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figue

D'après les sources cochées · ·

figue Larousse (Définition)

nom féminin

(ancien provençal figa, du latin ficus)

1. Fruit du figuier résultant du développement d'un réceptacle charnu (sycone) et consommé frais ou séché.

2. Nom donné à de nombreux autres fruits : figue de Barbarie, fruit de l'opuntia ; figue caque, fruit de Diospyros kaki ; figue d'enfer, grand pignon d'Inde, fruit de Jatropha curcas ; figue des Hottentots, fruit de Carpobrotus.

3. À la Réunion, banane.

figue Le Robert (Définition)

nom féminin

1. Fruit charnu et comestible du figuier, vert ou violacé. Figues fraîches, séchées.

2. Figue de Barbarie : fruit comestible de l'oponce. Zoologie Figue de mer : ascidie comestible de la Méditerranée.

3. Mi-figue, mi-raisin locution adjective invariable : qui exprime un mélange de satisfaction et de mécontentement. ➙ mitigé. Un air mi-figue, mi-raisin.

figue Littré (Définition)

(fi-gh') s. f.

1. Le fruit du figuier. La figue est un fruit à pulpe molle, délicate et sucrée. Figues blanches. Figues violettes. Figues grasses, grosses figues, brunes et visqueuses. « On dit qu'après avoir tenu ce discours, il [Caton l'ancien] jeta au milieu du sénat des figues d'Afrique qu'il avait dans le pan de sa robe ; et que, comme les sénateurs en admiraient la beauté et la grosseur, il leur dit : Sachez qu'il n'y a que trois jours que ces fruits ont été cueillis, telle est la distance qui nous sépare de l'ennemi », Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 524, dans POUGENS. « Les figues sont l'aliment le plus commun en Grèce, en Morée et dans les îles de l'Archipel, comme les châtaignes dans quelques provinces de France et d'Italie », Buffon, Suppl. à l'Hist. nat. Œuv. t. XI, p. 129, dans POUGENS. Fig. et familièrement. « Moitié figue et moitié raisin, moitié de gré, moitié de force ; bien et mal ; partie sérieusement, partie en plaisantant Il entra dans mes raisons, il courut chez Ninon, et, moitié figue et moitié raisin, moitié par adresse, moitié par force, il retira les lettres de cette pauvre diablesse ; je les ai fait brûler », Sévigné, à Mme de Grignan, 22 avi. 1671. « Moitié figue, moitié raisin, avec la fraude en croupe, elle [Mme de Chevreuse] arracha le tabouret pour la princesse de Guémenée », Saint-Simon, 58, 217. « Je l'embrassai avec un transport mêlé de tendresse et d'intérêt, moitié figue, moitié raisin », Lesage, Estev. Gonz. 29. « Les Vénitiens faisaient autrefois le commerce de raisin de Corinthe qui était rare et cher ; ceux du pays où ils le prenaient, voulant gagner davantage, s'avisèrent de mêler des figues parmi le raisin de Corinthe ; cette fraude donna lieu au proverbe qui veut dire moitié bon, moitié mauvais », Gaignières, dans LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 73. Faire la figue, mépriser, braver, se moquer. « Faisaient par leur savoir… La figue sur le nez au pédant d'Alexandre [Aristote] », Régnier, Sat. x. « La fraude fit alors la figue au premier âge », Régnier, Sat. VI. « Plusieurs se sont trouvés qui, d'écharpe changeant, Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue », La Fontaine, Fabl. II, 5. Cette locution vient de la vengeance prise par Frédéric Barberousse des Milanais, qui avaient promené ignominieusement sa femme sur une mule ; une figue fut mise dans les parties de la mule, et chaque captif fut obligé d'en retirer la figue avec les dents, ceux qui refusaient étaient mis à mort ; rappeler par moquerie cette aventure aux Milanais fut dit leur faire la figue, dont le geste était et est encore de montrer le bout du pouce entre l'index et le médius.

2. Terme de botanique. Fruit agrégé, composé d'un grand nombre de caryopses réunis dans un involucre charnu et succulent.

3. Figue de Barbarie, le fruit du cactier, ou figuier d'Inde, ou raquette, opuntia vulgaris, L. Figue-caque, un des noms vulgaires du diospyre kaki (ébénacées).

