nom masculin
(latin populaire caballus, rosse)
1. Mammifère herbivore de grande taille, à un seul doigt par membre, coureur rapide des steppes et prairies, dont la domestication a joué un grand rôle dans l'essor des civilisations asiatiques et européennes. Synonymes : bidet - bourrin (populaire) - canasson (populaire) - coursier - destrier (littéraire) - haridelle (vieux) - palefroi (littéraire) - rosse
2. Équitation : Faire du cheval.
3. Viande de cheval.
4. Personne active, tenace à l'ouvrage, robuste.
5. Populaire. Héroïne (drogue).
nom masculin
1. Grand mammifère (équidé) à crinière, domestiqué comme animal de trait et de transport ; spécialement le mâle adulte (opposé à jument, poulain). ➙ hipp(o)- ; familier canasson, dada. Cheval sauvage. ➙ mustang. Cheval reproducteur. ➙ étalon. Petit cheval. ➙ poney. Cheval de course (➙ hippisme). Cheval de selle. ➙ monture. Cheval qui trotte, galope, hennit, rue, se cabre.
2. À cheval locution adjective invariable et adverbiale : sur un cheval. Monter à cheval. ➙ chevaucher ; équitation. À califourchon (une jambe d'un côté, et l'autre de l'autre). Être à cheval sur une branche d'arbre. au figuré Une partie d'un côté, une partie de l'autre. Être à cheval sur deux périodes (➙ chevaucher).
3. Équitation. Faire du cheval. Culotte* de cheval, de cavalier.
4. locution Fièvre de cheval, très forte. Monter sur ses grands chevaux : s'emporter. Être à cheval sur les principes, y tenir rigoureusement.
5. familier Un grand cheval : une grande femme masculine. Un vrai cheval : une personne très solide, infatigable. C'est pas le mauvais cheval : il n'est pas méchant. Cheval de retour : récidiviste.
6. au figuré Cheval de bataille : argument, sujet favori auquel on revient. ➙ familier dada.
nom masculin
Figure représentant un cheval. Cheval de bois : jouet d'enfant. Chevaux de bois : manège circulaire des foires. Cheval d'arçons : appareil de gymnastique, gros cylindre rembourré sur quatre pieds. Des chevaux d'arçons ou des cheval d'arçons. Cheval de frise. Histoire Le cheval de Troie : dans L'Iliade, cheval de bois gigantesque dans les flancs duquel les guerriers grecs se cachèrent pour pénétrer dans Troie. Informatique* Petit programme introduit dans un ordinateur avec des instructions malveillantes ou destructrices (➙ virus). Les petits chevaux : jeu de hasard où les pions représentent des chevaux.
nom masculin
Cheval-vapeur (symbole ch), ou cheval : ancienne unité de puissance équivalant à 736 watts. Des chevaux-vapeur. Cheval fiscal (symbole CV) : unité de calcul équivalant à 1/6 environ du litre de cylindrée. Une sept chevaux : une voiture de sept chevaux (fiscaux).
(che-val) s. m.
1. Animal domestique de la famille des solipèdes, qu'on emploie à tirer ou à porter. Cheval de charrette, de carrosse, de main, de bataille. La bouche d'un cheval. Panser, étriller, ferrer, seller, brider un cheval. Un cheval fin, ardent, plein de feu, souple, léger à la main, obéissant. Cheval qui porte bien sa tête. Un cheval vicieux, ombrageux, pesant à la main. « De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant », Racine, Phèd. V, 6. « J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils Traîné par les chevaux que sa main a nourris », Racine, ib. « Sous les pieds des chevaux cette reine foulée », Racine, Athal. I, 1. « On commença la course des chariots, que l'on distribua au sort ; le mien se trouva le moindre pour la légèreté des roues et pour la vigueur des chevaux », Fénelon, Tél. v. « Lâchant les rênes à ses chevaux fumants de sueur », Fénelon, ib. « Mes chevaux s'animèrent et se mirent peu à peu en haleine », Fénelon, ib. « Hippomaque poussant trop ses chevaux, le plus vigoureux s'abattit », Fénelon, ib. « Mes chevaux, mieux ménagés que les siens, étaient en état de le devancer », Fénelon, ib. « Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que, tout à coup efflanqué, sans haleine, Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène », Boileau, Ép. X. Cheval de relais, cheval tout préparé dans les postes pour prendre la place de celui qui vient de faire une traite. « On avait préparé des chevaux de relais, sur lesquels ils furent sur-le-champ conduits à Leipsic, où on les enferma étroitement », Voltaire, Charles XII, 2. « Il en est ainsi de poste en poste dans le royaume ; vous changez de jurisprudence en changeant de chevaux », Voltaire, Dial. 2. Cheval de service, dans le langage de la féodalité, cheval dû par le vassal au seigneur. Tirer un criminel à quatre chevaux, écarteler un criminel, en attachant un cheval à chacun de ses membres. Fig. N'avoir ni cheval ni mule, être fort gueux. Chercher quelqu'un à pied et à cheval, faire toutes les diligences pour le trouver. C'est un cheval échappé, c'est un jeune homme qui n'écoute ni autorité ni conseil. « Athamare est un jeune cheval échappé, amoureux comme un fou », Voltaire, Lett. d'Argental, 27 avril 1767. C'est un vrai cheval à la besogne, c'est un homme dur à la peine, grand travailleur. « Mon esclave travaille comme un cheval, je le nourris mal, je l'habille de même », Voltaire, Dial. XXIV, 8. Fig. et familièrement. Cheval de carrosse, cheval de bât, gros cheval, ou, simplement, cheval, homme rude, grossier, intraitable. C'est un vrai cheval. « C'était [le chevalier de Nogent] une manière de cheval de carrosse qui était de tout temps ami de Saint-Pouange », Saint-Simon, 191, 58. « Comment, grand cheval de carrosse ! » Molière, Bourg. II, 3. Fig. C'est le cheval de bât, se dit d'un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne. Dans le pas d'un cheval, c'est-à-dire facilement, sans peine, sous les pieds. « Croit-il que mille cinq cents livres se trouvent dans le pas d'un cheval ? » Molière, Fourb. II, 11. « Cinquante mille francs, c'est un joli denier ; et, comme on dit, ça ne se trouve pas tous les jours dans le pas d'un cheval », Ch. de Bernard, le Gendre, § 6. Aux enseignes des hôtelleries, un tel loge à pied et à cheval, c'est-à-dire un tel donne le logement aux hommes et aux chevaux. Fig. C'est son cheval, son grand cheval de bataille, c'est l'argument dont il s'appuie, l'idée à laquelle il est attaché. « La cérémonie est le cheval de bataille de la noblesse campagnarde », Hamilton, Gramm. 10. Monter sur ses grands chevaux, prendre les choses avec résolution, avec hauteur, se gendarmer ; locution venue de ce que les chevaliers allant en guerre et chevauchant sur de petits chevaux montaient, pour combattre, sur de grands chevaux. « Je vous vois montée sur vos grands chevaux », Sévigné, 537. « Dessus ses grands chevaux est monté mon courage », Molière, Sgan. 21. « Voyant qu'elle montait sur ses grands chevaux », Hamilton, Gramm. 9. « Elle monta sur ses grands chevaux au lieu de se justifier », Hamilton, ib. 11. Brider son cheval par la queue, s'y prendre à contre-sens dans une affaire. Fièvre de cheval, fièvre violente. Médecine de cheval, médicament très fort. Familièrement. Écrire à quelqu'un une lettre à cheval, écrire une lettre où on le gourmande vertement.
2. Homme de cheval, un cavalier. Une troupe de gens de cheval. « Soit de gens de cheval ou soit de gens de pied », Régnier, Sat. X. « Il n'y avait point de meilleurs hommes de cheval que les Égyptiens », Bossuet, Hist. III, 3. « Du Plessis, écuyer de la grande écurie et le premier homme de cheval de son siècle », Saint-Simon, 37, 174. « Les Romains tireront de leurs alliés 700 000 hommes de pied, et 70 000 de cheval », Montesquieu, Rom. 4. Monter à cheval signifie quelquefois apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Mettre quelqu'un à cheval, lui enseigner l'équitation. C'est un tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. En termes de manége, cheval de deux cœurs, celui qui ne se manie que par contrainte. Cheval dans la main, celui dont l'encolure, la tête et le corps sont dans un parfait équilibre. Cheval entier à une main, celui qui refuse de tourner d'un côté. Cheval de pas, celui qui va un grand pas fort à l'aise.
3. À cheval, loc. adv. Sur un cheval. Se promener à cheval. « Montrez-lui comme il faut… Passer les jours entiers et les nuits à cheval », Corneille, Cid, I, 7. « Pour les faire monter à cheval », Bossuet, Hist. III, 5. « M. le Chantre sera toujours prêt à monter à cheval », Bossuet, Lett. abb. 72. « Sortis, il me demande : êtes-vous à cheval ? » Régnier, Sat. VIII. Elliptiquement, à cheval, messieurs ! c'est-à-dire montez à cheval. Par analogie, à califourchon, jambe deçà, jambe delà. Il était à cheval sur le haut du mur. Terme de guerre. Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, sur une route, avoir des troupes placées sur l'une et l'autre rive, sur l'un et l'autre côté de la route. Fig. Être à cheval sur quelque chose, n'en pas démordre, s'en prévaloir, y revenir sans cesse. être à cheval signifie aussi être solidement établi. Fig. Être mal à cheval, être mal dans ses affaires. Il se tient mieux à table qu'à cheval, se dit d'un écornifleur.
4. S. m. plur. Terme de guerre. Cavaliers. Il avait dix mille hommes de pied, avec deux mille chevaux. « C'était vous, intrépide Nemours, qui meniez ces fameux chevaux aux combats », Chateaubriand, Natch. I, 92. Les grands chevaux, nom qui était donné aux quatre principales familles de la noblesse de Lorraine. Les petits chevaux, la noblesse inférieure de Lorraine.
5. Cheval fondu, jeu d'enfants dans lequel l'un saute par-dessus l'autre qui a le corps plus ou moins fléchi.
6. Cheval de bois, figure de bois sur laquelle on apprend à voltiger. « [Il] fait crever les courtauds en chassant aux forêts, Court le faquin, la bague, escrime des fleurets, Monte un cheval de bois… », Régnier, Sat. v. Anciennement. Cheval de bois, pièce de bois qui, taillée en arête et mise sur des tréteaux, servait à une punition de soldat. Ce soldat, ayant fait un faute, fut mis pendant deux heures sur le cheval de bois. Cheval de Troie, cheval de bois renfermant des guerriers dans ses flancs, au moyen duquel les Grecs prirent la ville de Troie. Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit jadis à Paris des filous et personnes de mauvaise vie qui se tenaient sur le pont Neuf auprès de la statue d'Henri IV, pour y attraper quelqu'un.
7. Cheval de frise, en termes de guerre, grosse poutre carrée, traversée par trois rangs de pieux de bois, dont les bouts sont armés de pointes de fer, ainsi dite parce que cet engin a d'abord été employé dans la Frise. Cheval de frise ou patte de coq, espèce de support dans une fabrique de poteries.
8. Terme d'astronomie. Un des noms vulgaires de la constellation de Pégase. Petit Cheval, constellation de l'hémisphère septentrional.
9. Cheval-vapeur ou simplement cheval, unité conventionnelle dont on se sert pour évaluer la force motrice des machines à vapeur, et qui équivaut à une force capable d'élever un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d'un mètre dans l'unité de temps ou seconde.
10. Dans les carrières de marbre, on appelle cheval de terre, un espace où le marbre manque et qui se trouve rempli d'une masse de terre. Trou rempli de terre qu'on trouve quelquefois dans un bloc.
11. Terme de zoologie. Cheval cerf, nom d'un mammifère observé en Chine et qui paraît être l'antilope gnus (ruminants) dite vulgairement gnou. Cheval du Cap, nom donné par quelques voyageurs au cheval quaccha, qui est le couagga de Buffon. Cheval marin, cheval de rivière, hippopotame, et plusieurs poissons. Cheval du bon Dieu, grillon. Cheval marin, animal fabuleux, qu'on représente avec le devant d'un cheval et le derrière d'un poisson.
12. Terme de métier. Siége sur lequel l'ouvrier s'assoit pour façonner l'ardoise.
Historique
XIe s. « Cil ki aveir [bétail] escut [retire] u chivalz u buefs », Lois de Guill. 6. « Puisque il sont as chevals et as armes », Ch. de Rol. LXXXV. « Sur Veillantif, son bon cheval courant », ib. LXXXIX. « Sire, à pied estes, et je sui à cheval », ib. CLVII. XIIe s. « Chevaus de pris », Ronc. p. 7. « Ses chevaus [son cheval] fu en vingt lieus assenez », ib. p. 96. « Je le defen à cheval et à pié », ib. p. 187. « Sur les chevax [ils] monterent qu'on leur tint au perron », Sax. XXII. « Les chevals Saint Thomas tuz ensemble [ils] enmenerent », Th. le mart. p. 152. XIIIe s. « Et chascuns chevaus donra quatre mars, et chascuns homs dui [deux] », Villehardouin, XIV. « Lors furent li cheval trais des huissiers [vaisseaux] », Villehardouin, LXIII. « Chevaus, or et argent leur fist on presenter », Berte, III. « Il doit deus deniers de tonlieu pour chascun cheval, se li chevaus est vis [vif] », Livre des mét. 316. « Et la court deit connoistre que la bataille deit estre à chevau, au quarantisme jor », Ass. de Jér. I, 162. « Je voi que qui cheval achete, N'iert ja si fox que riens i mete, Comment que l'en l'ait bien couvert, Se tout nel voit à descouvert », la Rose, 8707. « Et quand les chevaus aus Sarrazins et aus Beduins avoient poour [peur] d'un bisson [buisson] », Joinville, 203. « Qui n'a cheval si voist [aille] à piét », Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 163. « Miex vault le cheval Bertran, Qui souvent menjue [mange] avaine Que cil qui fait la crevaine [qui crève] », Anc. poésies fr. du Vatican, dans LACURNE. « Se ses quevax muert ou afole », Beaumanoir, 64. XIVe s. « Là où li chevaux chiet [choit], on le vait escorchant », Guesclin. 10831. XVe s. « Par ma foy, mes chevaulx se lasse, Et dit que les nois [neiges] et la glace L'ont destruit… », Deschamps, Poésies, f° 358, dans LACURNE. « Dix huyt cens hommes de cheval », Commines, IV, 1. « Se l'autre son compagnon avoit bien fait du mauvais cheval et en maintien et en paroles, encore en fit il plus », Louis XI, Nouv. XXXIII. « Un cheval a quatre pieds et si chiet [et pourtant tombe] », Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 164. « En verité il m'est mescheu ; dont je suis dolent, mais c'est sur le tard, et me puis comparer à celluy qui ferme l'estable quant on lui a emblé son cheval », Perceforest, t. III, f° 88. XVIe s. « Un esclave qui vint à tue cheval l'avertir », Mém. sur D. G. ch. XVIII. « Voyant rapporter le corps d'un homme de cheval », Montaigne, I, 8. « Se sentant eschapper du [tomber de] cheval », Montaigne, I, 16. « Apprendre à monter à cheval », Montaigne, I, 150. « En sa mort, on sent Caton tousjours monté sur ses grands chevaulx », Montaigne, IV, 193. « Il y eut quelques chevaulx legers numidiens, qui par le chemin rencontrerent… », Amyot, Marcell. 50. « Il y mourut, non en capitaine, ains en cheval leger et en avant coureur », Amyot, Pélop. et Marcell. comp. 5. « Dix mille hommes de pied, mille chevaux, et une flotte de cent voiles », Amyot, ib. 51. « Faire du cheval eschappé », Amyot, Caton, 55. « Qu'es-tu toy ? archer, picquier, homme d'armes ou cheval leger ? » Amyot, Que la vertu se peut apprendre, 8. « La Riviere, le plus diligent et laborieux caval leger qui fust au service du roi », D'Aubigné, Hist. I, 333. « On faisoit bouillir les cuirs, les peaux de cheval et de chiens », D'Aubigné, ib. II, 56. « Ils firent du pain de paille hachée et d'ardoise, y meslant du fumier de chevaux », D'Aubigné, ib. II, 57. « Ne trouvant dedans autres garnisons que quelque peu de soldats pour garder les grands chevaux de Joieuse », D'Aubigné, ib. II, 58. « Il perce un grand païs de Beausse tout semé de chevaux-legers », D'Aubigné, ib. II, 188. « En cheval leger », D'Aubigné, ib. III, 213. « Pour forcer les villes : beliers, chevaux, vignes, tortues, balistes », Paré, IX, Préface. « Leurs trompettes et clairons ronfloient et sonnoient boutte selle, boutte selle, monte à cheval, monte à cheval, boutte selle, monte à caval, à caval », Paré, t. III, p. 703. « Tu resembles au viel cheval de mon pere, tu ne veulx poynt marcher jusques à tant que tu soyes picqué », Palsgrave, p. 427. « Et comme l'on dict, nous vendons nostre cheval pour avoir du foin », Charron, Sagesse, I, 22. « N'achapte cheval jouant de la queue », Génin, Récréat. t. II, p. 245. « Quand plus ne peult ne haut ne val, à la charrue va le cheval », Génin, ib. p. 248. « Se houser et n'avoir cheval », Génin, ib. p. 249. « Cheval courant, sepulture ouverte », Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 159. « Cheval fait et valet à faire, cheval fait et femme à faire », Leroux de Lincy, ib. « Cheval rogneux n'a cure qu'on l'estrille », Leroux de Lincy, ib. « À nouveau cheval, nouvelle selle », Leroux de Lincy, ib. p. 160. « À cheval rueur, d'avant passe », Leroux de Lincy, ib. « Aux chevaux maigres va la mouche », Leroux de Lincy, ib. « Bien merite d'aller à pied qui n'a soin de son cheval », Leroux de Lincy, ib. p. 161. « Bride et esperon font le cheval bon », Leroux de Lincy, ib. « Il fait comme les bons chevaux, il s'eschauffe en mangeant », Leroux de Lincy, ib. p. 162. « Il ne faut pas lier les asnes avec les chevaux », Leroux de Lincy, ib. « Un bon cheval fait les lieues courtes », Leroux de Lincy, ib. p. 163. « Un cheval est bien meschant [mauvais] s'il ne peut porter sa selle », Leroux de Lincy, ib. p. 184. « Comment, dit Mandragor, vous parlez à cheval et fort glorieusement pour une femme ; par Dieu, si vous ne fussiez aussi bien au pouvoir de la royne vostre maistresse qu'elle mesme est en celuy du roy mon maistre, je vous ferois bien abaisser vostre caquet », Don Flores de Grece, f° XXXVI, dans LACURNE. « Ny estoit coustume de venir à telz biens par force ny en parlant à cheval, veu que tous ceux qui se humilioient jusqu'à terre et qui ne servent que d'obeïr et complaire, à grand peine y peuvent ilz parvenir », Aresta amorum, p. 136, dans LACURNE. « On doit estre maistre de son cheval, compagnon de son chien et valet de son oiseau », Favin, Théâtre d'honn. t. II, dans LACURNE. « On touche toujours sur le cheval qui tire », Cotgrave † « Il n'y a cheval si bien ferré qui ne glisse », Cotgrave † « Qui n'a cheval ne chariot, il ne charge pas quand il veut », Cotgrave †
Étymologie
Picard, kevau, guevau, gval, keval ; wallon, chivâ ; bourguig. chevau ; Berry, gevau, un chevau, des chevals ; Saintonge, chevau ; provenç. cavalh ; catal. caball ; espagn. caballo ; ital. cavallo ; du latin caballus, cheval de fatigue ; grec, ϰαϐάλλης, qui paraît être un mot de la Grande-Grèce, et, par conséquent, de l'Italie et qu'on rapproche du sanscrit tchapala, rapide. Dans l'ancien français, nominatif singulier chevals, chevax, chevaus, régime cheval ; nominatif pluriel cheval, régime chevals, chevax, chevaus. On voit que notre distinction de cheval, chevaux, est un reste de la déclinaison de l'ancien français.
