nom féminin
(latin castanea, du grec kastanon)
1. Fruit du châtaignier, constitué par une enveloppe épineuse, la bogue, enfermant une amande divisée en plusieurs graines comestibles. (Le fruit est appelé marron lorsque l'amande est entière à l'intérieur de la même enveloppe.)
2. Graine du fruit du châtaignier, consommée sous forme de crèmes et purées, marrons glacés.
3. Populaire. Coup de poing ; bagarre. Synonymes : beigne (populaire) - gnon (populaire) - marron (populaire) - pêche (populaire) - tarte (populaire) - torgnole (populaire)
4. Zootechnie Plaque cornée qui se forme en certains points de la partie interne des membres des équidés.
nom féminin
Fruit du châtaignier, masse farineuse enveloppée d'une écorce lisse de couleur brun rougeâtre. ➙ marron (I, 1). La bogue d'une châtaigne.
nom féminin
familier
Coup de poing. ➙ marron (II).
(châ-tè-gn') s. f.
1. Fruit du châtaignier. « Pour nous ce sont des châtaignes qui font notre ornement ; j'en avais l'autre jour trois ou quatre paniers autour de moi ; j'en fis bouillir ; j'en fis rôtir ; j'en mis dans ma poche ; on en sert dans les plats, on marche dessus ; c'est la Bretagne dans son triomphe », Sévigné, octobre 1671.
2. Châtaigne d'eau, la macre. Châtaigne de cheval, fruit du marronnier d'Inde. Châtaigne de terre, fruit du bunion bulbocastane. Châtaigne du Brésil, fruit du bertholletia excelsa.
3. Petite plaque de corne située, chez le cheval, à la partie inférieure et interne de l'avant-bras, et, dans les membres postérieurs, à la partie supérieure et interne du canon. Sur l'âne, la châtaigne se trouve aux avant-bras seulement ; dans le mulet les châtaignes postérieures sont fort petites.
Historique
XIIe s. « [Ils] ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine », Sax. XX. XIIIe s. « Castaignes ou nois », Livre des mét. 276. « A cui parés vous ces chastaignes ? » la Rose, 8547. « Si qu'il cuit que cele en gré prengne Ce qu'el ne prise une chatengne », ib. 14512. XVe s. « Il samble que Gaufrois ne donne une castaingne De tout nostre pooir… », Baud. de Seb. VII, 184. « Li rois ne trova pas qui li parast chastaignes », Girart de Ross. 11671. XVe s. « Si chastaignes ont vente », Villon, Requête en ball. au duc de Bourbon. XVIe s. « Petoncles, chastaignes de mer [oursins] », Palissy, 280. « Ils lui disoient que les huguenots vouloient tirer la chastagne du feu avec la patte du levrier », D'Aubigné, Hist. II, 425. « Après que ceux qui devoient tirer les chastaignes du feu eurent dit franchement quel il y faisoit », D'Aubigné, ib. II, 446. « Les chastaignes bastardes, appellées bouchasses. Les meilleures chastaignes franches sont les Sardones [de Sardaigne] et Tuscanes [de Toscane], ainsi dittes des païs d'où les races nous en sont venuës de-par-deçà. Les sardonnes [de Sardaigne] sont celles qu'on appelle à Lion marrons, cogneuës par toute la France, pour le traffique de tel fruit », De Serres, 691. « Les bources des chastaignes sont leurs premieres robes garnies de piquerons », De Serres, 692.
Étymologie
Saintonge, chatagne, chatigne ; picard, castaine, cataigne ; génev. châtagne ; provenç. castanha, castagna ; catal. castanya ; espagn. castaña ; portug. castanha ; ital. castagna ; du latin castanea, de Κάστανον, Κάστανα, villes de la Thessalie et du Pont, de là ϰασταναϊϰὸν ϰάρυον, noix de Castana ou châtaigne. Nos anciens disaient : Tirer les châtaignes du feu ; nous disons les marrons. Ils disaient aussi figurément : Il ne trouve pas qui lui pare les châtaignes, c'est-à-dire on ne lui prépare pas un bon accueil.
