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langue

D'après les sources cochées · ·

langue Larousse (Définition)

nom féminin

(de langue 1)

1. Système de signes vocaux, éventuellement graphiques, propre à une communauté d'individus, qui l'utilisent pour s'exprimer et communiquer entre eux : La langue française, anglaise. Synonymes : dialecte - idiome - parler

2. Système abstrait sous-jacent à tout acte de parole : L'opposition langue/parole est un concept fondamental dans la théorie de F. de Saussure.

3. Ensemble des règles concernant les diverses composantes d'un système linguistique : Défendre la langue.

4. Manière de parler, de s'exprimer, considérée du point de vue des moyens d'expression à la disposition des locuteurs : Avoir une langue riche, pauvre.

5. Système d'expression défini en fonction du groupe social ou professionnel qui l'utilise : La langue du barreau ; en fonction de la personne qui l'utilise : La langue de V. Hugo ; par la nature de la communication et le type de discours : Langue populaire, littéraire ; par l'époque où il est utilisé : La langue du Moyen Âge. Synonymes : jargon - langage - vocabulaire

6. Manière particulière de s'exprimer inspirée par un sentiment : La langue de l'amour.

7. Littéraire. Moyen d'expression non verbal utilisé par un artiste pour traduire sa pensée ou ses sentiments : La langue de Van Gogh. Synonyme : style

8. Langue étrangère actuellement parlée : Avoir le don des langues.

9. Histoire Division régionale de l'ordre de Malte. (Il y eut huit langues : Provence, Auvergne, France, Aragon, Castille, Italie, Allemagne et Angleterre.) Synonyme : nation

langue Le Robert (Définition)

nom féminin

1. Organe charnu, musculeux, allongé et mobile, placé dans la bouche. La langue, organe du goût. Avoir la langue blanche, sèche. Se brûler la langue. Tirer la langue à qqn, pour le narguer. au figuré Tirer la langue, avoir soif, être dans le besoin. (animaux) La langue râpeuse du chat. Cuisine Langue de bœuf à la tomate.

2. (en tant qu'organe de la parole) locution Avoir la langue bien pendue, être bavard. Ne pas avoir la langue dans sa poche : parler, répliquer avec facilité. Ne pas savoir tenir sa langue, être indiscret. Avoir un cheveu sur la langue : zézayer. Se mordre la langue, se retenir de parler, ou se repentir d'avoir parlé. Tourner sept fois sa langue dans sa bouche, réfléchir avant de parler. Une mauvaise langue, une langue de vipère, une personne médisante. Elle est très mauvaise langue.

nom féminin

1. Système d'expression et de communication par des moyens phonétiques (➙ parole) et éventuellement graphiques (➙ écriture), commun à un groupe social (communauté linguistique). ➙ idiome ; dialecte, parler, patois. Le langage et les langues. La langue, système abstrait et la parole, selon Saussure. Lexique et syntaxe d'une langue. Étude des langues. ➙ linguistique. Langues romanes, germaniques, slaves (indo-européennes). Langues mortes, vivantes. Langue officielle et langue nationale. Parler une, plusieurs langues. Langue maternelle, première, apprise dans la petite enfance. Langue vernaculaire.

2. Langage parlé ou écrit spécial à certaines matières (langues de spécialités) ou à certains milieux. ➙ usage. La langue verte : l'argot.

3. Façon de s'exprimer par le langage. Une langue riche en images. locution Langue de bois : discours figé, stéréotypé (notamment, du pouvoir politique).

4. au figuré Mode d'expression. La langue des signes (autres que ceux du langage). ➙ sémiotique.

nom féminin

(du sens I)

Chose, objet en forme de langue. ➙ languette. Langue de feu, flamme allongée. Langue de terre, bande de terre allongée et étroite.

langue Littré (Définition)

(lan-gh') s. f.

1. Organe principal du goût, qui concourt à la déglutition et à la parole, et qui est formé essentiellement d'un muscle très mobile revêtu d'une membrane muqueuse. Tirer la langue. Montrer sa langue au médecin. « Je tondis de ce pré la largeur de ma langue », La Fontaine, Fabl. VII, 1. « En général, les animaux qui ont la langue rude sont ordinairement carnassiers », Buffon, Quadrup. t. IV, p. 329, note d, dans POUGENS. Langue chargée, langue couverte d'un enduit blanc, jaune, noir ; ce qui se voit dans diverses maladies. Tirer la langue à quelqu'un, se moquer d'une personne ou la braver par une grimace. Tirer la langue, se dit d'un chien qui, haletant, essoufflé, laisse sa langue pendre hors de la gueule. Fig. Tirer la langue d'un pied de long, être dans le besoin. Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d'eau, se dit en parlant d'une personne dont on n'a nulle compassion. Avoir soif à avaler sa langue, avoir une grande soif. Ennuyeux à avaler sa langue, se dit de ce qu'on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Familièrement. Avaler sa langue, se condamner au silence. Jeter sa langue aux chiens, voy. CHIEN, nos 3. Se mordre la langue, se faire, en mâchant quelque chose, une morsure à la langue. Fig. Se mordre la langue, s'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais dire une sottise, je me suis mordu la langue. Se mordre la langue d'avoir parlé, s'en repentir. À peine eut-il lâché cette parole, qu'il s'en mordit la langue. Mince comme la langue d'un chat, comme une langue de chat, très mince, très délié.

2. Terme de chasse et de manége. Donner de la langue, appeler, exciter le chien, le cheval par un bruit qui se fait avec la langue. Terme de manége. Les aides de la langue, certains cris que fait le cavalier pour animer le cheval.

3. La langue de certains animaux considérée comme aliment. Faire cuire une langue. Manger une langue de bœuf. « Il n'acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces ; l'entrée, le second, l'entremets, tout ne fut que langues », La Fontaine, Vie d'Ésope. Langue fourrée, espèce de préparation culinaire de la langue du porc ou du bœuf. Langue de carpe, le palais de la carpe, qui est un mets charnu et délicat.

4. La langue considérée comme organe de la parole. « Il le servit enfin, mais ce fut de la langue », Corneille, Pomp. I, 1. « Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd », Corneille, Héracl. II, 4. « Que ne sait point ourdir une langue traîtresse ? » La Fontaine, Fabl. III, 6. « Je supplie avant tout les dieux de m'assister ; Fassent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris », La Fontaine, ib. XI, 7. « Disant que la langue est la pire chose qui soit au monde ; c'est la mère de tous les débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres », La Fontaine, Vie d'Ésope. « Tudieu ! comme avec lui votre langue cajole ! » Molière, Éc. des f. V, 4. « Ma langue, en cet endroit, A fait un pas de clerc dont elle s'aperçoit », Molière, le Dép. I, 4. « L'on voudrait avoir cent langues pour le faire connaître [l'amour qu'on ressent] », Pascal, Pass. de l'amour. « L'éloquence de la chaire n'est pas propre au récit des combats et des batailles ; la langue d'un prêtre destinée à louer Jésus-Christ le sauveur des hommes, ne doit pas être employée à parler d'un art qui tend à leur destruction », Fléchier, Turenne. « Combien de fois arrêta-t-elle par autorité le coup mortel qu'une langue cruelle allait porter à l'honneur ou à la fortune d'une famille ! » Fléchier, Dauph. « Et, dès le premier mot, ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée », Racine, Bérén. II, 2. « Ah ! c'est trop le livrer à des langues perfides », Racine, Phèdre, V, 3. « Sa fureur [de la calomnie], de sang avide, Poursuit partout l'innocent ; Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide », Racine, Esth. III, 3. « On a bien raison de dire qu'une des grâces les plus signalées que Dieu puisse accorder aux rois, est de les délivrer de la langue des flatteurs et du silence des gens de bien », Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 17, dans POUGENS. « Il n'en est pas un seul qui ait conservé sa langue pure et ses lèvres innocentes », Massillon, Carême, Médisance. « La langue, dit un apôtre, est un feu dévorant », Massillon, ib. « Mais de ces langues diffamantes Dieu saura venger l'innocent », Rousseau J.-B. Odes, I, 4. « Sa langue, dont le ciel tolère l'insolence, N'a pas langui dix ans dans un morne silence », Delavigne, Paria, II, 2. On dit d'un babillard qu'il n'aura pas de langue pour la moitié de sa vie. Avoir la langue grasse, avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. Familièrement. Avoir la langue bien pendue, avoir une grande facilité de parler. « Tant sa langue était bien pendue ! » Scarron, Virg. VIII. « Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, et vous avez la langue si bien pendue, à ce que me dit M. de Grignan, qu'il me faut pour le moins neuf jours de bonne santé pour me faire partir joyeusement », Sévigné, 101. Avoir la langue bien affilée, avoir beaucoup de babil. Fig. Être sujet aux langues, être exposé aux jugements, aux médisances. « Ainsi les actions aux langues sont sujettes », Régnier, Sat. V. Dénouer la langue, couper le filet de la langue, opération qui donne plus de facilité pour parler à ceux que le filet gêne. Fig. Dénouer, délier la langue à quelqu'un, faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder. « Voici, Sans marchander, de quoi te délier la langue », Molière, le Dép. I, 4. « Non, pour louer un roi que tout le monde loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue », Boileau, Sat. IX. Avoir la langue liée, n'oser parler de quelqu'un ou de quelque chose. Familièrement. La langue lui va toujours, cette personne babille continuellement. Tenir sa langue, se taire. « Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais… », Courier, 2e lettre particulière. Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder un secret. « C'est avoir bien de la langue que de ne pouvoir se taire de ses propres affaires », Molière, Fourber. III, 4°. Avoir bien de la langue, signifie aussi tenir des discours hardis. Par exclamation. Quelle langue ! c'est-à-dire quel bavard ! quelle bavarde ! Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, c'est-à-dire sa parole est facile, élégante, propre à séduire, surtout par des promesses favorables en quelque genre que ce soit. « Elle a converti son docteur, cette fine langue dorée », Beaumarchais, Mar. de Fig. IV, 1. N'avoir point de langue, parler très peu, ou, quand on devrait parler, garder le silence. Être maître, n'être pas maître de sa langue, savoir, ne pas savoir se taire. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, dire des choses qu'il faudrait taire. « Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire ; De ce que je dirais je ne répondrais pas, Et je me jetterais cent choses sur les bras », Molière, Mis. V, 1. Avoir une grande volubilité de langue, parler avec une grande rapidité. La langue lui a fourché, il a lâché une parole pour une autre. Familièrement. Avoir un mot sur la langue, sur le bout de langue, sur le bord de la langue, croire qu'on va trouver dire un mot qu'on cherche et qui échappe. « J'avais ça sur le bord de la langue, et je l'ai oublié en chemin », Vadé, Nicaise, SC. 10. C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, c'est-à-dire c'est une personne qui aime à dire du mal, des médisances, des calomnies. « Langue de serpent, fertile en impostures », Molière, l'Ét. III, 4. « Vous serez assailli par ces langues de serpent que votre complaisance a comme aiguisées contre les autres », Fléchier, Serm. I, 278. « Oh ! dame, il y a de méchantes langues dans notre village, voyez-vous ? » Dancourt, l'Opéra de village, SC. 8. On dit dans un sens analogue une langue empoisonnée. « Il [le monde] a pour eux [les justes] des yeux plus censeurs et une langue plus empoisonnée », Massillon, Carême, Médisance. On dit même quelquefois langue, absolument, pour mauvaise langue. « Dorine : Il [Tartuffe] passe pour un saint dans votre fantaisie ; Tout son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie. - Mme Pernelle : Voyez la langue », Molière, Tartuffe, I, 1. Coup de langue, médisance ou mauvais rapport que l'on fait. « Le coup de verge fait une meurtrissure ; mais un coup de langue brise les os », Sacy, Bible, Ecclésiastiq. XXVIII, 21. « Ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant », Molière, Impromptu, 1. « Voilà pas le coup de langue ? » Molière, Bourg. gent. III, 12. Fig. et familièrement. Donner du plat de la langue, faire de belles promesses qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, chercher à étourdir par de grandes phrases. Faire la langue à quelqu'un, lui faire la leçon, lui suggérer ce qu'il doit dire. Prendre langue, aller aux renseignements, s'informer. « Voilà avec elle un coquin de valet qui est l'espion de la mère ; retirez-vous et me laissez prendre langue », Dancourt, l'Opérateur, sc. 6. « Je le connaissais fort, et pris langue avec lui du détail de ce que j'avais à faire », Saint-Simon, 102, 85. « Je m'embarquai dans la chaloupe du bâtiment avec le capitaine, pour aller prendre langue à terre », Chateaubriand, Itin. part. I. La contradiction des langues, les jugements divers que les hommes portent des mêmes choses. « Ah ! regardez plutôt la contradiction des langues et la diversité bizarre des jugements humains », Massillon, Carême, Resp. hum. e parler d'une nation. Apprendre sa langue par principes. Parler une langue étrangère. Vous savez donc l'hébreu ? - L'hébreu ? parfaitement. « J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement », Corneille, le Ment. IV, 3. « Tous les hommes, de quelque nation, de quelque tribu et de quelque langue qu'ils fussent, adorèrent la statue d'or que Nabuchodonosor avait dressée », Sacy, Bible, Daniel, III, 7. « Pauline est trop heureuse, ma chère enfant, d'être votre secrétaire… elle apprend la langue française, que la plupart des femmes ne savent pas », Sévigné, 1er juin 1689. « Ces audiences où elle recevait les ambassadeurs, entrant dans les intérêts de chacun et parlant à chacun sa langue », Fléchier, Dauphine. « Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée… », Boileau, Art p. I. « L'on ne peut guères charger l'enfance de la connaissance de trop de langues », La Bruyère, XIV. « L'intelligence des langues sert comme d'introduction à toutes les sciences », Rollin, Traité des Ét. liv. I, p. 1. « On comptait dans ses troupes jusqu'à vingt-deux nations de vingt-deux langues différentes que Mithridate parlait toutes avec facilité », Rollin, Hist. anc. t. X, p. 131, dans POUGENS. « C'est, comme on vous a dit, ce maître italien Qui vient montrer sa langue », Regnard, le Distr. III, 3. « Ne croyons pas que notre langue soit l'ouvrage de l'ignorance ou du hasard ; elle a ses principes, et qui sont très uniformes, dès le temps de François 1er », D'Olivet, Rem. Racine, § 9. « Le fameux docteur Swift forma le dessein, dans les dernières années du règne de la reine Anne, d'établir une académie pour la langue, à l'exemple de l'Académie française », Voltaire, Dict. phil. Société royale. « Quand on a un nombre suffisant d'auteurs approuvés, la langue est fixée », Voltaire, ib. Langues. « Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, à Copenhague, à Moscou ; elle est la langue de l'Europe ; mais c'est grâce à nos bons livres, et non à la régularité de notre idiome », Voltaire, Lett. Guyot, 7 août 1767. « Notre langue et nos belles-lettres ont fait plus de conquêtes que Charlemagne », Voltaire, Lett. Mme Denis, 24 août 1750. « C'est le peuple qui a fait les langues ; c'est au philosophe à découvrir l'origine des choses », Diderot, Rech. phil. sur le beau, Œuv. t. II, p. 461. « La langue française règne dans la prose ; si ce n'est pas le langage des dieux, c'est celui de la raison et de la vérité », Raynal, Hist. phil. XIX, 12. « C'est Charles-Quint qui a dit qu'un homme qui sait quatre langues vaut quatre hommes », Staël, Corinne, VII, 1. « En déliant la langue [grecque] du rhythme poétique, Hécatée, Hérodote lui conservèrent les formes de la poésie, les expressions et les mots hors du dialecte commun », Courier, Hérodote, Préface du traducteur. Don des langues, grâce que Dieu fait à un homme lors qu'il lui donne, par miracle et sans étude, la connaissance et l'usage d'une langue. Langue mère ou matrice, celle qui a servi à en former d'autres ; et, par opposition, langue dérivée, celle qui est formée d'une autre. Le latin est une langue mère par rapport au français, et le français est une langue dérivée. L'hébreu paraît une langue mère dans le domaine syno-arabe. Une langue aryenne primitive à laquelle on ne remonte que conjecturalement et par induction, serait la langue mère du sanscrit, du zend, du grec, du latin, etc. « Nos mères et les langues dites mères ont beaucoup de ressemblance ; les unes et les autres ont des enfants qui se marient dans le pays voisin, et qui en altèrent le langage et les mœurs », Voltaire, Dict. phil. Langues. « On trouva dans le Canada trois langues mères, l'algonquine, la siouse et la huronne ; on jugea que ces langues étaient primitives, parce qu'elles renfermaient chacune un grand nombre de ces mots imitatifs qui peignent les choses par le son », Raynal, Hist. phil. XV, 4. Langue mère, dite beaucoup mieux langue primitive, langue unique que l'on suppose avoir été la mère de toutes les autres. Les langues mères au sens relatif existent réellement ; une langue mère au sens absolu est une pure hypothèse. « Plusieurs rabbins prétendent que la langue mère était le samaritain ; quelques autres ont assuré que c'était le bas-breton ; dans cette incertitude, on peut fort bien, sans offenser les habitants de Quimper et de Samarie, n'admettre aucune langue mère », Voltaire, Dict. phil. ABC. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre. Langues sœurs, langues que l'on considère comme dérivées d'une même langue mère. Les langues néo-latines sont sœurs. Langue morte, celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Le latin, l'hébreu sont des langues mortes. « Les dictionnaires d'une langue morte ne la présentent qu'en partie, parce que ceux qui les compilent ne sauraient où prendre une infinité de mots qui ont aussi proprement appartenu à cette langue que les mots qui nous en sont encore connus, » Préf. du Dict. de FURETIÈRE. Par opposition, langue vivante, celle qu'un peuple parle actuellement. Langue vulgaire, se dit de tous les idiomes modernes, par opposition aux langues anciennes ou savantes. La langue d'oc, l'ancienne langue qui se parlait au delà de la Loire, dont se sont servis les troubadours, que l'on connaît sous le nom de provençal, et que dans le temps on appelait plus ordinairement langue limousine (oc veut dire oui). Langue d'oïl (oïl veut dire oui) ou langue d'oui, l'ancien français, la langue française avant le XVe siècle, celle dans laquelle ont écrit les trouvères. La langue de si (si veut dire oui), l'italien. Langues orientales, langues parlées en Asie, surtout celles de la partie de l'Asie qui est la plus voisine de l'Europe. Jeunes de langue, jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir drogmans. La langue sainte, la langue hébraïque. Langues du Nord, les langues germaniques et slaves, par opposition aux langues du Midi, qui sont dérivées du latin. Langue naturelle ou maternelle, celle du pays où l'on est né, par opposition à langue étrangère, celle d'un autre pays. Langue nationale, celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à langue étrangère. Langue sacrée, toute langue dans laquelle sont écrits les livres qu'on regarde comme inspirés par la Divinité. Langues synthétiques ou concrètes, celles qui rendent les indications grammaticales par des terminaisons variables. Langues analytiques, celles qui expriment chaque idée, chaque rapport grammatical par un mot distinct. Langue écrite, langue pourvue d'un alphabet et dans laquelle on a composé des livres. Les langues des sauvages ne sont pas des langues écrites. Langue écrite, langue littéraire, la partie la plus cultivée d'une langue, celle qui figure seule dans les bons écrivains. Langue philosophique, langue où l'on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées. Langue universelle, dite aussi langue philosophique, langue qui serait commune à tous les peuples. « Il [Leibnitz] conçut le projet d'une langue philosophique qui mît en société toutes les nations », Diderot, Opin. des anc. phil. (Leibnitzianisme). Maître de langue, celui qui enseigne une langue vivante. Fig. « Platon, poëte, s'il en fût, Platon qui n'aimait pas le peuple, l'appelle son maître de langue », Courier, Hérodote, Préface du traducteur.