Animal qui hennit, propre a tirer & à porter. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté. truité, gris cendré, gris teste de more, alezan bruslé, alezan moreau, bay, bay brun, bay clair, isabelle, rubican, roüan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain cheval bien marqué, mal marqué. cheval entier. cheval hongre. jeune cheval. vieux cheval. cheval neuf. cheval fait. cheval de service. cheval entre deux âges. gros cheval. cheval ragot. cheval bien traversé, ramassé, bien jointé. cheval fort de devant. puissant, fort cheval. cheval de grande, de petite, de moyenne, de bonne taille. cheval d’entre deux tailles, d’entre deux selles. cheval qui est fort du dessous. cheval begu qui marque tousjours, quoy qu’il passe âge. cheval chargé d’encoleure, chargé de ganache, harassé, recru. cheval refait, maquignonné. cheval de charrette, de charuë, de harnois. cheval de carosse. cheval à deux mains. cheval de bast, de somme de charge. cheval de chassemarée. cheval de bagage. cheval de selle, de poste, de relais. cheval de renvoy, de loüage. cheval de pays. cheval d’Espagne Genet. cheval de Naples Coursier, cheval de Barbarie Barbe. cheval Turc. cheval Anglois. cheval Breton cheval pesant, leger à la main. cheval de legere taille. cheval hardi, noble, courageux, brave, viste. cheval fin. cheval de grand prix. cheval d’amble, de pas. cheval fougueux. cheval fascheux au montoir, doux au montoir. cheval rude sur l’arrest. cheval de bataille. cheval bardé, caparaçonné. cheval de manege. cheval adroit. cheval doux, docile. cheval qui se défend contre l’Escuyer. cheval estrac, qui n’a point de boyau. cheval orillard. cheval maigre, efflanqué, effilé. cheval jarreté, encastelé. cheval trop haut monté, trop haut jointé. cheval bas de devant. cheval poussif, morveux, courbattu, gras-fondu, morfondu, forbu, lunatique, restif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. cheval cornu. cheval tendre aux mousches & dur à l’esperon. cheval vitieux, qui mord, qui ruë. cheval desesperé de bouche. cheval sujet à broncher. ce cheval prendra trois ans aux herbes. ce cheval a rasé, il ne marque plus. je vous garentis ce cheval sain & entier. penser, estriller, frotter un cheval. ferrer, deferrer un cheval. mettre un cheval sur les dents. ce cheval a esté trois mois sur la litiere. ce cheval tire bien, il est franc du colier. la bouche d’un cheval. ce cheval a la bouche bonne, forte, gastée, esgarée. il a un bon cheval entre ses jambes. homme de cheval, qui va à cheval. brider, emboucher un cheval. mettre un cheval au pas, au trot, au galop. courir, galopper un cheval. je courray mon cheval contre le vostre, si vous voulez. monter à cheval. la trompette sonnoit, Gens-d’armes à cheval. allons à cheval. il embrasse bien un cheval. tenir un cheval en haleine. pousser un cheval à toute bride. outrer, desesperer un cheval. Commencer un cheval, Ce cheval manie bien. Bon homme de cheval, Bel homme de cheval, Ce cheval se bride bien, se ramene bien, tourne bien. estre bien à cheval. monter, exercer, piquer, travailler un cheval. dompter, reduire un cheval. cet Escuyer connoist bien la portée d’un cheval. combattre à cheval. combat à cheval. son cheval s’abbatit sous luy, tomba les quatre fers en l’air. son cheval l’a emporté. encloüer un cheval. abbattre un cheval pour le ferrer. Estre à cheval, Se dit non seulement d’Un homme monté sur un cheval, mais aussi de celuy qui est monté sur quelque autre animal, & mesme d’une personne qui se tient, jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille &c. On dit prov. que L’œil du maistre engraisse le cheval, pour dire, que Le soin & la veüe du maistre est cause que le cheval se porte bien. Il se peut appliquer à plusieurs autres choses. On dit prov. Cheval de foin, cheval de rien. cheval d’avoine, cheval de peine. cheval de paille, cheval de bataille. On dit fig. & prov. Jamais bon cheval ne devint rosse. Lors qu’on parle d’une personne qui conserve jusqu’à la derniere vieillesse, le courage, la vigueur, & l’esprit qu’il avoit en sa jeunesse. On dit prov. & fig. Aprés bon vin bon cheval, pour dire, qu’Un homme qui a bien bu, en fait mieux aller son cheval. On dit prov. & figur. Il n’est si bon cheval qui ne bronche, pour dire, qu’Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelque faute. On dit prov. & figur. Monter sur ses grands chevaux, pour dire, Se mettre en colere, parler d’un ton de voix fier & eslevé. On dit prov. & fig. Parler à cheval, pour dire, Parler imperieusement. On dit prov. A cheval donné, il ne faut point regarder à la bouche, pour dire, qu’Il ne faut pas trouver à redire à un present que l’on nous fait. On dit prov. & fig. d’Une chose en quoy quelqu’un croit exceller, & dont il parle souvent par cette raison. que C’est son cheval de bataille, qu’il en fait son cheval de bataille. On dit prov. & fig. Changer son cheval borgne à un aveugle, pour dire, Se defaire d’une mauvaise chose pour une pire. On dit prov. De femmes & de chevaux, il n’en est point sans defaut. On dit prov. & bass. d’Un homme qui se vante, qui menace, qui est avantageux en paroles, Comme vostre cheval ruë ? On dit prov. & fig. d’Un homme qui ne s’estonne point de ce qu’on luy dit, des menaces qu’on luy fait. Il est bon cheval de trompette, il ne s’espouvante pas pour le bruit. On dit fig. d’Un homme stupide, grossier, brutal, que C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bast. On dit prov. Jamais bon cheval, ni meschant homme, n’amenda pour aller à Rome. On dit prov. & figur. qu’Un homme est mal à cheval, pour dire, qu’Il est mal dans ses affaires. On dit fig. d’Un jeune homme qui est emporté, & qui se soustrait à l’obeissance, à la discipline, que p. 183C’est un cheval eschappé, qu’il fait le cheval eschappé. On dit figur. Brider son cheval par la queüe, pour dire, Commencer une affaire par où on devroit la finir. On dit prov. & fig. Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval. On dit prov. qu’Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. On dit prov. & fig. qu’Il fait tousjours bon tenir son cheval par la bride, pour dire, qu’Il fait bon d’estre maistre de son bien, de ses affaires. On dit prov. & fig. Fermer l’estable quand les chevaux sont dehors, pour dire, Prendre des precautions quand le mal est arrivé, quand il n’en est plus temps. Tirer à quatre chevaux, C’est une sorte de supplice par lequel on escartelle les criminels de leze-Majesté au premier chef. Joüer au cheval fondu, C’est un certain jeu à quoy joüent les jeunes garçons en sautant les uns sur les autres & battant des mains.
■ Cheval ailé. Tel que les Poëtes feignent Pegase.
Animal à quatre pieds, qui hennit, propre à porter & à tirer. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, gris cendré, gris teste de more, alezan bruslé, alezan moreau, bay, bay brun, bay clair, isabelle, rubican, roüan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain, &c. cheval bien marqué, mal marqué. cheval entier. cheval hongre. jeune cheval. vieux cheval. cheval neuf. cheval fait. cheval de service. cheval entre deux âges. gros cheval. cheval ragot. cheval bien traversé, ramassé, bien jointé. cheval fort de devant. puissant, fort cheval. cheval de grande, de petite, de moyenne, de bonne taille. cheval d’entre deux tailles, d’entre deux selles. cheval fort du dessous. cheval begu qui marque tousjours, quoiqu’il passe âge. cheval chargé d’encoleure, chargé de ganache, harassé, recru. cheval refait, maquignonné. cheval de charrette, de charruë, de harnois. cheval de carosse. cheval à deux mains. cheval de bast, de somme de charge. cheval de chasse-marée. cheval de bagage. cheval de selle, de poste, de relais. cheval de renvoy, de loüage. cheval de pays. cheval d’Espagne genet. cheval de Naples Coursier. cheval de Barbarie Barbe. cheval Turc. cheval Anglois. cheval Breton, &c. cheval pesant, leger à la main. cheval de legere taille. cheval hardi, noble, courageux, brave, viste. cheval fin. cheval de grand prix. cheval d’amble, de pas. cheval fougueux. cheval fascheux au montoir, doux au montoir. cheval rude sur l’arrest. cheval de bataille. cheval bardé, caparaçonné. cheval de manege. cheval adroit. cheval doux, docile. cheval qui se défend contre l’Escuyer. cheval estrac, qui n’a point de boyau. cheval orillard. cheval maigre, efflanqué, effilé. cheval jarreté, encastelé. cheval ensellé. cheval trop haut monté, trop haut jointé. cheval bas de devant. cheval poussif, morveux, courbattu, gras fondu, morfondu, fourbu cheval lunatique. cheval fou. cheval restif, quinteux, p. 255fantasque, malicieux, ombrageux. cheval cornu. cheval tendre aux mouches & dur à l’esperon. cheval vitieux, qui mord, qui ruë. cheval désesperé de bouche. cheval sujet à broncher. ce cheval prendra trois ans aux herbes. ce cheval a rasé, il ne marque plus. je vous garantis ce cheval sain & entier. panser, estriller, frotter un cheval. ferrer, déferrer un cheval. mettre un cheval sur les dents. ce cheval a esté trois mois sur la litiere. ce cheval tire bien, il est franc du colier. la bouche d’un cheval. ce cheval a la bouche bonne, forte, gastée, esgarée. avoir un bon cheval entre ses jambes. homme de cheval, qui va à cheval. brider, emboucher un cheval. mettre un cheval au pas, au trot, au galop. courir, galopper un cheval. je courray mon cheval contre le vostre, si vous voulez monter à cheval. la trompette sonnoit, Gens-d’Armes à cheval. allons à cheval. il embrasse bien un cheval. tenir un cheval en haleine. pousser un cheval à toute bride. outrer, désesperer un cheval. ce cheval se bride bien, se ramene bien, tourne bien. estre bien à cheval. monter, exercer, piquer, travailler un cheval. dompter, reduire un cheval. cet Escuyer connoist bien la portée d’un cheval. combattre à cheval. combat à cheval. son cheval s’abbatit sous luy, tomba les quatre fers en l’air. son cheval l’a emporté. encloüer un cheval. abbatre un cheval pour le ferrer. On dit, Commencer un cheval, pour dire, Le mettre au pilier, entre deux piliers, le dresser à toutes sortes d’airs & de maneges, l’y rendre bien maniant. On appelle, Bon homme de cheval, Un homme qui sçait bien manier un cheval ; & Bel homme de cheval, Un homme qui a bonne grace à cheval. On dit, Monter à cheval, pour dire, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Et on dit dans ce mesme sens. C’est un tel Escuyer qui a mis ce Prince à cheval. Tirer à quatre chevaux, C’est attacher un cheval à chaque bras & à chaque jambe d’un criminel, & les faire tirer chacun de son costé en mesme-temps pour l’escarteler. On ne tire à quatre chevaux que les criminels de leze-Majesté au premier chef.
■ Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfans sautent l’un aprés l’autre sur le dos d’un d’entre eux qui se tient courbé en forme de cheval.
■ Estre a Cheval, Se dit non seulement d’un homme, monté sur un cheval, mais aussi de celuy qui est monté sur quelque autre animal, & mesme d’une personne qui se tient jambe deça, jambe de là, sur une poutre, sur une muraille, &c. On dit prov. & fig. qu’Un homme est mal à cheval, pour dire, qu’Il est mal dans ses affaires. Et Chercher quelqu’un a pied & à cheval, pour dire, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. On dit fig. Une fievre de cheval, pour dire, Une fievre violente. Et Une medecine de cheval, pour dire, Une medecine trés forte. On dit prov. que L’œil du maistre engraisse le cheval, pour dire, que Quand le maistre va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il se dit aussi fig. pour signifier que quand un maistre prend soin luy-mesme de ses affaires tout en va mieux. On dit prov. & fig. Jamais bon cheval ne devint rosse, lorsqu’on parle d’une personne qui conserve jusqu’à la derniere vieillesse, la vigueur & l’esprit qu’il avoit en sa jeunesse ; & on dit au contraire, Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. On dit prov. & fig. Aprés bon vin, bon cheval, pour dire, qu’Un homme qui a bien bû, en fait mieux aller son cheval. On dit prov. & fig. Il n’est si bon cheval qui ne bronche, pour dire, qu’Il n’y a point d’homme si sage, si habile qui ne fasse quelque faute. On dit prov. & fig. Monter sur ses grands chevaux, pour dire, Se mettre en colere, parler d’un ton de voix fier & eslevé. On dit prov. A cheval donné, il ne faut point regarder à la bouche, pour dire, qu’Il ne faut pas trouver à redire à un present que l’on nous fait. On dit prov. & fig. d’Une chose en quoy quelqu’un croit exceller, & dont il parle souvent par cette raison, que C’est son cheval de bataille, qu’il en fait son cheval de bataille. On dit prov. & fig. Changer son cheval borgne contre un aveugle, pour dire, Se défaire d’une mauvaise chose pour une pire. On dit prov. De femmes & de chevaux, il n’en est point sans défaut. On dit prov. & fig. d’Un homme qui ne s’estonne point de ce qu’on luy dit, des menaces qu’on luy fait : Il est bon cheval de trompette, il ne s’estonne point pour le bruit. On dit fig. d’Un homme stupide, grossier, brutal, que C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carosse, un cheval de bast. On dit d’Une personne qu’on charge de toutes les affaires difficiles, fatigantes, d’une maison, d’une societé, qu’Il est le cheval de bast. On dit prov. Jamais bon cheval, ni meschant homme n’amenda pour aller à Rome. On dit prov. Qui aura de beaux chevaux si ce n’est le Roy, pour dire, qu’Il n’est pas estonnant qu’un homme riche ait de beaux meubles, une bonne table, &c. On dit fig. d’Un jeune homme qui est emporté, & qui se soustrait à l’obéïssance, à la discipline, que, C’est un cheval eschappé, qu’il fait le cheval eschappé. On dit fig. Brider son cheval par la queüe, pour dire, commencer une affaire par où on devroit la finir. On dit prov. Je luy feray voir que son cheval n’est qu’une beste, pour dire, Je luy feray voir qu’il se trompe lourdement. On dit prov. Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval. On dit prov. qu’Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. On dit prov. & fig. qu’Il fait tousjours bon tenir son cheval par la bride, pour dire, qu’Il fait bon estre maistre de son bien, d’une affaire où l’on a interest. On dit prov. & fig. Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, pour dire, Prendre des precautions quand le mal est arrivé, & qu’il n’en est plus temps. p. 256On dit, Escrire à quelqu’un une lettre à cheval, pour dire, Luy escrire avec hauteur, avec menace.
Animal à quatre pieds, qui p. 271hennit, propre à porter & à tirer. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, gris cendré, gris tête de more, alezan brûlé, alezan moreau, bai, bai brun, bai clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain, &c. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier. Cheval hongre. Jeune cheval. Vieux cheval. Cheval neuf. Cheval fait. Cheval de service. Cheval entre deux âges. Gros cheval. Cheval ragot. Cheval bien traversé, ramassé, bien jointé. Cheval fort de devant. Puissant, fort cheval. Cheval de grande, de petite, de moyenne, de bonne taille. Cheval d’entre deux tailles, d’entre deux selles. Cheval fort du dessous. Cheval bégu qui marque toujours, quoiqu’il passe âge. Cheval chargé d’encolure, chargé de ganache, harassé, recru. Cheval refait, maquignonné. Cheval de charrette, de charrue, de harnois. Cheval de carrosse. Cheval à deux mains. Cheval de bât, de somme de charge. Cheval de chasse-marée. Cheval de bagage. Cheval de selle, de poste, de relais. Cheval de renvoi, de louage. Cheval de pays. Cheval d’Espagne genet. Cheval de Naples Coursier. Cheva de Barbarie Barbe. Cheval Turc. Cheval Anglois. Cheval Breton, &c. Cheval pesant, léger à la main. Cheval de légére taille. Cheval hardi, noble, courageux, brave, vîte. Cheval fin. Cheval de grand prix. Cheval d’amble, de pas. Cheval fougueux. Cheval fâcheux au montoir, doux au montoir. Cheval rude sur l’arrêt. Cheval de bataille. Cheval bardé, caparaçonné. Cheval de manége. Cheval adroit. Cheval doux, docile. Cheval qui se défend contre l’Ecuyer. Cheval estrac, qui n’a point de boyau. Cheval orillard. Cheval maigre, efflanqué, effilé. Cheval jarreté, encastelé. Cheval ensellé. Cheval trop haut monté, trop haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, morveux, courbattu, gras fondu, morfondu, fourbu. Cheval lunatique. Cheval fou. Cheval rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval cornu. Cheval tendre aux mouches & dur à l’éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue. Cheval désespéré de bouche. Cheval sujet à broncher. Ce cheval prendra trois ans aux herbes. Ce cheval a rasé, il ne marque plus. Je vous garantis ce cheval sain & entier. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval a été trois mois sur la litiére. Ce cheval tire bien, il est franc du collier. La bouche d’un cheval. Ce cheval a la bouche bonne, forte, gâtée, égarée. Avoir un bon cheval entre ses jambes. Homme de cheval, qui va à cheval. Brider, emboucher un cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galopper un cheval. Je courrai mon cheval contre le vôtre, si vous voulez monter à cheval. La trompette sonne, Gendarmes à cheval. Allons à cheval. Il embrasse bien un cheval. Tenir un cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride. Outrer, désespérer un cheval. Ce cheval se bride bien, se ramène bien, tourne bien. Etre bien à cheval. Monter, exercer, piquer, travailler un cheval. Dompter, réduire un cheval. Cet Ecuyer connoît bien la portée d’un cheval. Combattre à cheval. Combat à cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Son cheval l’a emporté. Enclouer un cheval. Abattre un cheval pour le ferrer. On dit, Commencer un cheval, pour dire, Le mettre au pilier, entre deux piliers, le dresser à toutes sortes d’airs & de manéges, l’y rendre bien maniant. On appelle, Bon homme de cheval, Un homme qui sait bien manier un cheval ; & Bel homme de cheval, Un homme qui a bonne grace à cheval. On dit, Monter à cheval, pour dire, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Et on dit dans ce même sens, C’est un tel Ecuyer qui a mis ce Prince à cheval. Tirer à quatre chevaux, C’est attacher un cheval à chaque bras & à chaque jambe d’un criminel, & les faire tirer chacun de son côté en même temps pour l’écarteler. On ne tire à quatre chevaux que les criminels de léze-Majesté au premier chef.
■ Cheval fondu, forte de jeu où plusieurs enfans sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux qui se tient courbé en forme de cheval.
■ Etre a cheval, se dit non seulement d’Un homme monté sur un cheval, mais aussi de celui qui est monté sur quelque autre animal, & même d’une personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, &c. On dit prov. & figur. qu’Un homme est mal à cheval, pour dire, qu’Il est mal dans ses affaires. Et Chercher quelqu’un à pied & à cheval, pour dire, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. On dit figur. Une fièvre de cheval, pour dire, Une fièvre violente. Et Une médecine de cheval, pour dire, Une médecine très-forte. On dit prov. que L’œil du maître engraisse le cheval, pour dire, que Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il se dit aussi figur. pour signifier que Quand un maître prend soin lui-même de ses affaires, tout en va mieux. On dit prov. & figur. Jamais bon cheval ne devint rosse, Lorsqu’on parle d’une personne qui conserve jusqu’à la derniére vieillesse, la vigueur & l’esprit qu’il avoit en sa jeunesse ; & on dit au contraire, Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. On dit prov. & figur. Aprés bon vin, bon cheval ; pour dire, qu’Un homme qui a bien repu, en fait mieux aller son cheval. On dit prov. & figur. Il n’est si bon cheval qui ne bronche, pour dire, qu’Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelque faute. On dit prov. & figur. Monter sur ses grands chevaux, pour dire, Se mettre en colère, parler d’un ton de voix fier & élevé. On dit prov. A cheval donné, il ne faut point regarder à la bouche, pour dire, qu’Il ne faut pas trouver à redire à un présent que l’on nous fait. On dit proverb. & figur. d’Une chose en quoi quelqu’un croit exceller, & dont il parle souvent par cette raison, que C’est son cheval de bataille, qu’il en fait son cheval de bataille. On dit prov. & figur. Changer son cheval p. 272borgne contre un aveugle, pour dire, Se défaire d’une mauvaise chose pour une pire. On dit prov. De femmes & de chevaux, il n’en est point sans défaut. On dit prov. & figur. d’Un homme qui ne s’étonne point de ce qu’on lui dit, des menaces qu’on lui fait : Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne point pour le bruit. On dit figur. d’Un homme stupide, grossier, brutal, que C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bât. On dit d’Une personne qu’on charge de toutes les affaires difficiles, fatigantes, d’une maison, d’une société, qu’Il est le cheval de bât. On dit prov. Jamais bon cheval, ni méchant homme, n’amenda pour aller à Rome. On dit prov. Qui aura de beaux chevaux si ce n’est le Roi ? pour dire, qu’Il n’est pas étonnant qu’un homme riche ait de beaux meubles, une bonne table, &c. On dit figur. d’Un jeune homme qui est emporté, & qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline, que C’est un cheval échappé, qu’il fait le cheval échappé. On dit figur. Brider son cheval par la queue, pour dire, Commencer une affaire par où on devroit la finir. On dit prov. Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête, pour dire, Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement. On dit prov. Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval. On dit prov. qu’Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. On dit prov. & figur. qu’Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, pour dire, qu’Il fait bon être maitre de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. On dit prov. & figur. Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, pour dire, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, & qu’il n’en est plus temps. On dit, Ecrire à quelqu’un une lettre à cheval, pour dire, Lui écrire avec hauteur, avec menace.
■ Cheval de bois, se dit d’Une figure de bois qui est à peu près faite à la ressemblance d’un cheval, & sur laquelle on apprend à voltiger.
■ Cheval de bois, est aussi Une pièce de bois sur des tréteaux, laquelle est taillée en arête, ayant une tête de cheval. On s’en sert pour punir quelquefois des soldats. Ce soldat avoit fait une faute, on l’a mis sur le cheval de bois où il a été trois heures.
■ Cheval de frise, machine de guerre qui est une grosse pièce de bois traversée de longues pointes qu’elle présente de tous côtez. On met les chevaux de frise à une brèche pour arrêter les assiégeans. L’infanterie se sert aussi de Chevaux de frise plus légers en campagne pour arrêter la Cavalerie.
■ Cheval marin, Animal amphibie, ressemblant en quelque façon à un cheval. On l’appelle, Cheval aquatique & hippopotame, parce qu’il s’en trouve dans le Nil, & dans quelques autres fleuves. Dents de cheval marin.
■ Cheval marin, est aussi, Un cheval fabuleux, qui a le devant d’un cheval & le derriére d’un poisson, tel qu’on en voit en quelques Antiques & Médailles, & dans les grotesques & les ornemens de l’Architecture & de la Peinture.
■ Chevaux, au pluriel, se prend quelquefois pour des gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied, & de six mille chevaux. Un Capitaine de chevaux. Un détachement de mille chevaux. On dit Vingt-un chevaux, & non pas vingt-un cheval.
■ Chevaux-Legers, se disoit autrefois des Cavaliers légérement armez, & dont les chevaux étoient sans armure, à la différence des Gendarmes qui étoient pesamment armez, & qui avoient des chevaux bardez, & caparaçonnez. Présentement ce mot n’est en usage qu’en parlant de quelques Compagnies d’Ordonnance. Les Chevaux-Legers de la garde du Roi. Les Chevaux-Legers de la Reine. On dit aussi, Un Chevau-Leger, au singulier.
