casa qui désigne la maison. Le domaine occitan et, de manière plus diffuse, le domaine d'oïl, conservent des traces de son usage avec des sens souvent spécifiques dans de nombreux toponymes (et patronymes qui en découlent) : La Caze (Lacaze, etc.), Cazevieille, Cazeneuve, Chaise (La Chaise, La Chaise-Dieu, etc.), Chèze (La Chèze, Chèze, etc.), dérivés Chazal, Cazal (Cazals, etc.), Chezelles, Cheseaux, etc. ainsi que le français dans l'adverbe chez.
Terminologie
Les divers mondes paysans nomment après le XIVe siècle « maisons » les espaces d'habitation concrets, lesquels nécessitent de multiples activités d'entretiens constants, de (ré)aménagements et réfections, de nettoyages réguliers... et parfois une (re)construction globale. Très tôt et de manière affirmée à l'époque moderne, la notion de maison rurale englobe autant la famille réunie au sens large, la domesticité régulière éventuelle et l'entreprise agricole et/ou pastorale, parfois forestière ou minière, ou encore d'artisanat et de petites industries, que la maisonnée mène sur le domaine associé à la maison ou dans ses environs. C'est ainsi dans ce lointain monde paysan, par ailleurs parfaitement présent dans les villes médiévales, ou à son abord immédiat, que s'élaborent les diverses conceptions de la maison comme entreprise, la petite « maison de commerce ou d'artisanat », la maison auberge ou restaurant, réfectoire ou cantine... alors que les membres de la noblesse ou de la bourgeoisie marchande aisée résident dans des maisons-fortes ou des châteaux, des vastes résidences d'agréments ou des hôtels particuliers, c'est-à-dire des lieux emblématiques ou de prestige, souvent réhabilités ou créées ex nihilo. Toutefois, la notion de maison, comme habitat commun à tous, se généralise au cours du siècle des Lumières. Après le pavillon de chasse ou de loisir isolé du XVIIe siècle, la chaumière ou la maisonnette dévoilent progressivement un art plus discret d'habiter aux élites pendant leurs périodes de loisir.
À partir de 1801, une maison qui est agréable et confortable, agrémentée notamment d'un jardin, est souvent appelée du nom des anciennes maisons de campagne romaine : villa, en particulier lorsqu'elle est située dans un lieu de villégiature.
Le terme d'architecture « pavillon » était traditionnellement utilisé pour désigner les maisons d'habitation isolées à un seul corps de bâtiment, avant l'apparition de la locution « maison individuelle » qu'on oppose à « immeuble collectif ».
Synonymes
Le mot « maison » désigne le bâtiment destiné à garantir des injures de l'air (hiver, canicule, tempête), des entreprises des méchants et des attaques des bêtes féroces ; une maison est grande ou petite, élevée ou basse, vieille ou neuve, faite de pierre ou de brique, couverte de tuiles ou de chaume, etc. Le mot « habitation » caractérise l'usage que l'on fait d'une maison relativement à toutes ses dépendances tant intérieures qu'extérieures ; une habitation est commode ou incommode, saine ou malsaine, riante ou triste, etc. Les mots « séjour » et « demeure » sont relatifs à la durée d'occupation d'un lieu. Le séjour est une habitation passagère, la demeure une habitation plus durable. L'un et l'autre ne peuvent être que plus ou moins longs. Le terme de domicile ajoute à l'idée d'habitation celle d'un rapport à la société civile et au gouvernement. Les pénates (mais aussi les lares) sont dans la mythologie des dieux ou des génies tutélaires des habitations des maisons des villes, des contrées de tous les lieux. Lares signifie habitation, maison, foyer. Cicéron dit que les génies domestiques sont appelés Pénates parce qu'ils résident dans l'intérieur (penitus) ou parce qu'ils veillent à la provision (peunus) de la maison, etc. Nous disons poétiquement ou familièrement nos pénates et non pas nos lares pour nos foyers domestiques. On va revoir ses pénates, on les salue.
Définitions juridiques
Aux regards de l'administration fiscale française, un logement peut être dit résidence principale, si les occupants y résident plus de 183 jours par an, et résidence secondaire si elle est destinée aux périodes de repos.
Sur le plan juridique, en droit français, la maison individuelle est définie comme « un immeuble à usage d'habitation ou un immeuble à usage professionnel et d'habitation ne comportant pas plus de deux logements » pour le contrat de construction d'une maison individuelle introduit au code de la construction et de l'habitation le 19 décembre 1990 dans l'article R 231-1.
Définitions fiscales
En France, de 1798 à 1926, l'imposition foncière se faisait sur les portes et fenêtres.