5. Absolument. La langue, la langue française. « La langue fut portée sous Louis XIV au plus haut point de perfection dans tous les genres, non pas en employant des termes nouveaux inutiles, mais en se servant avec art de tous les mots nécessaires qui étaient en usage », Voltaire, Louis XV, 43.

6. L'ensemble des règles qui régissent un idiome ; cet idiome considéré par rapport à sa correction. « Pour la langue on verra dans peu nos règlements, Et nous y prétendons faire des remuements », Molière, F. sav. III, 2. « Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain », Boileau, Art p. I. « Qu'on dise : il [Ronsard] osa trop, mais l'audace était belle ; Il lassa, sans la vaincre, une langue rebelle ; Et de moins grands, depuis, eurent plus de bonheur », Sainte-Beuve, Poésies, à Ronsard.

7. L'ensemble des mots et des tournures dont un auteur fait surtout usage. La langue de Corneille, de Racine. « Ce pamphlétaire [P. L. Courier], qui ne se gênait d'aucune vérité périlleuse à dire, hésitait sur un mot, sur une virgule, se montrait timide à toute façon de parler qui n'était pas de la langue de ses auteurs », A. Carrel, Œuvres, tome V, p. 211. Langue académique, celle qui se parle dans les discours d'apparat, et, en un autre sens, celle-là seule qui figure dans le Dictionnaire de l'Académie, qui a la sanction de ce corps littéraire. « Penser traduire Hérodote dans notre langue académique, langue de cour, cérémonieuse, roide, apprêtée, pauvre d'ailleurs, mutilée par le bel usage, c'est étrangement s'abuser », Courier, Hérodote, Préface du traducteur.

8. Manière de parler, abstraction faite de l'idiome dont on se sert. Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour. « Songez que je vous parle une langue étrangère [celle de l'amour] », Racine, Phèdre, II, 2. « Fi donc, petit badin, un peu de retenue ; Vous me parlez, marquis, une langue inconnue », Regnard, le Joueur, II, 4. La langue des dieux, la poésie. « La Grèce avait de grands poëtes, Homère, Antimaque, Pindare, et, parlant la langue des dieux, bégayait à peine celle des hommes », Courier, Hérodote, Préface du traducteur. On dit dans le même sens : la langue des vers, la langue poétique. « La langue des vers est si magnifique en Italie, que l'on y aurait plus tort que partout ailleurs en renonçant à ses beautés », Staël, Corinne, VII, 2. « Que ces conteurs des premiers âges de la Grèce aient conservé la langue poétique dans leur prose, on n'en saurait douter après le témoignage des critiques anciens ou d'Hérodote, qu'il suffit d'ouvrir seulement pour s'en convaincre », Courier, Hérodote, Préface du traducteur.

9. La langue d'une science, d'un art, l'ensemble des mots, des locutions dont on fait usage dans cette science, dans cet art. La langue des mathématiques. La langue de la métallurgie. On dit dans le même sens : la langue technique.

10. Système de signes appropriés à une notation. L'algèbre est une langue bien faite.

11. Moyens d'expression de l'artiste. La langue des couleurs, des sons.

12. Terme de l'ordre de Malte. Les langues, les huit nations dont il était composé ; savoir trois en France, la langue de France, la langue de Provence et la langue d'Auvergne ; deux pour l'Espagne, la langue d'Aragon et la langue de Castille ; et trois autres, la langue d'Italie, la langue d'Allemagne, et la langue d'Angleterre. Le chef de chaque langue se nommait grand prieur.

13. Langue, se dit de certaines choses qui ont la forme d'une langue. Langues de feu, formes de langue-couleur de feu que le Saint-Esprit fit descendre sur chaque apôtre lorsqu'il leur donna le don des langues pour aller prêcher l'Évangile. Langues de feu, flammes allongées que projette un incendie. « Déjà l'incendie, hydre immense, Lève son aile sombre et ses langues de feu », Hugo, Odes, IV, Chant de fête de Néron. Terme de marine. Langue de voile, morceau de toile que l'on ajoute sur le côté de plusieurs espèces de voiles. Langue de terre, certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d'eau de tous les autres côtés. Cette ville est bâtie sur une langue de terre. Langue de terre, se dit aussi d'une terre étroite qui en joint deux autres. « Ces deux mers, venant à serrer la terre des deux côtés, font une langue qui attache à la terre ferme cette province », Vaugelas, Q. C. livre III, dans RICHELET. « Cette étroite langue de terre, qui joint l'Amérique méridionale avec la septentrionale, est fortifiée par une chaîne de hautes montagnes », Raynal, Hist. phil. VII, 9. Il se dit aussi des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres. « MM. les syndics du pays de Gex savent assez et attesteront combien est stérile le sol de cette petite province, qui n'est qu'une langue de terre d'environ cinq lieues de long et de deux de large, sur le bord du lac de Genève », Voltaire, Polit. et législ. Remontr. du pays de Gex, Au roi en son conseil.

14. Trompe des insectes lépidoptères.

15. Langue ou glossopètre, dent de poisson fossile.

16. Langue, se dit des trois pièces intérieures du périanthe des iris, qui ont leur extrémité relevée, par opposition aux trois pièces extérieures, qui penchent vers la terre et qu'on appelle mentons. Langue-d'agneau, nom vulgaire du plantain moyen. Langue-de-bœuf, la buglose officinale et la scolopendre. Langue-de-bouc, la vipérine. Langue-de-cerf, la scolopendre, plante de la famille des fougères. Langue-de-chat, bidens tripartita, etc. composée tubuliflore, ou eupatoire à feuilles d'arroche. Langue-de-cheval, un des noms vulgaires du ruscus hipoglossum (asparaginées), appelé encore laurier alexandrin. Langue-de-chien, voy. CYNOGLOSSE. Double-langue, fragon dont les feuilles portent sur le milieu une seconde feuille. Langue-de-noyer, langue-de-pommier, espèces d'agaric. Langue-d'oie, grassette. Langue-d'oiseau, le stellaria holostea, etc. caryophyllées. Langue-de-passereau, nom vulgaire du polygonum aviculaire (polygonées), dit aussi renouée. C'est aussi le nom vulgaire de la stellère passerine (thymélées). Langue-de-serpent, ophioglosse. Langue-de-vache, nom donné par les Espagnols au talin polyandre (portulacées) et au talin crénelé, tous les deux originaires du Pérou. Langue-de-vache, dans les environs de Boulogne, nom donné à la scabieuse, scabiosa arvensis, etc. knautia arvensis, COULT. (famille des dipsacées). Langue-de-vache, la grande consoude (borraginées), dans quelques cantons de la France.

17. Grande-langue, le torcol.

18. Nom vulgaire de différentes coquilles. Langue-d'or, nom marchand d'une coquille bivalve ; c'est la telline foliacée. Langue-de-serpent, langue-de-tigre, coquilles bivalves. Langue-de-chat, espèce de coquille allongée et plate : c'est encore une telline.

19. Nom de certains outils ou engins. Langue-de-carpe, instrument connu aussi sous le nom de trivelin, dont les dentistes se servent pour l'extraction des dents molaires ou pour celle des racines. Langue-de-serpent, petit instrument dont les dentistes se servent pour enlever le tartre des dents de la mâchoire inférieure. Langue de balance, style perpendiculaire au fléau, qui se trouve caché par la châsse quand la balance est en équilibre. Langue-de-bœuf, outil des maçons qui est taillé en forme de cœur. Langue-de-carpe, outil d'acier aigu et tranchant des deux côtés dont se sert l'armurier. Langue-de-carpette, outil de serrurier, dont le tranchant est arrondi. Langue, bout de tuyau de plomb aplati qui jette l'eau en nappe dans la cuvette d'une garde-robe. Terme de marine. Langue, coin pour empêcher que les cercles de fer des mâts ne déchirent les étambrais. On place aussi des langues entre le traversin de la hune et l'avant de la caisse du mât, etc.