Animal à quatre pieds, qui hennit, propre à porter & à tirer. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, gris cendré, gris tête de more, alezan brûlé, alezan moreau, bai, bai brun, bai clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain, &c. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier, cheval hongre. Jeune cheval, vieux cheval. Cheval neuf, cheval fait, cheval de service. Cheval entre deux âges. Gros cheval, cheval ragot, cheval bien traversé, ramassé, bien jointé. Cheval fort de devant. Puissant, fort cheval. Cheval de grande, de petite, de moyenne, de bonne taille. Cheval d’entre deux tailles, d’entre deux selles. Cheval fort du dessous, cheval bégu qui marque toujours, quoiqu’il passe âge. Cheval chargé d’encolure, chargé de ganache, harassé, recru. Cheval refait, maquignonné. Cheval de charrette, de charrue, de harnois, cheval de carrosse, cheval à deux mains, cheval de bât, de somme de charge, cheval de chasse-marée, cheval de bagage, cheval de selle, de poste, de relais. Cheval de renvoi, de louage. Cheval de pays, cheval d’Espagne genet, cheval de Naples coursier, cheval de Barbarie barbe, cheval Turc, cheval Anglois, cheval Breton, cheval Normand, &c. Cheval pesant, léger à la main. Cheval de légère taille. Cheval hardi, noble, courageux, brave, vîte. Cheval fin, cheval de grand prix, cheval d’amble, de pas, cheval fougueux, cheval fâcheux au montoir, doux au montoir, cheval rude sur l’arrêt. Cheval de bataille, cheval bardé, caparaçonné. Cheval de manége, cheval adroit, cheval doux, docile. Cheval qui se défend contre l’Écuyer. Cheval orillard, cheval maigre, efflanqué, effilé, cheval jarreté, encastelé. Cheval ensellé. Cheval trop haut monté, trop haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, morveux, courbattu, gras fondu, morfondu, fourbu. Cheval lunatique, cheval fou. Cheval rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval cornu. Cheval tendre aux mouches, & dur à l’éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue. Cheval désespéré de bouche, cheval sujet à broncher. Ce cheval prendra trois ans aux herbes. Ce cheval a rasé, il ne marque plus. Je vous garantis ce cheval sain & entier. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval a été trois mois sur la litière. Ce cheval tire bien, il est franc du collier. La bouche d’un cheval. Ce cheval a la bouche bonne, forte, gâtée, égarée. Avoir un bon cheval entre ses jambes. Homme de cheval, qui va à cheval. Brider, emboucher un cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galoper un cheval. Je courrai mon cheval contre le vôtre, si vous voulez monter à cheval. La trompette sonne, Gendarmes, à cheval. Allons à cheval. Il embrasse bien un cheval. Tenir un cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride. Outrer, désespérer un cheval. Ce cheval se bride bien, se ramène bien, tourne bien. Être bien à cheval. Monter, exercer, piquer, travailler un cheval. Dompter, réduire un cheval. Cet Écuyer connoît bien la portée d’un cheval. Combattre à cheval. Combat à cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Son cheval l’a emporté. Enclouer un cheval. Abattre un cheval pour le ferrer. On dit, Commencer un cheval, pour dire, Le mettre au pilier, entre deux piliers, le dresser à toutes sortes d’airs & de manéges, l’y rendre bien maniant. On appelle Bon homme de cheval, un homme qui sait bien manier un cheval ; & Bel homme de cheval, Un homme qui a bonne grace à cheval. On dit, Monter à cheval, pour dire, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Et on dit dans ce même sens, C’est un tel Écuyer qui a mis ce Prince à cheval. Tirer à quatre chevaux, C’est attacher un cheval à chaque bras & à chaque jambe d’un criminel, & les faire tirer chacun de son côté en même temps pour l’écarteler. On ne tire à quatre chevaux que les criminels de lèze-Majesté au premier chef.
■ Cheval fondu. Sorte de jeu où plusieurs enfans sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux qui se tient courbé en forme de cheval.
■ Être à cheval, se dit non-seulement d’Un homme monté sur un cheval, mais aussi de celui qui est monté sur quelque autre animal, & même d’une personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, &c. On dit en termes de guerre, Être à cheval sur une rivière, pour dire, Avoir des troupes sur l’une & sur l’autre rive. On dit proverbialement & figurément, qu’Un homme est mal à cheval, pour dire, qu’Il est mal dans ses affaires. Et, Chercher quelqu’un à pied & à cheval, pour dire, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. On dit figurément, Une fièvre de cheval, pour dire, Une fièvre violente. Et, Une médecine de cheval, pour dire, Une médecine très-forte. On dit proverbialement, que L’œil du maître engraisse le cheval, pour dire, que Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il se dit aussi figurément pour signifier, que Quand un maître prend lui-même soin de ses affaires, tout en va mieux. On dit proverbialement & figurément, Jamais bon cheval ne devint rosse, Lorsqu’on parle d’une personne qui conserve jusqu’à la dernière vieillesse la vigueur & l’esprit qu’il avoit en sa jeunesse. Et on dit au contraire, Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. On dit proverbialement & figurément, Après bon vin, bon cheval, pour dire, qu’Un homme qui a bien repu, en fait mieux aller son cheval. On dit proverbialement & figurément, Il n’est si bon cheval qui ne bronche, pour dire, qu’Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelque faute. On dit proverbialement & figurément, Monter sur ses grands chevaux, pour dire, Se mettre en colère, parler d’un ton de voix fier & élevé. On dit proverbialement, À cheval donné, on ne regarde point la bouche, pour dire, qu’Il ne faut pas trouver à redire à un présent que l’on nous fait. On dit proverbialement & figurément d’Une chose en quoi quelqu’un croit exceller, & dont il parle souvent par cette raison, que C’est son cheval de bataille. On dit proverbialement & figurément, Changer son cheval borgne contre un aveugle, pour dire, Se défaire d’une mauvaise chose pour une pire. On dit proverbialement, De femmes & de chevaux, il n’en est point sans défaut. On dit proverbialement & figurément d’Un homme qui ne s’étonne point de ce qu’on lui dit, des menaces qu’on lui fait, Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne point pour le bruit. On dit figurément d’Un homme stupide, grossier, brutal, que C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bât. On dit d’Une personne qu’on charge de toutes les affaires difficiles, fatigantes, d’une maison, d’une société, qu’Il est le cheval de bât. On dit proverbialement, Jamais bon cheval, ni méchant homme, n’amenda pour aller à Rome. On dit proverbialement, Qui aura de beaux chevaux, si ce n’est le Roi ? Pour dire, qu’Il n’est pas étonnant qu’un homme riche ait de beaux meubles, une bonne table, &c. On dit figurément d’Un jeune homme qui est emporté, & qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline, que C’est un cheval échappé. On dit figurément & familièrement, Brider son cheval par la queue, pour dire, Commencer une affaire par où l’on devroit la finir. On dit proverbialement, Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête, pour dire, Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement. On dit proverbialement, Jamais coup de pied de jument ne fit mal à cheval, pour dire, qu’Un homme ne doit jamais prendre mal ce qui vient d’une femme. On dit proverbialement & figurément, qu’Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, pour dire, qu’Il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. On dit proverbialement, qu’Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. On dit proverbialement & figurément, Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, pour dire, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, & qu’il n’en est plus temps. On dit familièrement, Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, pour dire, Lui écrire avec hauteur, avec menace.
■ Cheval de bois, se dit d’Une figure de bois qui est à peu près faite à la ressemblance d’un cheval, & sur laquelle on apprend à voltiger.
■ Cheval de bois, est aussi une pièce de bois sur des trétaux, laquelle est taillée en arrête, ayant une tête de cheval. On s’en sert pour punir quelquefois des Soldats. Ce Soldat avoit fait une faute, on l’a mis sur le cheval de bois où il a été trois heures.
■ Cheval de frise. Machine de guerre, qui est une grosse pièce de bois traversée de longues pointes qu’elle présente de tous côtés. On met les chevaux de frise à une brèche pour arrêter les assiégeans. L’Infanterie se sert aussi de Chevaux de frise plus légers en campagne, pour arrêter la Cavalerie.
■ Cheval marin, est un cheval fabuleux, qui a le devant d’un cheval & le derrière d’un poisson, tel qu’on en voit en quelques Antiques & Médailles, & dans les grotesques & les ornemens de l’Architecture & de la Peinture.
■ Chevaux, au pluriel, se prend quelquefois pour des gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied, & de six mille chevaux. Un Capitaine de chevaux. Un détachement de mille chevaux. On dit Vingt & un chevaux, & non pas vingt & un cheval. On donne en Astronomie le nom de Petit cheval à une constellation de l’hémisphère septentrional.
■ Chevau-legers, se disoit autrefois des Cavaliers légérement armés, & dont les chevaux étoient sans armure, à la différence des Gendarmes qui étoient pesamment armés, & qui avoient des chevaux bardés & caparaçonnés. Présentement ce mot n’est en usage qu’en parlant de quelques Compagnies d’Ordonnance. Les Chevau-Legers de la garde du Roi. Les Chevau-Legers de la Reine. On dit aussi, Un Chevau-Leger, au singulier.
Animal à quatre pieds, qui hennit, propre à porter et à tirer. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, cap de more, alezan brûlé, bai, bai-brun, bai-clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe-de-lait, pie, tigre, zain, etc. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier, cheval hongre. Cheval neuf, cheval fait, cheval de service. Cheval ramassé, bien jointé. Cheval fort de devant. Cheval bégu, Cheval chargé d’encolure, chargé de ganache. Cheval refait, maquignonné. Cheval de charette, de charrue, de harnois, cheval de carrosse, cheval de main, cheval à deux mains, cheval de bât, de somme ou de charge, cheval de chasse-marée, cheval de bagage, cheval de selle, de poste, de relais. Cheval de renvoi, de louage. Cheval de pays, cheval d’Espagne genet, cheval de Naples. Cheval de race, cheval de suite, d’arquebuse, d’escadron, d’attelage, cheval de parade. Cheval de Barbarie barbe, cheval Turc, cheval Anglois, cheval Breton, cheval Normand, etc. Cheval pesant, léger à la main. Cheval hardi, noble, courageux, brave, vite. Cheval fin, cheval de grand prix, cheval d’amble, de pas, cheval fougueux, cheval fâcheux au montoir, doux au montoir, cheval rude sur l’arrêt. Cheval de bataille, cheval bardé, caparaçonné. Cheval de manége, cheval adroit, cheval doux, docile. Cheval qui se défend contre l’Écuyer. Cheval orillard, cheval maigre, efflanqué, effilé, cheval jarreté, encastelé. Cheval ensellé. Cheval trop haut monté, trop haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, morveux, courbatu, gras fondu, morfondu, fourbu. Cheval lunatique, cheval fou. Cheval rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval tendre aux mouches, dur à l’éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue. Cheval désespéré de bouche, cheval couronné. Ce cheval prendra trois ans aux herbes. Ce cheval a rasé, il ne marque plus. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval a été trois mois sur la litière. Ce cheval tire bien, il est franc du collier. La bouche d’un cheval. Ce cheval a la bouche bonne, forte, gâtée, égarée. Avoir un bon cheval entre ses jambes. Aller à cheval, monter à cheval, descendre de cheval. Homme de cheval. Brider, emboucher un cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galoper un cheval. Allons, à cheval. Il embrasse bien un cheval. Tenir un cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride. Outrer, désespérer un cheval. Ce cheval se bride bien, se ramène bien, tourne bien. Être bien à cheval. Monter, exercer, piquer, travailler un cheval. Dompter, réduire un cheval. Cet Écuyer connoît bien la portée d’un cheval. Combattre à cheval. Sonner l’à cheval. Combat à cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Son cheval l’a emporté. Enclouer un cheval. Abattre un cheval pour le ferrer. p. 235On dit, Débourrer, commencer un cheval, pour dire, Le mettre au pilier, entre deux piliers, le dresser à toutes sortes d’airs et de manéges. On appelle Bon homme de cheval, Un homme qui sait bien manier un cheval ; et Bel homme de cheval, Un homme qui a bonne grâce à cheval. On dit, Monter à cheval, pour dire, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Et on dit dans ce même sens, C’est un tel Écuyer qui a mis ce Prince à cheval. Tirer à quatre chevaux, C’est attacher un cheval à chaque bras et à chaque jambe d’un criminel, et les faire tirer chacun de son côté en même temps pour l’écarteler. On ne tire à quatre chevaux que les criminels de lèse-Majesté au premier chef.
■ Cheval fondu. Sorte de jeu ou plusieurs enfans sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux qui se tient courbé en forme de cheval.
■ Étre à cheval, se dit non-seulement d’Un homme monté sur un cheval, mais aussi de celui qui est monté sur quelque autre animal, et même d’une personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, etc. On dit figurément et proverbialem. Être à cheval sur sa grandeur, pour dire, Avoir la morgue de la grandeur. On dit en termes de Guerre, Être à cheval sur une rivière, pour dire, Avoir des troupes sur l’une et sur l’autre rive. On dit proverbialement et figurém. qu’Un homme est mal à cheval, pour dire, qu’Il est mal dans ses affaires ; et, Chercher quelqu’un à pied et à cheval, pour dire, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. On dit figurément, Une fièvre de cheval, pour dire, Une fièvre violente ; et, Une médecine de cheval, pour dire, Une médecine très-forte. On dit proverbialement, que L’œil du maître engraisse le cheval, pour dire que Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il se dit aussi figurément pour signifier, que Quand un maître prend lui-même soin de ses affaires, tout en va mieux. On dit proverbialement et figurém. Jamais bon cheval ne devint rosse, Lorsqu’on parle d’une personne qui conserve jusqu’a la dernière vieillesse la vigueur et l’esprit qu’il avoit en sa jeunesse ; et on dit au contraire, Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. On dit proverbialement et figurém. Après bon vin, bon cheval, pour dire, qu’Un homme qui a bien repu, en fait mieux aller son cheval. On dit proverbialement et figurém. Il n’est si bon cheval qui ne bronche, pour dire, qu’Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelque faute. On dit proverbialement et figurém. Monter sur ses grands chevaux, pour dire, Se mettre en colère, parler d’un ton de voix fier et élevé. On dit proverbialement, À cheval donné, on ne regarde point la bouche, pour dire, qu’Il ne faut pas trouver à redire à un présent que l’on nous fait. On dit proverbialement et figurém. d’Une chose, ou d’un raisonnement dont quelqu’un s’appuie fortement, et auquel il revient toujours, que C’est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille. On dit proverbialement et figurém. Changer son cheval borgne contre un aveugle, pour dire, Se défaire d’une mauvaise chose pour une pire. On dit proverbialement, De femmes et de chevaux, il n’en est point sans défaut. On dit proverbialement et figurém. d’Un homme qui ne s’étonne point de ce qu’on lui dit, des menaces qu’on lui fait, Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne point pour le bruit. On dit figurément d’Un homme stupide, grossier, brutal, que C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bât. On dit d’Un homme qu’on charge de toutes les affaires difficiles, fatigantes, d’une maison, d’une société, qu’Il est le cheval de bât. On dit proverbialement, Jamais bon cheval, ni méchant homme, n’amenda pour aller à Rome. On dit figurément et proverbialem. Qui aura de beaux chevaux, si ce n’est le Roi ? pour dire, qu’Il n’est pas étonnant qu’un homme riche ait de beaux meubles, une bonne table, etc. On dit figurém. d’Un jeune homme qui est emporté, et qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline, que C’est un cheval échappé. On dit figurément et familièrement, Brider son cheval par la queue, pour dire, Commencer une affaire par où l’on devroit la finir. On dit figurément et proverbialem. Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête, pour dire, Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement. On dit proverbialement et figurém. qu’Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, pour dire, qu’Il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. On dit proverbialement, qu’Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. On dit proverbialement et figurém. Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, pour dire, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, et qu’il n’en est plus temps. On dit familièrement, Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, pour dire, Lui écrire avec hauteur, avec menace.
■ Cheval de bois, se dit d’Une figure de bois qui est à peu près faite à la ressemblance d’un cheval, et sur laquelle on apprend à voltiger.
■ Cheval de bois, est aussi une pièce de bois sur des tréteaux, laquelle est taillée en arête, ayant une tête de cheval. On s’en sert pour punir quelquefois des Soldats. Ce soldat avoit fait une faute, on l’a mis sur le cheval de bois où il a été trois heures.
■ Cheval de frise, se dit en termes de Guerre, d’Une grosse pièce de bois traversée de longues pointes qu’elle présente de tous côtés. On met les chevaux de frise à une brèche pour arrêter les assiégeans. L’infanterie se sert aussi de Chevaux de frise plus légers en campagne, pour arrêter la Cavalerie.
■ Cheval marin, est un cheval fabuleux, que l’on représente ayant le devant d’un cheval et le derrière d’un poisson, tel qu’on en voit en quelques Antiques et Médailles, et dans les grotesques et les ornemens de l’Architecture et de la Peinture.
■ Chevaux, au pluriel, se prend quelquefois pour Des gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied, et de six mille chevaux. Un Capitaine de chevaux. Un détachement de mille chevaux. On dit Vingt et un chevaux, et non vingt et un cheval. On donne en Astronomie le nom de Petit cheval à une constellation de l’hémisphère septentrional.
■ Chevau-légers, se disoit autrefois des Cavaliers légèrement armés, et dont les chevaux étoient sans armure, â la différence des Gendarmes, qui étoient pesamment armés, et qui avoient des chevaux bardés et caparaçonnés. Présentement ce mot n’est en usage qu’en parlant de quelques Compagnies d’Ordonnance. Les Chevau-Légers de la garde du Roi. Les Chevau-Légers de la Reine. On disoit aussi, Un Chevau-Léger, au singulier.
Animal qu’on emploie à porter et à tirer, que l’homme monte, et dont il se sert en voyage, à la chasse, à la guerre, etc. Cheval sauvage. Cheval domestique. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, cap de more, alezan, alezan brûlé, bai, bai brun, bai clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain, etc. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier. Cheval hongre. Cheval neuf. Cheval fait. Cheval ramassé. Cheval fort de devant. Cheval bégu. Cheval maquignonné. Cheval de service. Cheval de charrette, de charrue, de harnais. Cheval de carrosse, de cabriolet. Cheval de main. Cheval à deux mains. Cheval de bât, de somme de charge. Cheval de bagage. Cheval de selle, de poste, de relais. Cheval d’escadron, d’attelage, de trait. Cheval de parade. Cheval de renvoi, de louage. Cheval de bataille. Cheval bardé, caparaçonné. Cheval de manége. Cheval de race. Cheval d’Espagne, Genet. Cheval de Barbarie, Barbe. Cheval turc. Cheval anglais. Cheval arabe. Cheval breton. Cheval normand. Cheval fin. Cheval de grand prix. Cheval d’amble, de pas. Cheval oreillard. Cheval maigre, efflanqué. Cheval couronné. Cheval trop haut monté, trop haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, morveux, courbatu, fourbu. Cheval pesant, léger à la main. Cheval hardi, courageux, brave, vite. Cheval fougueux. Cheval fâcheux au montoir, doux au montoir. Cheval rude sur l’arrêt. Cheval doux, docile. Cheval lunatique. Cheval fou. Cheval rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval tendre aux mouches, dur à l’éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend contre l’écuyer. La bouche, les jambes d’un cheval. Ce cheval a la bouche bonne, forte, gâtée, égarée. Ce cheval prendra trois ans aux herbes. Ce cheval ne marque plus. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d’un cheval. Seller, brider un cheval. Ce cheval a été trois mois sur la litière. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de cheval. Savoir se tenir à cheval. Être à cheval. Être bien, être mal à cheval. Homme de cheval. Les allures du cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galoper un cheval. Faire une partie de cheval. Promenade à cheval. Allons, à cheval. Tenir un cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride. Outrer, désespérer un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval s’emporte. Son cheval l’a emporté. Monter, exercer, dresser, travailler un cheval. Débourrer, commencer un cheval. Dompter, réduire un cheval. Combattre à cheval. Combat à cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Charger un cheval. Mettre les chevaux à la voiture. Il était dans une voiture à six chevaux. Atteler des chevaux à une charrette. Ce cheval tire bien, il est franc du collier. Cette machine à vapeur est de la force de vingt, de trente chevaux. Courses de chevaux. Ce cheval a remporté le prix de la course. Bon homme de cheval, Homme qui sait bien manier un cheval. Bel homme de cheval, Homme qui a bonne grâce à cheval. Monter à cheval, signifie quelquefois, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Mettre quelqu’un à cheval, Lui enseigner l’équitation. C’est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. Aux enseignes des hôtelleries, on met ordinairement, Un tel loge à pied et à cheval, ou Bon logis à pied et à cheval, pour indiquer qu’on y reçoit les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval. Prov., Après bon vin, bon cheval, Quand p. 309on a un peu bu, on fait aller son cheval meilleur train ; et, figurément, Quand on a un peu bu, on est plus hardi. Prov., L’œil du maître engraisse le cheval, Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie aussi figurément, Quand on surveille soi-même ses affaires, elles en vont mieux. Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Médecine de cheval, comme pour un cheval, Médecine très-forte. Prov., Jamais cheval ni méchant homme n’amenda pour aller à Rome, On ne se corrige pas de ses vices en voyageant. Prov. et fig., Chercher quelqu’un à pied et à cheval, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse, Il n’y a point d’homme si robuste, si vigoureux, ou d’un esprit si fort, qui ne s’affaiblisse par l’âge. On dit dans un sens contraire, Jamais bon cheval ne devint rosse. Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne bronche, Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelquefois des fautes, qui ne se trompe quelquefois. Prov. et fig., À cheval donné, on ne regarde point à la bouche ou à la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier. Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle, Changer, par méprise, une chose défectueuse contre une autre plus défectueuse encore. Fig. et fam., C’est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille, se dit De la chose dont quelqu’un s’appuie le plus fortement. Cet argument est son cheval de bataille. Il en fait son cheval de bataille. Prov. et fig., Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne pas du bruit, se dit D’un homme qui ne s’effraye pas des menaces, qui ne s’émeut pas de ce qu’on lui dit, soit pour l’intimider, soit pour l’embarrasser. Fig. et fam., C’est un cheval pour le travail, C’est un homme qui travaille beaucoup. Fig. et fam., C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bât, se dit D’un homme stupide, grossier, brutal. Fig. et fam., C’est le cheval de bât, se dit D’un homme chargé dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne que les autres refusent. Fig. et fam., C’est un cheval échappé, se dit D’un jeune homme qui est emporté, et qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline. Prov. et fig., Qui aura de beaux chevaux si ce n’est le roi ? Il n’est pas étonnant qu’un homme riche et puissant ait quelque chose de rare, de magnifique, etc. Prov. et fig., Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête, Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement. Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S’y prendre maladroitement et à contre sens dans une affaire. Prov. et fig., Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, Il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. Prov. et fig., Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride, On souffre volontairement beaucoup de petites incommodités, quand on a le moyen de s’en délivrer aussitôt qu’on le veut. Prov. et fig., Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, quand il n’est plus temps de l’éviter. Prov. et fig., Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, Lui écrire avec hauteur, avec menace. Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec hauteur, mettre de la fierté, de la sévérité dans ses paroles. Prov. et fig., Être mal à cheval, Être mal dans ses affaires. Être à cheval, se dit, par extension, De celui qui est monté sur quelque autre animal qu’un cheval, et même D’une personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, etc. Il était à cheval sur le haut du mur. Cet enfant courait par la chambre, à cheval sur un bâton. Fig. et fam., Être à cheval sur quelque chose, S’en prévaloir, ou N’en pas démordre, y revenir sans cesse. Il est à cheval sur sa naissance, sur sa noblesse, etc. Il est toujours à cheval sur sa doctrine, sur telle opinion, etc. En termes de Guerre, Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, se dit D’une armée qui a des troupes sur l’une et sur l’autre rive d’un fleuve, etc. On dit dans un sens analogue, Être, se mettre à cheval sur une route. Tirer un criminel à quatre chevaux, Écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval, et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps. Autrefois on tirait à quatre chevaux les criminels de lèse-majesté au premier chef. Cheval marin, Animal fabuleux, qu’on représente ayant le devant d’un cheval et le derrière d’un poisson, tel qu’on en voit sur certaines médailles, et dans certains ornements d’architecture et de peinture. Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux, qui se tient courbé, dans l’attitude d’un cheval. Jouer au cheval fondu. Cheval de bois, Figure de bois qui ressemble à peu près à un cheval, et sur laquelle on apprend à voltiger. Il s’est dit aussi d’Une pièce de bois placée sur des tréteaux, et taillée en arête, dont on se servait autrefois pour punir des soldats. Ce soldat avait fait une faute ; on le mit sur le cheval de bois, où il resta trois heures. En termes de Guerre, Cheval de frise, Grosse pièce de bois longue de dix à douze pieds, traversée en sens divers par des pieux pointus et ferrés aux extrémités, pour défendre une brèche, ou pour couvrir un bataillon contre la cavalerie. Mettre des chevaux de frise à une brèche pour arrêter les assiégeants. En Astron., Petit Cheval, Constellation de l’hémisphère septentrional.