Histoire
Les maisons paysannes du haut-Moyen Âge sont souvent des maisons élémentaires à une ou deux pièces, construites avec une logique économique locale. Le foyer est présent au centre de la pièce à vivre, laissant s'échapper la fumée vers le plafond en partie troué. Ces maisons peuvent être reconstruites facilement ailleurs en prélevant les matériaux essentiels de structure et de service. Quelles que soient leurs tailles et caractéristiques, elles sont parfois conçues pour être mobiles, démontables et transportables sur chariots ou traîneaux. Les éleveurs possèdent des maisons étables dépassant souvent une vingtaine de mètres de long. Elles sont organisées pour abriter hommes et bêtes, fourrages et réserves de première nécessité. Celles-ci semblent avoir influencé après le XIIe siècle les maisons mixtes de taille moins importante, de 15 à 20 mètres de long, instaurant une séparation des hommes et des animaux domestiques.
L'installation généralisée et véritablement commune du bâti en dur, immobile, pérenne, en dehors des îlots de pouvoir ou de richesse de l'Occident médiéval, remonte aux années 1570 et 1640. Même avant le XIIIe siècle, des villages des contrées paysannes à sols pauvres effectuaient encore des déplacements d'habitats après quelques décennies ou rotations pluriannuelles de lieux d'habitation. Dans les contrées d'élevage, des familles migrantes installent encore leur petite demeure en une nuit sur des terroirs libres et autorisées à l'usage commun. La pression des autorités seigneuriales, religieuses ou laïques, notamment pour préserver les ressources forestières, source de revenus confortables, ou la vigilance des communautés d'habitants mieux lotis pour leur terroir entravent ses vieux usages semi-nomades. Au XIVe siècle, les groupes d'éleveurs pratiquant la transhumance devront justifier leurs droits et leurs pleines possessions des terres par la présence de remises, celles ou « granges à fourrage », une pratique paysanne qui remonte au moins au haut Moyen Âge.
L'observation d'un essor de l'habitat structuré et stable semble toutefois incontestable depuis les XIIe et XIIIe siècles, il varie selon les contrées. Le midi de la France, soit une grande partie de l'Occitanie, connaît déjà la maison bloc à étage, avec une prédilection pour la pierre ou le moellon assemblé au mortier de chaux par l'art du maçon. Le bétail y est logé en rez-de-chaussée ou quasiment en cave. Cette maison à étages n'est pas inconnue au nord ou dans les régions montagneuses, mais elle ne possède qu'un soubassement de pierre et des étages en bois réalisés par le charpentier. Les exploitations domaniales ou « fermes » anciennes, assez souvent héritières de centres de petits domaines gallo-romains, imposent leurs bâtiments multiples autour d'une cour, dont le modèle à cour fermée n'est atteint souvent tardivement qu'au cours du XIXe siècle dans les bons pays soissonnais ou amiénois.
La maison mixte semble s'imposer irréversiblement dans une version dure « immobilière » après le XVIe siècle, à moins qu'elle ne se fige en une maison ou ferme à bâtiments multiples, à l'instar des maisons paysannes anglaises de la yeomanry. Elle laisse souvent, après le siècle suivant, les maisons à trois rangées, c'est-à-dire dévoilant les trois fonctions que sont l'habitat réservé à l'humain, la grange (circulation technique, garage du chariot, accès aux réserves) et l'étable-écurie (gros animaux).
L’évolution de la maison peut aussi être conçue de façon parallèle à l'histoire de la ville dont elle est, depuis la fondation des villes antiques, jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, en passant par la fondation des bastides, l'élément constitutif élémentaire.
Premiers habitats
Il faut sortir de l'image d'Épinal de l'homme des cavernes vivant dans des grottes et abris sous roche, protections naturelles contre l'extérieur. Les humains préhistoriques n'ont jamais vécu dans les parties reculées des grottes et ont habité dans des régions qui étaient totalement dépourvues de cavernes (Afrique de l'Est par exemple). Ils ont parfois mis à profit les abris sous roche et les porches de grottes pour implanter leurs habitats, mais il ne faut pas perdre de vue que les sites archéologiques se sont mieux conservés dans de tels contextes et y ont également été recherchés préférentiellement.
Au paléolithique, l'homme est un chasseur-cueilleur nomade qui s'installe dans des lieux proches de l'eau sous abri ou dans des campements en plein air. Il y monte des tentes et des huttes, abris temporaires en branchages ou ossements. Ces abris adaptés au milieu et aux conditions météorologiques laissent comme traces archéologiques des fonds de cabanes, des pierres plus ou moins agencées, des trous de poteaux tandis que les structures aériennes (toiture, peaux, branches) disparues ne peuvent que faire l'objet de reconstitutions hypothétiques. En Europe centrale et orientale (site représentatif : le village de Mezhyrich), des vestiges de huttes avec une armature en ossements de mammouths remontent à 35 000 ans.