Sorte de fruit dont la substance est farineuse, & l’escorce de couleur brune tirant un peu sur le rouge. Grosses chastaignes. litron de chastaignes. chastaignes boüillies. chastaignes rosties. en ce pays-là on fait du pain de chastaignes.
Sorte de fruit dont la substance est farineuse, & l’escorce de couleur brune tirant un peu sur le rouge. Grosses chastaignes. litron de chastaignes. chastaignes boüillies. chastaignes rosties. en ce pays-là on fait du pain de chastaignes.
Sorte de fruit dont la substance est farineuse, & l’écorce de couleur brune tirant un peu sur le rouge. Grosses châtaignes. Litron de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. En ce pays-là on fait de pain de châtaignes.
Sorte de fruit dont la substance est farineuse, & l’écorce de couleur brune tirant un peu sur le rouge. Grosses châtaignes. Litron de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. Pain de châtaignes.
■ Châtaigne d’eau. Plante aquatique, ainsi nommée, parce que son fruit ressemble à la châtaigne ordinaire.
Sorte de fruit dont la substance est farineuse, et l’écorce de couleur brune tirant un peu sur le rouge. Grosses châtaignes. Litron de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. Pain de châtaignes.
■ Châtaigne d’eau. Plante aquatique, ainsi nommée, parce que son fruit ressemble à la châtaigne ordinaire.
Sorte de fruit farineux, dont l’écorce est de couleur brune tirant un peu sur le rouge, et qui est renfermé dans une capsule hérissée. Grosses châtaignes. Un litre de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. Peler des châtaignes. Pain de châtaignes. Châtaigne d’eau, Plante aquatique, ainsi nommée parce que son fruit ressemble à la châtaigne ordinaire.
Sorte de fruit farineux, dont l’écorce est de couleur brune tirant un peu sur le rouge, et qui est renfermé dans une capsule hérissée. Grosses châtaignes. Un litre de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. Peler des châtaignes. Pain de châtaignes. Châtaigne d’eau, Plante aquatique, ainsi nommée parce que son fruit ressemble à la châtaigne ordinaire. On l’appelle aussi Macle et Macre.
Fruit du châtaignier, dont l’écorce est lisse, de couleur brune tirant un peu sur le rouge, et qui est renfermé dans une capsule hérissée. Grosses châtaignes. Un litre de châtaignes. Châtaignes bouillies. Châtaignes rôties. Peler des châtaignes. Châtaigne d’eau, Fruit de la plante aquatique dite Macle et ainsi nommé parce qu’il a le goût de la châtaigne ordinaire.
xiie siècle. Du latin castanea, qui désignait le fruit et l’arbre, du grec kastanon.
Fruit comestible du châtaignier, à l’écorce lisse de couleur brun-rouge, contenu dans une bogue hérissée de piquants. Les grosses châtaignes sont appelées des marrons. Châtaignes bouillies, grillées, blanchies. Peler des châtaignes. De la farine de châtaigne. Par analogie. Châtaigne d’eau, fruit de la macle, qui a le goût de la châtaigne ordinaire, et, par métonymie, la macle elle-même. Châtaigne de mer, nom vulgaire de l’oursin. ▪ Pop. et iron. Coup de poing.
Nom commun
Du latin castanea (« châtaigne » et « châtaignier »), emprunté au grec ancien κάστανον, kástanon, de même sens.