Historique

XIIe s. « Or poez, fait il, esculter Del cher seignor, cum s'humilie ; Or nus cuide peler la fie, Ed ot beau parler endormir », Benoit de Sainte-Maure, II, 9069. « Isaias le fist tut issi, puis cumandad que l'um figes li portast, si en fist un emplastre », Rois, p. 417. XIIIe s. « Cil prince nous ont fet la figue », Fables et contes anciens, t. II, p. 314. XVIe s. « Elle nous donne de quoy faire la figue à la force et à l'injustice », Montaigne, I, 83. « Faire la figue à un aveugle et dire des pouilles à un sourd », Montaigne, III, 111. « Les aubicons sont les plus avancées figues, venans vers le mois de juin et juillet, prisées tant pour leur hastiveté, que pour leur grosseur et passable bonté », De Serres, 700.

Étymologie

Provenç. figa, figua, fia ; catal. figa ; espagn. higa ; portug. figa ; du latin ficus, le même que le grec σῦϰον, figue. Peler la figue se disait proverbialement, dans le moyen âge, pour amadouer, tromper en amadouant.

figue Académie française (toutes éditions)

Éditions : ·

Sorte de fruit mol & sucré. Figue blanche. figue violette. figues d’esté, figues d’automne. les premieres figues. les secondes figues. figue seche. figue grasse. figue de Marseille. un cabas de figues. On dit prov. Moitié figue, moitié raisin, pour dire, Moitié de gré, moitié de force. Il y a donné les mains moitié figue, moitié raisin. Il se dit aussi Pour signifier simplement Ni bien, ni mal, Vous a-t-il bien receu ? Moitié figue, moitié raisin. On dit prov. Faire la figue, pour dire, Mespriser quelqu’un, le braver, le deffier, se mocquer de luy. Il fait la figue à tous ses ennemis.

Sorte de fruit mol & sucré, plein de petits grains. Figue blanche. figue violette. figues d’esté. figues d’automne. les premieres figues. les secondes figues. figue seche. figue grasse. figue de Marseille. un cabas de figues. On dit prov. Moitié figue, moitié raisin, pour dire, Moitié de gré, moitié de force. Il y a donné les mains moitié figue, moitié raisin. Il se dit aussi, Pour signifier simplement, Ni bien ni mal. Vous a-t-il bien receu ? moitié figue, moitié raisin. Il est du style familier. On dit prov. Faire la figue, pour dire, Mespriser quelqu’un, le braver, le deffier, se moquer de luy. Il fait la figue à tous ses ennemis. Il est du style familier.

Sorte de fruit mou & sucré, plein de petits grains. Figue blanche. Figue violette. Figues d’été. Figues d’automne. Les premiéres figues. Les secondes figues. Figue séche. Figue grasse. Figue de Marseille. Un cabas de figues. On dit prov. Moitié figue, moitié raisin, pour dire, Moitié de gré, moitié de force. Il y a donné les mains, moitié figue, moitié raisin. Il se dit aussi, pour signifier simplement, Partie bien, partie mal. Vous a-t-il bien reçu ? moitié figue, moitié raisin. Il est du style familier. On dit prov. Faire la figue, pour dire, Mépriser quelqu’un, le braver, le défier, se moquer de lui. Il fait la figue à tous ses ennemis. Il est du style familier.

Sorte de fruit mou & sucré, plein de petits grains. Figues blanches. Figues violettes. Figues d’été. Figues d’automne. Les premières figues. Les secondes figues. Figue sèche. Figue grasse. Figue de Marseille. Un cabas de figues. On dit proverbialement, Moitié figue, moitié raisin, pour dire, Moitié de gré, moitié de force. Il y a donné les mains, moitié figue, moitié raisin. Il se dit aussi pour signifier simplement, Partie bien, partie mal. Vous a-t-il bien reçu ? Moitié figue, moitié raisin. Il est du style familier. On dit proverbialement, Faire la figue, pour dire, Mépriser quelqu’un, le braver, le défier, se moquer de lui. Il fait la figue à tous ses ennemis. Il est du style familier.

Sorte de fruit mou et sucré, plein de petits grains. Figues blanches. Figues violettes. Figue d’été. Figues d’automne. Les premières figues. Les secondes figues. Figue sèche. Figue grasse. Figue de Marseille. Un cabas de figues. On dit proverbialem. Moitié figue, moitié raisin, pour dire, Moitié de gré, moitié de force. Il y a donné les mains, moitié figue, moitié raisin. Il se dit aussi pour signifier simplement, Partie bien, partie mal. Vous a-t-il bien reçu ? Moitié figue, moitié raisin. Il est du style familier. On dit proverbialement, Faire la figue, pour dire, Mépriser quelqu’un, le braver, le défier, se moquer de lui. Il fait la figue à tous ses ennemis. Il est du style familier.