Premières maisons au néolithique et aux âges des métaux
Le début de la sédentarisation au néolithique est attesté dans le village de Mallaha, situé en milieu semi-aride, caractérisé par des constructions circulaires et semi-circulaires à demi-enterrées, qui font partie des plus anciens bâtiments permanents connus. Elles sont construites en terre avec un parement en pierre et avaient sans doute une toiture en peaux d'animaux ou en petit bois soutenue par des poteaux dont il reste des traces. Des habitations en briques crues enduites de plâtre commencent à apparaître durant le néolithique du Proche-Orient. Adossées les unes contre les autres, elles sont couvertes de toits en terrasse et communiquent entre elles par des cours intérieures. Du fait de l'absence de rue, elles sont seulement accessibles par une ouverture pratiquée dans le toit et des échelles de bois aboutissant au « coin cuisine ». En Europe tempérée, de grandes maisons à toit de chaume, allongées de 10 à 50 mètres de longueur, parfois alignées côte à côte selon la direction des vents dominants, réalisées en bois, clayonnage et torchis, abritent des « familles élargies ». Les maisons près de lacs sont de type palafitte tandis que celles de l'Europe du Sud-est ont un style hérité du Proche-Orient. Aux âges des métaux (Âge du bronze et Âge du fer), les habitations présentent les caractères d’une maison individuelle (dimensions plus réduites, généralement rectangulaires, sauf dans le nord-ouest de l'Europe où elles sont circulaires) délimitée par un enclos, ce qui marque le début de la propriété privée. Elles sont constituées de charpentes plus complexes (grâce à l'outillage métallique) portées par une ossature de bois avec des poteaux fichés en terre ou parfois des semelles de fondation en pierre ou en matériaux pilés.
Antiquité
Des vestiges de maisons à patio en pisé ou en pierre sont relevés en Mésopotamie, Égypte antique, Chine ou dans la vallée de l'Indus. À l'époque romaine, le domaine rural des classes aisées est la villa romaine. En ville, les milieux dominants possèdent de belles propriétés, les domus, plus ou moins grandes et luxueuses en fonction de leur fortune, qui doivent refléter le statut social et la dignitas de leur propriétaire. Les nombreuses familles plus modestes logent dans des insulae.
La maison en Grèce antique va de la simple cabane du paysan en pierre ou en torchis, sans fenêtres jusqu'aux maisons des populations plus aisées avec plusieurs pièces articulées autour d'un patio (souvent à péristyle) et de deux chambres à coucher à l'étage, les plus riches ayant des pièces réservées aux hommes et aux femmes, l'andrôn et le gynécée. Le toit est en chaume ou en tuile et des avant-toits surplombent les murs (blanchis à la chaux à l'intérieur comme à l'extérieur) en briques d'argile séchée ou en torchis sur ossature bois avec une base de pierre qui protège les éléments les plus vulnérables de l'humidité. Au nord, prédomine la maison de plan circulaire, mais l'habitat caractéristique est la maison à mégaron de plan rectangulaire. Certaines ont un porche ouvert surmonté d'un pignon à faible pente ou d'un fronton.
Au Moyen Âge
Au Moyen Âge, dans un même quartier, une même rue, se côtoient des taudis bas, des logis d'artisan ou de boutiquier à un étage sous grenier, des immeubles à encorbellement de notables, des palais et hôtels particuliers de princes. L'habitat urbain est essentiellement en bois aux VIIIe et IXe siècles puis la pierre devient prépondérante aux XIIe et XIIIe siècles avant qu'elle ne soit remplacée par du pan de bois de qualité aux XIVe et XVe siècles.
Période moderne
Le phénomène de la villégiature naît au XVIIIe siècle dans la grande bourgeoisie dont la maison de campagne en tant que résidence secondaire est une extension de patrimoine, reprenant le modèle rousseauiste de la société de cour, les aristocrates vivant dans un hôtel particulier lors de la saison des visites appelée saison sociale (en) et retournent dans leur domaine en campagne en été. Il faut distinguer maison des champs et maison de campagne. Une maison des champs est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues économiques qui l'ont fait construire ou acheter comme un verger, un potager, une basse-cour, des écuries pour toute sorte de bétail, un vivier, etc. Une maison de campagne est une habitation avec les accessoires nécessaires aux vues de liberté d'indépendance et de plaisir qui en ont suggéré l'acquisition comme avenues, remises, jardins, parterres, bosquets, parc même, etc. « Une maison de campagne convient aux gens de qualité vu que leur état suppose de l'aisance tandis qu'une maison des champs convient à la bourgeoisie dont l'état semble exiger plus d'économie dans la dépense ».
Les maisons de ville en France disposaient de fenêtres vitrées à l'époque moderne, en revanche, les fenêtres des maisons situées à la campagne n'étaient généralement fermées que par un volet en bois qui était fermé la nuit. Durant la journée, l'ouverture pouvait être obturée par de la toile de lin, du papier huilé, ou même de la vessie de porc, des matériaux qui limitaient le passage de l'air mais aussi du jour.