20. Langue-de-chat, espèce de petite pâtisserie sèche et longue.

Historique

XIIe s. « …cols [coup] de lange ne fait plaie », Chrestien de Troyes, dans HOLLAND, p. 266. « Les langues d'or [du gonfanon] li sont as poins batant [lui battent sur les mains] », Ronc. 38. XIIIe s. « Citoles et violes font moult melodies ; mais andeus [toutes les deux] sormonte langue soef », Latini, Trésor, p. 356. « Quant uns hom a bone langue dehors, et il n'a point de conseil dedans, sa parleure est fierement perilleuse à la cité et à ses amis », Latini, ib. 469. « Et s'aucuns fel [felon] sa langue en sache [en tire la langue par dérision]… », Lai de l'Ombre. « Et aux langues lascher les freins », Bat. des 7 arts. « Et se le crior le sait, il est ateint de fauceté et est en la merci dou seignor de perdre quanque il a et la laingue aussi », As. de Jérus. I, 212. « Renart li a la langue traite Bien demi pié fors de la gueule », Ren. 1106. « Fils à vilain, fait-il, malfez, Malostruz et mal engendrés, Orgueil de serf, hueil [œil] de larron, Langue de leu [loup], cri de paon », Partonopex, Ms de St-Germain, f° 164, dans LACURNE. « Langue ment bien, mais cuer [cœur] ne puet [peut] changier », Bibl. des chartes, 4e série, t. V, p. 27. XIVe s. « Bonnes balences et justes, perciées entre le bras et la langue, sans estre enarchiées », Ordonn. des rois, t. I, p. 760. « De langue sçait mieulx menacer, Que ferir de fer ne d'acier », Le liv. du bon Jehan, V. 1147. XVe s. « Ne on n'ose ceuls approuchier Qui ont mains d'or, langues d'argent ; L'on ne tient compte d'autre gent », Deschamps, poésies mss. f° 522. « Toutes servantes doivent foy et loyaulté à leur maistresse, avoir courte langue, et longues aureilles et grandes », Aresta amorum, p. 183, dans LACURNE. XVIe s. « Foy n'y est rien, langues y sont cousteaux Par trop mesdire », Marot, I, 380. « Ceste langue estoit la mienne maternelle », Montaigne, I, 196. « Ils ont des espées de bois appointées par un bout, à la mode des langues de nos espieux », Montaigne, I, 239. « Cela ne se passa point sans prisonniers, par lesquels on print langues de toutes parts », D'Aubigné, Hist. I, 213. « Après avoir tout un temps joué de la langue [exhorté] en vain envers plusieurs… », D'Aubigné, ib. II, 62. « La batterie assiduelle de cette puissante femme et des langues habilles qui la suivoient, avoit coeffé quelques deputez », D'Aubigné, ib. II, 336. « La racine,… la base,… la pointe de la langue », Paré, IV, 12. « L'herbe dite langue-de-chien desire la terre sablonneuse et legere », De Serres, 620. « Langue-de-serpent ne se loge jamais qu'en bonne terre, grasse et humide », De Serres, 620. « Autant de langues que l'homme sçait parler, autant de fois est-il homme », Brantôme, Charles Quint. « Mieulx vaut des mains estre battu que de la langue estre feru », Génin, Récréat. t. II, p. 245. « Mordre sa langue est mal penser », Génin, ib. « Et de souspirs et larmes [ils] feirent langues Pour achever, sans parler, leurs harangues, » la Marguerite des marguer. f° 383, dans LACURNE. « Gens de langue et procureurs », Nouv. coust. génér. t. I, p. 677. « De ceux qui ont esté sept ans hors du pays sans avoir entendu langue ou eu marque d'eux », ib. t. I, p. 577. « Hardie langue, couarde lance », Cotgrave « Longue langue, courte main », Cotgrave « Mieux vaut glisser dupied que de la langue », Cotgrave « Le peuple est souverain seigneur de sa langue, et la tient comme un fief de franc alleu, et n'en doit recognoissance à aulcun seigneur », Ramus, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 179. « Notre langue, qui est aujourd'hui [en 1555] en sa plus grande force et consistance, ne peut souffrir reformation », J. Pelletier, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 154. « Adieu, vieille forest, le jouet de Zephyre, Où premier j'accorday les langues de ma lyre », Ronsard, La forêt de Gastine.

Étymologie

Wallon, linwe ; Verviers, lèwe ; picard et Berry, lingue ; provenç. lengua, lenga ; cat. llengua ; esp. lengua ; port. lingua, lingoa ; ital. lingua ; du lat. lingua.

langue-de-serpent Académie française (toutes éditions)

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Cette partie charnuë & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust & de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse. langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée ; la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. couper, percer la langue à quelqu’un. on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. des langues fumées. des langues fourrées. un pasté de langues de carpes. Quand on veut faire entendre qu’une chose est excellente à manger ou à boire. On dit, vous le sentirez mieux à la langue qu’au doigt. Quand on veut exprimer qu’on a grande envie de manger quelque friandise où l’on n’oseroit toucher. On dit, Ma langue me dit, vas y, vas y. Il est bas. On dit fig. Tirer la langue, pour dire, Languir dans l’attente de quelque assistance, & cela se dit en parlant d’un homme qui est dans le besoin, & à qui on refuse le secours qu’il demande. Ainsi on dit prov. Il luy verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’il ne luy donneroit pas un sou. Tirer la langue, Est aussi un signe de derision & de moquerie. Voyez comme il se moque de vous, il vous tire la langue. On dit, d’Une chose mince & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien penduë, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoüé la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, avoir beaucoup de babil. On dit dans le mesme sens d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue luy va tousjours. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, qu’Elle decouvre tout ce qu’elle sçait, qu’elle ne sçauroit rien tenir de caché. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens, qu’Un homme est maistre, ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde ou autrement dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire on croit estre prest de s’en souvenir. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement, & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à mesdire & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent. une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une medisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. & bassement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sçait demander le chemin on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on p. 629va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue. Langue, signifie aussi, Idiome, termes & façons de parler dont se sert une nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte. langue grave, pompeuse. cette langue est fort estenduë. cette langue a cours en tout l’Orient. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. les Apostres avoient le don des langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. il est Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque. il enseigne les langues. les maistres de la langue, &c. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle : & Langue morte & grammaticale, celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus en usage que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle la Langue Hebraïque, La Langue Sainte. Langue, se prend aussi quelquefois comme dans l’Ordre de Malthe pour la Nation. La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnuë & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée, la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue par derision. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. percer la langue à quelqu’un on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. un pasté de langues de carpes. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. langues fumées. langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On luy verroit tirer la langue d’un pied de long, on ne luy donneroit pas un verre d’eau. On dit d’Une chose minse & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoué la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit dans le mesme sens d’Une personne que La langue luy va tousjours. Il est bas. On dit qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. On dit qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui descouvre tout ce qu’elle sçait, & qui ne sçauroit rien tenir de caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens qu’Un homme est maistre ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde, ou autrement, dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire, on croit estre prest à le trouver, à le dire. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche point la langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sçait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte, pompeuse, cette langue est fort estendue. cette langue a cours dans tout l’Orient. langue mere. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. les Apostres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque enseigner les langues. le don des langues. connoistre le genie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’Il faut suivre l’usage sans raisonner. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle ; & Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, p. 875mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque, litterale, sont des langues mortes. On appelle Maistre de langue, Celuy qui enseigne une langue vivante. On appelle, La Langue Hebraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des differentes Nations de l’Ordre de Malthe, on dit, La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue séche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue. Percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens léchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit famil. d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit famil. Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler, Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit, d’Un Orateur qui parle facilement & élégamment, Que c’est une langue dorée. On dit, d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. Il est bas. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. & les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition, d’Un homme sécret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit prov. Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, p. 11une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipére. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & fam. Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore proverb. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mére. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétez de la langue. Il entend les finesses, les délicatesses, la pureté de la langue. C’est une phrase de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues arriva à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matiére de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et, Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle, Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et, Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Echelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle, La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence. La Langue d’Auvergne. La Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres côtez. Il y a dans la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pièces de terre longues & étroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens lèchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup & avec facilité. On dit fig. & fam. de quelqu’un qui parle facilement & élégamment, que C’est une langue dorée. On dit famil. d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément & familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, &c.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche de l’animal, et qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, et pour les hommes celui de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire et enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarrhe sur la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince et déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, donne encore lieu à plusieurs façons de parler figurées. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité à parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup et avec facilité. On dit figur. et familièrement de quelqu’un qui parle facilement et élégamment, que C’est une langue dorée. On dit familièrement d’Une personne qui parle beaucoup, que La Langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, et qu’il prononce mal certaines consonnes, et principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, et qui ne sauroit garder un secret. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret et qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Une personne qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’elle voudroit ou devroit dire, quand ce mot n’en diffère que de quelques lettres, que La langue lui a fourché. On dit familièrement, qu’On a un mot sur le bout de la langue, lorsqu’en le cherchant dans sa mémoire, on croit être près de le trouver, de le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement et civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire et à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément et familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter et cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les mots et les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, etc. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne s’est formée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien sa langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. Langue corrompue, dégénérée. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle aussi Langue mère, une langue primitive, qui ne s’est point formée par imitation ou par corruption d’une autre. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que quelques Gouvernemens entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, et devenir capables de servir de Drogmans. On appelle la Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on disoit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, etc.

■ Langue de bouc. Voyez Vipérine.

■ Langue de cerf, ou Scolopendre. s. f. Plante de la famille des capillaires. Elle naît dans les puits, les fontaines, dans les fentes des pierres, sur les rochers et à l’ombre. Cette plante est fort recommandée dans les obstructions du foie, dans celles de la rate, et dans les maladies hypocondriaques.

■ Langue de chien. s. f. ou Cynoglosse. Plante ainsi nommée, parce que ses feuilles ont la figure de la langue d’un chien. Ses fleurs sont purpurines et ressemblent à celles de la Buglose. Son fruit a quatre capsules hérissées de piquans. Elle est incrassante, rafraîchissante et adoucissante.

■ Langue de serpent. subst. fém. Plante ainsi nommée, parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Elle ne s’élève qu’à la hauteur d’une palme. Cette plante est vulnéraire et bonne contre les hernies. On appelle aussi Langue de serpent, Des dents de poissons pétrifiées. C’est un synonyme de Glossopètre. On voit que c’est fort improprement qu’on leur donne le nom de Langue de serpent. On appelle figurément Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup p. 10plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manége, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manége, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très-peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion p. 96des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui, n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne ou savante, par opposition à Langue moderne ou vulgaire. Langue littérale. Voyez Littéral. Langues sémitiques, Langues qu’on regarde comme ayant été parlées par les enfants de Sem et par leurs descendants. Ces langues sont l’hébreu et plusieurs autres sorties de la même source, telles que l’arabe, le syriaque, etc. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on suppose inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voy. Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot.

■ Langue, se dit particulièrement de la langue considérée comme organe de la parole. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante p. 98langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Les langues sémitiques. Les langues néo-latines. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse, d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue vulgaire, Langue moderne, et qui est d’un usage ordinaire. Il se dit par opposition à Langue savante, Langue qui est en usage seulement parmi les personnes instruites. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on croit inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voyez Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Organe musculaire charnu et mobile, revêtu d’une membrane muqueuse, placé dans la bouche et qui est le principal instrument de la parole et l’organe du goût. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. Tractions de la langue, Tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié. Avoir la langue mauvaise, Avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général. En termes de Musique instrumentale, Coup de langue. Voyez Coup. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Fig., Faire tirer la langue à quelqu’un, Lui faire attendre indéfiniment une chose dont il a besoin ou qu’il désire. Fam., S’ennuyer à avaler sa langue, Éprouver un ennui excessif. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens. Voyez Chien.

■ Langue se dit, par analogie, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres et qui est environné d’eau sur tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des Pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-serpent, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Langue-de-chat, Petit gâteau mince et long.

■ Langue, considéré comme le nom de l’organe de la parole, entre dans un grand nombre d’expressions toutes faites et de locutions figurées. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler, parler beaucoup, et souvent avec excès. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Avoir beaucoup de babil et aussi Parler avec esprit, subtilité, malice. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., Il a la langue longue, il ne sait pas tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne sait pas garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! Quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit de Quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire, mais auxquels on ne peut pas toujours se fier. Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Fam., La langue lui a fourché. Voyez Fourcher. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue. Voyez Bout. Fig., C’est une fine langue, C’est une personne spirituelle. Fig., C’est une bonne langue, se dit ironiquement d’une Personne médisante. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de vipère, se dit d’une Personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue. Voyez Coup. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Avant de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue désigne aussi l’Idiome d’une nation, d’une race. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Une langue abondante, riche, harmonieuse, douce, sonore, pauvre, barbare. Cette langue est fort répandue. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la propagation des langues. p. 106Les apôtres reçurent le don des langues. Professeur de langue grecque. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Fam., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit d’une Conversation où tout le monde parle à la fois et, par extension, d’une Discussion où l’on ne s’entend pas sur le sens des mots. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue écrite se dit, chez un peuple qui a des traditions littéraires, d’un Ensemble d’emplois syntaxiques, de tournures, d’acceptions de sens, etc., hérités des bons auteurs. Elle s’oppose à Langue parlée, qui désigne l’Usage familier, plus libre et plus variable. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue maternelle, Celle du pays où l’on est né. Il se dit par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation. Il se dit aussi par opposition à Langue étrangère. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on dit inspirés par la Divinité. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Jeunes de langues s’est dit de Jeunes gens que les gouvernements entretenaient pour apprendre les langues orientales en vue de servir de consuls ou d’interprètes. L’École des jeunes de langues. On dit aujourd’hui École des langues orientales.

■ Langue signifie quelquefois Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts. Langue de la philosophie. La langue philosophique.

■ Langue se dit spécialement du Vocabulaire et de la syntaxe propres à tel ou tel écrivain. La langue de Rabelais. La langue de Corneille.

Voyez Vipérine.