1. Fruit du châtaignier (Castanea sativa), dont l’écorce est lisse, de couleur brune tirant un peu sur le rouge, enfermé à un, deux ou trois exemplaires dans une bogue, enveloppe dure et recouverte d’épines. « Quant à la châtaigne, ne la panifions pas, elle si bonne à manger tout simplement cuite à l’eau. » — (Antoine-Alexis Cadet de Vaux, Moyens de prévenir le retour des disettes, 1812) « Avec leurs pommes de terre, leurs châtaignes et leur seigle, les paysans du Ségala engraissent de nombreux troupeaux de porcs dont ils tirent beaucoup d’argent. » — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931) « Je marchais dans ce Bordeaux illuminé d’un jour de rentrée ; les trottoirs du Cours de l’Intendance, humides de brouillard, luisaient. Les voix du Midi couvraient le vacarme des trams. L’odeur de mon enfance était perdue ; je l’aurais retrouvée dans ces quartiers plus sombres de la rue Dufour-Dubergier et de la Grosse Cloche. Là, peut-être, quelque vieille femme, à l’angle d’une rue noire, serrait-elle encore contre sa poitrine un pot fumant de ces châtaignes bouillies qui sentent l’anis. » — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 154) *Tout en discutant, elles n’arrêtaient pas d’éplucher leurs châtaignes, la petite par terre se démenait, comme si elle avait fait un travail de force. – Vous les épluchez avant de les bouillir ? dit Juliette, et moi qui ai toujours fait le contraire ! – C’est plus vite fait comme ça, dit la blonde, assise sur le tabouret. — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs*, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 23) « Il n’y avait plus qu’à faucher le blé noir, arracher les pommes de terre et gauler noix et châtaignes ; de ceci les gamins se chargeaient le jeudi et le dimanche, pour se distraire. » — (Henri Bachelin, Le Village, Marivole Éditions, 2013, chapitre 3)
2. (Zoologie) Excroissance cornée de certains équidés. « Dans le tiers inférieur de sa longueur on rencontre, du côté interne, une production cornée, la châtaigne. » — (Auguste Éloire, Le cheval : son hygiène, ses races, ses tares, sa description, sa ferrure, son signalement, ses aplombs., A.-L. Guyot (Paris), 1900, NP)
3. La couleur du fruit du même nom, brun clair à grisâtre. #806D5A Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
4. (Familier) Coup de poing. « Blanchon l’expulsa de l’équipe de rugby, railla publiquement ses maigres qualités d’homme, sa peur de la « châtaigne », des sports virils. » — (Yves Gibeau, Allons z’enfants, 1952) « Moi, tout ce que j'ai gagné dans l'histoire, c'est cette châtaigne qui m'a fendu la joue… » — (Paul Berna, Le cheval sans tête, 1955, réédition Le Livre de Poche, 1980, page 71) *Y m’a filé une beigne J’lui ai filé une torgnole Y m’a filé une châtaigne J’lui ai filé mes grolles — (Renaud, Laisse béton sur l’album Laisse béton*, 1977) « Vous vous êtes débattu avec une vigueur insoupçonnable, en distribuant des châtaignes qui causaient d’autant plus de dégâts que vos agresseurs s’interdisaient de rendre coup pour coup […] » — (Antoine Bello, Enquête sur la disparition d'Émilie Brunet, 2010 ; édition Folio, 2012, page 228)
5. (Familier) Décharge électrique. Il a reçu une poignée de châtaignes.
6. (Caraïbes) Fruit du châtaignier Artocarpus camansi.
7. Ancienne variété de pommes. « Le Jardinier François imprimé à Amsterdam en 1655, distingue toutes les pommes en pommes hâtives & en pommes de garde. Parmi les premières, il place les danqueulles, les calevilles blanches, les calevilles claires, les calevilles rouges, les camoises blanches, les carmagnoles, le châtaignes tendre, le cliquet, le petit court-pendu rouge, […]. » — (Histoire naturelle de Pline, traduite en françois, Veuve Desaint à Paris, 1772, tome 5e, note page 312)
Synonymes
marron (4)
Apparentés étymologiques
castanéiculteur castanéiculture châtaigneraie châtaignier châtain
Dérivés
→ voir châtaigne d’eau châtaigne de mer châtaigne de terre châtaigne du Brésil
Vocabulaire apparenté par le sens
châtaigne figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : fruit, électricité, cueillette, séchage, bagarre, anatomie équine, châtaigne, couleur.
Hyperonymes
brun (3) fruit (1)
Forme de verbe
1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe châtaigner.
2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe châtaigner.
