Voyez Laïque.
Voyez Laïque.
Voyez Laïque.
Autre forme de Laïque, qu’on rencontre surtout lorsque ce mot est employé substantivement.
Adjectif
Du latin laicus (« commun, ordinaire ») qui donne aussi lai. Les sens 3 et 4 sont apparus au XIXe siècle. → voir laïcité
1. (Religion) Qualifie le caractère des personnes ou des choses ne faisant pas partie d’une institution religieuse. « Une personne laïque. » « Il est de condition laïque. »
2. Séculier, du monde profane. « Le père Alta était en costume laïc et de voyage. » — (Joséphin Péladan, Le Vice suprème,1884)
3. (Politique) Qui est conforme au principe de séparation de la religion et de l’État. « Sans compter que, dans le pays où la chose s’est passée, il y a deux écoles de garçons : une laïque et une congréganiste. » — (Émile-Ambroise Thirion, La Politique au village, page 225, Fischbacher, 1896) « Ils avancent qu’en France on a très violemment critiqué le catholicisme, en particulier au XIXe et au début du XXe siècle, et que ce combat n’était pas de la « christianophobie », mais simplement une volonté de défendre un État laïc, au nom de l’universalisme républicain. » — (Michel Prum, Race et corps dans l’aire anglophone, L’Harmattan, 2008, page 15)
4. Areligieux. « Les funérailles religieuses du maréchal de Mac-Mahon ont eu le caractère d’une imposante et solennelle manifestation. Elles offraient un consolant contraste avec les apothéoses purement laïques dont Paris a été déshonoré, durant ces dernières années. » — (A. de Montbrillant, Le Maréchal de Mac Mahon, Paris : éditions Saint-Raphaël/Neuville-sous-Montreuil : imprimerie Notre-Dame des Prés, 1894) « Le propre de la culture antique est sa tournure foncièrement laïque. » — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1925, édition de 1966)
Variantes
laïque - utilisé tant au féminin qu'au masculin.
Synonymes
séculaire, séculier
Antonymes
religieux spirituel
Dérivés
laïcard laïcat laïciser laïcisme laïcité laïque laïquement
Nom commun
1. Profane. « Pour un religieux, et même pour un simple laïc, s’il est fervent, écrire signifie d’abord servir. » — (François Mauriac, Galigaï, 1952) « Nous ne savons à peu près rien de la volonté expresse de Dieu (je parle pour nous autres laïcs), sinon qu’il veut que nous soyons saints. » — (Julien Green, Journal, 1955)
2. Partisan du principe de séparation de la religion et de l’État. « La morale sociale que les grands laïcs du XIXe siècle ont ébauchée, et qu’on enseigne dans les écoles de la République, n’est qu’une extension molle de la métaphysique religieuse des Juifs. » — (Jean-Richard Bloch, Destin du siècle, 1931)
3. Monde profane. « La France n’est pas seulement la fille aînée de l’Église (…) elle a aussi dans le laïque une sorte de vocation parallèle singulière. » — (Charles Péguy, Argent, 1913)
Variantes
laïque
Synonymes
(Désuet) lai
Antonymes
clerc
Dérivés
laïcosphère
Un laïc est celui qui ne relève pas du clergé religieux ni d'un des ordres monastiques dans la société chrétienne. Il fait partie du laïcat. Dans l'Église catholique, on désigne comme « laïcs » les personnes qui, tout en appartenant à la communauté des fidèles, n'ont pas la responsabilité du sacerdoce ministériel comme le « clergé ».
Cette complémentarité des catégories laïcs/clergé s'est finalement transformée, avec la loi de séparation des Églises et de l'État survenue en France le 9 décembre 1905, en opposition entre les deux : l'État « laïc » n'autorise plus aucune influence du « clergé » sur ses institutions, et tout particulièrement sur l'école publique.
L'adjectif laïque qualifie dès lors ce qui n'appartient pas à la sphère religieuse.