Cette partie charnuë & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust & de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse. langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée ; la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. couper, percer la langue à quelqu’un. on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. des langues fumées. des langues fourrées. un pasté de langues de carpes. Quand on veut faire entendre qu’une chose est excellente à manger ou à boire. On dit, vous le sentirez mieux à la langue qu’au doigt. Quand on veut exprimer qu’on a grande envie de manger quelque friandise où l’on n’oseroit toucher. On dit, Ma langue me dit, vas y, vas y. Il est bas. On dit fig. Tirer la langue, pour dire, Languir dans l’attente de quelque assistance, & cela se dit en parlant d’un homme qui est dans le besoin, & à qui on refuse le secours qu’il demande. Ainsi on dit prov. Il luy verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’il ne luy donneroit pas un sou. Tirer la langue, Est aussi un signe de derision & de moquerie. Voyez comme il se moque de vous, il vous tire la langue. On dit, d’Une chose mince & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien penduë, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoüé la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, avoir beaucoup de babil. On dit dans le mesme sens d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue luy va tousjours. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, qu’Elle decouvre tout ce qu’elle sçait, qu’elle ne sçauroit rien tenir de caché. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens, qu’Un homme est maistre, ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde ou autrement dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire on croit estre prest de s’en souvenir. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement, & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à mesdire & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent. une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une medisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. & bassement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sçait demander le chemin on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on p. 629va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue. Langue, signifie aussi, Idiome, termes & façons de parler dont se sert une nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte. langue grave, pompeuse. cette langue est fort estenduë. cette langue a cours en tout l’Orient. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. les Apostres avoient le don des langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. il est Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque. il enseigne les langues. les maistres de la langue, &c. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle : & Langue morte & grammaticale, celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus en usage que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle la Langue Hebraïque, La Langue Sainte. Langue, se prend aussi quelquefois comme dans l’Ordre de Malthe pour la Nation. La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnuë & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée, la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue par derision. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. percer la langue à quelqu’un on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. un pasté de langues de carpes. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. langues fumées. langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On luy verroit tirer la langue d’un pied de long, on ne luy donneroit pas un verre d’eau. On dit d’Une chose minse & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoué la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit dans le mesme sens d’Une personne que La langue luy va tousjours. Il est bas. On dit qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. On dit qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui descouvre tout ce qu’elle sçait, & qui ne sçauroit rien tenir de caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens qu’Un homme est maistre ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde, ou autrement, dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire, on croit estre prest à le trouver, à le dire. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche point la langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sçait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte, pompeuse, cette langue est fort estendue. cette langue a cours dans tout l’Orient. langue mere. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. les Apostres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque enseigner les langues. le don des langues. connoistre le genie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’Il faut suivre l’usage sans raisonner. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle ; & Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, p. 875mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque, litterale, sont des langues mortes. On appelle Maistre de langue, Celuy qui enseigne une langue vivante. On appelle, La Langue Hebraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des differentes Nations de l’Ordre de Malthe, on dit, La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue séche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue. Percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens léchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit famil. d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit famil. Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler, Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit, d’Un Orateur qui parle facilement & élégamment, Que c’est une langue dorée. On dit, d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. Il est bas. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. & les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition, d’Un homme sécret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit prov. Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, p. 11une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipére. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & fam. Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore proverb. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mére. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétez de la langue. Il entend les finesses, les délicatesses, la pureté de la langue. C’est une phrase de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues arriva à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matiére de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et, Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle, Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et, Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Echelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle, La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence. La Langue d’Auvergne. La Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres côtez. Il y a dans la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pièces de terre longues & étroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens lèchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup & avec facilité. On dit fig. & fam. de quelqu’un qui parle facilement & élégamment, que C’est une langue dorée. On dit famil. d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément & familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, &c.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche de l’animal, et qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, et pour les hommes celui de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire et enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarrhe sur la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince et déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, donne encore lieu à plusieurs façons de parler figurées. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité à parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup et avec facilité. On dit figur. et familièrement de quelqu’un qui parle facilement et élégamment, que C’est une langue dorée. On dit familièrement d’Une personne qui parle beaucoup, que La Langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, et qu’il prononce mal certaines consonnes, et principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, et qui ne sauroit garder un secret. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret et qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Une personne qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’elle voudroit ou devroit dire, quand ce mot n’en diffère que de quelques lettres, que La langue lui a fourché. On dit familièrement, qu’On a un mot sur le bout de la langue, lorsqu’en le cherchant dans sa mémoire, on croit être près de le trouver, de le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement et civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire et à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément et familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter et cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les mots et les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, etc. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne s’est formée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien sa langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. Langue corrompue, dégénérée. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle aussi Langue mère, une langue primitive, qui ne s’est point formée par imitation ou par corruption d’une autre. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que quelques Gouvernemens entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, et devenir capables de servir de Drogmans. On appelle la Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on disoit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, etc.

■ Langue de bouc. Voyez Vipérine.

■ Langue de cerf, ou Scolopendre. s. f. Plante de la famille des capillaires. Elle naît dans les puits, les fontaines, dans les fentes des pierres, sur les rochers et à l’ombre. Cette plante est fort recommandée dans les obstructions du foie, dans celles de la rate, et dans les maladies hypocondriaques.

■ Langue de chien. s. f. ou Cynoglosse. Plante ainsi nommée, parce que ses feuilles ont la figure de la langue d’un chien. Ses fleurs sont purpurines et ressemblent à celles de la Buglose. Son fruit a quatre capsules hérissées de piquans. Elle est incrassante, rafraîchissante et adoucissante.

■ Langue de serpent. subst. fém. Plante ainsi nommée, parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Elle ne s’élève qu’à la hauteur d’une palme. Cette plante est vulnéraire et bonne contre les hernies. On appelle aussi Langue de serpent, Des dents de poissons pétrifiées. C’est un synonyme de Glossopètre. On voit que c’est fort improprement qu’on leur donne le nom de Langue de serpent. On appelle figurément Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup p. 10plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manége, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manége, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très-peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion p. 96des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui, n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne ou savante, par opposition à Langue moderne ou vulgaire. Langue littérale. Voyez Littéral. Langues sémitiques, Langues qu’on regarde comme ayant été parlées par les enfants de Sem et par leurs descendants. Ces langues sont l’hébreu et plusieurs autres sorties de la même source, telles que l’arabe, le syriaque, etc. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on suppose inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voy. Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot.

■ Langue, se dit particulièrement de la langue considérée comme organe de la parole. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante p. 98langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Les langues sémitiques. Les langues néo-latines. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse, d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue vulgaire, Langue moderne, et qui est d’un usage ordinaire. Il se dit par opposition à Langue savante, Langue qui est en usage seulement parmi les personnes instruites. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on croit inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voyez Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Organe musculaire charnu et mobile, revêtu d’une membrane muqueuse, placé dans la bouche et qui est le principal instrument de la parole et l’organe du goût. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. Tractions de la langue, Tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié. Avoir la langue mauvaise, Avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général. En termes de Musique instrumentale, Coup de langue. Voyez Coup. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Fig., Faire tirer la langue à quelqu’un, Lui faire attendre indéfiniment une chose dont il a besoin ou qu’il désire. Fam., S’ennuyer à avaler sa langue, Éprouver un ennui excessif. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens. Voyez Chien.

■ Langue se dit, par analogie, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres et qui est environné d’eau sur tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des Pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-serpent, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Langue-de-chat, Petit gâteau mince et long.

■ Langue, considéré comme le nom de l’organe de la parole, entre dans un grand nombre d’expressions toutes faites et de locutions figurées. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler, parler beaucoup, et souvent avec excès. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Avoir beaucoup de babil et aussi Parler avec esprit, subtilité, malice. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., Il a la langue longue, il ne sait pas tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne sait pas garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! Quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit de Quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire, mais auxquels on ne peut pas toujours se fier. Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Fam., La langue lui a fourché. Voyez Fourcher. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue. Voyez Bout. Fig., C’est une fine langue, C’est une personne spirituelle. Fig., C’est une bonne langue, se dit ironiquement d’une Personne médisante. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de vipère, se dit d’une Personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue. Voyez Coup. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Avant de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue désigne aussi l’Idiome d’une nation, d’une race. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Une langue abondante, riche, harmonieuse, douce, sonore, pauvre, barbare. Cette langue est fort répandue. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la propagation des langues. p. 106Les apôtres reçurent le don des langues. Professeur de langue grecque. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Fam., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit d’une Conversation où tout le monde parle à la fois et, par extension, d’une Discussion où l’on ne s’entend pas sur le sens des mots. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue écrite se dit, chez un peuple qui a des traditions littéraires, d’un Ensemble d’emplois syntaxiques, de tournures, d’acceptions de sens, etc., hérités des bons auteurs. Elle s’oppose à Langue parlée, qui désigne l’Usage familier, plus libre et plus variable. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue maternelle, Celle du pays où l’on est né. Il se dit par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation. Il se dit aussi par opposition à Langue étrangère. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on dit inspirés par la Divinité. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Jeunes de langues s’est dit de Jeunes gens que les gouvernements entretenaient pour apprendre les langues orientales en vue de servir de consuls ou d’interprètes. L’École des jeunes de langues. On dit aujourd’hui École des langues orientales.

■ Langue signifie quelquefois Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts. Langue de la philosophie. La langue philosophique.

■ Langue se dit spécialement du Vocabulaire et de la syntaxe propres à tel ou tel écrivain. La langue de Rabelais. La langue de Corneille.

xixe siècle.

pâtisserie. Petit gâteau sec, très plat, de forme allongée.

xiiie siècle, lange de boef.

1. Nom donné à diverses armes, à divers instruments, qui possèdent un large fer plat, à deux tranchants.

2. Nom usuel de la fistuline, champignon basidiomycète, et de la buglosse, plante borraginacée médicinale (voir Fistuline et Buglosse).

xve siècle.

Nom usuel de la cynoglosse, plante borraginacée.

Cette partie charnuë & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust & de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse. langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée ; la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. couper, percer la langue à quelqu’un. on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. des langues fumées. des langues fourrées. un pasté de langues de carpes. Quand on veut faire entendre qu’une chose est excellente à manger ou à boire. On dit, vous le sentirez mieux à la langue qu’au doigt. Quand on veut exprimer qu’on a grande envie de manger quelque friandise où l’on n’oseroit toucher. On dit, Ma langue me dit, vas y, vas y. Il est bas. On dit fig. Tirer la langue, pour dire, Languir dans l’attente de quelque assistance, & cela se dit en parlant d’un homme qui est dans le besoin, & à qui on refuse le secours qu’il demande. Ainsi on dit prov. Il luy verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’il ne luy donneroit pas un sou. Tirer la langue, Est aussi un signe de derision & de moquerie. Voyez comme il se moque de vous, il vous tire la langue. On dit, d’Une chose mince & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien penduë, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoüé la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, avoir beaucoup de babil. On dit dans le mesme sens d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue luy va tousjours. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, qu’Elle decouvre tout ce qu’elle sçait, qu’elle ne sçauroit rien tenir de caché. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens, qu’Un homme est maistre, ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde ou autrement dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire on croit estre prest de s’en souvenir. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement, & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à mesdire & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent. une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une medisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. & bassement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sçait demander le chemin on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on p. 629va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue. Langue, signifie aussi, Idiome, termes & façons de parler dont se sert une nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte. langue grave, pompeuse. cette langue est fort estenduë. cette langue a cours en tout l’Orient. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. les Apostres avoient le don des langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. il est Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque. il enseigne les langues. les maistres de la langue, &c. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle : & Langue morte & grammaticale, celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus en usage que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle la Langue Hebraïque, La Langue Sainte. Langue, se prend aussi quelquefois comme dans l’Ordre de Malthe pour la Nation. La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnuë & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goust à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. grosse langue. langue espaisse langue mince, deliée, pointuë. avoir la langue seche, la langue chargée, la langue pasteuse, la langue noire & enflée. remuer, tirer la langue par derision. se brusler, se mordre, s’escorcher la langue. arracher la langue. percer la langue à quelqu’un on l’a saignée sous la langue. il luy est tombé un caterre sur la langue. les chiens lechent & guerissent leurs playes avec la langue. les serpents dardent leur langue. des langues de mouton. des langues de bœuf. des langues de porc. un pasté de langues de carpes. accommoder des langues en ragoust. un ragoust de langues. langues fumées. langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On luy verroit tirer la langue d’un pied de long, on ne luy donneroit pas un verre d’eau. On dit d’Une chose minse & deliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot estant consideré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela luy a desnoué la langue, pour dire, Luy a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit dans le mesme sens d’Une personne que La langue luy va tousjours. Il est bas. On dit qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. On dit qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’elle ne sçauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui descouvre tout ce qu’elle sçait, & qui ne sçauroit rien tenir de caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le mesme sens qu’Un homme est maistre ou n’est pas maistre de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mesgarde, ou autrement, dit un autre mot que celuy qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en differe que de peu de lettres, que La langue luy a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand aprés l’avoir cherché dans sa memoire, on croit estre prest à le trouver, à le dire. On dit prov. & fig. Beau parler n’escorche point la langue, pour dire, qu’Il est tousjours bon de parler honnestement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à deschirer la reputation d’autruy, que C’est une mauvaise langue, une meschante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipere. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & bassement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore prov. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sçait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais esté, on a besoin de prendre langue. avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. la Langue Latine. la Langue Françoise, &c. les Langues Orientales. une belle langue. une langue abondante, riche, feconde. langue sterile, pauvre, rude, barbare. une langue energique, forte, pompeuse, cette langue est fort estendue. cette langue a cours dans tout l’Orient. langue mere. langue matrice. langue primitive, originale. la Langue Italienne est derivée de la Latine. enrichir, polir, appauvrir une langue. la richesse, la beauté, la politesse d’une langue. les proprietez de la langue. il entend les finesses, les secrets, les delicatesses, la pureté de la langue. c’est une phrase de la langue. il sçait bien cette langue. il parle plusieurs langues. la confusion des langues arriva à la tour de Babel. les Apostres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hebraïque enseigner les langues. le don des langues. connoistre le genie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’Il faut suivre l’usage sans raisonner. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle ; & Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, p. 875mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. la Langue Latine, la Langue Grecque, litterale, sont des langues mortes. On appelle Maistre de langue, Celuy qui enseigne une langue vivante. On appelle, La Langue Hebraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des differentes Nations de l’Ordre de Malthe, on dit, La Langue de Provence. la Langue d’Auvergne. la Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres costez. Il y a dans la coste de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pieces de terre longues & estroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile, qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût à tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue séche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue. Percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens léchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’un homme dont on n’a nulle compassion, on dit prov. On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit famil. d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit famil. Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler, Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup, & avec facilité. On dit, d’Un Orateur qui parle facilement & élégamment, Que c’est une langue dorée. On dit, d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. Il est bas. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les v. & les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne, qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition, d’Un homme sécret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit, d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit prov. Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit fig. d’Une personne qui aime à médire, & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, p. 11une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipére. On appelle fig. Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit prov. qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit fig. & fam. Donner du plat de la langue, pour dire, Flater & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper. On dit encore proverb. Qui langue a à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, un peu s’entremettre, on peut aller par tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, Signifie aussi l’Idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mére. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétez de la langue. Il entend les finesses, les délicatesses, la pureté de la langue. C’est une phrase de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues arriva à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit prov. que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matiére de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle, Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et, Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque litterale, sont des langues mortes. On appelle, Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et, Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Echelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle, La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, Se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence. La Langue d’Auvergne. La Langue de France, d’Arragon, &c. On appelle fig. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, & qui est environné d’eau de tous les autres côtez. Il y a dans la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des pièces de terre longues & étroites, qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable, qui traverse une grande prairie.