3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe châtaigner.
4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe châtaigner.
5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe châtaigner.
nom féminin
1. Coup de poing. Synonyme : coquard, gnon, jeton, mandale, marron, pêche, prune, ramponneau, taloche, torgnole.
2. Châtaigne de mer, échinoderme au test couvert de piquants. Synonyme : hérisson de mer, oursin.
La châtaigne est le fruit du châtaignier. Le terme désigne aussi la graine comestible contenue dans ce fruit. Les châtaignes non cloisonnées sont appelées des marrons, à ne pas confondre avec le marron d'Inde, qui est la graine (toxique) du marronnier d’Inde ou marronnier commun (Aesculus hippocastanum).
La bogue est l'enveloppe hérissée de piquants qui protège les fruits. Les différents mots désignant la châtaigne en Europe dérivent tous du latin Castanea.
Historique
La châtaigne fut longtemps la base de l'alimentation humaine dans des régions entières, particulièrement dans l'arrière-pays méditerranéen, dont le climat plus frais et humide que les régions côtières se prête bien à la culture, contrairement à l'olive. La châtaigne y est cultivée depuis l'Antiquité. Dans des régions comme les Cévennes, le Limousin ou le Tessin, la châtaigne revêt une très grande importance. On appelait d'ailleurs le châtaignier « l'arbre à pain » mais aussi « l'arbre à saucisses » car les châtaignes servaient aussi à l'alimentation des porcs.
Description
Une châtaigne est formée d'une coque mince, coriace, brune et brillante contenant une graine. La coque est un péricarpe possédant les trois couches classiques de la paroi d'un fruit : épicarpe, mésocarpe et endocarpe. La châtaigne se détache de la bogue par son hile. C'est un fruit sec dit déhiscent car à maturité, la bogue s'ouvre d'elle-même. De plus, le péricarpe et le tégument de la graine ne sont pas soudés donc on peut la qualifier d'akène. Elle a un côté saillant d'où émerge une petite touffe appelée « torche », qui est le reste desséché du pistil et des cinq ou sept stigmates floraux et qui protège le germe (plumule). Dans de nombreuses variétés, le fruit est aplati sur un ou deux côtés.
La graine est enveloppée dans un tégument, une pellicule rougeâtre et astringente appelée le « tan » (à cause des tanins qu'elle contient), qui pénètre dans les replis de l'amande, et qu'il faut retirer avant de consommer la châtaigne. Les variétés de châtaignes dont l'amande n'est pas cloisonnée par le tégument sont appelées marrons. Le poids de la châtaigne peut varier de 10 à 25 grammes selon la variété.
Châtaigne ou marron
L'agronome Olivier de Serres nomme deux variétés de châtaignes dans son théâtre d’agriculture et mesnage des champs (1600) : la tuscane et la sardonne. Il indique que cette dernière est plus connue à Lyon sous le nom de « marron de Lyon », source d'une confusion qui traversera les siècles. Dans le parfait confiturier, le cuisinier François Pierre de La Varenne écrit « En réchauffant la châtaigne dans la cheminée avec de l’eau sucrée, on obtient un marron glacé. ».
Plus tard, au XIXᵉ siècle, la châtaigne était assimilée aux populations rurales défavorisées, on lui préféra l'appellation jugée plus noble de « marron », qui était déjà en vigueur pour les châtaignes non cloisonnées utilisée pour l'élaboration des marrons glacés.
Une définition technique de la distinction entre marron et châtaigne précise qu'un cultivar est qualifié de marron quand la proportion de fruits cloisonnés est inférieure à 12 % et de châtaigne si elle est supérieure.
En outre un marron ne doit pas présenter de tan qui pénètre dans la chair et doit avoir un calibre suffisant de moins de 60 fruits par kilo.
Ainsi, le fruit cultivé est appelé « châtaigne » (production de châtaignes, castanéiculture) et le fruit transformé « marron » (marrons glacés, crème de marrons, marrons grillés...).
