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cerise

D'après les sources cochées · ·

cerise Larousse (Définition)

nom féminin

(latin populaire *ceresia, du grec kerasion)

Fruit comestible du cerisier.

adjectif invariable et nom masculin

Rouge vif : Cravates cerise.

cerise Le Robert (Définition)

nom féminin et adjectif invariable de couleur

1. Petit fruit charnu arrondi, à noyau, à peau lisse brillante, rouge, parfois jaune pâle, produit par le cerisier. ➙ bigarreau, griotte. Cerises sauvages. ➙ merise. Le kirsch, eau-de-vie de cerise. « Le Temps des cerises » (chanson de J.-B. Clément). locution La cerise sur le gâteau, le détail qui parachève l'ensemble ; le comble.

2. adjectif invariable Rouge cerise, vermeil.

3. argot Malchance, guigne. Avoir la cerise.

cerise Littré (Définition)

(se-ri-z') s. f.

1. Fruit du cerisier ; la peau en est rouge. Rouge comme une cerise. Cette jeune fille a les joues rouges comme une cerise. Terme de métallurgie. Rouge-cerise, rouge très vif et un peu clair, qui est l'indice d'une très haute température. Fer chauffé au rouge-cerise.

2. Par extension, le fruit du caféier. Du café en cerise. « De nombreux esclaves s'empressent à recueillir la cerise du café », Chateaubriand, Natch. II, 65.

3. Terme de vétérinaire. Cerises, petites excroissances charnues, de couleur rouge, qui s'élèvent de la surface des plaies de la sole de chair du cheval.

Historique

XIIe s. « D'ire et de mautalent [il] rougit come cerise », Sax. XXIII. XIIIe s. « Blanchefleur traïrai [j'empoisonnerai] en pome ou en cerise », Berte, LXXVI. « Moult i ot de bones cerises, Et plusors fruiz de maintes guises », Ren. 1285. XVIe s. « De beaux petitz arcz pour tyrer des noyaulx de cerises contre les grues », Rabelais, Pant. IV, 7. « En France on appelle cerise le fruit qu'en Languedoc on dit agriote, et la cerise de telle province est nommée en France guine… S'en voient des grosses, moiennes, petites, rondes, longues, plattes, refendues : des rouges, blanches, noires : des aigres, des douces : des molles, des dures… La cerise ou agriote est plus aigre que douce, comme tirant son nom de là ; au contraire la guine est plus douce que aigre… La grosse agriote, aiant la queue courte, le noiau petit, estant de couleur rouge-brun, surpasse les autres en valeur… Parmi les douces, paraissent pour les plus prisées les duracines, appelées aussi graffions, mot pris en Dauphiné pour toutes sortes de guines… Merises sont guines presque sauvages et petites, tenans de l'amer dont elles portent le nom. Cœurs sont assés grosses, poinctues et fendues, ainsi dittes à cause de leurs figure ressemblant, et en leur chair et en leur noiau, aucunement le cœur d'une creature humaine, par aucuns, sans grande raison, appelées aussi cerises heaumées, et leurs arbres, heaumiers. Non plus pouvons-nous dire pourquoi d'autres cerises sont dites pinguereaux, rodanes, greffions et semblables ; très bien des musquates, dont le goust rend raison de leur appellation ; ces noms sont donnés aux guines, non aux agriotes », De Serres, 682. « Le pigeon saoul trouve les cerises ameres », Cotgrave « C'est folie de manger cerises avec son seigneur », Cotgrave « Faire d'une cerise trois morceaux », Cotgrave

Étymologie

Provenç. cereira, serisia ; catal. cirera ; espagn. cereza ; portug. cereja ; ital. ciriegia ; mots dérivés, à l'aide d'un suffixe féminin, du latin cerasus, dit ainsi de Cerasus, Cérasonte, ville du Pont d'où Lucullus rapporta le cerisier en Italie. Pline dit qu'un siècle après son importation en Italie, le cerisier avait déjà pénétré dans l'île de Bretagne.

cerise Académie française (toutes éditions)

Éditions : ·

Espece de petit fruit à noyau dont la chair est fort aqueuse & la peau fort rouge & fort mince. Cerises à courte queüe. cerises precoces. cerises tardives. cerises à confire. cerises confites. On dit communément, Aux cerises, pour dire, En la saison des cerises. Il a la fievre quarte, il ne guerira qu’aux cerises. il en a jusqu’aux cerises.