Cette partie charnue & mobile qui est dans la bouche de l’animal, & qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, & de la parole aux hommes. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire & enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarre sur la langue. Les chiens lèchent & guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince & déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, forme encore plusieurs façons de parler. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de bien parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité de parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup & avec facilité. On dit fig. & fam. de quelqu’un qui parle facilement & élégamment, que C’est une langue dorée. On dit famil. d’Une personne qui parle beaucoup, que La langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, & qu’il prononce mal certaines consonnes, & principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, & qui ne sauroit rien tenir caché. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret & qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Un homme qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’il voudroit ou devroit dire, & qui n’en différe que de peu de lettres, que La langue lui a fourché. On dit, qu’On a un mot sur le bout de la langue, Quand après l’avoir cherché dans sa mémoire, on croit être prêt à le trouver, à le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement & civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire & à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément & familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter & cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait un peu parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya des coureurs vers le quartier des ennemis pour prendre langue. Quand on va dans un pays, dans une ville où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les termes & les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, &c. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne est dérivée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que les Princes entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, & devenir capables de servir de Drogmans. On appelle La Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on dit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, &c.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche de l’animal, et qui est le principal organe du goût pour tous les animaux, et pour les hommes celui de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. Grosse langue. Langue épaisse. Langue mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, la langue chargée, la langue pâteuse, la langue noire et enflée. Remuer, tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher la langue, percer la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Il lui est tombé un catarrhe sur la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpens dardent leur langue. Des langues de mouton. Des langues de bœuf. Des langues de porc. Un pâté de langues de carpes. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées. Langues fourrées. En parlant d’Un homme dont on n’a nulle compassion, on dit proverbialement, On lui verroit tirer la langue d’un pied de long, qu’on ne lui donneroit pas un verre d’eau. On dit familièrement d’Une chose mince et déliée, qu’Elle est mince comme la langue d’un chat. Ce mot étant considéré dans la seule signification d’organe de la parole, donne encore lieu à plusieurs façons de parler figurées. Ainsi on dit familièrement, Avoir la langue bien pendue, pour dire, Avoir une grande facilité de parler. Avoir une grande volubilité de langue, pour dire, Parler avec une grande rapidité. Cela lui a dénoué la langue, pour dire, Lui a donné plus de facilité à parler. Avoir la langue bien affilée, pour dire, Parler beaucoup et avec facilité. On dit figur. et familièrement de quelqu’un qui parle facilement et élégamment, que C’est une langue dorée. On dit familièrement d’Une personne qui parle beaucoup, que La Langue lui va toujours. On dit, qu’Un homme a la langue grasse, pour dire, qu’Il a la langue épaisse, et qu’il prononce mal certaines consonnes, et principalement les r. On dit, qu’Une personne a bien de la langue, qu’Elle a la langue bien longue, qu’Elle ne sauroit tenir sa langue, pour dire, Que c’est une personne qui découvre tout ce qu’elle sait, et qui ne sauroit garder un secret. Ces façons de parler sont du style familier. On dit par opposition d’Un homme secret et qui parle peu, qu’Il n’a point de langue. On dit encore dans le même sens, qu’Un homme est maître, ou n’est pas maître de sa langue. On dit familièrement d’Une personne qui par mégarde, ou autrement, dit un autre mot que celui qu’elle voudroit ou devroit dire, quand ce mot n’en diffère que de quelques lettres, que La langue lui a fourché. On dit familièrement, qu’On a un mot sur le bout de la langue, lorsqu’en le cherchant dans sa mémoire, on croit être près de le trouver, de le dire. On dit proverbialement, Beau parler n’écorche point la langue, pour dire, qu’Il est toujours bon de parler honnêtement et civilement. On dit figurément d’Une personne qui aime à médire et à déchirer la réputation d’autrui, que C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère. On appelle figurément Coup de langue, Une médisance ou un mauvais rapport que l’on fait. Et on dit proverbialement, qu’Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. On dit figurément et familièrement, Donner du plat de la langue, pour dire, Flatter et cajoler quelqu’un dans le dessein de le tromper, en lui donnant de fausses espérances. On dit encore proverbialement, Qui langue a, à Rome va, pour dire, que Quand on sait parler, on peut aller par-tout. On dit, Prendre langue, pour dire, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’a jamais été, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi L’idiome, les mots et les façons de parler dont se sert une Nation. La Langue Grecque. La Langue Latine. La Langue Françoise, etc. Les Langues Orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde. Langue stérile, pauvre, rude, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort étendue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. Langue mère. Langue matrice. Langue primitive, originale. La Langue Italienne s’est formée de la Latine. Enrichir, polir, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien sa langue. Il parle plusieurs langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les Apôtres avoient le don des langues. Professeur en Langue Grecque, en Langue Hébraïque. Enseigner les langues. Connoître le génie d’une langue. Langue corrompue, dégénérée. On dit proverbialement, que L’usage est le tyran des langues, pour dire, qu’En matière de Langue, l’usage l’emporte sur les règles. On appelle Langue vivante, Une langue que tout un peuple parle. Et Langue morte, grammaticale, Celle qu’un peuple a parlé, mais qui n’est plus que dans les livres. La Langue Françoise, la Langue Espagnole, sont des langues vivantes. La Langue Latine, la Langue Grecque littérale, sont des langues mortes. On appelle aussi Langue mère, une langue primitive, qui ne s’est point formée par imitation ou par corruption d’une autre. On appelle Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Et Enfans de langue, Les jeunes gens que quelques Gouvernemens entretiennent dans les Échelles du Levant, pour y apprendre les Langues Orientales, et devenir capables de servir de Drogmans. On appelle la Langue Hébraïque, La Langue Sainte.

■ Langue, se prend aussi quelquefois pour Nation. Ainsi en parlant des différentes Nations de l’Ordre de Malte, on disoit, La Langue de Provence, la Langue d’Auvergne, la Langue de France, d’Arragon, etc.

■ Langue de bouc. Voyez Vipérine.

■ Langue de cerf, ou Scolopendre. s. f. Plante de la famille des capillaires. Elle naît dans les puits, les fontaines, dans les fentes des pierres, sur les rochers et à l’ombre. Cette plante est fort recommandée dans les obstructions du foie, dans celles de la rate, et dans les maladies hypocondriaques.

■ Langue de chien. s. f. ou Cynoglosse. Plante ainsi nommée, parce que ses feuilles ont la figure de la langue d’un chien. Ses fleurs sont purpurines et ressemblent à celles de la Buglose. Son fruit a quatre capsules hérissées de piquans. Elle est incrassante, rafraîchissante et adoucissante.

■ Langue de serpent. subst. fém. Plante ainsi nommée, parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Elle ne s’élève qu’à la hauteur d’une palme. Cette plante est vulnéraire et bonne contre les hernies. On appelle aussi Langue de serpent, Des dents de poissons pétrifiées. C’est un synonyme de Glossopètre. On voit que c’est fort improprement qu’on leur donne le nom de Langue de serpent. On appelle figurément Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup p. 10plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manége, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manége, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très-peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion p. 96des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui, n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne ou savante, par opposition à Langue moderne ou vulgaire. Langue littérale. Voyez Littéral. Langues sémitiques, Langues qu’on regarde comme ayant été parlées par les enfants de Sem et par leurs descendants. Ces langues sont l’hébreu et plusieurs autres sorties de la même source, telles que l’arabe, le syriaque, etc. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on suppose inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voy. Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Cette partie charnue et mobile qui est dans la bouche, et qui est le principal organe du goût et de la parole. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Grosse langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Tirer la langue par dérision. Se brûler, se mordre, s’écorcher la langue. Arracher, percer, couper la langue à quelqu’un. On l’a saigné sous la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Prov., Je lui verrais tirer la langue d’un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d’eau, se dit en parlant D’une personne dont on n’a nulle compassion. Fam., Avoir soif à avaler sa langue, Avoir une grande soif. Fam., Ennuyeux à avaler sa langue, se dit De ce qu’on ne peut voir, entendre ou lire, sans éprouver un excessif ennui. Fam., Mince comme la langue d’un chat, comme une langue de chat, se dit D’une chose mince et déliée. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens, Renoncer à deviner quelque chose. Votre énigme est trop difficile, je jette ma langue aux chiens. Jetez-vous votre langue aux chiens ? je vous dirai le mot.

■ Langue, se dit particulièrement de la langue considérée comme organe de la parole. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Avoir la langue grasse, Avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. On dit plus ordinairement aujourd’hui, dans le même sens, Parler gras, grasseyer. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Parler beaucoup et avec facilité, avoir beaucoup de babil. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., La langue lui va toujours, Cette personne babille continuellement. Fam., Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne saurait garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! quel bavard ! quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit De quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire. Fig. et fam., N’avoir point de langue, se dit D’une personne qui parle très peu, ou qui, devant parler, garde le silence. Il n’a point de langue. Vous ne dites rien, est-ce que vous n’avez pas de langue ? Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Il est trop peu maître de sa langue, pour que je lui confie mon secret. Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, Dire des choses qu’il faudrait taire, commettre des indiscrétions. Fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant D’une personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre à peu près semblable. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue, Croire qu’on est près de trouver, de dire un mot qu’on cherche dans sa mémoire. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante p. 98langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, se dit D’une personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue, Médisance ou mauvais rapport que l’on fait. Donner un coup de langue, le coup de langue. Prov., Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. Fig. et fam., Donner du plat de la langue, Faire de belles promesses qu’on n’a pas dessein d’exécuter. Faire merveilles du plat de la langue, Chercher à étonner, à étourdir par de grandes phrases, par des récits extraordinaires. Ces deux phrases sont peu usitées. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole, que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prov., Beau parler n’écorche point la langue, Il est toujours bon de parler honnêtement. Prov., Qui langue a, à Rome va, Qui sait parler, s’expliquer, peut aller partout. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Quand on arrive dans un pays où l’on n’est jamais allé, on a besoin de prendre langue. Avant que de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue, signifie aussi, L’idiome d’une nation. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Les langues sémitiques. Les langues néo-latines. Une belle langue. Une langue abondante, riche, féconde, harmonieuse, douce, sonore. Une langue stérile, pauvre, rude, dure, sifflante, barbare. Une langue énergique, forte, pompeuse. Cette langue est fort répandue. Cette langue a cours dans tout l’Orient. La langue italienne s’est formée de la langue latine. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse, d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. La pureté de la langue. Les propriétés de la langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il sait bien cette langue. Il parle bien, il écrit bien sa langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la multiplication, la diversité des langues. L’étude des langues. La confusion des langues à la tour de Babel. Les apôtres avaient le don des langues. Professeur en langue grecque, en langue hébraïque. Écrit en langue latine, en langue grecque, en langue arabe. Enseigner les langues. Langue corrompue, dégénérée. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Prov., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit D’une conversation où tout le monde parle à la fois. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle, se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère ou matrice, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue, a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens, Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue vulgaire, Langue moderne, et qui est d’un usage ordinaire. Il se dit par opposition à Langue savante, Langue qui est en usage seulement parmi les personnes instruites. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue naturelle ou maternelle, Celle du pays où l’on est né, par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à Langue étrangère. La langue sainte, La langue hébraïque. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on croit inspirés par la Divinité. Langue transpositive, Celle où les rapports des mots entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où, par conséquent, on n’est pas obligé de les placer suivant l’ordre analytique de la pensée. Le latin, le grec, sont des langues transpositives. Langue philosophique, Langue où l’on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées, où il n’y aurait ni anomalies, ni distinction du propre et du figuré, etc. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Maître de langue, Celui qui enseigne une langue vivante. Maître de langue anglaise, de langue italienne. Enfants de langue, jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans.

■ Langue, signifie quelquefois, Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts.

■ Langue, s’est dit autrefois Des différentes nations ou divisions de l’ordre de Malte. La langue de Provence, d’Auvergne, de France, d’Aragon, etc.

■ Langue, se dit, par similitude, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d’eau de tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi Des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-cerf, ou Scolopendre, Plante de la famille des Capillaires. Langue-de-chien. Voyez Cynoglosse. Langue-de-serpent, ou Ophioglosse, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Il se dit aussi Des dents de poisson pétrifiées ; et, en ce sens, il est synonyme de Glossopètre.

Organe musculaire charnu et mobile, revêtu d’une membrane muqueuse, placé dans la bouche et qui est le principal instrument de la parole et l’organe du goût. La langue d’un homme, d’un oiseau, d’un cheval, d’un poisson. La pointe le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet le frein de la langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de bœuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies. Tractions de la langue, Tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié. Avoir la langue mauvaise, Avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général. En termes de Musique instrumentale, Coup de langue. Voyez Coup. En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue. Fig., Faire tirer la langue à quelqu’un, Lui faire attendre indéfiniment une chose dont il a besoin ou qu’il désire. Fam., S’ennuyer à avaler sa langue, Éprouver un ennui excessif. Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens. Voyez Chien.

■ Langue se dit, par analogie, de Certaines choses qui ont la forme d’une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres et qui est environné d’eau sur tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s’avancent dans la mer. Il se dit aussi des Pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d’autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-serpent, Plante ainsi nommée parce qu’elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d’un serpent. Langue-de-chat, Petit gâteau mince et long.