Sorte de fruit mou et sucré, plein de petits grains. Figues blanches. Figues violettes. Figues d’été. Figues d’automne. Les premières figues. Les secondes figues. Figue sèche. Figue grasse. Figue de Marseille. Un cabas de figues. Manger des figues. Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin, Moitié de gré, moitié de force : Il y a consenti moitié figue, moitié raisin. En partie bien, en partie mal : Ils vivent ensemble moitié figue, moitié raisin. Il m’a fait un accueil moitié figue, moitié raisin. Partie sérieusement, partie en plaisantant : Il en a fait un éloge moitié figue, moitié raisin. Il lui a tourné un compliment moitié figue, moitié raisin. Prov. et fig., Faire la figue, Mépriser quelqu’un, le braver, le défier, se moquer de lui. Il fait la figue à tous ses ennemis.

Sorte de fruit mou et sucré, plein de petits grains. Figues blanches. Figues violettes. Figues d’été. Figues d’automne. Les premières figues. Les secondes figues. Figue sèche. Figue grasse. Figue de Marseille. Un cabas de figues. Manger des figues. Figue de Barbarie, Fruit du cactier ou figuier d’Inde. Prov. et fig., Moitié figue, moitié raisin, Moitié de gré, moitié de force : Il y a consenti moitié figue, moitié raisin. En partie bien, en partie mal : Ils vivent ensemble moitié figue, moitié raisin. Il m’a fait un accueil moitié figue, moitié raisin. Partie sérieusement, partie en plaisantant : Il en a fait un éloge moitié figue, moitié raisin. Il lui a tourné un compliment moitié figue, moitié raisin. Prov. et fig., Ni figue, ni raisin, Qui est indécis, incertain, qui n’appartient ni à une opinion, ni à l’autre. Prov. et fig., Faire la figue, Mépriser quelqu’un, le braver, le défier, se moquer de lui. Il fait la figue à tous ses ennemis.

Fruit du figuier à la pulpe molle et sucrée et à nombreux petits grains. Figues blanches. Figues violettes. Figues d’été. Figues d’automne. Les premières figues. Figue sèche. Figues de Smyrne. Figue de Barbarie, Fruit du cactus ou figuier d’Inde. Fig. et fam., Moitié figue, moitié raisin, Moitié de gré, moitié de force. Il y a consenti moitié figue, moitié raisin, En partie bien, en partie mal. Ils vivent ensemble moitié figue, moitié raisin. Il m’a fait un accueil moitié figue, moitié raisin, Partie sérieusement, partie en plaisantant. Il en a fait un éloge moitié figue, moitié raisin. Il lui a tourné un compliment moitié figue, moitié raisin. Fig. et fam., Ni figue, ni raisin, Qui est indécis, incertain, qui n’appartient ni à une opinion, ni à l’autre.

xiie siècle, fige. Du latin populaire *fica, altération du latin classique ficus, « figuier, figue ».

1. Sorte de fruit charnu porté par le figuier, à la pulpe molle, granuleuse, sucrée. Figues blanches. Figues violettes. Figues de Smyrne. Par analogie. Figue de Barbarie, fruit comestible de l’opuntia, qui a la forme d’une figue hérissée de piquants. ▪ Fig. et fam. Loc. adv. Vieilli. Moitié figue, moitié raisin, moitié de gré, moitié de force. Il y a consenti moitié figue, moitié raisin. Aujourd'hui. Loc. adj. Mi-figue, mi-raisin, qui a un caractère ambigu, dont on ne sait trop que penser. Il m’a fait un accueil mi-figue, mi-raisin. Un éloge, un compliment mi-figue, mi-raisin.

2. Figue de mer, nom usuel d’une ascidie comestible des régions méditerranéennes.

figue Wiktionnaire (Définition)

Nom commun

Du moyen français fige, figue, emprunt à l’ancien occitan figa, issu du latin populaire fīca « figue », dérivé du latin fīcus « figuier », emprunt au phénicien, à rapprocher de l’hébreu biblique פַּגָּה, paggâ « figue-fleur, figue précoce », du syriaque littéraire ܦܓܐ, paggāʾ et de l’arabe régional فَجّ, fajj, فِجّ, fijj. A remplacé l’ancien français fi « figue », fie « figuier », hérités du latin.