■ Chevaux, au pluriel, se dit quelquefois de Gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied, et de six mille chevaux. Un détachement de mille chevaux. Vingt et un chevaux. Chevaux-légers. Voyez Chevau-légers.
Animal qu’on emploie à porter et à tirer, que l’homme monte, et dont il se sert en voyage, à la chasse, à la guerre, etc. Cheval sauvage. Cheval domestique. Cheval noir, blanc, gris pommelé, gris moucheté, truité, cap de more, alezan, alezan brûlé, bai, bai brun, bai clair, isabelle, rubican, rouan, poil de souris, soupe de lait, pie, tigre, zain, etc. Cheval bien marqué, mal marqué. Cheval entier. Cheval hongre. Cheval neuf. Cheval fait. Cheval ramassé. Cheval fort de devant. Cheval bégu. Cheval maquignonné. Cheval de service. Cheval de charrette, de charrue, de harnais. Cheval de carrosse, de cabriolet. Cheval de fiacre. Cheval de main. Cheval à deux mains. Cheval de bât, de somme de charge. Cheval de bagage. Cheval de selle, de poste, de relais. Cheval d’escadron, d’attelage, de trait. Cheval de parade. Cheval bardé, caparaçonné. Cheval de manège. Cheval de course. Des chevaux de remonte. Cheval de bataille. Cheval de pur sang. Cheval de race. Cheval d’Espagne Genet. Cheval de Barbarie Barbe. Cheval turc. Cheval anglais. Cheval arabe. Cheval breton. Cheval normand. Cheval fin. Cheval de grand prix. Cheval d’amble, de pas. Cheval oreillard. Cheval maigre, efflanqué. Cheval couronné. Cheval trop haut monté, trop haut jointé. Cheval bas de devant. Cheval poussif, corneur, morveux, courbatu, fourbu. Cheval pesant, léger à la main. Cheval hardi, courageux, brave, vite. Cheval fougueux. Cheval fâcheux au montoir, doux au montoir. Cheval rude sur l’arrêt. Cheval doux, docile. Cheval lunatique. Cheval fou. Cheval rétif, quinteux, fantasque, malicieux, ombrageux. Cheval tendre aux mouches, dur à l’éperon. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend contre l’écuyer. La bouche, les jambes, le garrot, la croupe, l’encolure, la robe d’un cheval. Le pied d’un cheval. Recevoir un coup de pied de cheval. Le hennissement d’un cheval. Ce cheval a la bouche bonne, forte, gâtée, égarée. Ce cheval prendra trois ans aux herbes. Ce cheval ne marque plus. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d’un cheval. Seller, brider un cheval. Ce cheval a été trois mois sur la litière. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de cheval. Savoir se tenir à cheval. Être à cheval. Être bien, être mal à cheval. Un régiment de chasseurs à cheval. Homme de cheval. Les allures du cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Courir, galoper un cheval. Faire une partie de cheval. Promenade à cheval. Tomber, faire une chute de cheval. Allons, à cheval ! Tenir un cheval en haleine. Pousser un cheval à toute bride, le lancer à fond de train. Outrer, désespérer un cheval. Mettre un cheval sur les dents. Ce cheval s’emporte, prend le mors aux dents. Son cheval l’a emporté. Monter, exercer, dresser, travailler un cheval. Débourrer, commencer un cheval. Dompter, réduire un cheval. Éperonner un cheval, lui faire sentir les éperons. Combattre à cheval. Combat à cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Charger un cheval. Mettre les chevaux à la voiture. Il était dans une voiture à six chevaux. Atteler des chevaux à une charrette. Ce cheval tire bien, il est franc du collier. Cette machine à vapeur est de la force de vingt, de trente chevaux. Courses de chevaux. Ce cheval a remporté le prix de la course. Viande de cheval. Manger du cheval. Bon homme de cheval, Homme qui sait bien manier un cheval. Bel homme de cheval, Homme qui a bonne grâce à cheval. À cheval ! se dit elliptiquement pour Montez à cheval. À cheval, messieurs, à cheval ! Monter à cheval, signifie quelquefois, Se promener à cheval, prendre l’exercice du cheval. Monter à cheval, signifie aussi, Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Mettre quelqu’un à cheval, Lui enseigner l’équitation. C’est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. Aux enseignes des hôtelleries, on met ordinairement, Un tel loge à pied et à cheval, ou Bon logis à pied et à cheval, pour indiquer qu’on y reçoit les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval. Prov., Après bon vin, bon cheval, Quand on a un peu bu, on fait aller son cheval meilleur train ; et, figurément, Quand on a un peu bu, on est plus hardi. Prov., L’œil du maître engraisse le cheval, Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie aussi, figurément, Quand on surveille soi-même ses affaires, elles en vont mieux. Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Médecine de cheval, comme pour un cheval, Médecine très forte. Prov., Jamais cheval ni méchant homme n’amenda pour aller à Rome, On ne se corrige pas de ses vices en voyageant. Prov. et fig., Chercher quelqu’un à pied et à cheval, Faire toutes les diligences possibles pour le trouver. Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse, Il n’y a point d’homme si robuste, si vigoureux, ou d’un esprit si fort, qui ne s’affaiblisse par l’âge. On dit dans un sens contraire, Jamais bon cheval ne devint rosse. Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne bronche, Il n’y a point d’homme si sage, si habile, qui ne fasse quelquefois des fautes, qui ne se trompe quelquefois. Prov. et fig., À cheval donné, on ne regarde point à la bouche ou à la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier. Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle, Changer, par méprise, une chose défectueuse contre une autre plus défectueuse encore. Fig. et fam., C’est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille, se dit De la chose dont quelqu’un s’appuie le plus fortement. Cet argument est son cheval de bataille. Il en fait son cheval de bataille. Prov. et fig., Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne pas du bruit, se dit D’un homme qui ne s’effraye pas des menaces, qui ne s’émeut pas de ce qu’on lui dit, soit pour l’intimider, soit pour l’embarrasser. Fig. et fam., C’est un cheval pour le travail, p. 302C’est un homme qui travaille beaucoup. Fig. et fam., C’est un cheval, un gros cheval, un cheval de carrosse, un cheval de bât, se dit D’un homme stupide, grossier, brutal. Fig. et fam., C’est le cheval de bât, se dit D’un homme chargé dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne que les autres refusent. Fig. et fam., C’est un cheval échappé, se dit D’un jeune homme qui est emporté, et qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline. Prov. et fig., Qui aura de beaux chevaux si ce n’est le roi ? Il n’est pas étonnant qu’un homme riche et puissant ait quelque chose de rare, de magnifique, etc. Prov. et fig., Je lui ferai voir que son cheval n’est qu’une bête, Je lui ferai voir qu’il se trompe lourdement. Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S’y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire. Prov. et fig., Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, Il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. Prov. et fig., Il est bien aisé d’aller à pied, quand on tient un cheval par la bride, On souffre volontairement beaucoup de petites incommodités, quand on a le moyen de s’en délivrer aussitôt qu’on le veut. Prov. et fig., Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, quand il n’est plus temps de l’éviter. Prov. et fig., Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, Lui écrire avec hauteur, avec menace. Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec hauteur, mettre de la fierté, de la sévérité dans ses paroles. Prov. et fig., Trouver sous le pas d’un cheval, Trouver facilement, sans peine. Croit-il que mille écus se trouvent ainsi sous le pas d’un cheval ? Prov. et fig., Être mal à cheval, Être mal dans ses affaires. Être à cheval, se dit, par extension, De celui qui est monté sur quelque autre animal qu’un cheval, et même D’une personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, etc. Il était à cheval sur le haut du mur. Cet enfant courait par la chambre, à cheval sur un bâton. Fig. et fam., Être à cheval sur quelque chose, S’en prévaloir, y tenir rigoureusement, ou N’en pas démordre, y revenir sans cesse. Il est à cheval sur sa naissance, sur sa noblesse, etc. Il est toujours à cheval sur sa doctrine, sur telle opinion, sur le règlement, sur la discipline, sur les grands principes, etc. En termes de Guerre, Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, se dit D’une armée qui a des troupes sur l’une et sur l’autre rive d’un fleuve, etc. On dit dans un sens analogue, Être, se mettre à cheval sur une route. Tirer un criminel à quatre chevaux, Écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval, et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps. Autrefois on tirait à quatre chevaux les criminels de lèse-majesté au premier chef. Cheval marin, Animal fabuleux, qu’on représente ayant le devant d’un cheval et le derrière d’un poisson, tel qu’on en voit sur certaines médailles, et dans certains ornements d’architecture et de peinture. Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux, qui se tient courbé, dans l’attitude d’un cheval. Jouer au cheval fondu. Cheval de bois, Figure de bois qui ressemble à peu près à un cheval, et sur laquelle on apprend à voltiger. Il s’est dit aussi d’Une pièce de bois placée sur des tréteaux, et taillée en arête, dont on se servait autrefois pour punir des soldats. Ce soldat avait fait une faute ; on le mit sur le cheval de bois, où il resta trois heures. Le cheval de Troie, Vaste cheval de bois, où se cachèrent et d’où sortirent, à la faveur de la nuit, les Grecs qui saccagèrent la ville de Troie. En termes de Guerre, Cheval de frise, Grosse pièce de bois longue de dix à douze pieds, traversée en sens divers par des pieux pointus et ferrés aux extrémités, pour défendre une brèche, ou pour couvrir un bataillon contre la cavalerie. Mettre des chevaux de frise à une brèche pour arrêter les assiégeants. En termes de Mécanique, Cheval-vapeur, ou simplement Cheval, Unité conventionnelle employée pour évaluer la puissance motrice des machines à vapeur, et représentant la force capable d’élever par seconde un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d’un mètre. Une machine à vapeur de dix chevaux, de vingt chevaux. En Astron., Petit Cheval, Constellation de l’hémisphère septentrional.
■ Chevaux, au pluriel, se dit quelquefois de Gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes à pied, et de six mille chevaux. Un détachement de mille chevaux. Vingt et un chevaux. Chevaux-légers. Voyez Chevau-légers.
Quadrupède domestique de la famille des Solipèdes qui, comme l’âne et le mulet, sert de bête de trait et de somme mais qui plus qu’eux sert de monture. Cheval p. 231entier. Cheval hongre. Cheval de charrette, de charrue, de harnais. Cheval de fiacre. Cheval de selle, d’attelage, de trait. Cheval de manège. Cheval de course. Cheval de pur sang, de demi-sang. Cheval de race. Cheval vicieux, qui mord, qui rue, qui se défend. La bouche, les jambes, le garrot, la croupe, l’encolure, la robe d’un cheval. Recevoir un coup de pied de cheval. Le hennissement d’un cheval. Ce cheval a la bouche dure, sensible, gâtée. Panser, étriller, frotter un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. La bride, la selle, le harnais d’un cheval. Seller, brider, harnacher un cheval. Aller à cheval. Monter à cheval. Descendre de cheval. Les allures du cheval. Mettre un cheval au pas, au trot, au galop. Faire une partie de cheval. Promenade à cheval. Tomber de cheval, faire une chute de cheval. Pousser un cheval à toute bride, le lancer à fond de train. Ce cheval s’emporte, prend le mors aux dents. Monter, exercer, dresser un cheval. Éperonner un cheval. Son cheval s’abattit sous lui, tomba les quatre fers en l’air. Mettre les chevaux à la voiture. Course de chevaux. Viande de cheval. Manger du cheval. Homme de cheval, Homme qui s’intéresse à ce qui concerne le cheval, et qui s’y connaît. À cheval ! se dit elliptiquement pour Montez à cheval. À cheval, messieurs, à cheval. Monter à cheval signifie Se promener à cheval. Il signifie aussi Apprendre à monter à cheval. Il a monté à cheval sous un tel. Mettre quelqu’un à cheval, Lui enseigner l’équitation. C’est tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. Aux enseignes des hôtelleries, on mettait ordinairement Un tel loge à pied et à cheval, pour indiquer qu’on y recevait les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval. Défier quelqu’un à pied et à cheval, Le défier dans n’importe quelle lutte, sous n’importe quelles conditions. Prov., L’œil du maître engraisse le cheval, Quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin. Il signifie aussi figurément Quand on surveille soi-même ses affaires, elles en vont mieux. Fig. et fam., Fièvre de cheval, Fièvre violente. Remède de cheval, comme pour un cheval, Médecine très forte. Prov. et fig., Il n’est si bon cheval qui ne bronche. Voyez Broncher. Prov. et fig., À cheval donné, on ne regarde pas la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier pour quelques détails qui y sont défectueux. Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle. Voyez Aveugle. Fig. et fam., C’est son cheval de bataille, son grand cheval de bataille. Voyez Bataille. Prov. et fam. Il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne pas du bruit, se dit de Quelqu’un qui ne s’effraie pas des menaces, qui ne s’émeut pas de ce qu’on lui dit, soit pour l’intimider, soit pour l’embarrasser. Fig. et fam., C’est un cheval pour le travail, C’est un homme qui travaille beaucoup. Fig. et fam., C’est un cheval échappé, se dit d’un Jeune homme qui est emporté et qui se soustrait à l’obéissance, à la discipline. Prov. et fig., Brider son cheval par la queue, S’y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire. Prov. et fig., Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, Il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. Fig. et fam., Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, Lui écrire avec hauteur, avec menace. Prov. et fig., Monter sur ses grands chevaux, Prendre les choses avec hauteur, mettre de la fierté, de la sévérité dans ses paroles. Fig., Trouver sous le pas, dans le pas d’un cheval, Trouver facilement, sans peine. Croit-il qu’une telle somme se trouve sous le pas d’un cheval ? Être à cheval, se dit, par extension, de Celui qui est monté sur quelque autre animal qu’un cheval, et même d’une Personne qui se tient jambe deçà, jambe delà, sur une poutre, sur une muraille, etc. Il était à cheval sur le haut du mur. Cet enfant courait par la chambre, à cheval sur un bâton. Fig. et fam., Être à cheval sur quelque chose, S’en prévaloir, y tenir rigoureusement, ou N’en pas démordre, y revenir sans cesse. Il est à cheval sur sa naissance, sur sa noblesse, etc. Il est toujours à cheval sur sa doctrine, sur telle opinion, sur le règlement, sur la discipline, sur les grands principes, etc. En termes de Guerre, Être à cheval sur un fleuve, sur une rivière, se dit d’une Armée qui a des troupes sur l’une et sur l’autre rive d’un fleuve, etc. On dit dans un sens analogue Être, se mettre à cheval sur une route. Tirer un criminel à quatre chevaux signifiait Écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps. Fam., Cheval de retour, Récidiviste. Cheval marin, Animal fabuleux, qu’on représente ayant le devant d’un cheval et le derrière d’un poisson, tel qu’on en voit sur certaines médailles et dans certains ornements d’architecture et de peinture. Cheval fondu, Sorte de jeu où plusieurs enfants sautent l’un après l’autre sur le dos d’un d’entre eux, qui se tient courbé, dans l’attitude d’un cheval. Jouer au cheval fondu. Cheval de bois, en termes de Gymnastique, Figure de bois qui ressemble à peu près à un cheval et sur laquelle on apprend à voltiger. Chevaux de bois, Figures de bois représentant des chevaux, qui tournent mécaniquement autour d’un axe et sur lesquelles on monte pour se divertir. Manège de chevaux de bois. En termes de Guerre, Cheval de frise. Voyez Frise. En termes de Mécanique, Cheval vapeur, ou simplement Cheval, Unité conventionnelle employée pour évaluer la puissance motrice des machines à vapeur, des moteurs, et représentant la force capable d’élever par seconde un poids de 75 kilogrammes à la hauteur d’un mètre. Une machine à vapeur de dix chevaux, de vingt chevaux. Une automobile de dix chevaux, ou par ellipse Une dix chevaux.
■ Chevaux, au pluriel, se dit quelquefois de Gens de guerre à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied et de six mille chevaux. Un détachement de mille chevaux.
xiie siècle. Du latin caballus, « rosse », puis « cheval hongre » et « cheval de travail ».
1. Grand mammifère périssodactyle, de la famille des Équidés, habituellement domestiqué et employé comme monture ou comme bête de trait, de somme. Cheval de labour, de trait, d’attelage. Un cheval de poste (vieilli). Cheval de manège, de selle, de course, de cirque. Un cheval de guerre. Un cheval de bataille. Le cheval blanc d’Henri IV. Un cheval côtier, voir Côtier. Cheval anglais, arabe, persan, etc. Les chevaux de Camargue. Un cheval de pur sang ou, elliptiquement, un pur-sang, voir ce mot. Un cheval de demi-sang ou, elliptiquement, un demi-sang, voir ce mot. Cheval entier, ou étalon, par opposition à Cheval hongre. La bouche, l’encolure, la crinière, la croupe, les jambes, le garrot d’un cheval. Le hennissement du cheval. Un cheval à la robe baie, isabelle. Ce cheval a la bouche dure, sensible, gâtée. Un cheval qui botte, rue, mord, se cabre. Un coup de pied de cheval. Un cheval qui bronche. Élever, dresser des chevaux. Un marchand de chevaux. Le palefrenier panse, étrille, bouchonne les chevaux. Passer le mors, la bride, le harnais à un cheval. Seller, brider, harnacher un cheval. Ferrer, déferrer un cheval. Un fer à cheval. Atteler le cheval à la charrue. Mettre un cheval à la voiture. Le coche était tiré par six forts chevaux. Cheval en arbalète, voir Arbalète. Cheval de flèche, voir Flèche I. Monter un cheval à cru, en amazone. Éperonner son cheval. Mettre son cheval au pas, au trot, au galop. Tomber de cheval, faire une chute de cheval. Pousser un cheval à toute bride, lancer un cheval à fond de train. Ce cheval s’emporte, prend le mors aux dents, s’emballe. Son cheval tomba les quatre fers en l’air. Une course de chevaux. Parier, miser sur un cheval. Jouer le bon, le mauvais cheval. Fig. et pop. Il a joué, misé sur le mauvais cheval, il a fait un mauvais choix. ▪ Spécialement. Anciennement. Tirer un criminel à quatre chevaux, l’écarteler. boucherie. De la viande de cheval. Un bifteck de cheval. Fig. et pop. Il a mangé du cheval, il déploie une grande énergie.
2. Loc. À cheval, sur le dos de cet animal. Aller, monter à cheval. Faire une promenade à cheval. Elliptiquement. À cheval ! montez à cheval ! Anciennement. Ici on loge à pied et à cheval, enseigne de certaines hôtelleries qui recevaient les voyageurs et leurs montures. Fig. Défier quelqu’un à pied et à cheval, de toutes les manières possibles. Par extension. Être à cheval, être monté à califourchon sur un animal quelconque ou sur un support quelconque. Être à cheval sur un âne. Être à cheval sur un mur, sur une poutre. S’asseoir à cheval sur une chaise. Par analogie. À cheval, de part et d’autre d’une délimitation. L’armée est à cheval sur la frontière. La ville est à cheval sur le fleuve. Fig. et fam. Être à cheval sur quelque chose, y tenir rigoureusement, n’en pas démordre, être très strict sur ce chapitre. Un homme à cheval sur les principes, sur la politesse. Il est très à cheval sur le règlement. Écrire à quelqu’un une lettre à cheval, lui écrire avec hauteur, en termes sévères.
3. Expr. fig. et fam. Avoir une force de cheval, très grande. Travailler comme un cheval, beaucoup. Une fièvre de cheval, très violente. Un remède, un traitement de cheval, très énergique. Brider son cheval par la queue, s’y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire. Changer, troquer son cheval borgne contre un cheval aveugle, éviter un inconvénient pour tomber dans un autre, plus grave. Cela ne se trouve pas sous le pas, sous le pied d’un cheval, cela ne se trouve pas facilement, sans peine. Cheval de bataille, sujet ou argument auquel on revient sans cesse. Monter sur ses grands chevaux, prendre les choses avec hauteur, remettre les gens à leur place. C’est un cheval échappé, une personne jeune et emportée, qui aime se soustraire à l’obéissance, à la discipline. Il est bon cheval de trompette, il ne s’effraie pas du bruit, il ne s’émeut pas de ce que l’on dit pour le menacer, l’intimider ou l’embarrasser (vieilli). Pop. Un cheval de retour, un récidiviste et, par extension, quelqu’un qu’on avait oublié et dont on reparle. ▪ Prov. À cheval donné, on ne regarde pas la bride, on ne regarde pas les dents, il ne faut pas critiquer ce qu’on reçoit en cadeau. Il fait toujours bon tenir son cheval par la bride, il fait bon demeurer maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt. L’œil du maître engraisse le cheval, on a toujours intérêt à surveiller soi-même ses affaires. Il n’existe si bon cheval qui ne bronche, le plus habile se trompe quelquefois.