■ Langue, considéré comme le nom de l’organe de la parole, entre dans un grand nombre d’expressions toutes faites et de locutions figurées. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s’est embarrassée et il a dû s’arrêter dès les premiers mots. Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler, parler beaucoup, et souvent avec excès. Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Avoir beaucoup de babil et aussi Parler avec esprit, subtilité, malice. Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité. Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler. Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu’un, Faire rompre le silence à quelqu’un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l’argent la lui a dénouée, la lui a déliée. Fam., Il a la langue longue, il ne sait pas tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu’il sait, il ne sait pas garder un secret. Par exclamation, Quelle langue ! Quel bavard ! Quelle bavarde ! Fig. et fam., Il a la langue dorée, c’est une langue dorée, se dit de Quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire, mais auxquels on ne peut pas toujours se fier. Être maître, n’être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire. Fam., La langue lui a fourché. Voyez Fourcher. Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue. Voyez Bout. Fig., C’est une fine langue, C’est une personne spirituelle. Fig., C’est une bonne langue, se dit ironiquement d’une Personne médisante. Fig., C’est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de vipère, se dit d’une Personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d’autrui. Fig. et fam., Coup de langue. Voyez Coup. Fig. et fam., Se mordre la langue, S’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer. J’allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue. Fig. et fam., Se mordre la langue d’avoir parlé, S’en repentir. Je n’ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m’en suis mordu la langue. Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir. Prendre langue, S’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Avant de s’engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.

■ Langue désigne aussi l’Idiome d’une nation, d’une race. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Une langue abondante, riche, harmonieuse, douce, sonore, pauvre, barbare. Cette langue est fort répandue. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d’une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, la prosodie d’une langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il parle plusieurs langues. L’origine, la formation, la propagation des langues. p. 106Les apôtres reçurent le don des langues. Professeur de langue grecque. Prov., L’usage est le tyran des langues, L’usage prévaut sur les règles de la grammaire. Fam., On ne s’entend pas, c’est la confusion des langues, se dit d’une Conversation où tout le monde parle à la fois et, par extension, d’une Discussion où l’on ne s’entend pas sur le sens des mots. Langue primitive, Celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n’ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle se dit aussi de Celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre. Langue mère, Celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue a servi à en former d’autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d’une autre. Langue morte, Celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu’un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens Langue ancienne, par opposition à Langue moderne. Langue écrite se dit, chez un peuple qui a des traditions littéraires, d’un Ensemble d’emplois syntaxiques, de tournures, d’acceptions de sens, etc., hérités des bons auteurs. Elle s’oppose à Langue parlée, qui désigne l’Usage familier, plus libre et plus variable. Langue littérale. Voyez Littéral. Langue maternelle, Celle du pays où l’on est né. Il se dit par opposition à Langue étrangère, Celle d’un autre pays. Langue nationale, Celle que parle généralement une nation. Il se dit aussi par opposition à Langue étrangère. Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on dit inspirés par la Divinité. Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d’une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle. Jeunes de langues s’est dit de Jeunes gens que les gouvernements entretenaient pour apprendre les langues orientales en vue de servir de consuls ou d’interprètes. L’École des jeunes de langues. On dit aujourd’hui École des langues orientales.

■ Langue signifie quelquefois Langage, manière de parler, abstraction faite de l’idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n’a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l’amour. La langue d’une science, d’un art, L’ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux-arts. Langue de la philosophie. La langue philosophique.

■ Langue se dit spécialement du Vocabulaire et de la syntaxe propres à tel ou tel écrivain. La langue de Rabelais. La langue de Corneille.

xive siècle.

1. Nom usuel de l’ophioglosse, petite fougère des prés et landes humides.

2. Pierre précieuse ou substance fossile dont on croyait, au Moyen Âge, qu’elles permettaient de déceler la présence de poison dans un plat, et qu’on utilisait pour faire l’essai des mets.

langue Wiktionnaire (Définition)

Nom commun

(fin Xe siècle) Du moyen français langue, issu de l’ancien français langue, lui-même du latin lingua (« langue »), issu de la forme archaïque dingua, elle-même issue du proto-italique denɣwā, issu du indo-européen commun dn̥ǵʰwéh₂s (« langue (organe), discours, langage »). Apparenté au germanique qui a donné Zunge en allemand et tongue en anglais.

1. (Anatomie) Organe musculaire charnu et mobile, situé à l’intérieur de la bouche, et permettant de percevoir le sens du goût et d’articuler certains sons. « Elle saisit le feuillage d’une façon très-singulière, faisant sortir pour cet effet une langue longue, rugueuse, très-étroite et noire, en l’entortillant autour de l’objet qu’elle convoîte. » — (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Quelques Considérations sur la Girafe, 1827) « Elles étaient là, dévotement alignées, et à genoux, baissant la tête, tenant la nappe à deux mains. Melle Lerondeau, bien qu’elle eût soixante-dix an et fût un peu bavarde, était une bonne personne. Elle avait une jolie langue de jeune fille. Les dames Leboucher qui ne se mêlaient jamais à toutes les conversations que l’on peut tenir sur les gens, montraient de leur langue tout juste ce qu’il en faut pour communier. Les autres dames avaient d’assez belles langues, des langues de femme, à la vérité, un peu pointues. Mais la langue de Mme Béchangris était rouge, épaisse, rugueuse et, malgré vous, faisait penser à un caillou. » — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, pages 58-59) « La langue, sèche et rouge, devient souvent fuligineuse, c’est-à-dire qu’elle se couvre d’un enduit couleur de suie. » — (Jules Guiard, Les Parasites inoculateurs de maladies, Flammarion, Paris, 1918, page 293) « Sa langue, d’une mobilité étonnante, courait amoureusement sur ses lèvres comme si elle se promettait de goûter à toutes les félicités d’ici-bas. » — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 12) « D’abord, tandis que le crapaud guette sa proie, il contracte les muscles rétracteurs de son système hyoglosse, en sorte qu’il ramène vers la glotte l’extrémité libre de la langue. » — (Jean Rostand, La Vie des crapauds, 1933) « « Quarante-trois jours chez les paras. Excuse-moi, j’ai encore du mal à parler : ils m’ont brûlé la langue », et il me montra sa langue tailladée. » — (Henri Alleg, La Question, 1957) « Sauf pour ces derniers arrangements, le décor était prêt. Et d’un tel faste que Toursène, pour habitué qu’il fût à ces rites, ne put s’empêcher de faire claquer sa langue à plusieurs reprises, d’approbation. » — (Joseph Kessel, Les Cavaliers, Gallimard, 1967)

2. (Cuisine) Ce même organe d'un animal cuisiné pour l'alimentation humaine. « […] ; au bout de six heures retirez la langue cuite, fendez-la par son milieu dans la longueur, et servez avec une sauce piquante. » — (Nouveau manuel complet du cuisinier et de la cuisinière, par M. Cardelli, Paris : Encyclopédie Roret, 1842, page 133)

3. (Par analogie) Chose qui a une forme longue, étroite et peu épaisse. « Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. » « Une âpre langue de terre rattache l'Égypte au monde asiatique, […] » — (Mohammed Essad Bey, Mahomet, 571-632, Payot, 1948, page 9)

4. (Linguistique) Système d’expression orale, gestuelle ou écrite utilisé par un groupe de personnes (communauté linguistique) pour communiquer. « Tandis que la langue française se formait laborieusement des débris de la langue latine […] l’Orient, ce vieux monde, berceau du nôtre, continuait de rouler dans son lointain orbite […] » — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française dans ses rapports avec les littératures étrangères au Moyen Âge, tome 1, Revue des Deux Mondes, 1833) « L’action des forces d’attraction des grandes langues est cumulative ; elle se poursuit, comme dans la chute des corps, avec une accélération constante. Plus les grandes langues prévaudront sur les petites, moins on sera tenté d’écrire ou de traduire dans ces dernières, moins on sera tenté de les apprendre avec soin et précision. » — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904) « Je me décide à leur parler allemand : pour qu’ils comprennent mieux, j’emploie mon haut allemand le plus clair, la langue officielle des théâtres de Meiningen et de Weimar, le hanovrien saccadé des auteurs juifs qui déclament les traductions de Verlaine. » — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916) « L’un était […] probablement silencieux par ordre ; l’autre, gêné de trouver Mikkelsen et Münck parlant sa langue, était d'une loquacité un peu déconcertante. » — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928) « Je ne sais si j’ai noté cette expression dans un des premiers chapitres des Actes des apôtres : « … linguam nostram in qua nati sumus. » La langue, une patrie. Très juste. » — (Julien Green, Journal 1946-1950 - Le Revenant, Plon, 1951 ; réédition Le Livre de Poche, 1975, page 263) « Les société humaines ont pour habitat leur langue. Ce ne sont pas les mers, les grottes, les cimes des montagnes ou les bois profonds qui les abritent : mais la voix qu’ils échangent entre eux et ses accents singuliers. Et tous les actes des métiers et des rites se font à l’intérieur de cette merveille sonore, invisible et sans distance, à laquelle tous obéissent. » — (Pascal Quignard, La haine de la musique, Gallimard, 1996, collection Folio, page 39) « Quoi qu’on fasse, la langue, pour l’immense majorité de ceux qui l’utilisent est un instrument véhiculaire qui favorise les rapports sociaux, les échanges mercantiles. » — (Pol Vandromme, Belgique - La descente au tombeau, 2008) « On n’écoute jamais assez la langue. Elle est pourtant très éloquente, toujours. De ce que disent ceux qui l’emploient, et de ce qu’ils veulent, et de ce qu’ils pensent, et de la famille d’esprits à laquelle ils appartiennent, elle nous apprend bien davantage, en général, qu’eux ne se soucient de nous en faire savoir, et même qu’ils n'en savent eux-mêmes, bien souvent. » — (Renaud Camus, La Grande Déculturation, Paris, Fayard, 2008) « Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée. » — (Claude Hagège) « Car, nos ancêtres l'avaient bien compris, la langue est un bien collectif légué d'une génération à l'autre. C'est un lien immatériel qui transcende les siècles et qui unit les morts, les vivants et ceux encore à naître. Il nous incombe à nous, les vivants, de préserver et de transmettre cet héritage. » — (Frédéric Lacroix, Pourquoi la loi 101 est un échec, Boréal, 2020, page 256)

5. La parole, le bagou, la tchatche. « C’était pas un mauvais compagnon, non, mais, hors du travail. Il chantait en tournant sa tête comme une poule ; il blaguait. Ah, pour l’avoir à la langue, c’était toujours trop tard ! » — (Jean Giono, Un de Baumugnes, Grasset, 1929)

6. (Par extension) Langage (pas forcément parlé). « Personne n’a mieux parlé que lui la langue des sentiments amoureux. »

7. (En particulier) Vocabulaire ou syntaxe propres à tel ou tel écrivain ou telle ou telle personne. « À chaque étage, il y avait ce que, dans la langue des propriétaires d’immeubles, on appelle un jour de souffrance, c’est-à-dire une étroite ouverture garnie d’un vitrage et recevant un peu de lumière par la cour de la maison. » — (Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, partie 1, chapitre 3.) « C’est un garçon fort agréable que Bernard. Soigné, rasé de près, le teint clair, il s’exprime dans une langue choisie et ne fait usage de l’argot qu’en d’exceptionnelles circonstances. » — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)

8. (Canada) (Ichtyologie) Synonyme de plie cynoglosse (poisson).

9. (Glaciologie) Bande de glace descendant d’un glacier. « Actuellement, les glaciers reculent de plusieurs mètres par année, mais certains glaciers, comme les « langues », peuvent perdre plusieurs dizaines de mètres par an. [...] » — (Vincent Charpentie, Le piège de cristal : l'archéologie révélée par la fonte des glaciers, Carbone 14, France culture 9 octobre 2021)

10. (Cartographie, Toponymie) Langue dans laquelle est réputée rédigée une carte, normalement mise en évidence par le titre et la légende.

11. (Miroiterie) Longue fêlure sur une vitre ou un miroir, une fêlure courte se nomme une ammorce.