1. Faux-fruit comestible du figuier, issu de l’inflorescence contenant des akènes qui sont les fruits proprement dits, contenus dans une pulpe molle et sucrée. « Ingrédients : 9 figues de Solliès, 80 g de chèvre doux, ½ citron, Des tiges de ciboulette. » — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 25 novembre 2022, page 16) « Ce pain riche en fibres est aromatisé aux figues et aux noisettes. » — (Jennie Shapter, Le grand livre des machines à pain: Les meilleures recettes, 2007) « Examinant les conditions dans lesquelles Cléopâtre, reine d’Égypte, a mis fin à ses jours, je suis frappé par le contact de ces deux éléments : d’une part le serpent meurtrier, symbole mâle par excellence – d’autre part les figues sous lesquelles il est dissimulé, image courante de l’organe féminin. » — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 140) « Je t’offrirai mes flancs comme une table polie où paraît, unique, mieux que la figue onctueuse, le fruit au cœur entr’ouvert qui doit te nourrir et te désaltérer. » — (Marguerite Burnat-Provins, Le Livre pour toi dans la bibliothèque Wikisource , XC. « Lorsque j’aurai quitté la robe poudreuse du voyage », E. Sansot et Cie, 1907, page 185)

2. (Sens figuré) (Par analogie) Sexe des femmes, vulve. *Il me souvient de la dona Qui faisait l’amour en cadence Et dont la figue distilla Un alcool d’une violence… — (Guillaume Apollinaire, Il me souvient*)

3. (Argot) Testicule.

Dérivés

babafigue, baba figue, baba-figue faire la figue à figue de banane figue de Barbarie figue de mer figue des Hottentots figue marine figue moisie figueraie figuerie figuette figuier l’année où les figues mûriront en janvier mi-figue mi-raisin moitié figue moitié raisin ni figue ni raisin signe de la figue

Hyponymes

grassane

Proverbes et phrases toutes faites

le temps de tuer un âne à coups de figues

Vocabulaire apparenté par le sens

figue figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : figue, fruit, testicule, séchage, saucisson, main.

figue Larousse (Synonymes)

nom féminin

Figue de mer, animal marin comestible. Synonyme : violet.

Figue Wikipédia (Encyclopédie)

La figue est le fruit du figuier commun (Ficus carica) et de quelques autres arbres de la famille des moracées, emblème du bassin méditerranéen où il est cultivé depuis des millénaires. À la Reunion et aux Antilles , dans l'océan Indien, le terme figue désigne aussi une partie du bananier. Pour être plus précis, la figue n'est pas un fruit au sens botanique du terme. Il s'agit en fait d'un réceptacle charnu, le sycone, qui contient les fleurs et, à maturité, une infrutescence d'akènes éparpillés dans une pulpe comestible.

Description

La fleur et le fruit du figuier sont d'un type très particulier. Du point de vue botanique, la figue est un faux-fruit. Avant d'être un fruit, la figue est une inflorescence en forme d'urne appelée synconium ou syconium (ou parfois sycone), sorte de petit sac charnu qui enferme des centaines, parfois plusieurs milliers de minuscules fleurs unisexuées qui en tapissent l'intérieur. Ces fleurs totalement emprisonnées ne peuvent être fécondées sans intervention extérieure.

La fructification du synconium donne un sycone qui possède une petite ouverture, l'ostiole (appelé familièrement œil ou opercule), près de laquelle on trouve des fleurs mâles, mais il n'y a jamais de pollinisation autogame car la maturité des unes et des autres n'est pas synchrone (dichogamie). En fait, ces fleurs sont pollinisées par des hyménoptères spécifiques du genre Blastophaga, une guêpe liliputienne (Blastophaga psenes dans le cas du figuier sauvage européen), totalement dépendants des figuiers (mâles et femelles se développent à l'intérieur des figues) et qui pondent seulement dans certains types de fleurs femelles.

Les figuiers dits « mâles », ou figuier de bouc, portent en hiver des figues vertes à l'apparence desséchée. Ce sont ces dernières qui abritent les larves de blastophages qui donnent naissance, vers la mi-mai, à une première génération d'insectes. Les blastophages femelles s'envolent par l'ostiole, alors que les mâles épuisés meurent dans la figue. Elles sortent et vont pondre dans une deuxième génération de figues mâles.