4. Spécialement. équitation. Aimer le cheval, le sport équestre. Une culotte, des bottes de cheval, celles que portent les cavaliers et les cavalières. Un homme de cheval, qui connaît bien les chevaux et pratique l’équitation. – militaire. Anciennement. Au pluriel et par métonymie. Gens de guerre montés à cheval. Un escadron de deux cents chevaux. Une armée de vingt mille hommes de pied et de six cents chevaux. Un détachement de cent chevaux. – beaux-arts. Représentation figurée de cet animal. Les chevaux de Marly. Les chevaux d’Apollon. Pégase, le cheval ailé. – religion chrétienne. Les chevaux de l’Apocalypse. ▪ Fig. Cheval de Troie, par allusion au cheval de bois dans lequel les guerriers grecs se cachèrent pour pénétrer dans Troie, ruse de guerre permettant de s’introduire par surprise dans une place.
5. Par analogie. Cheval marin, voir Hippocampe. Spécialement. mythologie. Animal fabuleux, dont l’avant est d’un cheval, l’arrière d’un poisson, et qu’on voit représenté sur certaines médailles, dans certains ornements d’architecture, de peinture ou de mosaïque. – coiffure. Queue de cheval, coiffure féminine où les cheveux sont rassemblés assez haut sur la tête par un lien, un ruban, et retombent sur la nuque. – jeux. Cheval à bascule, jouet d’enfant permettant de se balancer d’avant en arrière. Cheval mécanique, que l’enfant fait avancer grâce à une manivelle. Un manège de chevaux de bois. Expr. fig. et fam. Dîner avec les chevaux de bois, se passer de dîner. Le jeu des petits chevaux, jeu de société où l’on fait avancer sur des cases des pions à tête de cheval, selon les points amenés par les dés. – gymnastique. Cheval de bois, gros cylindre de bois, rembourré et recouvert de cuir, utilisé pour l’entraînement des gymnastes. Cheval d’arçons, cheval sur lequel sont fixées deux poignées (on dit aussi, inv., Cheval-arçons). – militaire. Cheval de frise, voir Frise III. – mécanique. Cheval-vapeur ou, elliptiquement, cheval, ancienne unité de puissance qui valait soixante-quinze kilogrammètres par seconde, soit environ sept cent trente-six watts (symbole : ch). Une machine, un moteur de dix chevaux, de vingt chevaux. Par extension. Cheval fiscal, unité, de symbole CV, employée pour établir différentes catégories fiscales de véhicules, et les taxer selon leur puissance. Une voiture de dix chevaux fiscaux ou, elliptiquement, une 10 CV.
Animal amphibie, ressemblant en quelque façon à un cheval. Il se trouve dans le Nil : On l’appelle autrement hippopotame, c’est à dire cheval de riviere. Dents de cheval marin. Cheval marin, est aussi, Un cheval fabuleux, qui a le devant d’un cheval & le derriere d’un poisson, tel qu’on en voit en quelques antiques & medailles, & dans les grotesques & les ornements de l’Architecture & de la Peinture.
Animal amphibie, ressemblant en quelque façon à un cheval. On dit qu’il se trouve dans le Nil. Dents de cheval marin.
■ Cheval marin, Est aussi, Un cheval fabuleux, qui a le devant d’un cheval & le derriere d’un poisson, tel qu’on en voit en quelques Antiques & Medailles, & dans les grotesques & les ornements de l’Architecture & de la Peinture.
Se dit d’une figure de bois qui est à peu prés faite à la ressemblance d’un cheval, & sur laquelle on apprend à voltiger. Cheval de bois, est aussi, Une piece de bois sur des treteaux, laquelle est taillée en arreste, ayant une teste de cheval. On s’en sert pour punir quelques-fois des soldats. Ce soldat avoit fait une faute, en l’a mis sur le cheval de bois où il a esté trois heures.
Se dit d’Une figure de bois qui est à peu prés faite à la ressemblance d’un cheval, & sur laquelle on apprend à voltiger.
■ Cheval de bois, Est aussi Une piece de bois sur des treteaux, laquelle est taillée en areste, ayant une teste de cheval. On s’en sert pour punir quelquefois des soldats. Ce soldat avoit fait une faute, on l’a mis sur le cheval de bois où il a esté trois heures.
Machine de guerre qui est une longue poutre traversée de plusieurs longues pointes, que l’on met dans un chemin, dans un passage pour le boucher, pour arrester les attaquants.
Machine de guerre qui est une grosse piece de bois traversée de longues pointes qu’elle presente de tous costez. On met les chevaux de Frise à une bresche pour arrester les assiegeants. cheveaux de Frise
Nom commun
(Début du XIIe siècle) Du moyen français cheval, de l’ancien français cheval, du latin vulgaire caballum, accusatif singulier de caballus (« cheval »). Ce mot s’imposa très vite dans toute la Romania (aires linguistiques qui allaient donner naissance aux langues romanes) et supplanta le classique equus probablement avant le milieu du IIIe siècle : le roumain cal renvoie évidemment à caballus ; or, la séparation linguistique de la Dacie avec le reste de l’Empire romain date de 271 après J.-C. Au cours du passage du latin au français, la consonne \l\ suivie d’une autre consonne, en l’occurrence le \s\ du pluriel, s’est transformée en \u\. De plus, pour transcrire la finale \us\ de chevaus, on utilisait un signe abréviatif proche de notre ‹ x › mais que les scribes par la suite ont confondu avec le ‹ x › lui-même. Les copistes ont ensuite rétabli le ‹ u › qu’on croyait avoir oublié, pour donner la graphie actuelle : ‹ chevaux ›.
1. (Zoologie) Grand mammifère périssodactyle de la famille des équidés, habituellement domestiqué et employé comme monture ou comme bête de trait, de somme. « Il fut un peu surpris de voir, stationnant sur la grande route, un immense break, dont les chevaux avaient été dételés et emmenés. » — (Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, tome 2, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, page 177) « […] ; sous le hangar, les chevaux, harcelés par les mouches et piqués par les taons, s’ébrouaient […]. » — (Octave Mirbeau, La Bonne, dans Lettres de ma chaumière, 1885) « Accompagné de trois cavaliers, il approchait de Troyes : avec sa monture, il y avait donc quatre chevaux. » — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937) « Nous admirions des choses nouvelles, […]. Des cavaliers à burnous flottant galopaient sur des chevaux merveilleux. » — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 112) « Au Tchad, nous changerons nos chevaux de réquisition (qui sont d’insignes rosses) et nos bêtes de somme contre des chameaux pour continuer notre route dans la zone désertique d'Agadem. » — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 23) « Dès sa première communion, gagé par l’un ou par l’autre, […], il était sans l’avoir appris devenu habile à menuiser, à charronner, à réparer un coutre, à ferrer un cheval. » — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 10) « Le Pourquoi pas, lutte, lutte toujours. Mais déjà les chevaux blancs des Walkyries hennissent dans les rafales. » — (José Gers, Sur la mort du Pourquoi pas ?, France libre, volume 6, 1936)
2. (Par métonymie) (Cuisine) Viande de cet animal. « Il y eut un massacre de chevaux un peu en avant de nous ; nous eûmes des biftecks de cheval, et j’appris alors que la viande d’un cheval blanc n’est pas comestible. Est-ce vrai ? Nul depuis n’a pu m’instruire là-dessus. » — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, page 115) « J’habitais Pétrograd et je déjeunais de coutume à la table de « Conseil des commissaires du peuple de la Commune du Nord », où l’on nous offrait de délicieux bouillons au cheval faisandé. » — (Victor Serge, Portrait de Staline, 1940)
3. (Courant) Appellation courante de cheval-vapeur, puissance mécanique équivalente à 748 watts. « Le curage des vases de la Darse au moyen d’un dragueur à la vapeur de la force de 14 chevaux, a été complet en 1837. » — (Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille, page 370, 1838) « Les locomobiles de la force de 4 à 5 chevaux ont un poids qui atteint déjà 2 000 kilogrammes. » — (Charles Drion et Émile Fernet, Traité de Physique élémentaire, Masson, 1885, note bas de page 325) « La ville exécute aujourd’hui […] une nouvelle installation hydraulique. Cet établissement comprendra 15 turbines à 800 chevaux chacune, soit une force totale de 12 000 chevaux. » — (La Suisse circulaire, Guide Conty, 8e édition, 1894, page 70) « En tirant parti des conditions topographiques, on a pu réaliser une chute de 7 m. à Pouilly et une de 8 m. à Escommes, qui, avec le débit moyen, ont donné environ 21 chevaux de force à Pouilly et 12 à Escommes, soit en totalité 33 chevaux, constamment disponibles. » — (Léonce Louis Vincent Abel Mazoyer, La navigation intérieure: rivières et canaux, volume 1, E. Bernard et Cie, 1902, page 200) « C’était un Bréguet dernier modèle, 12 cylindres, 340 chevaux, 180 kilomètres à l’heure. » — (Jacques Mortane, Missions spéciales, 1933, page 50)
4. (Courant) Cheval fiscal, dont l’abréviation est cv ou CV. « La Citroën Ami 6 était une 3 chevaux. » « La Citroën 2 CV et la Renault 4 CV étaient les voitures populaires des années 1950. »
5. (Argot) Héroïne (drogue). « René Thomas, lui, préférait se « shooter » au cheval (héroïne). » — (Martial Solal, « Mon siècle de jazz », Frémeaux & Associés, 2024, page 48)
6. (Gymnastique) Appareil gymnique, utilisé pour deux agrès différents : le cheval d’arçons et le saut de cheval. Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
7. (Péjoratif) Synonyme parfois utilisé pour désigner une personne, autrefois surtout pour une personne stupide. « Elle est tombée sur un mauvais cheval, sur un bon cheval. »
8. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté de profil et passant. D’argent au cheval cabré de sable, qui est de Renansart de l’Aisne → voir illustration « armoiries avec un cheval »
9. (Jeux) Pièce de certains jeux comme les petits chevaux, et parfois le cavalier aux échecs à cause de la forme de la pièce.
10. Défaut du marbre consistant en une cavité emplie de matière pulvérulente, terreuse. (Note : on dit aussi une cendrure.)
11. (Journalisme) Article commençant au bas de la dernière colonne de la première page d'un journal. « Un cheval est un article commençant dans la dernière colonne, en bas et à droite de la une. » — (Virgile Stark, Les Miscellanées d'un bouquineur, Les Belles Lettres, 2022, #31)
12. (Jeux) Pièce du jeu de shōgi qui constitue la forme promue du fou (« dragon-cheval » en japonais).
13. (Par métonymie) Équitation. « De Raittolbe, sanglé dans un costume de cheval, portant un faux-col d’ordonnance, reniflait de mauvaise grâce. » — (Rachilde, Monsieur Vénus, chapitre 6, 1884) « Celle-ci vint une fois, vers minuit, vêtue d’un complet d’homme, le gardénia à la boutonnière, ses cheveux dissimulés dans une coiffure pleine de frisons, le chapeau haute forme, son chapeau de cheval, très avancé sur son front. » — (Rachilde, Monsieur Vénus, chapitre 7, 1884)
Variantes
choual chual (Terre-Neuve)
Synonymes
Animal (1) : canasson (Familier) (France) carne (France) dada (Familier) (France) gail (Argot) (Vieilli), gaye (Argot) (Rare) la plus belle conquête de l’homme
Vocabulaire apparenté par le sens
🎠 (cheval de carrousel, U+1F3A0) 🏇 (course de chevaux, U+1F3C7) 🐎 (cheval, U+1F40E) 🐴 (tête de cheval, U+1F434) cheval figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : cheval, police, mine (gisement), boucherie, chevalier, xiangqi, bestiaire médiéval, locomotion, héraldique. Grand mammifère (1) Classification : mammifère, ongulé, équidé cavalier destrier équestre équin équitation galop, galoper hipp-, hippo- hippiatre (Désuet) hippique hippisme hippodrome hippologie jument poulain pouliche porte-choux
Dérivés
à cheval à cheval sur acheminer un cheval achevaler antilope cheval arum du cheval mort avec les chevaux de bois boucherie chevaline brider son cheval par la queue (s’y prendre maladroitement et à contresens dans une affaire) changer de cheval au milieu du gué chasseur à cheval Cheval cheval à bascule cheval à deux mains cheval à deux pattes cheval à sang chaud cheval à sang froid cheval à toutes mains cheval à vapeur cheval ailé cheval anglo-arabe cheval appaloosa cheval aquatique cheval arabe cheval ardennais cheval ariégeois cheval Barraquand cheval bâton Cheval-Blanc cheval blanc d’Henri IV cheval breton cheval camarguais cheval camargue cheval canadien cheval carrossier cheval catalan cheval cauchois cheval céleste cheval cob normand cheval colonial espagnol cheval corse cheval Criollo cheval d’arçon cheval d’Auvergne Cheval d’Eau cheval d’Hector (position sexuelle) cheval de bât cheval de bataille cheval de bois Cheval de Bois cheval de boucherie cheval de Bresse cheval de carrousel cheval de chasse cheval de cirque cheval de Corlay cheval de course Cheval de Feu cheval de fiacre cheval de frise cheval de guerre cheval de la course cheval de labour cheval de loisir cheval de manège cheval de main cheval de Megève Cheval de Métal cheval de parade cheval de pelleur, cheval de peleur cheval de plumeur cheval de poste cheval de Przewalski cheval de réforme cheval de remonte cheval de retour cheval de sport cheval de sport brésilien cheval de selle cheval de terre (Marbrerie) Cheval de Terre cheval de tirage cheval de trait cheval de travail cheval de Troie cheval demi-sang cheval des Baléares cheval des forêts cheval des Nez-Percés cheval des rois cheval des steppes cheval domestique cheval du bon dieu cheval du Cap cheval du Don cheval du Morvan cheval du Namib cheval du pauvre cheval du Yunnan cheval du vent cheval du Ventasso cheval du Vercors cheval edelweiss cheval en arbalète cheval espagnol cheval estonien cheval fiscal cheval flamand cheval fondu cheval-garou cheval Gauvin, cheval Gauvain cheval guide d’aveugle cheval jarretier cheval-heure (chh) cheval iakoute cheval ibérique cheval israélien cheval-jupon cheval léger de la montagne cheval letton cheval limousin cheval lorrain cheval lourd cheval marin cheval marin de Chiloé cheval marron cheval miniature cheval miniature américain cheval nain d’Ouessant cheval napolitain cheval navarrais cheval navarrin cheval nivernais cheval normand cheval ondin cheval oriental cheval Pampa cheval percheron cheval péruvien cheval polyvalent cheval proche du sang cheval qui boit dans son blanc cheval sauvage de Mongolie cheval sauvage du Gobi cheval saxon cheval souffleur cheval tarpan cheval turkmène cheval-vapeur chevalgate chevalée chevalement chevaler chevaleresque chevaleresquement chevalerie chevalet chevalier → voir chevalier chevalière chevalin chevaline chevalis chevalot chevau-léger chevauchable chevauchement chevaucher chevaucheur chevauchure chevaux de bois course de cheval course de chevaux cresson de cheval défier à pied et à cheval (défier dans n’importe quelle lutte, sous n’importe quelles conditions) dent-de-cheval deux-chevaux dose de cheval écrire une lettre à cheval (écrire avec hauteur, avec menace) emmerder à pied et à cheval emmerder à pied, à cheval et en voiture enchevalement enchevaler enchevaucher enchevauchure être à cheval être à cheval sur les principes étripe-cheval fer à cheval, fer-à-cheval fève à cheval fièvre de cheval franc à cheval gens de cheval grand fer à cheval grand rhinolophe fer à cheval grenadier à cheval habronémose du cheval joual langue des chevaux (langue allemande) médecine de cheval miser sur le bon cheval miser sur le mauvais cheval monté comme un cheval monter sur ses grands chevaux ne pas se trouver dans le pas d’un cheval ne pas se trouver sous le pas d’un cheval ne pas se trouver sous les sabots d’un cheval œuf à cheval passe-cheval passer à cheval pâté de cheval et d’alouette pelle-à-cheval petit cheval petit-cheval Petit Cheval (astronomie) petits chevaux pied-de-cheval, pied de cheval piquet de chevaux quatre-chevaux queue-de-cheval radis de cheval randonnée à cheval remède de cheval rompre l’eau à un cheval saut de cheval selle à tous chevaux sport à cheval steak à cheval tirer à quatre chevaux (écarteler un criminel, en attachant chacun de ses membres à un cheval et faisant tirer les quatre chevaux chacun de son côté en même temps) tourisme à cheval trois chevaux trompe-cheval troquer son cheval borgne contre un aveugle trouver sous le pas d’un cheval (trouver facilement, sans peine) Versailles du cheval
Proverbes et phrases toutes faites
à cheval donné, on ne regarde pas la bride à cheval donné, on ne regarde pas la denture à cheval donné, on ne regarde point les dents à jeune cheval, vieux cavalier à méchant cheval bon éperon Balzane un, cheval commun (ou de rien) Balzanes deux, cheval de gueux Balzanes trois, cheval de roi Balzanes quatre, cheval à abattre c’est la mort du petit cheval c’est un cheval échappé (il se soustrait à l’obéissance, à la discipline) c’est un cheval pour le travail (c’est un homme qui travaille beaucoup) ce n’est pas la mort du petit cheval il est bon cheval de trompette, il ne s’étonne pas du bruit (il ne s’effraie pas des menaces, qui ne s’émeut pas de ce qu’on lui dit, soit pour l’intimider, soit pour l’embarrasser) il fait toujours bon tenir son cheval par la bride (il fait bon être maître de son bien, d’une affaire où l’on a intérêt) il n’est si bon cheval qui ne bronche il n’y a si bon cheval qui ne bronche j’en parlerai à mon cheval l’âge n’est fait que pour les chevaux l’œil du maitre engraisse le cheval (orthographe rectifiée de 1990) l’œil du maître engraisse le cheval mon royaume pour un cheval on loge à pied et à cheval : Jadis dans les auberges, pour indiquer qu’on y recevait les voyageurs qui vont à pied et ceux qui vont à cheval. on ne change pas les chevaux au milieu du gué un cheval boit la bride
Hyperonymes
équidés (Equidae) Equus
Hyponymes
→ voir Catégorie:Chevaux en français poney (groupes de races de chevaux) cheval de parade cheval de sport cheval de trait cheval de travail cheval polyvalent
nom masculin
1. Mammifère herbivore. Synonyme : bidet, destrier, haquenée, palefroi. – Familier : dada, rosse. – Littéraire : cavale, coursier, rossinante. – Populaire : bourrin, canasson, tocard, toquard. – Vieux : carne, haridelle.
2. Cheval marin, poisson marin à tête chevaline. Synonyme : hippocampe.
Le cheval Écouterⓘ (Equus ferus caballus ou Equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé à sabot unique ; c'est l'une des espèces de la famille des Équidés (Equidae), lesquelles ont évolué, au cours des derniers 45 à 55 millions d'années, à partir d'un petit mammifère possédant plusieurs doigts. À l'état naturel, les chevaux vivent en troupeaux comptant un unique étalon reproducteur. Ils entretiennent des rapports sociaux et comptent sur leur vitesse pour échapper à leurs prédateurs. Dotés d'un bon sens de l'équilibre, d'un fort instinct de fuite et de grandes aptitudes de visualisation spatiale, ils possèdent un trait inhabituel dans le règne animal, étant capables d'entrer en sommeil léger tout en restant debout. Les femelles, nommées juments, mettent bas après onze mois de gestation un petit appelé poulain, capable de se lever et de courir peu de temps après sa naissance.
Le cheval est domestiqué par les humains. Son utilisation se répand à toute l'Eurasie dès la haute Antiquité. Bien que la quasi-totalité des chevaux soient désormais domestiques, il existe des populations de chevaux domestiques retournés à l'état sauvage, dont le cheval de Przewalski. Un vaste vocabulaire spécialisé s'est développé pour décrire les concepts liés au cheval. Ce lexique va de son anatomie et sa morphologie au fil des étapes de sa vie, en passant par sa couleur, ses races, sa locomotion et son comportement. La plupart des chevaux domestiques sont dressés pour l'équitation ou la traction entre deux et quatre ans. Ils atteignent leur plein développement vers cinq ans en moyenne. Leur espérance de vie à la naissance est de vingt-cinq à trente ans.
Depuis des siècles, les chevaux sont au service des êtres humains qui sélectionnent différentes races pour la traction, l'agriculture, la guerre ou la selle. Les chevaux permettent l'essor du commerce et l'expansion de civilisations sur de grandes étendues. Pendant la colonisation européenne des Amériques, l'espèce est réintroduite sur ce continent. Considéré comme « la plus noble conquête de l'Homme », présent dans les mythes, les religions, les encyclopédies et toutes les formes d'art, le cheval est, de tous les animaux, celui qui a le plus marqué l'histoire et les progrès de l'humanité. Des métiers sont liés à son entretien, son commerce et à des activités sportives, hippiques et équestres. Dans la plupart des pays développés, le cheval est désormais monté pour le loisir ou le sport. Il peut être un partenaire de thérapie, et tend à se rapprocher de l'animal de compagnie. Il produit des biens de consommation grâce à sa viande, son lait, son cuir et ses déjections. Dans d'autres pays, le cheval reste indispensable à l'agriculture et au transport. L'entretien de chevaux domestiques demande un matériel particulier et l'attention de spécialistes.
Hippologie
L'hippologie (du grec ἱππος / hippos, « cheval » et λόγος / lógos, « discours ») étudie le cheval dans sa globalité, ce qui comprend le fonctionnement biologique et anatomique, ainsi que le comportement et l'entretien. Le cheval est un mammifère herbivore, membre de la famille des équidés, qui compte aussi l'âne et le zèbre. Il y a controverse quant au statut du cheval domestique, longtemps considéré comme une espèce (Equus caballus) à part entière. Les études plus récentes le voient comme une sous-espèce (Equus ferus caballus) d’Equus ferus.