Holonymes

pièce buccale

Dérivés

Organe anatomique et, par extension, maniement de la parole abaisse-langue appel de la langue attache-langue avaler sa langue avoir avalé sa langue avoir de la langue avoir la langue bien affilée (avoir beaucoup de babil et aussi parler avec esprit, subtilité, malice) avoir la langue bien pendue avoir la langue fourchue avoir la langue longue avoir la langue mauvaise (avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général) avoir le diable au bout de la langue avoir un bœuf sur la langue (garder ou ne pas divulguer une confidence, un secret) avoir un cheveu sur la langue bonne langue (personne médisante) coup de langue délier la langue dénouer la langue dictionnaire de langue donner de la langue (appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement) donner sa langue au chat faire tirer la langue grande langue gratte-langue jeter sa langue aux chiens jeu de langue languard langue bleue langue de pute langue de vipère langue dorée (quelqu’un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire, mais auxquels on ne peut pas toujours se fier) languetouse, languetouze langueyage langueyer langueyeur languier ma langue a fourché, ma fourche a langué mauvaise langue méchante langue muscle longitudinal inférieur de la langue muscle longitudinal supérieur de la langue n’avoir pas sa langue dans sa poche ne pas avoir sa langue dans sa poche prendre langue (s’informer de ce qui se passe, de l’état d’une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l’on doit traiter ; initier les pourparlers) prendre pied et langue s’ennuyer à avaler sa langue (éprouver un ennui excessif) se mordre la langue (s’arrêter au moment de dire ce qu’on ne doit pas ou ce qu’on ne veut pas exprimer ; se repentir d’en avoir trop dit) soupe de langue sur le bout de la langue surlangue tenir sa langue (garder un secret) tirer la langue tourner sa langue sept fois dans sa bouche tractions de la langue (tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié) trou borgne de la langue Sens figuré évoquant le précédent par la forme langue d’oiseau langue de belle-mère langue de bœuf, langue-de-bœuf langue de carpe langue-de-carpette langue-de-cerf, langue de cerf langue-de-chat langue-de-chien langue de terre langue-de-vache langue géographique langueter languette languier renoncule langue Moyen d'expression humain ancilangue barrière de la langue communauté linguistique confusion des langues coup de langue eurolangue famille de langues fine langue (personne spirituelle) jeu de langue jeunes de langues (s’est dit de jeunes gens que les gouvernements entretenaient pour apprendre les langues orientales en vue de servir de consuls ou d’interprètes) langage langagier langue à classes langue agglutinante langue analytique langue ancienne (par opposition à langue moderne) langue artificielle langue bleue langue cible (celle dans laquelle on doit traduire un texte écrit dans la langue source) langue commune langue construite langue d’Andersen langue d’Eminescu langue d’étude langue d’Hemingway langue d’Homère langue d’Ismaël langue d’oc langue d’oïl langue de Beowulf langue de bois langue de buis langue de Camoes langue de Cervantes langue de Chevtchenko langue de Cicéron langue de Confucius langue de Dante langue de Faulkner langue de Goethe langue de Hugo langue de Jésus langue de l’amour langue de la diplomatie langue de la passion langue de Lao Tseu langue de Lulle langue de Mickiewicz langue de Miron langue de Mishima langue de Mistral langue de Moïse langue de Molière langue de Pouchkine langue de Schiller langue de Schleyer langue de Shakespeare langue de si langue de Voltaire langue de Vondel langue de Wace langue dérivée (celle qui est formée d’une autre) langue des chevaux langue des oiseaux langue des pantins langue des signes → voir langue des signes langue du cœur langue du dimanche langue du pain langue écrite (se dit, chez un peuple qui a des traditions littéraires, d’un Ensemble d’emplois syntaxiques, de tournures, d’acceptions de sens, etc., hérités des bons auteurs. Elle s’oppose à langue parlée, qui désigne l’usage familier, plus libre et plus variable) langue étrangère (celle d’un autre pays) langue internationale langue isolée langue littérale langue maternelle (celle du pays où l’on est né) langue-mère (celle qui n’étant formée d’aucune autre langue connue a servi à en former d’autres) langue mixte langue moderne langue morte (celle qu’un peuple a parlée, mais qui n’existe plus que dans les livres) langue natale langue nationale (celle que parle généralement une nation) langue naturelle langue normande (Glottonyme) langue originelle (celle qu’on suppose ne s’être formée d’aucune autre) langue primitive (celle qu’on suppose que les hommes ont parlée la première) langue reconstruite langue régionale langue sacrée (toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu’on dit inspirés par la Divinité) langue savante langue sifflée langue-toit langue universelle (langue qui serait commune à tous les peuples) langue véhiculaire langue vernaculaire langue verte langue vivante (celle qu’un peuple parle actuellement) langue vulgaire langues O langues orientales linguiste linguistique macrolangue ou macro-langue métalangue novlangue outre-langue parler en langues quarante-langues (Espèce d’oiseau) registre de langue virelangue wokelangue → voir Catégorie:Synonymes de langues en français

Proverbes et phrases toutes faites

c’est une langue de la Pentecôte (c’est une langue qui n’épargne personne) il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler l’usage est le tyran des langues (l’usage prévaut sur les règles de la grammaire) langue de chien vaut le médecin langue de chien vaut médecin

Vocabulaire apparenté par le sens

langue figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : langue (anatomie), langue (linguistique), corps humain, anatomie humaine, phonétique, chat, linguistique, discrimination, étymologie, boucherie, sommeil, charcuterie, bouche, diable, sociolinguistique, traitement automatique du langage, communication, goût. platuë (Argot) Système d’expression lingua franca glossonyme, glottonyme

Hyperonymes

Système d’expression système idiome → voir Catégorie:Langues en français

Méronymes

Système d’expression parler dialecte

langue Larousse (Synonymes)

nom féminin

1. Système de signes vocaux. Synonyme : dialecte, idiome, langage, parler.

2. Parler d'un groupe social. Synonyme : argot, jargon, langage, lexique, terminologie, vocabulaire.

3. Littéraire. Style propre à un artiste. Synonyme : manière, patte, phraséologie, plume, style.

Langue Wikipédia (Encyclopédie)

Une langue est un système évolutif de signes linguistiques, vocaux, graphiques et/ou gestuels, qui permet la communication entre les individus. Selon le linguiste André Martinet, « une langue est un instrument de communication selon lequel l'expérience humaine s'analyse, différemment dans chaque communauté, en unités douées d'un contenu sémantique et d'une expression phonique, les monèmes ; cette expression s'articule à son tour en unités distinctives et successives, les phonèmes, en nombre déterminé dans chaque langue, et dont la nature et les rapports mutuels diffèrent eux aussi d'une langue à l'autre ».

Français

Il n'existe pas de critère strictement linguistique permettant de distinguer une langue d'un dialecte. Dans une perspective sociolinguistique (étude des langues dans leur rapport aux sociétés), le terme « langue » définit tout idiome remplissant deux fonctions sociales fondamentales : la « communication » (c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments, pensées, etc.) et l'« identification » (par son double aspect individuel et collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux caractéristiques de l'individu et de ses appartenances sociales). Par conséquent, les « langues » sont des objets vivants, soumis à multiples phénomènes de variations et les frontières entre les langues sont considérées comme non hermétiques, car elles relèvent d'abord des pratiques sociales.

Langage naturel et langue construite

On appelle langage naturel une langue qui s'est formée au cours du temps par la pratique de ses locuteurs, à partir d'états de langues antérieurs et/ou d'emprunts à d'autres langues. C'est le cas d'une grande majorité des langues parlées dans le monde. Au contraire, on appelle langue construite, parfois improprement langue artificielle, une langue qui résulte d'une création normative consciente d'un ou de plusieurs individus. C'est notamment le cas de l'espéranto, seule langue construite comptant un nombre significatif de locuteurs, parlée dans plus de 120 pays du monde. Parmi les autres langues construites qui ont au mieux cent fois moins de locuteurs et qui ont dépassé le stade du simple projet on peut citer son dérivé ido, le volapük qu’elle a supplanté, l'interlingua, et plus récemment le lojban, le pandunia, le toki pona, ou des projets de langues imaginaires utilisées dans les œuvres de fiction : klingon (Star Trek), na'vi (Avatar), elfiques (Seigneur des Anneaux), etc. Certaines langues ont également été créées historiquement pour permettre l'intercompréhension entre des locuteurs à l'occasion d'échanges commerciaux, comme le kiswahili, mélange de grammaire bantoue et de vocabulaire arabe, développé après la Renaissance par les marchands sur la côte est-africaine.

Langue vivante et langue morte

On appelle langue vivante une langue qui est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle (ou par une communauté suffisamment nombreuse) de façon suffisamment intensive pour permettre une évolution spontanée de la langue (grammaticale, phonétique, etc.). On appelle langue morte ou éteinte une langue qui n'est plus pratiquée oralement comme langue maternelle mais qui peut être encore utilisée dans certains domaines (tels que la religion, comme le latin ou le copte). C'est pourquoi certains préfèrent parler de langue ancienne. La connaissance des langues mortes, en permettant l'étude des textes anciens, est utile notamment à la linguistique historique ainsi qu'à l'histoire et à ses disciplines annexes. Les deux langues mortes les plus importantes de la culture occidentale sont le latin et le grec ancien. Celle des cultures indiennes ou influencées par l'Inde est le sanskrit. Il est possible de « ressusciter » et de reconstruire des langues mortes, comme le montre l'exemple de l'hébreu moderne. Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique (dialectes), le milieu social (sociolectes) et les individus (idiolectes) et, bien sûr, selon le temps (diachroniquement), ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution et contient plusieurs états. Par exemple, le système phonologique des langues évolue, ce qu'étudie la phonétique historique. Une langue vivante est définie dans une géographie linguistique internationalement reconnue et se définit par sa frontière linguistique. Si cette aire linguistique est traversée par une frontière, c'est une langue transfrontalière, par exemple le basque.

Langue parentale

On appelle langue maternelle ou langue parentale d'une personne, une langue que cette personne a apprise dans son enfance au cours de son apprentissage du langage.

Dénominations linguistiques ou politiques

Une même langue définie par la linguistique, par la sociolinguistique et par la typologie sociolinguistique des langues, dont les locuteurs se comprennent spontanément, complètement et sans avoir besoin de traducteur ni de dictionnaire, peut avoir plusieurs dénominations et s'écrire avec plusieurs alphabets pour des raisons historiques, politiques, religieuses et identitaires : c'est par exemple le cas du hindi/ourdou, du moldave/roumain ou encore du serbo-croate appelé désormais BCMS pour Bosnien-Croate-Monténégrin-Serbe.

Histoire : origine des langues

La question de l'origine des langues a été abordée dans des mythes très anciens, dont le plus connu est le récit biblique de la Tour de Babel qui présente la diversité des langues comme le résultat d'une punition divine. Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode présente l'invention du langage comme un des cadeaux que les dieux firent à Pandore. Dans ses Histoires, Hérodote rapporte l'anecdote selon laquelle le pharaon Psammétique Ier (663-609) avait voulu déterminer de façon expérimentale la langue innée — et donc la plus ancienne — en faisant élever par un berger pendant deux ans deux nourrissons sans aucune interaction verbale avec la personne qui s'en occupait. Il en a conclu que cette langue serait le phrygien. Une expérience similaire sera reprise par Jacques IV d’Écosse au début du XVIe siècle et par Frédéric le Grand au XVIIIe siècle. Dans l'Europe médiévale, l'hébreu a souvent été reconnu comme la langue originelle de l'humanité, notamment chez le théologien Juda Halevi (XIIe siècle). Par la suite, les savants juifs furent nombreux à hésiter entre l'hébreu, le grec, le latin et l'arabe. Les travaux récents en anthropologie, en archéologie, en génétique et en linguistique suggèrent l'hypothèse d'une langue originelle commune. En se basant sur des ressemblances lexicales, les linguistes avaient déjà pu établir depuis plus d'un siècle l'arbre généalogique approximatif de la grande famille de langues issues de l'indo-européen. En 2003, Russell D. Gray et Quentin Atkinson ont proposé d'appliquer à 2 449 termes provenant de 87 langues de cette famille de langues une méthode phylogénétique informatisée comme celle qu'utilise la biologie pour construire des arbres généalogiques à partir de l'ADN. Cette méthode prend comme unité de base non pas les lexèmes mais les phonèmes présents dans les différentes langues. Considérant que le nombre de phonèmes d'une langue augmente en fonction du nombre de locuteurs qui la parlent, mais diminue lorsqu'un sous-groupe émigre loin de la famille mère, ils ont ainsi pu établir que l'expansion des langues indo-européennes correspond au développement de l'agriculture à partir du plateau anatolien entre 7 800 et 9 800 ans avant notre époque. En 2011, Atkinson applique son modèle à un plus grand nombre de langues. Dans une base de 504 langues, il observe que certaines langues africaines comptent plus de 100 phonèmes, alors que le hawaïen, qui est la langue la plus éloignée du berceau africain, n'en compte que 13, contre 45 en anglais et 36 en français. Cette diminution de la diversité des phonèmes en fonction de la distance, comparable à celle qu'on observe dans les caractéristiques génétiques, impliquerait selon Atkinson que le langage humain aurait pris naissance dans le sud-ouest africain il y a entre 50 000 ans et 100 000 ans.

Nombre de langues

Il existe aujourd'hui environ 7 000 langues vivantes parlées sur la planète, sans compter leurs dialectes. Il est notoirement difficile de déterminer avec précision ce nombre de langues parlées dans le monde, en raison de la difficulté à tracer des frontières précises entre les langues, notamment à différencier les langues des dialectes. Cependant, le chiffre de 7 000 langues prend en compte ces difficultés, et fait consensus parmi les linguistes. Des estimations indiquent que la moitié des langues existantes (en prenant en compte l'estimation de 7 000 langues dans le monde) pourrait disparaître durant le XXIe siècle. L'ONU reconnaît 141 langues officielles.

Familles de langues

Quelques grandes familles de langues sont les plus importantes en nombre de locuteurs. A. Les langues flexionnelles de la famille indo-européenne sont parlées en première langue par un peu plus de 40 % de l'humanité : Asie du Sud, Europe, Amériques, Océanie. L'anglais, le français et le portugais sont souvent aussi langues officielles en Afrique subsaharienne, donc pour plus de 10 % de la population mondiale. Depuis le début du vingtième siècle, et surtout après 1945, l'anglais est devenu la principale langue de communication internationale. L'existence d'une langue commune parlée par le peuple des Indo-Européens est établie sur la base d'une comparaison entre les langues. Aucun vestige historique (monuments funéraires, œuvres d'art, artisanat, etc.) ne l'atteste par ailleurs de façon sûre. L'existence des Indo-Européens n'est pas une donnée de l'histoire, mais une hypothèse formulée à partir de la comparaison entre des milliers de mots. Par exemple, le mot mère se dit mater en latin, mothar en gothique, mathir en vieil irlandais, matar en sanskrit, etc. Le terme indo-européen a été introduit en 1816 par l'Allemand Franz Bopp pour désigner un ensemble de langues d'Europe et d'Asie dont la parenté structurale s'est révélée remarquable. Le sanskrit, le grec, le latin, le hittite, le vieil irlandais, le gothique, le vieux bulgare, le vieux prussien, etc., présentent des liens communs. B. Les langues isolantes et à tons de la famille sino-tibétaine sont parlées par plus de 20 % de la population mondiale, la plus importante étant le mandarin. C. Quelques autres groupes de langues sont parlés par environ 5 % de la population mondiale avec une parenté souvent plus difficile à établir : langues ouralo-altaïques majoritairement agglutinantes (tels le japonais, le coréen, le turc...); langues austronésiennes (dont l'indonésien-malais) ; langues dravidiennes (dont le tamoul) ; Langues chamito-sémitiques (dont l'arabe) ; langues nigéro-congolaises dont le lingala. Les autres groupes de langues repérés sont beaucoup moins importants démographiquement.