Espece de petit fruit à noyau dont la chair est fort aqueuse & la peau fort rouge & fort mince. Cerise à courte queuë. cerises precoces. cerises tardives. cerises à confire. cerises confites.

Espèce de petit fruit à noyau dont la chair est fort aqueuse, & la peau fort rouge & fort mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites..

Espèce de petit fruit à noyau, dont la chair est fort aqueuse, & la peau fort rouge & fort mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites.

Espèce de petit fruit a noyau, dont la chair est fort aqueuse, et la peau fort rouge et fort mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites.

Espèce de petit fruit à noyau, dont la chair est fort aqueuse, et la peau rouge et très-mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites. Rouge-cerise, Rouge très-vif et un peu clair.

Espèce de petit fruit à noyau, dont la chair est fort aqueuse, et la peau rouge et très-mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites. Rouge-cerise, Rouge très vif et un peu clair.

Petit fruit à noyau, dont la chair est aqueuse et sucrée et la peau plus ou moins rouge et très mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites. Par apposition, Rouge-cerise, Rouge très vif et un peu clair.

xiie siècle. Du latin populaire *ceresia, du grec kerasion, « cerise ».

Petit fruit charnu à noyau, dont la peau fine, brillante et lisse est le plus souvent rouge. Cerises précoces, tardives. Un panier de cerises. Des cerises sauvages. Un clafoutis aux cerises noires. De la confiture de cerises. Cerises à l’eau-de-vie. Une infusion de queues de cerises. Expr. Le temps des cerises, le printemps. En apposition. Couleur cerise ou, elliptiquement, cerise. Des rideaux cerise. D’un rouge cerise ou, elliptiquement, rouge cerise. Des rubans rouge cerise. ▪ Par analogie. Cerise de café, fruit du caféier.

cerise Wiktionnaire (Définition)

Nom commun 1

(XIIe siècle) Du latin cerasum, du grec ancien κεράσιον, kerásion, d’origine incertaine, probablement caucasienne. Des termes apparentés semblent répandus dans les langues caucasiennes ; comparer avec le lak ккурмуз (k:urmuz, « prunier (sauvage) ») et le dargwa гимиргьи (gimirhi, « coing »). La protoforme reconstruite du proto-caucasien serait ḵurmäśV / ḵurmäʒ́V (« certaine sorte de fruit »), et peut-être * mǝrǝgʷǝźʷǝ (« une sorte de prune ou de pêche ») avec métathèse, attestée dans certains mots composés abkhazes.

1. (Botanique) Fruit comestible du cerisier charnu, petit et sphérique et à la peau généralement rouge, qui est une drupe. « Te sachant gourmande, le gâteau basque à la crème et à la cerise, ainsi que le gâteau à la broche, font partie des spécialités régionales. » — (Noëlla Moreaux, Une ombre du passé, 2016, page 224) « Mais aucun spectacle d’effort ne saurait être plus stupéfiant que celui offert par la mère Cloutet, poussant, dans la côte de Ménilmontant, une voiture chargée de cinquante kilos de cerises. « À la douce, cerises, à la douce ! » » — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908) « Quand tout dort encore, les larges avenues de Carpentras voient affluer des amoncellements d’asperges, de petits pois, de pommes de terre, de cerises et de fraises. » — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931) « On dirait que toutes les autres cerises, du jaune-rose un peu acide des napoléons au rouge serein des burlats, ne sont que le brouillon de cette perfection si mystérieuses et douce : les cerises noires ! » — (Philippe Delerm, Le trottoir au soleil, Gallimard, 2011, collection Folio, page 46) « Je me souviens vaguement des traits de la gamine, une blondine coiffée d’un chapeau de paille orné de cerises artificielles, avec une robe en lingerie blanche, percée de trou-trous ourlés. » — (Jules Clozel , Mémoires d’un enfant du XXe siècle, Bo D/Books on Demand, 2012, page 247)