Les chevaux peuvent être regroupés et classés en fonction de leur race, leur utilisation, leur taille ou leur couleur de robe. La taille d'un cheval varie énormément d'une race à l'autre. Le plus petit cheval miniature reconnu mesure 44,5 cm pour 26 kg et le plus grand, un cheval de trait, 2,19 m pour 1 500 kg. Le poids et la longévité varient de même, les poneys ayant une longévité généralement supérieure aux chevaux. Celle du cheval domestique s'est allongée grâce aux soins prodigués par l'être humain. Il peut vivre de 25 à plus d'une trentaine d'années, bien qu'il commence à décliner physiquement vers l'âge de quinze ans. Le plus vieux cheval connu, Old Billy, est mort à 62 ans.
Le cheval domestique possède 32 paires de chromosomes, contre 33 paires pour le cheval de Przewalski. La séquence complète de son génome a été établie en 2007, quatre ans après celle de l'être humain.
Terminologie
« Cheval » (/ʃəval/, pluriel « chevaux » /ʃəvo/) est un terme générique qui désigne en premier lieu l'espèce ou sous-espèce domestique, ce qui inclut les populations redevenues sauvages comme les mustangs, et le cheval de Przewalski, qui vivait à l'état sauvage jusqu'au XXe siècle, mais qui provient en fait d'une domestication antérieure. Le Tarpan et le Przewalski sont désignés comme des « chevaux ». Une vaste terminologie est utilisée pour désigner les différents types de chevaux. « Jument » est le nom de l'animal adulte femelle, la poulinière est une femelle adulte destinée à la reproduction. Une jument est désignée par l'adjectif primipare quand elle est gestante pour la première fois. L'étalon est un adulte mâle reproducteur et reconnu, l'entier un adulte mâle non castré, le hongre un mâle castré. Le poulain et la pouliche sont les jeunes animaux respectivement mâle et femelle de moins de trois ans. L'anglicisme yearling désigne un jeune cheval d'un an. Le poney est un cheval de petite taille, trapu et vigoureux.
Histoire évolutive
Le cheval est un exemple-phare de la théorie de l'évolution. Les nombreux fossiles retrouvés, dont les plus anciens datent de 60 millions d'années montrent qu'il descend d'un petit mammifère forestier possédant plusieurs doigts, qui s'est ensuite adapté aux plaines et aux steppes en devenant plus grand, et en développant son seul doigt médian comme point d'appui sur les sols durs. L'aboutissement est l'Equus du Pléistocène, toisant environ 1,40 m et se déplaçant sur quatre sabots. Une étude génétique réalisée sur un fragment d'os de cheval vieux d'environ 735 000 ans a permis de dater l'apparition de l'ancêtre commun à tous les Équidés modernes à quatre millions d'années.
Origines du cheval domestique
L'unique théorie admise (notamment par l'archéologie) a longtemps voulu que les différentes races de chevaux domestiques soient le résultat d'un élevage sélectif opéré par l'être humain à partir d'une souche sauvage unique, probablement le Tarpan. La théorie « des quatre lignées fondatrices » postule au contraire que toutes les races de chevaux modernes descendent de quatre à sept sous-espèces, dont le cheval des forêts, le cheval de trait, le cheval oriental et le Tarpan.
Différentes études réalisées à partir d'analyses génétiques ont remis ces idées en question. Celle de Vilà postule que le cheval domestique descend de plusieurs sous-espèces adaptées à différents biotopes avant la domestication, des souches sauvages capturées et domestiquées en différents lieux d'Eurasie. En 2012, le fossé qui perdurait entre l'archéologie et la génétique est en partie comblé. Les premiers chevaux domestiques proviendraient bien de la partie occidentale de la steppe eurasienne (Ukraine, Kazakhstan et Russie) mais les très nombreux repeuplements des troupeaux de chevaux domestiques en juments sauvages ont pu faire croire en l'existence de différents foyers de domestication, tout en multipliant les lignées dans le pool génique du cheval domestique. Une étude en 2019 met en évidence, en plus des deux lignées de chevaux ayant perduré jusqu’à nos jours — les chevaux domestiques modernes et les chevaux de Przewalski —, deux lignées de chevaux aujourd’hui éteintes (une dans la péninsule Ibérique il y a 4 000 ans et une en Sibérie).
En 2021, une étude conduite par les paléogénéticiens du Centre national de la recherche scientifique a résolu l'origine des chevaux domestiques. Auparavant, il y avait beaucoup de troupeaux génétiquement distincts, mais entre 2 000 et 2 200 ans avant notre ère, avec la domestication, la situation a totalement changé. Un profil génétique originaire de la steppe pontique (nord du Caucase) a rapidement supplanté les autres. Il se caractérise par une colonne vertébrale plus forte et un comportement plus docile. Cette domestication est liée au développement des langues indo-iraniennes (mais décorrélé de la progression des langues indo-européennes vers l'ouest). Il y a environ 5000 ans, une phase préalable d'apprivoisement a permis la sélection d'un allèle du gène ZFPM1 impliqué dans l’anxiété et l’apprentissage de la peur contextuelle, puis le goulet d’étranglement associé à la domestication a laissé son empreinte sur le gène GSDMC qui joue sur l’anatomie du dos.
Anatomie et morphologie
Le cheval est un animal quadrupède. Une terminologie spécifique s'applique aux différentes parties de son corps, dont des termes habituellement réservés à l'être humain, comme « bouche », « jambe », « nez » et « pied », contrairement à tout autre animal domestique. Sa hauteur se mesure au garrot, sorte de renflement situé à la jonction de l'encolure et du dos. Par convention, le cheval a trois parties externes principales : l'avant-main, qui comprend la tête, l'encolure et les membres antérieurs ; l'arrière-main composée de la croupe, des hanches, des membres postérieurs et de la queue ; et le corps, la partie centrale. Il porte une crinière et une queue dont les poils sont appelés crins. L'étude de sa morphologie permet de décrire et d'apprécier la beauté, les défectuosités et les tares d'un animal du point de vue humain.
L'anatomie du cheval comprend l'étude du squelette, des muscles, des tendons, du système digestif, respiratoire, reproducteur, cardiaque et nerveux. Il possède 469 muscles qui représentent environ la moitié de son poids. Toutes ses particularités anatomiques (incapacité à vomir, possibilité de bloquer ses jambes pour dormir debout en phase de sommeil léger, etc.) résultent de sa niche écologique, celle des grands herbivores dont la fuite rapide est la seule défense. Le pied du cheval est particulièrement important et doit faire l'objet de soins attentifs, justifiant l'expression populaire « pas de pied, pas de cheval ».
Types et races
Les races issues de l'espèce chevaline sont nombreuses et variées. Cette grande diversité a pour origine leur adaptation à l'environnement (aptitude à jeûner, résistance aux hautes températures ou encore sûreté de pied en terrain montagneux), et surtout l'élevage sélectif puis les croisements opérés par l'humain sur le cheval domestique. Certains traits tels la rapidité, la capacité de portage ou encore celle à tracter de lourdes charges, ont été privilégiés. Les races sont généralement divisées en trois grandes catégories : les chevaux de trait destinés à la traction, les chevaux de selle destinés à être montés (y compris chevaux de sport pour le haut niveau) et les poneys. Les cobs, chevaux à deux fins pouvant être montés aussi bien qu'attelés, sont parfois classés à part. Pour le cheval comme pour bon nombre d'animaux domestiques, des listes d'ancêtres ont été établies et de nombreuses races possèdent un registre généalogique qui peut être fermé (seuls les animaux descendants d'animaux déjà enregistrés peuvent faire partie de la race) ou ouvert (le registre accepte des croisements avec d'autres races). L'inscription d'un cheval à un tel registre est soumise à des règles de signalement et de conformité au standard de race. Ces informations sont reprises par de vastes bases de données spécialisées.
Les races les plus connues incluent le Pur-sang, l'Arabe, le Frison, le Pure race espagnole et son voisin le Lusitanien, le Quarter Horse, le Percheron, le Fjord, le Haflinger et le poney Shetland. La liste des races de chevaux est toutefois riche de plusieurs centaines de races.
Poneys
Le poney est un cheval de petite taille, souvent avec une conformation et un tempérament particuliers. Par rapport aux chevaux, ils présentent une crinière plus épaisse, une queue et un pelage plus fournis, ainsi que des jambes proportionnellement plus courtes, un corps plus large et une ossature plus lourde, bien que certains poneys puissent ressembler à des chevaux en modèle réduit. La Fédération équestre internationale (FEI) ne prend en compte que la taille pour définir un poney. Selon ses normes, tout cheval de moins d'1,50 m au garrot (ou 1,51 m ferré) est classé « poney », afin de faciliter les compétitions officielles.
Il y a toutefois des exceptions à cette classification, comme le Camargue et l'Islandais, dont les éleveurs et utilisateurs refusent le classement comme poney. Le cheval miniature, malgré sa taille de 70 cm en moyenne, possède les caractéristiques extérieures d'un cheval.
Marronnage
De nombreux chevaux sont capables de retourner à l'état sauvage et de former des troupeaux. C'est le cas des mustangs aux États-Unis et des brumbies en Australie, qui sont considérés comme invasifs et provoquent des dégâts importants sur la flore et les sols. Seul le cheval de Przewalski est resté totalement sauvage.
Hybrides
Le cheval peut s'hybrider avec d'autres équidés, mais l'animal hybride est généralement stérile. Le produit d'un entier et d'une ânesse est un « bardot », celui d'un âne et d'une jument est un « mulet » ou une « mule », celui d'une jument et d'un zèbre est nommé « zébrule ».
Robes et signalisations
La couleur des poils et des crins du cheval constituent sa robe. Très variées, elles sont un moyen d'identification de chaque animal, aussi font-elles l'objet d'une classification règlementée et d'un vocabulaire précis. Le nom des robes est basé sur la couleur des poils et des crins. Les plus courantes sont le bai, l'alezan et le gris.
Les épis sont des zones de directions irrégulières des poils, dont le nombre et les localisations sont relevés dans le signalement des chevaux, afin de permettre leur identification. Les chevaux possèdent parfois des marques blanches sur les membres ou sur la tête, dont la taille et la forme peuvent varier. Ce sont des facteurs d'identification, des termes précis existent pour les décrire. La balzane est une marque blanche au bas des jambes, suivant sa taille et sa forme, elle porte un nom différent.
Éthologie et comportement
Le comportement du cheval fait l'objet de nombreuses études. Animal grégaire, le cheval vit en troupeaux d'une petite dizaine d'individus. Il passe la majeure partie de son temps à se nourrir. Il se rassure par des contacts physiques avec ses congénères, incluant des frottements et des grattages réciproques. Le cheval consacre environ 15 à 16 heures à s'alimenter, 5 à 7 h à se reposer, 1 à 2 h à se déplacer, 1 à 2 h à surveiller son environnement, et moins d'une heure aux autres activités.
Organisation du groupe
Un troupeau typique se compose d'un étalon (rarement deux), de trois à quatre juments — dont la plus âgée est souvent dominante — et de leurs poulains. Ces derniers sont ensuite chassés par l'étalon vers l’âge de deux ou trois ans, ou partent d'eux-mêmes pour créer leur propre groupe et assurer leur descendance. Lorsqu'ils quittent leur troupeau natal, les jeunes chevaux se regroupent par 2 à 15, voire plus. En liberté, l'étalon se constitue un harem et se reproduit uniquement avec les juments de celui-ci. Si un autre étalon veut s'approprier un autre harem ou agrandir le sien, il s'ensuit une bataille entre mâles pour la domination du troupeau, se limitant généralement à des phases d'intimidations et d’investigation olfactive. Ces intimidations dégénèrent parfois en combats pouvant être violents. Ils ne sont qu'exceptionnellement mortels. L'étalon vainqueur récupère le harem du perdant.
Une hiérarchie de type dominant/dominé est établie, généralement en fonction de l'âge des individus, de leur tempérament, etc. La hiérarchie est souvent pyramidale : A dominant B, qui domine C, qui domine D… Des hiérarchies triangulaires existent aussi : A domine B, B domine C, mais C domine A. Cette hiérarchie se stabilise au bout de quelques mois de vie commune, et n'est en général pas ou peu remise en cause. Au sein du groupe, l'ordre et la hiérarchie se maintiennent par des manœuvres d'intimidation, notamment via un langage corporel très développé. Indépendamment des relations hiérarchiques, le cheval adulte a très souvent des relations privilégiées avec un ou deux autres congénères avec qui il entretient des relations étroites, notamment avec des séances de toilettage mutuel.
Le cheval déteste la solitude. Son groupe lui permet d'assurer constamment une surveillance face aux prédateurs. Les chevaux domestiques entretiennent eux aussi, de solides amitiés avec certains compagnons de pré ou d'écurie.
Communication
Le cheval communique généralement par le canal visuel, grâce au langage corporel. L'étude de sa gestuelle, des mouvements d'oreilles et des attitudes de sa tête permet de déterminer son humeur. Il couche ses oreilles en arrière s'il est en colère, et les pointe vers l'avant s'il est attentif. Il emploie le hennissement lorsqu'il ne peut pas voir d'autres chevaux, le plus souvent afin de les appeler. Les chevaux recourent au hennissement dès leur plus jeune âge, c'est un moyen pour eux d'exprimer des émotions fortes.
Les contacts entre chevaux peuvent être agressifs (morsure, coup de pied, bousculades) ou bien démontrer une affinité entre congénères, un exemple étant le toilettage mutuel. Le cheval analyse des odeurs en effectuant un flehmen, comportement particulier de flairage permettant l'activation de l'organe voméro-nasal qui a la particularité de détecter les phéromones. La possibilité d'une communication par télépathie est parfois évoquée. Cette communication intuitive permettrait au cheval de ressentir l'état d'esprit de ses congénères et des humains. Cette hypothèse n'est pas reconnue par la communauté scientifique.
Sommeil
Comme la plupart des grands herbivores, le cheval dort peu, de trois à cinq heures par jour, en raison de sa vulnérabilité aux prédateurs. La croyance bien connue selon laquelle il dort debout provient de sa capacité à bloquer ses jambes pour somnoler dans cette position. Il ne s'agit toutefois que de sommeil léger. Pour ses phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal, le cheval doit s'allonger entièrement. Dans cette position, il peut rêver.
Reproduction et développement
En liberté, le mâle manifeste son activité sexuelle dès l'âge d'un an à dix-huit mois, et la jument est apte à pouliner dès deux ans. En captivité, entiers et juments sont rarement autorisés à se reproduire avant l'âge de trois ans. La fécondation s'effectue de plus en plus souvent par insémination artificielle en sperme congelé. Une éjaculation d'un étalon est en moyenne de 70 ml. Cette technique permet aux éleveurs de disposer plus facilement d'un large choix de géniteurs mâles pour leurs poulinières. Pour des raisons économiques, certains éleveurs recherchent une naissance précoce au début de l'année, et parviennent à déclencher des chaleurs chez la jument en jouant par exemple sur l'intensité de l'éclairage.
La durée de gestation est en moyenne de onze mois, soit 330 jours. La jument donne naissance à un poulain à la fois, sauf exception, généralement au printemps. Il peut marcher moins d'une heure après la naissance, et doit téter le colostrum de sa mère avant deux jours.
Un cheval de quatre ans est généralement considéré comme adulte, bien que son squelette continue de se développer jusqu'à huit ans. Sa croissance dépend étroitement de sa taille, sa race, son sexe, et la qualité des soins qui lui sont prodigués. En fonction de la maturité, de la race, et du travail attendu, les chevaux sont d'ordinaire débourrés et montés entre deux et quatre ans. Bien que les Pur-sangs, réputés pour leur précocité, puissent être montés dès deux ans dans certains pays, les chevaux de sport équestre ne le sont pas avant trois ou quatre ans car leurs os et leurs muscles ne sont pas totalement développés. En compétition d'endurance, les chevaux ne sont pas autorisés à concourir avant cinq ans révolus. L'âge où vient la vieillesse n'est qu'une notion subjective, mais elle se situe le plus souvent entre 16 et 20 ans. Il n'existe ni race précoce ni race tardive, tous les chevaux ont la même croissance. Les os de la colonne vertébrale sont les derniers à se solidifier (vers 7-8 ans) c'est pourquoi débourrer trop tôt est dangereux pour le cheval.
Naturels
Les différentes façons dont le cheval se meut sont nommées allures. Tous les chevaux en possèdent naturellement trois. Le pas, la plus lente, est en quatre temps et correspond à une vitesse de 8 ou 9 kilomètres par heure. Le trot, allure intermédiaire et sautée à deux temps, permet habituellement d'atteindre une vitesse de 15 à 18 km/h. Le galop, la plus rapide, est une allure en trois temps, basculée et sautée, permettant d'atteindre une vitesse moyenne de 20 à 25 km/h, jusqu'à 60 km/h chez le Pur-sang. Certains chevaux sont capables d'aller l'amble, allure où les deux membres d'un même côté se déplacent simultanément.
Le cheval saute naturellement les obstacles qui se présentent à lui, et effectue parfois des sauts sur place. Il connaît le cabrer et la ruade, mouvements qui témoignent généralement d'une volonté d'attaque ou de défense de sa part.
Artificiels
Le dressage permet d'apprendre de nouveaux mouvements au cheval. L'apprentissage du rassembler est souvent nécessaire afin de les obtenir. Le pas espagnol est un pas lent caractérisé par une forte extension des membres antérieurs, le passage, un trot majestueux, et le piaffer, un passage sur place. Le dressage classique inclut aussi des airs relevés travaillés à partir du cabrer et de la ruade, comme la levade, la croupade, la pesade et la cabriole.
Les allures peuvent présenter des irrégularités, telles l'aubin (mélange de trot et de galop) et le traquenard (trot désuni).
Sens
Le cheval possède cinq sens, mais l'existence d'un sixième sens lui permettant de prévoir le climat ou un danger est souvent évoquée. Les plus développés sont l'odorat, l'ouïe et le toucher. Sa vision est bichromatique, son angle de vue de 340 degrés, mais son acuité visuelle est moyenne à médiocre bien qu'il voie très clair durant la nuit. Son ouïe, très fine, lui permet de prévoir les tremblements de terre, de percevoir les ultrasons et de détecter les prédateurs.
Il possède un sens développé de l'odorat lui permettant entre autres de trouver de l'eau et de détecter une femelle en chaleur à 800 m, et un organe de Jacobson pour analyser les odeurs pendant le flehmen.
Le cheval est en principe peu attiré par le goût sucré, mais la fréquentation de l'être humain l'y a habitué. Il possède un sens du toucher très développé sur la tête et le dos, et peut faire frémir une partie de son corps afin de chasser les mouches qui s'y posent. Son pied est sensible aux variations de pression. Ses lèvres sont entourées de poils sensibles appelés vibrisses, comparables aux moustaches du chat.
Alimentation et digestion
Les chevaux sont des herbivores non-ruminants. Ils disposent d’un seul estomac, capable de digérer les fibres végétales qui proviennent de l’herbe et du foin, grâce à une fermentation par micro-organismes. Ce processus se déroule dans la partie du système digestif appelée cæcum, et aboutit à la décomposition de la cellulose, principal composant des fibres végétales. Les chevaux préfèrent manger de petites quantités de nourriture de façon régulière tout au long de la journée. Cela n'est pas toujours compatible avec la vie dans les écuries, ni avec les plannings des humains, qui favorisent le nourrissage deux fois par jour.
Le système digestif du cheval est délicat. Il est incapable de régurgiter sa nourriture, sauf depuis l’œsophage. Aussi, en cas d’excès de nourriture ou d’empoisonnement, vomir n’est pas possible pour lui. En outre, son côlon est particulièrement long et complexe, l'équilibre de la flore intestinale dans le cæcum peut être facilement bouleversé par des changements rapides d’alimentation. Ces facteurs le rendent sujet à des coliques, qui s’avèrent être la première cause de mortalité chevaline. Ils requièrent une nourriture propre et de grande qualité, fournie à intervalles réguliers, et peuvent tomber malades lorsqu’ils subissent un brusque changement de régime alimentaire. Les chevaux sont également sensibles aux moisissures et aux toxines. Pour cette raison, ils ne doivent jamais être nourris par des matières fermentables contaminées, comme la tonte de gazon.
Tempérament
Les chevaux étant des mammifères, ils ont toujours le sang chaud biologiquement parlant. Des termes tels que « cheval à sang chaud », « cheval à sang froid » et « proche du sang » sont utilisés pour décrire le tempérament de l'animal.
Le races dites « à sang chaud » sont surtout d'origine orientale et incluent l'Akhal-Teké, le Barbe, l'Arabe, le Turkoman et les Pur-sang développés à partir de ces derniers. Ils sont élevés pour leur agilité et leur vitesse ; vifs, ils apprennent rapidement. Physiquement raffinés, leur peau est mince, leur silhouette longiligne, et leurs jambes longues. Ces races ont été importées en Europe depuis le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord lorsque les éleveurs souhaitèrent insuffler des qualités de vitesse et de vivacité aux montures de la cavalerie légère.
La plupart des chevaux de trait, puissants et musclés, sont « à sang froid ». Ils sont élevés à l'origine pour leur force, leur calme et leur patience, des qualités nécessaires pour tirer une charrue ou un lourd charriot rempli de passagers. Ils sont parfois surnommés les « doux géants ». Les races les plus connues incluent le trait belge et le Clydesdale. Certains, comme le Percheron, sont un peu plus légers et vifs. D'autres, comme le lent et puissant Shire, sont créés pour labourer les champs aux sols lourds à base d'argile. Les chevaux à sang froid regroupent aussi quelques races de poneys comme le Fjord.
Les demi-sang (ou Warmblood) comme le Selle français, le Hunter irlandais, le Trakehner ou le Hanovrien, sont à l'origine des montures produites pour l'armée et issues du croisement de cheptels locaux à sang froid avec des chevaux à sang chaud, comme l'Arabe ou le Pur-sang, afin d'obtenir un cheval ayant davantage de raffinement que le cheval de trait, mais aussi une plus grande taille et un tempérament plus calme que les chevaux de sang. Certains poneys demi-sang ont été développés par croisement des cheptels locaux avec des chevaux de sang, par exemple le Connemara. Désormais, les termes « demi-sang » et « warmblood » tendent à désigner un type spécifique de races qui dominent les sports équestres olympiques du dressage et du saut d'obstacles depuis les années 1970. Avant cette date, le terme français (demi-sang) désignait tout croisement entre une race dite à sang froid et une race dite à sang chaud. Parfois, ce terme est utilisé pour faire référence à des races de chevaux légers autres que les Pur-sangs.