Valeur nutritive
La châtaigne, qui est un akène, est formée d'une masse farineuse enveloppée d'une écorce lisse de couleur brun rougeâtre appelée le « tan ». Marron peut à la fois désigner certaines variétés améliorées de châtaignes et les marrons d'Inde (graine du marronnier que l'on trouve dans les villes). Ceci peut prêter à confusion : il convient d'être vigilant car la graine du marronnier (le marron d'inde) est toxique. On distingue une châtaigne d'un marron d'Inde grâce à leur forme (le marron d'inde est généralement plus gros et plus rebondi) et à la queue de la châtaigne (la « torche ») que l'on ne trouve pas sur un marron d'Inde.
La crème de marrons et les marrons glacés sont fabriqués à partir de certaines variétés de châtaignes appelées marrons.
L'amande fraîche contient jusqu'à 35 % de glucides (amidon, saccharose, dextrines), 5 % de fibres, mais est pauvre en protides (albumines) et lipides. Elle contient aussi des vitamines, notamment de la vitamine C et des éléments minéraux, notamment du potassium. Le taux de sucre du fruit évolue dans le temps. Il est généralement plus important quelques semaines après la récolte.
La farine de châtaigne contient plus de 75 % de glucides, ce qui en fait un aliment énergétique.
La châtaigne est pauvre en matière grasse et très pauvre en cholestérol et sodium. C'est une bonne source de manganèse.
Variétés
Parmi les quelque 700 variétés recensées, plusieurs sont cultivées pour répondre aux besoins de la confiserie ou de la conserve.
Le critère de choix primordial pour acheter une châtaigne de qualité est avant tout sa variété.
Les variétés paysannes telles que Comballe, Bouche rouge, Sardonne (aussi appelée Marron de Lyon), Figarette, Pellegrine, Précoce des Vans, Pourette, Merle, Bouche de Clos, Aguyane, Marron de Chevanceaux, donnent de moins gros fruits mais ont un goût, selon certains, plus savoureux. La Nouzillat est réputée en Poitou et voisinages.
Les variétés hybrides, issues de croisements génétiques telles que Bouche de Bétizac, Marigoule (M15), Bournette ou Précoce Migoule donnent de gros et beaux fruits mais pas particulèrement les meilleurs.
Modes de consommation
Les châtaignes peuvent se consommer fraîches ou séchées, crues (peu digestes, elles nécessitent une mastication efficace qui favorise l'imprégnation salivaire et l'action des amylases salivaires qui prédigèrent l'amidon), bouillies, rôties, grillées au four, sous la cendre ou dans des poêles trouées. Elles sont vendues dans les rues en hiver au cri de « Chauds les marrons ! » C'est sous cette forme (et ce cri) qu'elles sont vendues chaque automne dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon à l'occasion de la Vogue des marrons, grande fête traditionnelle du quartier vieille de plus de 150 ans.
En Suisse romande, notamment dans le Chablais et en Valais, un repas fait avec des marrons chauds accompagnés de raisin et de vin blanc est nommé brisolée, les châtaignes sont grillées dans un cylindre appelé brisoloir. C'est l'occasion d'une joyeuse agape d'automne. Des fêtes sont organisées durant le mois d'octobre, dont celle de Saint-Gingolph depuis 1989, la plus vieille du Valais.
Elles peuvent être confites au sucre et cristallisées (les marrons glacés, qui se vendent surtout en fin d'année), mises dans de l'alcool, cuites en confiture ou en purée.
Séchées, puis moulues, elles donnent une farine difficilement panifiable largement consommée en Corse, notamment sous forme de pulenda. Mélangée à hauteur de 30 % à de la farine de froment, elle peut servir à faire du pain, des crêpes, des galettes et des pâtisseries.
En Europe, les châtaignes font traditionnellement partie de certains plats de Noël et du Nouvel An. Bouillies, elles accompagnent des plats de viande, dont la célèbre dinde aux marrons. Le toupi est une grosse marmite dans laquelle on fait blanchir les châtaignes.
Dans les Cévennes, chaque mas avait sa clède pour faire sécher les châtaignes.