En juillet, une nouvelle génération d'insectes voit le jour. En sortant, les femelles se frottent aux étamines des fleurs mâles disposées au niveau de l'orifice de sortie ce qui permet aux grains de pollen de se déposer sur le dos de l'insecte et ainsi d'être transportés jusqu'au figuier femelle, assurant ainsi la fécondation de leurs fleurs femelles. Elles vont aussi pondre dans les fleurs femelles des figues mâles, ce qui donnera la génération de Blastophages de printemps.

Il existe dans la nature trois types de figues qui sont visitées par les blastophages :

- Les figues à fleurs femelles brevi-stylées du figuier de bouc dans lesquelles les femelles blastophages peuvent pondre et qui donneront des galles à la place des graines, au printemps ou en été. - Les figues à fleurs femelles longi-stylées du figuier domestique qui ne permettent pas aux blastophages femelles de pondre mais qui, visitées par ces dernières et donc pollinisées, donneront des figues comestibles produisant des graines. - Les figues à fleurs mâles réduites aux étamines.

La fécondation des fleurs des figuiers femelles donnera au mois d'août et septembre les figues fruits qui peuvent être dégustées. En fait, les vrais fruits sont les innombrables petits grains qui parsèment la chair de la figue, ce que les botanistes appellent les akènes.

Fruits du figuier commun (F. carica)

700 variétés de figues sont recensées dans le monde.

Elles sont classées en 4 groupes :

- les Caprifigues (figuier "mâle" produisant des figues non comestibles), - les Smyrne ou caduques : groupe de figuiers unifères qui doivent être pollinisés (à défaut, les figues tombent avant maturité), - le groupe des San Pedro : figuiers intermédiaires bifères devant être pollinisés pour produire des figues d'automne mais pas pour produire des figues fleurs - les figuiers communs (ou parthénocarpiques ou persistants - unifères ou bifères) : groupe de figuiers ne nécessitant pas de pollinisation pour fructifier. Ce groupe comprend la plupart des figuiers d'Europe pour lesquels on distingue : les bifères qui donnent deux récoltes par an, en juillet sur les rameaux de l'année précédente et, en automne sur ceux de l'année en cours. et les unifères qui fructifient une seule fois en fin d'été,

Elles sont sous ordonnées par couleur : les figues vertes (ou blanches), les figues grises (ou rouges) et les figues noires (ou violettes).

Parmi les figues communes on peut citer :

Bifères

- Baglama : figue turque présentée en chapelet. Après leur séchage au soleil, ces fruits sont enfilés comme des perles sur un raphia.

- Brunswick, grosse figue précoce bifère rougeâtre, arbre à faible développement pouvant être cultivé en pot.

- Blanche d'Argenteuil (synonymes : Blanche, Blanche de Versailles) : bifère, supporte bien les climats froids. Fruit moyen et précoce. Peau brillante de couleur jaune orangé à verte se détachant facilement, figue allongée aplatie vers l'œil et tenant bien à l'arbre. Chair blanche, juteuse, très sucrée, parfumée et recherchée pour sa saveur . - Dalmatie (synonymes : San Pietro, Du Japon, Blanche Navello). grosse figue verte allongée bifère à chair rouge vif très appréciée en accompagnement de charcuterie, mais il ne faut pas l'utiliser en cuisson . - Goutte d'or, bifère, (synonymes : dorée, Figue d'or, goutte de miel) grosse figue précoce jaune doré, chair rose, arbre de faible développement. - Granillo : figue de petit calibre originaire d'Espagne.

- Grise de Saint-Jean ou Cotignane ou Grisette ou Coucourelle grise ou Célestine ou Cordelière, bifère, figue grise , donne de généreuses récoltes en été comme en automne. Cette figue peut être utilisée de toutes manières ; elle est très bonne séchée. - Lérida : figue turque ; très sucrée, contenant des sucres simples facilement assimilables. - Madeleine des deux saisons ou (synonymes : Angélique, Early Lemon) bifère, figue verte précoce idéale à consommer fraîche ou en confiture, mais pas pour les plats cuisinés . - Michurinska-10, bifère, une variété Bulgare parmi les plus résistantes au froid. Elle donne des figues de tailles moyennes, marronnes à violettes à maturité. - Pingo de mel (synonymes: Croisic, cordelia, gillete, St. John, Moscatel Branco, Saint John) bifère, une des 2 variétés blanches portugaises les plus communes avec Branca Tradicional, maturité août, sucrée aime le climat chaud (ne pas confondre avec goutte d'or) . - Sultane ou Bellone ou Noire de juillet, grosse figue noire bifère, abondante en automne, intéressante pour toutes préparations, y compris en fruit sec. - La Violette de Bavière ou Bayernfeige Violetta bifère, résistante au froid. Elle est cultivée en Suisse, en Allemagne et dans le nord-est de la France.