Intelligence et apprentissage
Par le passé, les chevaux ont souvent été considérés comme des animaux stupides et incapables d'abstraction, soumis à leur seul instinct grégaire. Depuis le début du XXe siècle, des études (et des faits comme l'affaire Hans le Malin) ont mis en évidence leurs facultés cognitives dans la résolution d'un certain nombre de tâches quotidiennes, incluant la recherche de nourriture et la gestion de l'organisation sociale. Les chevaux sont également doués de bonnes habilités de visualisation spatiale. Ils sont capables de reconnaître les humains qui les côtoient (et de se reconnaître entre eux) à partir du simple son d'une voix ou des traits d'un visage.
Ils font preuve d'intelligence dans la résolution de problèmes, sont doués de facultés d'apprentissage et retiennent les connaissances qu'ils ont acquises. Leurs résultats sont excellents en apprentissage simple, les chevaux sont aussi capables de résoudre des problèmes cognitifs avancés qui impliquent la catégorisation et l'apprentissage de concepts. Ils répondent bien à l'habituation, à la désensibilisation, au conditionnement pavlovien et au conditionnement opérant. Leur renforcement peut être positif comme négatif. Une étude suggère même que les chevaux sont capables de compter jusqu'à quatre.
Les chevaux domestiques tendent à savoir résoudre des problèmes plus complexes que les chevaux sauvages, parce qu'ils vivent dans un environnement artificiel qui inhibe leur comportement instinctif tout en apprenant des tâches non-naturelles. Les chevaux sont, de manière générale, très sensibles aux habitudes. Ils répondent et s'adaptent bien mieux lorsque les mêmes routines et techniques sont utilisées de manière cohérente. Certains formateurs estiment que l'« intelligence » des chevaux est un reflet de celle de leur formateur, qui utilise efficacement les techniques de conditionnement et de renforcement positif pour former chaque animal à la manière qui correspond le mieux à ses inclinations naturelles. D'autres personnes qui travaillent régulièrement avec des chevaux notent que la personnalité peut aussi jouer un rôle pour déterminer comment un animal donné répond à des expériences diverses.
Santé
À l'état sauvage ou domestique, le cheval peut-être affecté par des parasites et des maladies telles que le tétanos, la grippe équine, la rage, la gourme, différentes affections respiratoires (emphysème...) et l'anémie infectieuse des équidés. L'une des maladies les plus « classiques » chez le cheval est la fourbure, qui peut avoir différentes causes et se traduit par de vives douleurs au niveau des pieds. La myoglobinurie, ou « maladie du lundi », et le « coup de sang » affectent les chevaux mis au travail dans de mauvaises conditions. Les coliques, des troubles du système digestif, sont particulièrement dangereuses et difficiles à soigner et à prévenir, rendant nécessaire un contrôle strict de l'alimentation du cheval domestique. Les maladies cardiaques, circulatoire, nerveuses, et les « vices d'écurie » n'affectent que les chevaux domestiques dans certaines conditions. Les déformations permanentes du corps du cheval sont appelées des tares. Toute affection de la locomotion est nommée boiterie, les causes possibles en sont nombreuses.
Le cheval craint également certains insectes, comme le taon.
Le cheval est sensible à divers parasites, dont ceux du tube digestif, qu'il acquiert en mangeant (strongles, Parascaris equorum...). D'autres parasites causent la gale et des mycoses. Les tiques peuvent lui transmettre la piroplasmose et divers parasites dont des Borrelia, responsables de la maladie de Lyme.
Le cheval et l'humain
L'alliance de l'être humain et du cheval, animal qui a sans doute le plus marqué l'histoire et les progrès de l'humanité, dure plusieurs millénaires durant lesquels le cheval devient l'auxiliaire favori de l'humain pour le transport, la guerre et le travail. La première rencontre remonte peut-être à un million d'années, voire davantage, mais ces rapports restent basés sur la chasse jusqu'à la domestication. Le lien entre l'espèce humaine et le cheval est basé sur l'utilisation de la force musculaire de l'animal, au service des besoins humains. Cette « exceptionnelle » association contribue significativement à l'évolution de la société, et se transforme radicalement au cours du XXe siècle dans la plupart des pays développés. La place symbolique du cheval est restée, à travers un grand nombre d'expressions populaires et l'utilisation de l'unité cheval-vapeur.
En 2008, d'après les données de la FAO, 58,7 millions de chevaux sont répertoriés dans le monde sur les cinq continents, ce qui correspond à un ratio de 8,7 chevaux pour 1 000 personnes. L'Amérique du Sud est le continent qui en compte le plus, l'Océanie celui qui en compte le moins.
Domestication
La date de -3500, dans l'actuel Kazakhstan est la plus largement reconnue quant à la première domestication du cheval. Au sein de la culture de Botaï, des traces d'attelage et de collecte de lait de jument ont été retrouvées. Cette expérience serait restée sans lendemain, les découvertes archéologiques suggèrent plutôt plusieurs foyers de domestication. Ainsi, d'autres théories la situent au sud de la Russie, en Roumanie ou en Ukraine, vers le IVe millénaire av. J.-C., pour l'hypothèse kourgane. Le linguiste Winfred P. Lehmann (en) soutient que le cheval est domestiqué depuis le VIIIe millénaire av. J.-C., près de la mer Noire. Dans tous les cas, l'utilisation de chariots funéraires dans la culture d'Andronovo au IIe millénaire av. J.-C., atteste d'une domestication avancée à cette époque plus récente.
La domestication est aussi étudiée sur la base de la comparaison entre le matériel génétique des chevaux actuels et l'étude paléogénétique des os et des dents de chevaux trouvés au cours de fouilles archéologiques et paléontologiques. Les variations constatées au niveau du matériel génétique semblent montrer qu'un nombre très réduit d'étalons sauvages, et par contre un nombre élevé de juments sauvages, seraient à l'origine du cheval domestique. En effet, il y a très peu de variabilité génétique au niveau du chromosome Y, transmis de mâle en mâle (lignée paternelle), alors que la variabilité de l'ADN mitochondrial, transmis par les mères (lignée maternelle) aux petits de tous les sexes, est très importante. Dans les années 2020, des travaux génétiques menés par plusieurs équipes de chercheurs et fondés sur le séquençage du génome de 273 chevaux anciens, concluent que tous les chevaux domestiques modernes sont originaires d'un même lieu, situé dans la steppe pontique entre basse Volga et Don. Ils datent cette domestication autour de -2200, soit beaucoup plus récemment que ce qui était considéré auparavant. La domestication du cheval moderne serait ainsi liée à la culture de Sintachta.
Il existe aussi des variations régionales dans l'ADN mitochondrial, dues à l'inclusion a posteriori de juments sauvages parmi des hardes déjà domestiquées. Une autre conséquence de la domestication est une augmentation de la variabilité des robes, chez le cheval, notamment entre 5000 et 3000 ans avant notre ère.
Antiquité
En Europe, les Grecs, Romains et Byzantins utilisaient le cheval pour la guerre, les communications, le transport mais aussi les courses de chars. De leur côté, les Celtes vénéraient Épona, déesse des chevaux, dont le culte nous a été transmis du fait de son adoption par les troupes équestres romaines. Au Moyen-Orient, certaines tribus Perses semblent avoir sélectionné les pur-sang arabes, chevaux du désert, robustes et élégants, ils inventent aussi le polo. Lorsque les Hyksôs envahissent l'Égypte au XVIIe siècle avant notre ère, les Égyptiens n'utilisaient les chevaux que pour des tâches civiles. La cavalerie, qui fera la puissance des pharaons du Nouvel Empire, était alors du côté de l'ennemi et sera un facteur déterminant dans la défaite égyptienne. En Afrique, la cavalerie numide est une unité importante des armées carthaginoises lors des guerres puniques tandis que la cavalerie romaine était réputée médiocre.
En Asie, le plus ancien char hippomobile à nous être parvenu intact provient de la tombe de l'empereur Chinois Wu Ding, mort en 1118 av. J.-C. Le cheval était peu utilisé comme animal de trait dans l'agriculture mais les Chinois seraient à l'origine du collier d'épaule. Ils utilisèrent l'étrier au VIe siècle avant notre ère, la cavalerie formant le gros des troupes chinoises. Le cheval (馬) sert de moyen de transport et de communication (coursier). Quand le jeu de polo perse arriva à la cour de l'empereur, tout le monde s'en éprit. Les Chinois ne faisant pas d'élevage permanent des chevaux, ces derniers restaient un produit de luxe importé du Moyen-Orient.
Au Japon, le cheval sert d'animal de combat, de coursier et au transport de marchandises, mais dans ce dernier cas il est guidé par des hommes à pied, ce qui limite son potentiel. Des peuples d'Asie ont développé une unité militaire originale qui est l'archer à cheval.
Moyen Âge
Au Moyen Âge, des types spécifiques d'animaux sont développés. Le destrier est le plus connu, à travers l'image d'un énorme animal bardé de fer associé à son chevalier en armure complète, mais la réalité historique est plus nuancée. Les prestigieuses et puissantes montures de guerre portent le chevalier en armure, son armement, une large selle et son caparaçon. Le coursier, plus rapide, est également utilisé pour la guerre. Les chevaux de prestige et de parade, dits « palefrois », sont réputés très coûteux, tout comme la haquenée, jument des dames fortunées. Le roussin, de moindre valeur, sert occasionnellement de monture aux chevaliers les plus pauvres ou de cheval de bât. L'utilisation du cheval pour la traction est accrue par la diffusion du collier d'épaule en Europe au XIIe siècle, permettant au cheval de trait de remplacer avantageusement le bœuf dans les exploitations agricoles. Les chevaux médiévaux sont nommés d'après leur lieu d'origine, par exemple « cheval espagnol », mais ce terme se référait peut-être à plusieurs races. D'importants progrès technologiques, comme l'amélioration des selles, l'arrivée de l'étrier, du collier d'épaule et du fer à cheval permettent des changements capitaux dans l'équipement équestre, pour la guerre et l'agriculture. L'Église interdit l'hippophagie en 732.
Au Moyen-Orient, les chevaux portent les cavaliers islamiques jusqu'en Espagne et des échanges culturels ont lieu à l'occasion des croisades et des invasions maures. Huit croisades, entre 1097 et 1300, font se rencontrer deux cultures équestres radicalement différentes, les chevaliers chargeant lourdement et essayant de désarçonner leurs adversaires, les Bédouins cherchant à tailler l'ennemi en pièce. En Asie, la cavalerie est la principale force des armées mongoles et tartares.
Renaissance et Temps modernes
À l'arrivée de la Renaissance, l'invention de la poudre à canon entraîne la fin de la cavalerie lourde et une nouvelle sélection du cheval de guerre. Des académies d'équitation sont créées, d'abord en Italie, pour obtenir des chevaux plus maniables. L'école espagnole de Vienne est construite dès 1572, et les Habsbourg fondent le haras berceau d'élevage du Lipizzan à Lipica en 1580.
L'idée de mieux sélectionner les chevaux de guerre fait son chemin sous François Ier, et le 17 octobre 1665, Colbert ordonne la création des haras nationaux. Au XVIIIe siècle, la création de haras, d'écuries et d'écoles de dressage renforce la renommée des chevaux royaux, devenus plus légers et plus souples. À la veille de la Révolution française, l'État possède quinze haras nationaux et près de 750 reproducteurs. Ces haras sont supprimés par l'assemblée constituante en 1790.
Les Anglais croisent des chevaux arabes et barbes avec leurs espèces indigènes pour créer les Pur-sangs, fameux chevaux de course. Les premiers colons espagnols réintroduisent le cheval Barbe et andalou dans les deux continents américains. L'espèce y avait disparu depuis plus de huit millénaires. En 1519, Les conquistadores d'Hernán Cortés amènent avec eux onze chevaux et six juments qui deviennent les premiers ancêtres des mustangs. Les Amérindiens n'ayant jamais vu ces animaux, les conquistadores remportent de nombreuses batailles en passant pour des divinités. Cortez aurait déclaré : « Nous devons notre victoire à Dieu et à nos chevaux ». L'animal se répand rapidement, surtout en Amérique du Nord. Durant la conquête de l'Ouest, plusieurs centaines de milliers de chevaux sauvages peuplent le continent. Au XVIIIe siècle, les Amérindiens élèvent de grandes hardes de chevaux dont le nombre total dépasse les cent cinquante mille individus. À partir de ces mustangs dressés émergent la plupart des races américaines. Les Indiens Nez-Percés opèrent des sélections à partir des mustangs pour obtenir l'Appaloosa.
Époque contemporaine
Les chevaux jouent un rôle indispensable dans les conquêtes napoléoniennes, et les pur-sang arabes sont des montures de choix pour la cavalerie. Au XIXe siècle, des programmes d'élevage transforment les races équines locales et en créent de nouvelles pour les besoins de la cavalerie, parallèlement, de puissantes races de chevaux de trait sont sélectionnées. L'arrivée successive du chemin de fer, des transports motorisés et du tracteur agricole signent le glas de la traction hippomobile au cours du XXe siècle dans la plupart des pays développés.
Les cavaliers évoluent : militaires, agriculteurs, voyageurs et marchands laissent leur place aux cavaliers de loisir, souvent des citadins à la recherche de sensations et d'un contact avec la nature, et de sport. Parallèlement, l'équitation où dominait le machisme à l'époque militaire, se féminise totalement. Désormais, seuls les peuples cavaliers, et notamment les Mongols dont les enfants apprennent toujours à monter avant de savoir marcher, prouvent encore à quel point l'utilisation du cheval a été primordiale et déterminante dans l'histoire de l'humanité.
Activités liées au cheval
Les activités liées au cheval génèrent des revenus considérables dans les pays développés, et font toujours partie d'une économie de subsistance dans les autres. En 2006, 100 millions de chevaux, ânes et les mulets sont utilisés pour l'agriculture et le transport de par le monde, dont 27 millions environ en Afrique. Aux États-Unis, les activités liées aux chevaux ont un impact direct sur l'économie américaine de plus de 39 milliards de dollars en 2005. En considérant les dépenses indirectes, l'impact est plus de 102 milliards de dollars. En France, en 2012, 53 000 petites entreprises et 72 000 emplois sont liés au secteur équestre. Il génère 12,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 10 milliards pour le PMU.
Métiers équestres
De très nombreux métiers existent autour du cheval. Les deux principales utilisations historiques du cheval sont celle de monture pour un cavalier, et celle d'animal de traction. Ces deux objectifs donnent lieu à une classification entre le cheval de selle et le cheval de trait ou carrossier.
Les cavaliers professionnels, jockeys, drivers, les cavaliers d'entraînement et les lad-drivers montent des animaux en compétition. Les entraîneurs, les premiers garçons, les coachs de compétition élaborent les plannings d'entraînement pour amener les chevaux au meilleur niveau. Les garçons de voyage et les techniciens d'hippodrome travaillent également dans l'univers des courses.
Les moniteurs, les animateurs poney et les accompagnateurs instruisent les nouveaux cavaliers et organisent les randonnées. Les directeurs de centre équestre sont chargés de la gestion des structures équestres.
Les éleveurs (et les étalonniers, responsables d'élevage) font naître et commercialisent des chevaux. Les marchands de chevaux, vendeurs, loueurs d'équidés et la filière de la boucherie travaillent au quotidien avec ces animaux.
Certains métiers sont spécialisés dans les soins : les maréchaux-ferrants s'occupent de la ferrure et des sabots, les palefreniers (et les grooms, lad, cavaliers soigneurs, responsables d'écurie) des soins quotidiens, les vétérinaires, kinésithérapeute et dentistes équins des soins plus lourds. L'éthologue équin étudie le comportement des chevaux. L'équithérapeute et l'équicien utilisent le cheval comme partenaire thérapeutique.
Les métiers de garde à cheval ont pour objectifs la surveillance de manière écologique et le maintien de l'ordre. Ce sont les gardes républicains, gardes verts, les brigades équestres, les gendarmes à cheval. Les unités de premiers secours équine (recherche et sauvetage montés) peuvent intervenir en terrain accidenté, pour localiser les personnes et de fournir des secours en cas de catastrophe. Elles sont utilisées aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Allemagne.
Les cavaliers de spectacle allient art et équitation.
Le débardage en forêt peut se faire avec des chevaux, le cheval respectant les sols fragiles et travaillant sans bruit de moteur ni pollution. Les gardiens de troupeaux permettent l'élevage sur des grands territoires, souvent difficile d'accès : ce sont les cow-boys dans les pays anglophones, les gardians en Camargue, les gauchos au Brésil, Csikós en Hongrie...
Dans de nombreux pays, le cheval est encore utilisé dans l'agriculture ou comme moyen de transport. Parfois oublié et délaissé en Europe, il est occasionnellement employé de nouveau pour diverses raisons. À titre d'exemple, en France, les vignerons ont parfois recours aux chevaux pour cultiver certaines parcelles de vignes.
Des métiers annexes concernent la confection et la vente d'outils et d'instruments spécialisés : les selliers-bourreliers confectionnent les selles et les brides.
Élevage et commerce
L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime qu'en 2013, il y avait un peu plus de 58 millions de chevaux dans le monde, dont près de 32 millions en Amérique, 13,9 millions en Asie, 6,1 millions en Afrique, et 5,8 millions en Europe. Les États-Unis comptent à eux seuls près de 10,3 millions de chevaux en 2013. Le cheptel d’équidés français est estimé à 950 000 fin 2010, ceux de l’Allemagne et du Royaume-Uni à un million chacun en 2009. Ces trois pays totalisent plus de la moitié du cheptel équin européen.
Il existe plusieurs filières pour le commerce des chevaux. Pour celle des courses, les chevaux naissent dans des haras spécialisés pour cette sélection. Ces chevaux peuvent être mis en vente aux enchères, vendus et placés par leur propriétaire dans des haras qui se chargeront de les entraîner et de les faire courir. Après leur carrière, ils sont destinés ou non à la reproduction en fonction des résultats. En 2013, aux États-Unis et en Europe, il s'est vendu au total 17 000 chevaux de course aux enchères, pour un prix moyen de 55 000 €. Les gains générés par les victoires aux courses peuvent être substantiels. Par exemple, le cheval appelé « Lawman », vendu yearling à un prix de 75 000 € en 2005, a rapporté 1 858 000 € à son propriétaire en 2007. Certains investisseurs créent des sociétés pour acquérir ces chevaux et louent des places dans les haras pour les entraîner et les faire courir. Les meilleurs chevaux de plat se négocient à plusieurs millions d'euros.
La filière des sports équestres est liée à la carrière des chevaux de sport. Le prix d'un tel cheval est extrêmement variable, selon son âge, son degré de préparation et son potentiel en compétition. Le prix moyen des chevaux de trois ans vendus aux enchères en 2012 en France est de 9 000 €, mais peut grimper à près de 30 000 €, lors des ventes Fences. Le prix moyen aux enchères de chevaux de sport de race Westphalien, Oldenbourg, Holsteiner, Hanovrien et KWPN, lors de ventes européennes « Elite » entre 2010 et 2015, oscille entre 20 000 et 45 000 €. Pour les mâles aux résultats sportifs remarquables, la semence pour l'insémination artificielle est une source de revenus non négligeable.
Le commerce des animaux destinés au loisir, au tourisme ou aux travaux est plus traditionnelle et moins formalisée.
Les chevaux peuvent terminer leur vie aux abattoirs. En 2007, L’élevage de chevaux de trait concerne environ 11 500 professionnels en France, qui n'ont souvent que deux ou trois juments. Selon les acteurs de la filière de viande chevaline, cette production aurait joué un rôle pour le maintien des neuf races de chevaux de trait en France, considérées comme menacées d’extinction par l’Union Européenne.
Soins
La valeur économique et affective des chevaux explique la diversité des soins qui leur sont prodigués et les sommes que certains propriétaires peuvent dépenser pour leur cheval. Les palefreniers et les maréchaux-ferrants s'occupent de l'alimentation et des soins aux chevaux. Ces soins sont à pratiquer au quotidien (comme le pansage), ou en fonction des conditions climatiques, comme la tonte ou la douche. Les pieds doivent aussi faire l'objet d'un soin tout particulier. Ces derniers sont en effet graissés, parés et ferrés, si le travail quotidien de l'animal le nécessite. Lors de concours ou de compétitions, il peut aussi être amené à recevoir un toilettage particulier qui peut être complété par des nattes, voire, dans certains cas de rubans. Enfin l'entretien des boxes et des pâtures participe au bien-être des chevaux et à leur santé.
En 2004, 262 vétérinaires sont spécialistes équins en France. Il existe également une recherche dans le domaine de la génétique équine. D'autres professions concourent aux soins médicaux. Les dentistes équins ont pour activité principale le limage des dents car celles du cheval poussent tout au long de sa vie. Les ostéopathes équins pratiquent une thérapie manuelle en appliquant les mêmes principes que l'ostéopathie pour l'être humain. Les maréchaux-ferrants orthopédistes soignent certaines pathologies du pied en mettant des ferrures orthopédiques. Les palefreniers-soigneurs s'occupent des soins légers.
Il existe plusieurs techniques de relaxation telles que l'aromathérapie et la massothérapie. L'aromathérapie consiste à traiter un cheval à base d'huiles essentielles. L'aromathérapie est la base de la massothérapie. Dans cette dernière, on utilise souvent les huiles essentielles pour effectuer les massages. Dans le soin des blessures des jambes, l'hydrothérapie peut être utilisée, soit par massage par jet d'eau ou en faisant nager le cheval.
Hébergement
Les conditions de vie imposées aux chevaux en écurie ne sont pas toujours en adéquation avec leurs besoins physiques et sociaux, en raison de l'enfermement et de l'isolement. Le cheval étant une proie à l'état sauvage, il stresse s'il est enfermé. De plus, il doit disposer d'un espace permettant d'exprimer certains de ses comportements naturels, comme voir et toucher ses congénères, se rouler sur le sol et se coucher, choses impossibles dans une stalle ou un box trop étroit. Les chevaux domestiques qui vivent en collectivité sont plus équilibrés que ceux qui vivent isolés. L'enfermement ou tout environnement ne correspondant pas à ces besoins peut conduire à l'apparition de troubles comportementaux, les vices d'écurie.