2. (Par analogie) Fruit du caféier, qui contient deux noyaux, les grains de café. « Dans les autres pays on forme les cafeteries en semant la cerise en pépinière ou mieux à demeure, si le quartier est pluvieux. » — (« Café », dans le Dictionnaire du commerce et de l’industrie, Bruxelles : à l’imprimerie de A. Cauvin, 1837, volume 1, page 414) « Un caféier en culture a une production annuelle moyenne de cerises de 2,5 kg. Elles fournissent 500 g de café vert qui seront transformés en 400 g de café torréfié (en conditions exceptionnelles, un caféier peut produire jusqu’à 20 kg de cerises). » — (Claire Doré et Fabrice Varoquaux, Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Éditions Quae, 2006, page 165)

3. Cerises à l’eau-de-vie. *« On va bien prendre une cerise ? — Mais oui », dit Cordélia. Marie-Jeanne posa sur la table un napperon brodé, et sur le napperon un plateau de métal bleu pâle, et sur le plateau les verres à liqueur, à peine plus grands que des dés. Elle alla chercher le bocal de cerises à l’eau-de-vie dans la cuisine. — (Roger Vailland, 325.000 francs*, 1954, réédition Le Livre de Poche, page 50)

4. (Familier) Malchance, guigne, poisse. « — Dis, on te cause ! D'abord, tu sais pas que c’est défendu de siffler dans un théâtre ? ça porte la cerise. » — (France illustration: Le monde illustré - Supplément théâtral et littéraire, 1950, no 50-62, page 18) « Et finir enterré vivant à quelques encablures de la fin de la guerre, franchement, ce serait vraiment la cerise. » — (Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, Paris, 2013, page 22)

5. (Familier) (Québec) Gyrophare de police (qui est habituellement rouge). « Quand Remo sortit par le parking, des voitures de police avec de grosses cerises illuminées sur le toit y entraient. Deux agents, pistolet au poing, coururent dans l'hôpital. » — (Warren Murphy et Richard Sapir, L'Implacable, vol. 22 : Cervelle trafic, traduit par France-Marie Watkins et Brigitte Sallebert, éditions Milady, 2015)

6. (Vulgaire) (Canada) Virginité, pour une femme. « Mais j’peux pas m’en empêcher ! J’peux pas m’en empêcher ! Chus t’en amour comme une fille de dix-huit ans qui a encore sa cerise ! Pis c’est même pas parce qu’y fait ben l’amour ! Même pas ! » — (Michel Tremblay, En pièces détachées et La Duchesse de Langeais, éditions Leméac, 1970, page 92) (Sens figuré)Viens t’asseoir! viens t'asseoir! poursuivit Gladu, pétulant. Je viens justement d’acheter une bonne bouteille de rhum de la Barbade. Il serait temps qu’on lui fasse perdre sa cerise. — (Yves Beauchemin, Le matou, Les Éditions Fides, 2007, page 509)

7. (Argot) Visage, tête. « L’exécutif a également poussé pour la privatisation de la formation professionnelle : la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de 2018 a en effet ouvert la possibilité aux entreprises de créer leur propre centre de formation d’apprentis (CFA). « D’un côté, on veut asphyxier l’édredon dans la valise, et de l’autre, on laisse la place aux officines privées qui peuvent ainsi se verdir la cerise tranquille », tempête Clémentine Mattéï, cosecrétaire générale du Snetap-FSU. » — (Lorène Lavocat, Robots, coaching et intelligence artificielle... l’agriculture selon Xavier Niel, Reporterre, 26 aout 2021 → lire en ligne)

Dérivés

bai cerise cerisaie cerisé cerise acide cerise aigre cerise anglaise cerise au marasquin cerise de café cerise de Céret cerise de terre cerise d’hiver cerise sauvage cerise-tomate cerisette cerisiculture cerisier cerise sur le gâteau cerise sur le sundae (Canada) cueillette de cerises gâteau sous la cerise pour des queues de cerises rouge comme une cerise rouge cerise tomate cerise tomber sur la cerise se faire la cerise se refaire la cerise

Vocabulaire apparenté par le sens

cerise figure dans les recueils de vocabulaire en français ayant pour thème : fruit, confiture, cocktail (boisson), baie (fruit). 🍒 (U+1F352)

Hyponymes

amarelle bigarreau burlat cerise anglaise cerise de Céret cerise sauvage cesse griotte griotte du Nord guigne Guillaume merise Montmorency napoléon noire de Méched Reverchon roupette à queue