Étymologie
Le terme laïc vient du latin laicus qui signifie « commun, ordinaire, qui est du peuple » lui-même issu du grec laikos signifiant « du peuple » et « non clerc », par opposition à klerikos, « clerc ». Au XIe siècle, il donne le mot « lai » (au sens d'illettré) et s'oppose à clericus (du clergé, au sens de « savant »). Le c final muet de laïc a disparu dès l'origine (contrairement à « clerc »). On retrouve la forme « lai » dans « frère lai ». Pendant longtemps, l'Académie française utilise le terme « lay », puis « lai » et « laye », puis « laie » au féminin. En 1740, l'Académie utilise l'expression « les clercs et les lais ».
Sens moderne
L'adjectif laïque qualifie une règle de vie, ou une partie de la société, qui n'est pas sous la domination ou l'influence d'un clergé, ou de quelque théologien que ce soit. On parlera d'enseignement laïc, de société laïque, etc.
L'adjectif laïque peut désigner en particulier un partisan ou un militant de la laïcité, c'est-à-dire de l'indépendance de la société civile à l'égard des institutions religieuses et du domaine religieux de façon générale. Le terme laïciste peut également être employé dans ce sens.
Le terme laïc/laïque tend aussi à être utilisé comme synonyme d'irréligieux, ou d'indifférence religieuse.
Laïc ou laïque
L'adjectif peut s'écrire « laïque » au masculin comme au féminin. La forme « laïc » est réservée au seul nom masculin. On dira donc, sans connotation idéologique particulière, « enseignement laïque » et « école laïque ».
Le Petit Robert offre plusieurs exemples de cet emploi :
- un tribunal laïque, l'enseignement laïque ; - « Nous sommes des missionnaires laïques. » Voltaire ; - « un saint laïque » Louis Pasteur à propos d'Émile Littré.
Le Trésor de la langue française informatisé admet indifféremment les formes « laïc » ou « laïque » pour l'adjectif au masculin.
Le Dictionnaire historique de l'orthographe française donne la forme « laïque » pour l'adjectif dès 1549.
Un usage ancien voulait que « laïc » désigne plus précisément les croyants n'ayant pas reçu d'ordination sacerdotale, tandis que « laïque » s'appliquerait à tous ceux, tant croyants qu'incroyants, qui respectent et défendent la laïcité.
Histoire
L'origine et l'histoire de la notion de laïc ont été retracées en détail par les travaux d'Alexandre Faivre (Les premiers laïcs. Lorsque l'Église naissait au monde).
Rôle des laïcs dans l'Église catholique
Pendant longtemps, les laïcs étaient définis par la négative, comme « ceux qui ne sont pas clercs ». Le cardinal Lustiger parle d'une division du travail qui a longtemps prévalu, selon laquelle les prêtres s'occupaient des affaires spirituelles tandis que revenait aux laïcs la charge des affaires temporelles.
Le concile Vatican II rappelle que les laïcs ont une pleine part dans la Grande Mission et qu'il leur revient de sanctifier du monde de par le sacerdoce commun. Ainsi, le concile accorde aux laïcs une responsabilité importante dans l'annonce de la Parole de Dieu et l'évangélisation. Le décret sur l'apostolat des laïcs Apostolicam Actuositatem (1965) définit précisément leur rôle dans l'Église.
Pour Jean-Paul Montminy, dans un contexte de perte de confiance à l'égard des institutions et de sécularisation, il ne sera possible de croire ensemble que dans la mesure où l'institution ecclésiale permettra l'inclusion effective des laïcs.
Dans la continuation du concile Vatican II, Jean-Paul II donne un rôle important aux laïcs dans ce qu'il a appelé la nouvelle évangélisation. Dans son exhortation apostolique Christifideles laici (1988), il montre combien l'action des laïcs est importante pour répondre au besoin religieux dans un monde sécularisé.
Le pape François affirme quant à lui que « les laïcs sont des protagonistes de l’Église et du monde » et appelle le clergé à « servir les laïcs et non à se servir d'eux ». Ses propos étaient motivés par une volonté de rappeler le rôle propre des laïcs, qui ne doit pas être diminué par un « cléricalisme » qui créerait une « élite de prêtres ».
Avec les évêques et les prêtres, les diacres font partie du clergé. En effet, le diacre, en recevant le sacrement de l’ordre, quitte le statut de laïc pour celui de clerc. Les diacres ne sont donc pas des laïcs.