Unifères

- Bourjassotte noire, (synonymes : Violette de Solliès, Barnissote noire, Parisienne) figue violette tardive qui représente 75 % de la production française. elle a obtenu AOC et une AOP . - Dottato, (synonyme : Dalla goccia ) figue du sud de l'Italie, surtout en Calabre, se consomme principalement séchée, elle a obtenu 2 AOP. . - Marseillaise, (synonyme : Figue de Marseille, Blanche de Marseille, blanquette, Couille du pape, Figue d'Athènes) petite figue à la peau jaune-vert ayant une chair rose très sucrée de bonne qualité gustative souvent utilisé comme figue séchée. Arbre de faible développement, rustique . - Ronde de Bordeaux, petite figue noire très précoce . - Verdino, tardive (rarement bifère avec des très petites figues-fleurs), Toscane, Ombrie petit fruit très sucré, entre-nœud court, fructifère .

Classement des figues Turques selon le mode de séchage :

Baglama séchée après lavage à l'eau salée et présentée en chapelet, Lérida séchées sur une ficelle et non sur des claies .

Fruits d'autres figuiers (F. palmata, F. afghanistanica, F. carica x palmata )

- La figue afghane, figue du désert afghan fruit de F. Johannis Boiss. subsp. Johannis in Browicz, se rencontre dans le sud de l'Afghanistan, le sud-ouest du Pakistan et l'Iran . L'arbre est buissonnant avec des feuilles très découpées. On trouve en Europe un cultivar Crystal fructifère, peu sucré à texture fondante. (voir figues d'Iran (es)) .

Histoire

La figue est considérée à l'heure actuelle comme le plus ancien fruit domestiqué, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain en Palestine de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l'intervention de l'homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de 9 400 à 9 200 av. J.-C. et donc domestiquées à la même époque que le riz en Asie, mais 1 000 ans avant le blé, l'orge et les légumineuses.

Peu avant le début de la troisième guerre punique, la figue aurait également servi au sénateur Caton l'Ancien pour justifier la nécessité de détruire Carthage. En effet, si une figue de Carthage pouvait arriver encore fraîche à Rome, alors c'était un signe de la prospérité économique croissante de la ville et de sa dangereuse proximité avec la capitale.

Le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans le récit du Livre de la Genèse est assimilé à la pomme d'Adam dans la tradition chrétienne mais à la figue dans la tradition juive.

Au Ier siècle, Pline l'Ancien évoquait déjà la culture de vingt-neuf variétés de figues différentes. Il mentionnait le gavage d'oies sous l'Empire romain à l'aide de figues séchées.

En France, Louis XIV était un grand amateur de figues. La Quintinie, son jardinier, planta donc plus de sept cents figuiers de diverses variétés dans le potager du roi au Château de Versailles pour satisfaire la passion du Roi Soleil.

En Italie, les grands-ducs de Toscane appréciaient également de nombreuses variétés comme en témoigne une peinture de Bartolomeo Bimbi.

De nombreuses fêtes de la figue se déroulent dans les communes où la tradition de sa culture s'est perpétuée : fête de Solliès-Pont, au Mas-d'Azil, Journées Méditerranéennes de la Figue de Vézénobres, etc.

Culture

Le figuier n'aime pas l'ombre, il requiert un emplacement chaud et ensoleillé nécessaire au mûrissement des figues. Il résiste bien à la chaleur. Sous des climats plus froids, seules des variétés précoces peuvent être acclimatées.

Dans les pays au climat méditerranéen, la taille du figuier se limite souvent à une taille de formation, puis à une taille d'entretien minimale.

Dans les pays froids, le figuier gagne à être palissé à la diable contre un mur exposé plein sud.

Au Japon, le figuier, en production intensive, est conduit en cordon dont les branches secondaires sont rabattues chaque année après la production des figues d'automne. Cette technique, qui condamnerait la production de figues-fleurs (qui se développent sur le bois de l'année précédente), est donc appliquée principalement aux variétés unifères telles que 'Masui'.