Nombre de locuteurs par langue

L'estimation du nombre de locuteurs d'une langue (en première et en seconde langue) peut donner d'importantes divergences pour certaines langues. C'est notamment le cas du français ; Ethnologue.com estime le nombre de locuteurs du français à 128 millions en 1999, dont 77 millions en première langue, alors que dans le même temps pour d'autres, la francophonie représenterait un ensemble de 600 millions de personnes vers 2050. Treize langues sont parlées par plus de cent millions de personnes en tant que langue maternelle et langue seconde. En tête, vient l'anglais (1,5 milliard), puis le mandarin (un milliard), l'espagnol (567 millions), l'arabe (568 millions), le hindi (381 millions), le français (274 millions), le russe (268 millions), le bengali (267 millions), le portugais (240 millions), le malais et l'indonésien (198 millions) l'ourdou (162 millions), l'allemand (143 millions) et le japonais (130 millions). Ces langues sont pour certaines en correspondance avec un territoire national, tandis que d'autres se retrouvent à différents endroits dans le monde du fait des migrations historiques. De très nombreuses autres langues sont parlées par un nombre réduit de personnes.

Dénominations

Les noms de chaque langue sont multiples et ne doivent pas être confondus avec ceux des peuples, eux-mêmes variables, évolutifs et multiples. D'une part, il existe des différences entre endonymes et exonymes, par exemple pour la langue appelée inuit par ses locuteurs, mais eskimo par les Amérindiens. D'autre part, il existe des langues très proches et en grande partie intercompréhensibles, mais néanmoins différentes et désignées par des noms différents, comme dans les cas du tchèque et du slovaque d'un côté, du macédonien et du bulgare de l'autre. Par ailleurs, pour une même langue totalement intercompréhensible, il peut exister des alphabets, une histoire et des noms différents, comme dans les cas du croate et du serbe, ou encore du hindi et de l'ourdou. Enfin, une même langue parfaitement compréhensible par tous ses locuteurs, usant du même alphabet et ayant la même histoire, peut néanmoins changer de nom selon les pays où elle est parlée, comme c'est le cas pour le moldave-roumain. C'est pourquoi les linguistes préfèrent utiliser des dénominations scientifiques marquées par le suffixe phone, comme lorsque l'on parle d’anglophones ou de francophones nonobstant leurs nationalité, origine ou histoire.

Disparition des langues

Il est généralement estimé qu'environ 50 % des langues encore parlées aujourd'hui - dont plus de la moitié proviennent de Papouasie Nouvelle Guinée, Indonésie, Nigeria, Zaïre, Inde, Chine et Mexique - auront disparu d'ici 2100 . Dans certaines régions où les langues sont diverses mais les locuteurs de chacune peu nombreux, cela pourrait être de l'ordre de 90 % (comme en Australie et en Amérique). Début 2008, l'ONG Survival International estimait qu'une langue indigène disparaît « toutes les deux semaines ». Cette estimation est confirmée par un rapport de l'UNESCO qui classe 2 464 langues comme « menacées » de disparition : en moyenne, une langue disparaissant tous les quinze jours. Colette Grinevald estime qu'en 2100 les langues majoritaires seront :

- l'anglais, comme langue pour le commerce et les échanges scientifiques notamment ; - l'espagnol, en Amérique Latine (et dans le Sud des États-Unis) ; - l'arabe, dans le monde arabe ; - le mandarin et le hindi, en Asie ; - le swahili et le wolof, en Afrique.

Le français est utilisé comme langue de la diplomatie internationale, des « pays non alignés », des organisations internationales, des Jeux olympiques. La francophonie devrait donc bien se porter, notamment à travers son développement au sein de la communauté des pays francophones, son expansion en Afrique et au Maghreb et le concours du dynamisme linguistique des francophones canadiens, belges et suisses. Ainsi, selon le démographe et sociologue Richard Marcoux, le français pourrait en 2050 compter 600 millions de locuteurs. Une langue est considérée comme menacée si elle risque de ne plus avoir de locuteurs d'ici la fin du XXIe siècle. Une langue qui paraît solide, car utilisée par plusieurs millions de personnes, peut être en danger. C'est notamment le cas des langues quechua en Amérique du Sud, car très peu de jeunes les apprennent. Depuis que la majorité de l'humanité vit dans des milieux urbains, cette disparition s'accélère. Une des causes est l'exode rural, qui conduit à l'absence de transmission des traditions et des langues associées. Souvent, la pression sociale fait que les locuteurs de langues minoritaires (comme les Amérindiens mais aussi de nombre de langues dites régionales, comme en France avec les Bretons durant les années 1950 ou la langue corse, déclarée « en danger » par l'Unesco en 2009) considèrent que parler une langue traditionnelle est un handicap pour l'intégration dans la société et pour trouver du travail. La pression exercée par certains États, qui considèrent que la langue est un des ciments de la société, est également un facteur de disparition de la diversité linguistique. La disparition de ces langues entraîne avec elle la disparition de pans entiers de la culture traditionnelle de certains groupes. La disparition d'une langue traditionnelle et le mauvais apprentissage de la langue dominante occasionnent un malaise chez certaines personnes, par manque d'intégration, celles-ci ne pouvant se reconnaître dans aucune culture. Internet joue un rôle ambivalent. C’est d'un côté un accélérateur de la disparition des langues, par l'uniformisation des moyens de communications, mais c’est aussi un moyen de préserver ces langues, par l'établissement de communautés parlant des langues traditionnelles. L'ONG Terralingua estime que 20 % des langues se sont éteintes entre 1970 et 2005 et prévoit que seuls 10 % des idiomes aujourd'hui menacés passeront le cap du XXIIe siècle.

Création de langues

Certaines langues disparaissent, mais il arrive aussi que des langues soient créées. En général, cela se produit suivant trois axes :

- des personnes de langues différentes sont en contact (cas des créoles) ; - un peuple, par souci d'identité nationale, crée sa langue (swahili, indonésien, hébreu moderne, norvégien, katharévousa) ; - pour faciliter la communication internationale (espéranto, interlingua, pandunia…).

Il existe également un cas plus marginal, avec ce que l'on appelle les langues imaginaires ou de fiction (schtroumpf, novlangue, kobaien, quenya, sindarin ou encore klingon, Na'vi). Cette dernière catégorie tient plus du plaisir ludique et littéraire que de la véritable fonctionnalité linguistique (bien que les langues créées dans cette catégorie puissent être fonctionnelles). Certaines langues construites sont devenues langue d'État, par exemple le chinois mandarin qui fut créé en 1956 par le gouvernement communiste chinois afin de créer une langue commune pour la Chine.

Transmission de l'information

Les langues se valent-elles dans leur capacité à former des pensées, à communiquer des informations ou à fédérer les hommes dans leurs actions ? Une étude menée en 2012 par des chercheurs du laboratoire Dynamique du langage, à l'Institut des sciences de l'homme, a mesuré la densité d'information transmise par syllabe dans sept langues (japonais, espagnol, italien, français, allemand, anglais et mandarin). Les auteurs observent que le débit d'information varie entre les langues (par exemple, le débit d'un hispanophone est supérieur de 26 % à celui d'un anglophone). Cependant, un autre facteur est à prendre en compte : la quantité d'information transmise par chaque syllabe. La densité d'information transmise par syllabe est inversement proportionnelle au débit. Par conséquent, les chercheurs concluent qu'en moyenne, les sept langues transmettent l'information à vitesse égale.

Comparaison entre les langues

Le Département d'État des États-Unis classe les principales langues du monde en quatre groupes, selon le nombre de semaines que nécessite en moyenne leur apprentissage par un locuteur anglophone :

- 24-30 semaines : danois, espagnol, français, italien, néerlandais, norvégien, portugais, roumain, suédois ; - 36 semaines : allemand, créole haïtien, indonésien, malais, swahili ; - 44 semaines : albanais, amharique, arménien, azéri, bengali, bulgare, birman, dari, estonien, finnois, géorgien, grec, hébreu, hindi, hongrois, islandais, kazakh, khmer, kurde, kirghize, laotien, letton, lituanien, macédonien, mongol, népalais, persan, polonais, russe, serbo-croate, singhalais, slovaque, slovène, somali, tagalog, tadjik, tamoul, tchèque, télougou, thaï, tibétain, turc, turkmène, ukrainien, ourdou, ouzbek, vietnamien ; - 88 semaines : arabe, cantonais, japonais, coréen, mandarin.

Esthétique des langues

Certaines langues du monde sont souvent préférées et considérées plus « belles » que d’autres. L'allemand, par exemple, est souvent perçu comme étant une langue abrupte et désagréable, tandis que le français est, quant à lui, considéré comme sophistiqué et mélodieux. Il existe trois dimensions d’évaluation esthétique d’une langue : 1. La structure : la dimension de la structure représente entre autres le caractère plus ou moins logique de la langue. 2. La sonorité : la sonorité touche aux caractéristiques sonores d’une langue telles que sa fluidité ou sa mélodie à l’oral. 3. La valeur : la dimension de la valeur est quant à elle reliée à des facteurs socio-culturels, ainsi qu’à la sonorité et à la structure. Les préférences individuelles basées sur des aspects tels que la beauté ou la plaisance d'une langue relèvent de la valeur qu’un individu attribue à une langue. L’origine de telles préférences esthétiques fait débat entre les linguistes et deux hypothèses à caractères opposés ont été suggérées.

Hypothèse de la valeur inhérente

La première, axée sur les aspects sonores du langage, est appelée hypothèse de la valeur inhérente (en anglais, inherent value hypothesis). Elle prétend que certaines langues, variétés, dialectes ou encore accents sont intrinsèquement plus attrayants que d’autres. Elle affirme que l’être humain peut être biologiquement attiré par certains sons ou manières de parler propres à une langue. Dire qu’une langue est plus belle qu’une autre insinue une notion de prestige et de supériorité. Par exemple, les locuteurs d’une langue dite moins belle peuvent se sentir gênés de parler librement dans leur langue. La beauté perçue d’une langue peut aussi avoir des conséquences sociales importantes. Ainsi certains locuteurs d’une langue auront plus de chance ou non dans la vie professionnelle (par exemple entretiens d’embauche) ou seront plus pris au sérieux dans certains contextes institutionnels (audience au tribunal, accès à des soins dans les hôpitaux, recherche de logement).

Hypothèse de la norme imposée

La deuxième hypothèse, centrée sur des aspects socio-culturels, est appelée hypothèse de la norme imposée (en anglais, imposed-norm hypothesis). Contrairement à la première, celle-ci défend que la préférence pour une langue, variété, dialecte ou accent dépend des connotations sociales qui leur sont attachées, telles que le statut social ou le prestige de ses locuteurs.

Validation des hypothèses

Diverses études ont été menées afin de prouver ou de réfuter ces hypothèses. Dans une étude de 2016, il est mentionné que la langue suédoise serait plus belle que le danois. Pour confirmer ou contester cette idée, des locuteurs allemands et chinois n’ayant aucune connaissance des deux langues scandinaves devaient les juger. Même sans idée préconçue sur la langue et la culture, le suédois est préféré par les participants allemands et chinois. Cette étude argumente ainsi en faveur de l'hypothèse de la valeur inhérente. Plusieurs autres études semblent soutenir la validité de l'hypothèse de la norme imposée. Les résultats d’une recherche de 2015 sur les dialectes suisse allemands bernois et thurgovien suggèrent que les anglophones et les francophones qui ne sont pas familiers avec les différents dialectes et connotations sociales qui leur sont attachées ne préfèrent pas un dialecte à l’autre. Cependant, les Zurichois ont montré une préférence nettement plus grande pour le dialecte bernois. L’étude a démontré ainsi que le jugement esthétique dépend uniquement de facteurs extralinguistiques qui se basent sur des connotations et stéréotypes sociaux déjà ancrés dans la société. De façon générale, les linguistes penchent en faveur de l'hypothèse de la norme imposée. En d’autres termes, il n’existe pas réellement de langues plus belles que d’autres, mais l’individu est faussé dans son jugement par les connotations sociales auxquelles les langues sont rattachées. Néanmoins, quelques études démontrent la pertinence de l'hypothèse de la valeur inhérente, selon laquelle les individus seraient plus attirés par certains sons. La difficulté à prouver ou à réfuter ces hypothèses provient du manque d'études « neutres », c’est-à-dire, des études où les participants ne sont en aucun cas capables d’identifier la langue en question. Dans ce cas-là, l’individu serait dépourvu de toute connotation sociale liée à cette langue, et pourrait ainsi avoir un avis plus objectif fondé uniquement sur la sonorité.

Enjeux géopolitiques, stratégiques, économiques

Différentes organisations internationales existantes peuvent être reliées au fait que leurs membres ont une même langue en commun ; ce sont ainsi le Commonwealth, l'Organisation des États ibéro-américains (OEI), la Ligue des États arabes, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Ces membres de ces organisations peuvent partager également d'autres caractéristiques communes, mais aussi avoir des enjeux internationaux tels qu'économiques, stratégiques ou politiques.

Droit

Les langues peuvent avoir différents statuts dans les organisations internationales, particulièrement, la langue officielle et la langue de travail.

Langues et informatique

Sur la Toile, la langue est gérée dans les langages de balisage qui manipulent du texte en langage naturel dans des documents. Il existe de nombreux besoins, de nombreuses dispositions juridiques, de nombreuses pratiques qui demandent de gérer la langue d'une certaine manière :

- les dispositions de politique linguistique (en France, la loi sur l'usage de la langue française par exemple) ; - la politique linguistique de l'Union européenne, pour la diffusion des directives européennes et des règlements ; - l'optimisation pour les moteurs de recherche ; - les bonnes pratiques qualité ; - les conseils pour l'internationalisation.

Il existe deux usages de la langue dans les langages HTML et XML : la langue Étranger et la langue de traitement.

L'arrivée des nouvelles technologies comme l'informatique, Internet et les téléphones cellulaires avec messages textos ont mené à la création d'une nouvelle façon d'écrire les langues, comme le langage SMS ou l'alphabet de tchat arabe. Toutes les langues ne sont pas égales sur internet : certaines bénéficient d'une présence beaucoup plus importantes (comme l'anglais) tandis que d'autres, bien qu'ayant de nombreux locuteurs, sont quasiment absentes du net. Sur les plus de 6 000 langues dans le monde, environ 280 sont présentes sur Wikipédia et seulement 500 ont une présence numérique.