Castration
La castration du cheval est pratiquée pour réduire leur agressivité, et favoriser la vie en groupe. Un étalon (mâle agréé à la reproduction) ou un entier (mâle non castré) peuvent être difficiles à contrôler en présence de juments en chaleur. Les chevaux de centre équestre sont en principe castrés vers l'âge de deux ans. Les entiers et les étalons sont plus musclés que les hongres, leur encolure est notamment beaucoup plus développée. Ils ont aussi davantage de prestance.
Travail et moyen de transport
Le cheval est historiquement un animal de travail permettant le transport de passagers et la traction de matériel agricole. Il est encore très utilisé comme moyen de transport dans de nombreux pays du globe, pas seulement dans les pays en voie de développement, mais aussi dans certaines communautés ayant refusé le progrès, comme chez les amish, ainsi que pour certains travaux agricoles très spécifiques soit par leur nature, soit par la superficie de la surface à travailler. Dans les pays développés, on peut encore circuler avec lui, monté ou attelé, sur la voie publique pour des promenades ou randonnées par exemple. En ce sens, chevaux et cavaliers sont soumis aux règles du code de la route, lesquelles peuvent varier selon les pays.
Au cours du XXe siècle, le cheval a été délaissé dans les pays développés par suite de la motorisation. Il disparaît du paysage des villes face à la montée de l'automobile. Paris hébergeait plus de 50 000 chevaux au début du XXe siècle, dont environ 10 000 dédiés aux transports publics. De nos jours, cette ville reste une des grandes capitales européennes où la circulation à cheval est interdite sauf par dérogation. Certaines races de cheval de trait ont failli disparaître avec la fin du halage et la mécanisation de l'agriculture.
Certaines utilisations traditionnelles du cheval ont toujours continué par tradition plus que pour des raisons économiques comme la surveillance de troupeaux en Camargue. En France, après avoir été délaissé en tant qu'outil de travail, le cheval est de nouveau employé dans de nombreuses tâches dans le cadre d'une société qui se veut davantage sensible à l'écologie. Le cheval passe dans des endroits difficilement accessibles au tracteur et n'endommage pas le sol. Le débardage est en développement grâce à un bon rapport rendement/coût dans certaines configurations de terrain. Exemple de lieux de débardage en France : bois de Vincennes (Paris), parc de La Courneuve (La Courneuve, Seine-Saint-Denis), parc de Saint-Cloud (Saint-Cloud, Hauts-de-Seine), etc. Longtemps associé à une image de sous-développement, le labour du sol par traction équine reprend de l'ampleur en particulier en viticulture. Cette pratique est tout particulièrement respectueuse des terroirs en limitant les tassements de sol dus au poids des engins agricoles motorisés, elle s'inscrit donc idéalement dans une démarche de développement durable.
Le cheval est utilisé par des unités de recherche et de sauvetage aux victimes au Canada. Le ramassage des ordures avec un cheval de trait est une utilisation anecdotique, mais réelle comme à Trouville (Calvados, France).
Utilisation militaire
Certains pays du tiers-monde possèdent encore des combattants à cheval, comme les milices montées Janjawid au Soudan. Cependant, peu d'armées utilisent encore le cheval, les unités de cavalerie étant principalement équipées de chars de combat. Dans certains cas exceptionnels, les chevaux sont encore utilisés sur des terrains difficiles d'accès, souvent comme animal de bât pour acheminer du matériel. Lors du conflit afghan les forces spéciales américaines ont dû utiliser des petits chevaux locaux. L'armée autrichienne dispose de chevaux de race haflinger destinés principalement pour le bât en haute montagne. L'armée suisse est l'une des rares armées à former des chevaux pour ses activités opérationnelles. En effet, le pays étant au cœur des Alpes, le cheval est souvent le seul moyen d'accéder à certaines parties du territoire et d'y emmener du matériel. L'armée suisse emploie ainsi environ 600 chevaux.
Des unités montées subsistent, avec des objectifs maintien de l'ordre. Le cheval est ainsi employé dans des unités de police montée pour le maintien de l'ordre lors de manifestations ou d'émeutes, d'événements sportifs ou de patrouilles. Les cérémonies, les défilés et les reconstitutions font également partie des objectifs de ces unités qui montrent une image représentative de l'histoire et des traditions du pays qu'elles représentent. Ainsi, outre la traditionnelle Garde républicaine qui, outre ses missions de représentation, assure des patrouilles montées dans des massifs forestiers ou jardins, il existe un renouveau des unités montées de police ou de gardien d'espaces verts. Un agent à cheval a une capacité de déplacement accrue, bénéficie d'une vision haute et dégagée, inspire le respect et rentre plus facilement en contact avec la population par l'intermédiaire de sa monture. Exemples de police montée : Gendarmerie royale du Canada (GRDC ou GRC), police montée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis, France), à Orléans (Loiret, France), etc. Des unités spécialisées assurent la protection de personnalités, comme la Horse guards au Royaume-Uni ou Garde royale marocaine.
Grâce à leur savoir-faire, nombre de militaires participent aussi à des compétitions sportives. Ainsi, entre 1912 à 1948, les épreuves équestres des jeux olympiques sont exclusivement réservés aux officiers, et ces trois disciplines olympiques voient encore aujourd'hui une forte participation de militaires. Le concours complet d'équitation (CCE) est d'ailleurs à l'origine un entraînement purement militaire des chevaux au combat.
Équitation éthologique
L'équitation éthologique est une méthode pédagogique de dressage nouvelle s'inspirant largement de l'éthologie équine. Certains dresseurs de chevaux s'en réclament et donnent des cours de « dressage éthologique ». Ces dresseurs, les nouveaux maîtres, sont les disciples français des « chuchoteurs », traduction littérale de leur appellation anglaise, horse whisperers. Les pionniers sont les Américains Ray Hunt, Pat Parelli, Monty Roberts, Buck Brannaman, ainsi que les frères Bill et Tom Dorrance.
Thérapie
Certaines associations utilisent le cheval comme un intermédiaire qui contribue à la thérapie de personnes souffrant d'un handicap physique ou mental ou qui sont déstructurées socialement. Les mouvements du cheval contribuent à fortifier les muscles et l'équilibre du cavalier. Ce dernier est astreint à faire preuve d'attention et de raisonnement. Le cheval est également utilisé sans être monté. La thérapie consiste alors pour le patient à entrer en contact avec un animal et à interagir avec lui. Comme dans toutes les zoothérapies, l'animal est un catalyseur social permettant par exemple de faire parler des vieillards qui ne parlaient plus depuis des années. Le pansage du cheval permet aussi de revalider autant que possible des articulations fatiguées. Ces associations nécessitent des compétences diverses comme des infirmiers, des médecins, des kinésithérapeutes, des assistants sociaux, des éducateurs, des moniteurs d'équitation et des chevaux adaptés à leur activité.
La Fédération Française d'Équitation (FFE) organise désormais des concours paraéquestre de dressage et d'obstacle grâce à une réglementation adaptée aux cavaliers handicapés.
Il existe même des championnats nationaux et internationaux tirant la pratique vers des niveaux impressionnants. L’équitation dite paraéquestre est pour la première fois inscrite au programme des Jeux Mondiaux en 2010.
Sport et loisir
De nos jours, le cheval est généralement utilisé monté (équitation), pour le loisir (balades et randonnées) ou en compétition de sports équestres ou hippiques (courses de plat, de trot, course de haies, steeple-chase, cross-country). Il peut aussi être attelé.
Il existe une grande variété de sports équestres et d'activités avec cet animal. Cela inclut des activités ludiques telles que le pony-games, l'équifun, l'equifeel et les spectacles équestres ; des disciplines sportives telles que le dressage, le saut d'obstacles, le hunter et le concours complet d'équitation. Les jeux équestres coopératifs par équipes comptent le polo, le polocrosse, le horse-ball, et le pato argentin.
Parmi les disciplines traditionnelles figurent la voltige en cercle, l'équitation western (dont le gymkhana), l'endurance, le tir à l'arc, le ski joëring et la monte en amazone. Certaines pratiques sont propres à des régions géographiques particulières, telles que la doma vaquera, l'équitation Camargue, islandaise, portugaise, de travail, le rodéo, et le cheval de chasse ; notons aussi le Campdrafting (en) en Australie.
Les joutes équestres sont une reproduction sécurisée des joutes médiévales, comparable au tent-pegging. Le tir à l'arc à cheval et le yabusame sont issus des pratiques militaires d'archerie montée.
Trois sports équestres sont présents aux Jeux olympiques :
- le CSO (Concours de Saut d'Obstacle) : c'est la discipline équestre la plus pratiquée en compétition. Le cavalier et son cheval doivent sauter des obstacles mobiles disposés sur un parcours en faisant un temps le plus rapide possible et sans toucher ni faire tomber les barres ; - le dressage : c'est la discipline qui juge les qualités de communication entre le cavalier et son cheval. Le couple cavalier-cheval doit réaliser des figures de manège et des transitions d'allures le plus parfaitement possible, ils sont évalués par des juges ; - le CCE (Concours Complet d'Équitation) : il regroupe une épreuve de dressage, une épreuve de saut et un cross.
- Saut d'obstacles. - Cheval de dressage sur une reprise. - Épreuve de cross.
Enfin, le cheval est apprécié comme animal de compagnie.
Production de biens de consommation
La viande de cheval est une viande rouge appréciée dans certaines régions comme la Iakoutie, mais considérée comme taboue dans d'autres, dont le Royaume-Uni, l'Irlande, les États-Unis, et de plus en plus en France. Cette aversion pour l'hippophagie provient historiquement de son interdiction par les papes Grégoire III en 732 et Zacharie en 751. Elle est désormais motivée par la proximité avec le cheval, de plus en plus considéré comme un animal de compagnie.
La consommation de lait de jument est traditionnelle et abondante dans les pays de l'ex-URSS, où des races chevalines laitières sont sélectionnées. Le crin, le cuir et l'urine du cheval sont également utilisés.
Le cheval dans la culture
Depuis ses premières représentations sur les parois des grottes préhistoriques (telles que la grotte de Lascaux), le cheval est présent dans la culture humaine. Cette présence concerne aussi bien mythes, légendes et religions que les œuvres d'art, des jeux et des jouets ou encore la fiction. Nombre de peuples indo-européens, tels les Germains et les Celtes, développent des cultes et des rituels liés au cheval et à son sacrifice. De par sa proximité historique avec la vie de l'humain, le cheval donne de nombreux idiotismes animaliers dont des expressions sont encore utilisées, comme « Prendre le mors au dents » ou encore « Un remède de cheval » dans la langue française. Sa puissance de traction continue d'être utilisée comme référence pour les moteurs, avec les unités du cheval-vapeur et du cheval fiscal.
Étymologie
La racine indo-européenne du mot « cheval » est *h₁éḱwos, tous les termes issus de la langue indo-européenne primitive pour désigner le cheval en dérivent, tel le latin classique equus et le sanskrit ásva. Le terme « cheval » est issu du latin populaire caballus et désigna d'abord un « mauvais cheval », puis un hongre et, populairement, un « cheval de travail ». Ce mot dont l'usage est attesté au IIe siècle est probablement d'origine gauloise (cf. gall. ceffyl, irl. capall) et remplace, sans doute avant le milieu du IIIe siècle, le classique equus. Les principaux dérivés du mot « cheval » sont « chevalier », « chevalière », « chevalerie », « chevaucher », « chevalet », « cavale », « cavalier », « cavalerie » et « cavalcade ».
D'autres termes savants liés au cheval sont empruntés au grec ancien híppos (ἵππος), d'où l'adjectif « hippique » ou le terme « hippodrome ». Cette racine grecque se retrouve aussi dans le prénom « Philippe » (qui aime les chevaux), « Hippolyte » (qui délie les chevaux), « hippocampe » (cheval cambré), et hippopotame (cheval du fleuve). Le latin equus est lui aussi issu de cette racine indo-européenne, à l'origine des termes comme « équidés », « équitation » et les adjectifs « équestre » et « équin ».
Chez les Amérindiens, le cheval est parfois désigné sous le nom de « grand chien ». Le caractère sigillaire montre un œil et la crinière du cheval dans sa partie supérieure, et la partie inférieure ses membres et sa queue.
De nombreux termes familiers, péjoratifs ou anciens désignent aussi le cheval. Parmi les termes péjoratifs figurent notamment « bidet », « bourrin », « canasson », « carne », « rosse » et « haridelle ».
Croyances
Le cheval est très présent dans les mythes, légendes et religions. La mythologie grecque connaît le fameux cheval ailé Pégase, les Centaures mi-homme et mi-chevaux, les cavales de Diomède carnivores ou encore le cheval de Troie. Les peuples celtes lui accordent une grande place à travers des déesses comme Épona. Certaines croyances perdurent jusqu'à nos jours, comme celle de la kelpie, esprit du mal aquatique du folklore écossais en forme de cheval qui transporte ses victimes dans l'eau. La mythologie nordique mentionne aussi un très grand nombre de chevaux dans les Eddas et les sagas, dont Sleipnir, l'étalon à huit jambes du dieu Odin. Un signe zodiacal chinois correspond au cheval. En Inde, l'un des avatars de Vishnou est le cheval blanc et cet animal est lié à Indra, divinité de la guerre. Dans le légendaire coréen, Chollima est un cheval ailé, trop rapide pour être monté.
Dans la religion chrétienne, les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse montent chacun l'un des quatre chevaux apparus à l'ouverture des quatre sceaux. Au Moyen Âge, l'image du cheval réapparaît à travers la licorne, animal fantastique et christique possédant une longue corne sur le front. Saint Georges, martyr chrétien, est souvent représenté à cheval en train de terrasser un dragon. Selon certains contes arabes, Allah a créé le cheval à partir d'un poignée de vent du désert. Les chevaux jouent un rôle important dans tous les textes fondateurs arabes. Ainsi, Al-Bouraq, dont le nom signifie « éclair », est le cheval ailé à tête de femme et queue de paon sur lequel Mahomet, guidé par l'archange Gabriel, voyage de nuit de La Mecque à Al-Aqsa (la mosquée lointaine) au cours du Miraj.
Arts, littérature et œuvres audiovisuelles
Le cheval est très représenté dans l'art. De nombreux peintres comme Théodore Géricault et George Stubbs se sont pris de passion pour cet animal. Son intérêt militaire a fait de la statue équestre un genre particulier, représentation hagiographique d'un chef d'État, chef militaire ou héros. La plus ancienne encore intacte est celle de Marc Aurèle à Rome. La plus grande connue est celle du cheval de Léonard. Le cheval est aussi célébré en poésie, dans des chansons dites populaires, ou encore en photographie.
Au XVIIIe siècle, dans le roman Les Voyages de Gulliver, Jonathan Swift dépeint les chevaux, qu'il nomme les Houyhnhnms, comme un idéal de sagesse et de sincérité dans la partie Voyage au pays des Houyhnhnms, qui contraste avec les vices des humains, nommés les Yahoos.
Compagnon constant des héros, le cheval est plus rarement mis en scène pour lui-même. Ainsi, la jument Rossinante de Don Quichotte et à l'époque contemporaine, Jolly Jumper (la monture de Lucky Luke), le Tornado de Zorro ou encore Gripoil (en version originale Shadow Fax), cheval de Gandalf dans Le Seigneur des anneaux accompagnent essentiellement leur maître en lui servant de monture.
Au XIXe siècle, l'anglaise Anna Sewell créé le premier roman animalier avec Black Beauty, narré par le cheval lui-même. Le film Crin-Blanc met aussi un étalon de Camargue libre au centre de l'œuvre dont il donne le titre. Le Cheval venu de la mer, film irlandais de Mike Newell, met en valeur l'importance de l'animal en Irlande et dans les croyances populaires. La série de romans L'Étalon noir raconte les aventures de Black, grand crack de course, et d'Alec son jeune jockey. Elle donne plusieurs films ainsi qu'une série télévisée.
Les aventures de la jument Flicka sont racontées dans les romans de Mary O'Hara, Mon amie Flicka, Le Fils de Flicka et L'Herbe verte du Wyoming. Monsieur Ed, le cheval qui parle (Mister Ed), est le héros d'une série télévisée populaire des années 1960. L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, best-seller de Nicholas Evans a donné le film de Robert Redford, l'un des plus grands succès cinématographiques autour du cheval. Ce film est en grande partie responsable du succès de l'équitation éthologique dans les pays occidentaux. Le film Hidalgo conte l'histoire d'un mustang qui participe à une grande course en Arabie.
Chevaux célèbres
Certains chevaux sont passés à la postérité. Ils peuvent l'être grâce à la notoriété de leur propriétaire, d'autres ont brillé par leurs performances. Quelques-uns possèdent des particularités physiques remarquables. Le pharaon Ramsès II parle longuement de ses deux chevaux d'attelage favoris. Durant l'Antiquité grecque, Bucéphale, le cheval d'Alexandre le Grand, entre dans la légende. Réputé indomptable, il avait peur de son ombre. Seul son maître aurait pu le monter. Sous l'Empire romain, le cheval Incitatus est nommé consul par Caligula. Le Cid aurait demandé à monter pour la dernière fois son cheval blanc Babieca au combat, alors qu'il était mortellement blessé. Le cheval de Mazeppa, « bourreau malgré lui », devient une figure récurrente du romantisme. Shakespeare fait passer le cheval Roan Barbary, favori du roi Richard II d'Angleterre, à la postérité.
Old Billy est le plus vieux cheval connu. Présumé né en 1760, il est mort le 27 novembre 1822, à l'âge de 62 ans. Le Vizir, un petit cheval Arabe gris, est la plus célèbre monture de Napoléon Ier. Le poney sibérien Serko a parcouru 9 000 km dans l'Empire russe en deux cents jours, fin 1889. Cet exploit a inspiré un roman et un film. Iris XVI, un cheval, alezan du maréchal Leclerc a été fusillé pour acte de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, car il a tué un officier allemand.
Trot
Le plus fameux trotteur français demeure Ourasi, quadruple vainqueur du Prix d'Amérique. D'autres sont parvenus à inscrire trois fois leur nom au palmarès de l'épreuve, Uranie dans les années 1920, sa petite-fille Roquépine dans les années 1960 et Bellino II dans les années 1970, qui s'est montré tout aussi performant au trot monté en gagnant trois Prix de Cornulier. On peut citer d'autres célèbres champions tels Fandango, Gélinotte, Une de Mai, Idéal du Gazeau ou, plus récemment, Jag de Bellouet, Ready Cash et ses fils Bold Eagle et Face Time Bourbon.
En Scandinavie, où les courses de trot sont très populaires, on retient les noms de Copiad, Victory Tilly ou Readly Express, et aux États-Unis ceux de Greyhound, considéré comme le meilleur trotteur du siècle outre-Atlantique, Mack Lobell, Peace Corps ou Muscle Hill. Quant à l'Italien Varenne, double vainqueur du Prix d'Amérique, il détient le record mondial des gains avec 6 035 666 €.
Plat
Parmi les chevaux les plus célèbres et réputés les meilleurs, on peut citer Eclipse au XVIIIe siècle, les Américains Seabiscuit, qui connut une exceptionnelle popularité durant la Grande Dépression, Man o'War et Secretariat, le Français Sea Bird, les Anglais Nikinsky, Mill Reef ou Brigadier Gerard, l'Italien Ribot ou encore, au XXIe siècle, les Britanniques Frankel et Enable, la Française Zarkava, le Japonais Deep Impact et les Australiennes Black Caviar et Winx. Certains sont parvenus à demeurer invaincus tout au long de leur carrière, à l'image de Regulus, Hyperion, Eclipse, Nearco, Ribot, Frankel, Zarkava ou Black Caviar.
Bien que la plupart des meilleurs pur-sangs courent relativement peu (souvent une dizaine de courses dans toute leur carrière) l'inflation des allocations des grandes courses internationales ont permis à certains d'amasser des gains se chiffrant en millions de dollars, les plus riches étant Winx (26,5 millions de dollars australiens), l'Américain Arrogate (17,5 millions de dollars en onze courses), la Japonaise Almond Eye (1,9 milliard de yens) ou l'Anglais Thunder Snow (14,9 millions d'euros).
Du côté de l'élevage, certains étalons ont durablement et universellement influencé les pedigrees, à l'image de Eclipse, de Hyperion, des Américains Mr. Prospector et Native Dancer et surtout du Canadien Northern Dancer au XXIe siècle, ou plus récemment Deep Impact et les Irlandais Sadler's Wells, Danehill et Galileo.
Obstacles
Deux disciplines existent, les courses de haies (avec des obstacles identiques) et le steeple-chase, qui propose un parcours aux obstacles variés et plus difficiles. Dans la première spécialité, on peut citer l'Irlandais Hurricane Fly, vainqueur dans les années 2000 la bagatelle de 22 groupe 1, un record. Dans la seconde, Arkle, considéré comme le meilleur steeple-chaser de l'histoire des courses anglaises, ou les Français Al Capone II, un petit cheval d'1,62 m qui a remporté sept fois le Prix La Haye Jousselin et les triple lauréats du Grand Steeple-Chase de Paris, Hyères III, Katko et Mid Dancer.
Endurance
Persik, un cheval russe de race arabe, a gagné un nombre impressionnant de courses d'endurance, et est le père de nombreux gagnants en raids nationaux et internationaux. Les Émirats arabes unis ne sont pas en reste avec SAS Alexis, Yamamah ou Ciel Oriental. Le français Tauqui el Masan, un étalon pur-sang arabe, est connu à la fois pour sa carrière sportive dans les années 1990 et sa carrière de reproducteur.
Chevaux de sport
Jappeloup de Luze, médaillé d'or de saut d'obstacles aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 sous la selle de Pierre Durand. Milton, cheval de John Whitaker, au palmarès exceptionnel et considéré par beaucoup comme le meilleur cheval de saut d'obstacles de tous les temps. Huaso, pur-sang chilien détenteur du record du monde de hauteur en saut d'obstacles depuis 1949 avec 2,47 m.
Chevaux de spectacle et autres
Certains chevaux accèdent à la célébrité grâce au spectacle ou à un physique particulier, comme Stormy, une femelle zébrule issue du croisement d'un zèbre et d'un cheval, dressée grâce aux méthodes éthologiques d'Andy Booth, ou encore Tritonis, le plus grand pur-sang anglais, mort en septembre 1990 à l'âge de sept ans, qui mesurait 1,98 m et pesait 950 kg. Templado est un cheval lusitanien du spectacle équestre Cavalia, réputé pour son allure et son immense crinière, et Zingaro, un cheval frison noir ayant appartenu à Bartabas, qui a donné son nom à la troupe.