Multiplication

Le figuier se reproduit le plus souvent par bouture ligneuse en fin d'hiver.

La greffe peut être envisagée, notamment pour limiter la production de drageons en greffant une variété drageonnante sur une variété qui a tendance à ne faire qu'une seule tige. Elle se pratique également pour régénérer de vieux arbres improductifs, ou, plus marginalement, pour produire des arbres multivariétaux.

Si la greffe du figuier sur le mûrier, de même famille, a été préconisée par l'agronome persan Ḵᵛāja Rašīd-al-Dīn Fażl-Allāh, les deux espèces paraissent incompatibles d'après une étude.

Les labels de qualité européens

- AOP (appellation d'origine protégée) de figues par ordre d'ancienneté d'obtention du label : Xera syka Kymis (Ξερά σύκα Κύμης) (Grèce,1996), figue de Kymi séchée ouverte au soleil puis refermée après séchage, peau fine . Fico Bianco del Cilento (Italie, 2006), petite figue blanche sechée, sucrée, souvent farcie . Xira Sika Taxiarchi (Ξηρά Σύκα Ταξιάρχη) (Grèce, 2009), variété de Smyrne blanche et noire produite dans le nord d'Eubée, séchée au soleil . Fichi di Cosenza (Italie, 2010), petites figue blanche du cultivar Dottato, région tempérée de Cilento, séchée avec des méthodes qui datent du XVIe siècle . Figue de Solliès (France, 2011), figue fraîche de la variété Bourjassotte noire, cultivée dans les Maures. Aydın İnciri (Turquie 2016), figues sèches du cultivar Sarılop jaune tirant sur le blanc, fine et souple, cultivée dans la province d’Aydın . Cette figue est classée dans les 5 figues les plus populaires au monde .

- IGP (Indication géographique protégée) Σύκα Βραβρώνας Μαρκοπούλου Μεσογείων (Markopoulo Mesogion Vravrona Figs) (Gréce, Attique), belle figue verte ou noire tardive du cultivar Vasilika Mavra, selon la légende elle aurait été introduite par Xerxes lui-même d'où son nom de figue royale .

Autres labels et reconnaissances

- Figue sèche de Beni Maouche, (Algérie, 2016), un label IG (Indication Géographique) a été attribué à cette figue séche issue des cultivars Taamriwt, Azenjer et Taberkent. - Black Mission Figs ou Franciscana (Californie), cultivar bifère introduit par les moines en 1768 qui produit une importante récolte de figue fleur . - Fiorone de Torre Canne (Italie, province de Brindisi : Torre Canne, Savelleri et Pozzo Faceto), cultivar bifère Petrelli, demandée uniquement pour ses figues-fleurs verte, sucrées de mai et juin .

Aspect quantitatif

Le tableau ci-dessous indique les principaux pays producteurs de figues:

Séchage

Un kilogramme de figues sèches nécessite 5 kg de figues fraîches.

Toutes les variétés peuvent être séchées mais certaines variétés sont plus adaptées au séchage car moins humides au départ : on peut citer par exemple Sarilop (Turquie), Goutte d'or, Kadota (Italie), Pingo Del Mel (Portugal), Col de Dame Blanc (es) (Espagne), Magnifica Dry (Bulgarie). Les variétés plus grosses et plus humides peuvent être coupées en deux pour faciliter le séchage. Certaines variétés comme la Grise de Saint-Jean ont tendance à sécher naturellement sur leur branche après mûrissement.

Consommation

Figue fraîche, figue sèche en ingrédient de plat cuisiné, en ingrédient de pâtisserie, en confiture et chutney.

Elle était recommandée aux athlètes pour sa valeur énergétique. « Nourriture des athlètes par excellence » dit Platon. Ce dernier raffolait des figues à tel point qu'on lui donna le nom de « φιλόσυκος / philósukos », c'est-à-dire « amateur de figues ».

Les « capons » désignent une recette niçoise de figues séchées entre des couches de feuilles de laurier (propriétés insecticides et aromatiques) qui sont présentées sous cette forme dans leur emballage.

Un proverbe dit que « pour qu'une figue soit bonne, elle doit avoir un habit de pauvre (pellicule grisâtre et fripée), un œil d'ivrogne (mouillée, avec une gouttelette perlant à l'ostiole) et un cou de dévote (retombante par rapport au pédoncule) ». On parle aussi de cou du pendu, robe de mendiant et larme de l'enfant.