Autres spécialités gastronomiques
- Flan à la châtaigne - Crème de marrons - Mont-blanc, ou nid de cigogne (appellation alsacienne), ou vermicelles (appellation suisse) - Confitures, sirops et liqueurs, - Châtaignons des marrons d'Olargues - Rôtis de châtaigne ou brisolée (Valais, Suisse) - Le Burgou, gâteau à la châtaigne typique de Châlus, dans la châtaigneraie limousine
Il existe des spécialités locales à base de châtaignes, notamment en Corse et en Sardaigne.
Conservation
Les châtaignes peuvent être consommées fraîches, dès qu’elles sont tombées de l'arbre. Il est possible de les conserver 3 à 4 fois plus longtemps en les faisant tremper dans l'eau pendant 5 à 9 jours immédiatement après le ramassage, de façon à détruire les éventuels parasites et leurs œufs. Les fruits restés plusieurs jours au contact de la terre sont particulièrement susceptibles d’être infestés et impropres à la consommation.
Aussitôt après le ramassage, on immerge totalement les châtaignes dans une cuve remplie d’eau, et, après brassage des châtaignes, on élimine tout ce qui flotte. Ce sont des fruits véreux ou déjà pourris, car les fruits sains, plus denses, ne flottent pas.
Ce trempage tue par asphyxie les larves parasites, comme celles du carpocapse et du balanin. Il induit également une modification chimique de la chair de l’amande qui lui confère une forte résistance à la pourriture. Par ailleurs, les châtaignes traitées par trempage restent longtemps bien hydratées et résistantes à la dessiccation.
Le trempage doit durer au moins 5 jours (idéalement, 9 jours), et l’eau doit être renouvelée quotidiennement. Les châtaignes doivent être remuées chaque jour, et les fruits noirs ou mous, qui remontent à la surface, doivent être éliminés. Ils étaient déjà pourris avant le trempage.
Après le trempage, les châtaignes sont étalées sur un plancher pour le ressuyage pendant 8 à 10 jours dans un endroit bien ventilé. Le séchage est terminé quand les châtaignes restent sèches au début du jour, sans traces de condensation nocturne. On peut alors les stocker dans un local frais et aéré (pas dans une cave) puis les remuer de temps en temps pour les aérer.
Économie
La récolte mondiale de châtaignes est d’environ 1 million de tonnes (FAO 2002).
Un producteur de châtaigne est appelé un castanéiculteur.
La production française, localisée principalement en Ardèche (26 %), en Dordogne et dans le Var, est environ de 12 000 tonnes par an en 2004, contre 110 000 tonnes en 1945. Cette production ne couvrant pas l'ensemble des besoins nationaux, principalement pour certains produits transformés, la France importe de 13 000 à 14 000 tonnes alors qu'elle exporte près de 2 000 tonnes.
En 2006, l'INAO a reconnu l'AOC Châtaigne de l'Ardèche. Un hectare de châtaigniers peut produire de 1 à 4 tonnes de châtaignes par an (selon les variétés) négociable en 2009 par le producteur entre 1 et 2,5 euros/kg (selon les variétés).
Il existe plusieurs espèces de châtaignier du genre Castanea en Chine : Castanea henryi, C. mollissima, C. seguini, C. crenata mais pas de châtaignier commun (C. sativa) d’Europe. Selon Hu, l’espèce Castanea mollissima Blume, banli 板栗, est largement cultivée sur les coteaux de la région du Yangzi pour ses noix comestibles. Les châtaignes sont consommées grillées ou entrent dans la confection de divers plats comme des puddings, des potages, etc.