Période contemporaine
Le lointain modèle de la villa, issue de la villa romaine antique et de la Villa médicéenne de la Renaissance se perpétue au XIXe siècle, en propriété bourgeoise confortable, puis au XXe siècle synonyme de pavillon (maison individuelle de lotissement pavillonnaire, de banlieue de grande ville ou parfois s'intercalant dans le tissu urbain) des classes moyennes, entourée d'un jardin souvent modeste.
La révolution industrielle du XIXe siècle entraîne la création d'habitations à bon marché, notamment des petites maisons des cités ouvrières, maisons identiques à la base alignées sur rues, des maisons des cités-jardins s'inspirant des réalisations britanniques d'Ebenezer Howard et du mythe du « cottage » ou du pavillonnaire standardisé qui est privilégié lors de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.
Le rêve américain et l'American Way of Life, via le cinéma puis les séries TV promeuvent dans le monde la maison unifamiliale en lotissement, en propriété privée. Ce rêve est mis à mal par la crise des subprimes, sur les ruines de laquelle naissent dans les années 2010 aux États-Unis quelques méga-entreprises qui achètent par dizaines de milliers les maisons saisies lors de la crise pour ensuite les mettre en location (exemple : Pretium Partners et Progress Residential propriétaires de plus de 70 000 maisons ou mobil-homes mis en location fin 2021, logeant plus de 200 000 résidents).
Depuis 1975, les crises pétrolières et une lente prise de conscience de l'épuisement des ressources planétaires et de l'empreinte écologique puis de l'empreinte carbone du béton et de la construction et de la gestion des logements émergent. De nouveaux modèles de villes durables et de maisons se voulant plus sobres et écologiques apparaissent. Ainsi en France, dont avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), étudie-t-on des maisons labellisées haute performance énergétique, le bâtiment durable, à énergie positive ou à basse consommation énergétique ainsi que de maison passive et à haute qualité environnementale, voire positive en biodiversité.
Construction
On distingue généralement deux types de maisons :
- la « maison de constructeur » ou « maison clé en main » ou encore « maison clé sur porte » (en Belgique), qui est souvent proposée sur catalogue et construite en série, restreignant ainsi la possibilité d'individualiser cette dernière dans un premier temps ; - la « maison d'architecte », qui est, comme son nom l'indique, conçue par l'architecte lui-même qui essaye ainsi de répondre aux attentes du commanditaire ; l'habitation obtenue est alors une construction unique.
Environnement et énergie
Si elle répond aux démarches architecturales soucieuses de l'environnement, elle est qualifiée de « maison Haute qualité environnementale » (HQE). Si elle respecte certains critères sévères de consommation énergétique, elle est appelée « maison passive ». Elle peut de plus se définir comme « maison positive » si elle produit de l'énergie.
Fonctions
La maison a historiquement une fonction multi-générationnelle pour la famille au sens large, comprenant plusieurs générations, ainsi que des domestiques ou des personnes affiliées.
Statistiques
La surface d'une maison en France est généralement comprise entre 11 et 150 m2, de plain-pied ou avec 1 à 3 niveaux.
Religion
La religion chrétienne a vénéré une maison durant plusieurs siècles : la Sainte Maison de Lorette. Il s’agit de la maison de la Sainte Famille, une maison d’époque antique, probablement d’origine nabatéenne, placée dans la nef centrale, sous la coupole d’une basilique d’époque Renaissance. Cette maison fut l’objet d’une vénération profonde de l’ensemble des chrétiens d’Europe et l'objet du plus grand pèlerinage du monde occidental entre les XIVe et XVIIe siècles.
Types constructifs
- Maison-conteneur - Maison en bois - Maison en pierre - Maison à colombage - Maison arboricole, cabanes dans les arbres - Maison en meulière - Maison en briques de chanvre - Maison en paille - Maison en terre - Maison troglodyte, abris sous roche - Souterrain - Maison préfabriquée - Habitat de cantonnement
Types régionaux
- Bastide (maison provençale) - Maison basque - Maison béarnaise - Échoppe bordelaise - Maison néo-bretonne - Case créole - Chalet - Datcha - Funco - Igloo - Isba - Maison landaise - Mas - Mazet - Tipi - Toulousaine - Villa arcachonnaise - Yourte - Hacienda
Types fonctionnels
- Bateau - Bivouac - Cabane - Caravane - Camping-car - Maison flottante - Maison mobile - Tente
Types historiques
- Château - Château fort - Maison forte - Maison gothique - Maison longue - Maison seigneuriale - Manoir - Mégaron - Tour - Villa palladienne - Villa romaine - Folie - Hôtel particulier
Spécimens de maisons
- Maison ronde - Maison sur la cascade - Maison tournante