Dans le sud de l'Asie mineure, la figue sèche est grillée entière ou bien farcie de graines de sésame ou d'amandes.

La figue sèche est dénommée gharbouze en Tunisie, chriha au Maroc, ifessassen en Algérie voire ilighman dans la région de Kabylie.

Dans la cuisine italienne

Fraîche, elle accompagne la charcuterie et des recettes originales de pâtes et de risotto ; elle parfume les glaces et les semifreddi ; en confiture, elle garnit la crostata (tarte à la confiture) et accompagne les fromages.

A Ancône, dans les Marches, la lonzino di fico, sentinelle Slow Food, pour le dessert ou le goûter, est un rouleau de figues sèches et de fruits à coque enveloppés dans des feuilles de figuier, lié par un fil comme la lonza, saucisson.

La Calabre est réputée pour son artisanat de la figue sèche avec :

- La treccia ou jetta, tresse de figues enfilées sur une canna (roseau) et cuites au four ; - Les corolle, colliers de figues sur un rameau de myrte, puis cuites au four ; - Les fichi imbottiti ou les crocette, farcies d'amandes ou de noix (parfois d'écorces d'agrumes), recouvertes de chocolat ou cuites au four ; - Les palloni di fichi, petites balles de figues cuites au four, recouvertes de miel de figuier et conservées dans une feuille de figuier.

Apport énergétique et composition générale

L'apport énergétique pour 100 g de figues fraîches est en moyenne de 69 kcal (soit 293 k J). Du fait de sa forte proportion en eau (environ 80 %), l'apport énergétique de cet aliment est relativement faible.

En fruit sec, la figue est bien plus énergétique (260 kcal pour 100 g).

Les acides citrique et malique sont les acides organiques conférant un goût acide à la figue. Ils représentent plus de 80 % des acides organiques totaux de ce fruit, tout au long de son développement et de sa maturation.

La composition nutritionnelle générale moyenne pour 100 g de figues fraîches est détaillée dans le tableau ci-dessous :

Minéraux, oligo-éléments et vitamines

La composition nutritionnelle moyenne en sels minéraux, en oligo-éléments et en vitamines pour 100 g de figues fraîches est détaillée dans les tableaux ci-dessous :

La figue est source de potassium et de vitamine B9.

Propriétés thérapeutiques

En médecine chinoise, son principe actif, la ficine, est utilisé pour éliminer les toxines et traiter les furoncles. En herboristerie, elle est utilisée en préparation pour soigner les rhumes et dégager les voies respiratoires.

Symbolique

Dans le livre de la Genèse, le premier usage du figuier fut un cache-sexe. D'ores et déjà, le rapport entre le figuier et la fécondité ou la continence sexuelle était établi. Par ailleurs, la figue passait parfois pour être l'image d'une vulve du sexe féminin ou du scrotum du sexe masculin, si bien que le fruit était un symbole sexuel par excellence. Dans la fête des Nones Caprotines à Rome, les jeunes femmes se servent d'une branche de figuier. Aristophane dans Lysistrata rapporte que les jeunes filles appelées canéphores portaient un collier de figues sèches.

Linguistique

Le mot français figue est emprunté à l'occitan figa pour des raisons de provenance géographique et du manque de « corps » de l'ancien français fie issu, comme lui, d'un latin tardif *fica pour ficus « figue, figuier » en latin classique.

La figue est aussi l'objet de nombreux jeux de mots et lapsus entre Français, Italiens et Corses : en effet, en italien, les mots fica et figa désignent vulgairement le sexe féminin, alors que le figuier et son fruit sont nommés fico, masculin pour l'arbre et pour le fruit et issu directement du latin classique. Le geste dit de la « figue », consistant à placer le pouce entre l’index et le majeur repliés, est particulièrement offensant dans de nombreux pays du monde. Au Portugal et au Brésil, une amulette représentant une figa est en revanche un porte-bonheur. Elle est couramment utilisée — notamment en collier — et censée protéger les nourrissons contre le « mauvais sort ».

En latin, le foie (jecur) d'oie engraissé aux figues se nommait ficatum ; ce nom est à l'origine des mots foie en français, fegato en italien, higado en espagnol, et des mots de même sens dans les autres langues romanes.

En corse, a fica est le figuier, le fruit étant u ficu (u fecatu étant le foie).

Un ficu est également un détail anatomique, à savoir la pomme d'Adam.