Divers et culture populaire
- À Joyeuse (Ardèche) se trouve un musée de la Châtaigneraie ; en octobre, une grande manifestation réunit castanéiculteurs et public lors des « Castagnades » dans le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche. - À Saint-Pierreville, la maison du châtaignier est consacrée à la découverte, la culture, l'histoire du châtaignier. Elle offre aussi un panorama de la production dans ses aspects les plus divers. - Dans le Var, à Collobrières, se déroule, les trois derniers dimanches d'octobre, la fête de la châtaigne, fruit cultivé à cet endroit depuis le XIIe siècle. - À Catenay, en Seine-Maritime, la fête de la châtaigne se déroule chaque année le dernier dimanche d'octobre. - A Villardonnel, dans l'Aude, la fête des châtaignes, du vin et des produits de la Montagne Noire a lieu chaque dimanche le plus proche de la Toussaint. - À Redon (Ille-et-Vilaine), la séculaire foire Teillouse, grande foire aux marrons du 4e week-end d’octobre, est devenue l’occasion de grands rassemblements festifs qui font d’octobre le Mois du Marron en Pays de Redon. - Une légende, inventée par un poète italien de la Renaissance, veut que le châtaignier soit né de la fureur (pro)créatrice de Jupiter. Courtisée par Jupiter, l'une des nymphes de Diane, Néa, préféra se tuer plutôt que de perdre sa vertu. Pour lui rendre hommage, le maître des dieux transforma sa dépouille en un arbre majestueux, le Casta Néa, dont les fruits garnis de piquants symbolisent cette triste aventure. - Une région du Cantal porte le nom de Châtaigneraie et la commune de Mourjou accueille la maison de la châtaigne. - En Haute-Corse, la région de la Castagniccia (Châtaigneraie en corse) tient son nom de la profusion de châtaigniers plantés à l'époque la domination de la république de Gênes, et fut parmi les plus riches de l'île, comme en témoignent ses nombreuses églises baroques. De même, une foire de la châtaigne a lieu chaque année au village de Bocognano (Corse-du-Sud) au mois de décembre. - Dans l'Ariège, la race de vache Aure-et-Saint-Girons s'appelle aussi casta, à cause de sa couleur châtaigne. - En langage populaire, une « châtaigne » désigne un coup de poing ou un choc électrique. Dans le sud-ouest, on parle aussi de castagne quand l'on se bat, c'est-à-dire quand on donne ou reçoit des castas (des châtaignes). - « Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain » (Pasquale Paoli, 1758). - Le châtaignier est l'emblème de la région Limousin, bien qu'il ne soit que la quatrième essence régionale en récurrence. Sa feuille est ainsi présente sur le logo du Conseil régional du Limousin. - Autrefois, les personnes qui se nourrissaient de châtaigne, fruit de la forêt et non fruit du labeur par culture, étaient mal vues et jugées paresseuses. Récolter la châtaigne c'était rechercher le repli sur soi, l'indépendance et la rébellion, permettant à la population ainsi nourrie de se consacrer à autre chose. Ainsi, une encyclopédie de 1821 affirme que « les habitants des pays à châtaigne ne sont pas amis du travail, [...] n'offrant que paresse, ignorance et misère ». La richesse naturelle entraîne pauvreté et misère. Une revue d'agriculture déclare en 1837 : « En Corse, dans plusieurs parties des montagnes, les habitants ne se nourrissaient que de farine de châtaigne et de laitages. [...] Une douzaine de châtaigniers et autant de chèvres suffisaient à une famille corse pour ne pas mourir de faim. » Il était même conseillé de laisser les châtaignes aux cochons. Au début du XIXe siècle, l'État aurait voulu décourager l'exploitation des châtaigneraies et les nouvelles plantations, « sources de paresse », en Corse. Pourtant, c'est la châtaigne, ainsi que le gland, la racine de fougère, et le cambium du tronc des arbres qui ont permis à certaines populations de ne pas mourir de faim lors des périodes de famine.Articles détaillés : Gland (fruit), Pteridium aquilinum, Cambium et Pain d'écorce.
Symbole républicain
La châtaigne voit son nom attribué au 3e jour du mois de vendémiaire du calendrier républicain ou révolutionnaire français, généralement chaque 24 septembre du calendrier grégorien.
Symbole Unicode
Le fruit fait l'objet d'un codage Unicode :
- U+1F330 🌰 chestnut (HTML : 🌰)