Hyperonymes

fruit drupe

Nom commun 2

1. Couleur rouge des cerises. « Si le Teinturier n’a pas le soin de désaviver les couleurs fines en saffrano, dans dans lesquelles il entre du jus de citron, comme dans le ponceau, le cerise, toute sorte de rose, nacarat, isabelle, chamois vif, jamais la moëre ne prendra bien, ainsi que sur le noir, si on ne recommande au Teinturier qu’il soit extrêmement lavé, plutôt à quatre Battures qu’à deux. » — (Joubert de l’Hiberderie, Le dessinateur, pour les fabriques d’étoffes d’or, d’argent et de soie, 1765, pages 64-65) « Enfin , il est bon de donner des apprêts huileux , des mordans et des bains de teinture moins chargés que pour le rouge ou le cerise. » — (M. G. T. Doin, Le Dictionnaire des teintures, dans l’Encyclopédie méthodique : ou par ordre de matières, Paris : chez Veuve Agasse, 1828, page 152)

Adjectif

1. De la couleur rouge vif à profond de la cerise. #BB0B0B « Un bonnet à rubans couleur cerise décuplait l’effet de la tête. » — (Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846) « Il avait fait meubler cette « loge » des meilleures chaises de l’inn, et placer au centre un grand fauteuil de velours d’Utrecht bouton d’or à dessins cerise pour le cas où quelque femme d’alderman viendrait. » — (Victor Hugo, L’Homme qui rit, 1869, édition 1907) « Aussi décorée de blanc et d'or, de pur Louis XIV, et meublée dans le goût Louis XVI, comme presque tout l'hôtel, avec d'adorables trumeaux au-dessus des portes et des draperies cerise et argent dans la sertissure du bois doré, cette galerie semble en quelque sorte détachée du palais de Versailles […]. » — (Les lettres et les arts: revue illustrée, volume 4, no 1, éd. Boussod, Valadon et cie, 1889, page 350) « La femme, à côté de son époux, s’épanouissait dans une robe de soie cerise extraordinaire. » — (Guy de Maupassant, Une partie de campagne, dans La maison Tellier, 1891, réédition Le Livre de Poche, page 185) « Le jour de notre première rencontre, Mrs. Mac Mannox était prête à sortir. Cela se voyait à son chapeau, un bouillonné en soie cerise qui paraissait de bonne marque. » — (Edmonde Charles-Roux, Oublier Palerme, Grasset, 1966) « Howard jette un coup d'œil aux profondeurs insondables des niveaux inférieurs par-dessus la rambarde et aperçoit un méli-mélo de robes cerise, de corps au bronzage artificiel et de chaussures de strip-teaseuse » — (Elizabeth Day, Paradise City, traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne, éditions Poche City (Terra Nova), 2017)

Synonymes

rouge

Dérivés

bleu cerise

Vocabulaire apparenté par le sens

cerise figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : cocktail (boisson).

Cerise Wikipédia (Encyclopédie)

La cerise est le fruit comestible du cerisier. Il s'agit d'une drupe (fruit charnu à noyau), de forme sphérique, de couleur généralement rouge plus ou moins foncé jusque noire, plus rarement jaune. Ce petit fruit compte environ 50 calories pour 100 grammes. La fleur est généralement blanche.

Il en existe plus de 600 variétés, dont les plus connues sont la Burlat et la Cerise de Montmorency. Les cerises se récoltent de fin mai à mi-août dans l' hémisphère nord.

Variétés

Les variétés de cerises se distinguent par leur goût :

- Sucrées : bigarreaux (Burlat, Reverchon, Van, Napoléon, Cœur de pigeon..) et guignes (noire d'Itxassou, Belle de Mai, Early River...) ; - Acidulées : griottes (Belle de Montmorency, de Kleparow...) ; - Amères : amarelles (Montmorency, Amarena...) ; - Douces : cerises vraies (Impératrice Eugénie, Anglaise hâtive...).

Histoire et étymologie

Le cerisier sauvage ou merisier, Prunus avium est présent en Europe dès l'époque néolithique, comme l'attestent les découvertes archéologiques.

Les cultivars de cerises douces sont très proches des formes du Prunus avium sauvage que l'on trouve dans toute l'Europe tempérée, dans le Caucase et le Nord de la Turquie. Les fruits de ce merisier sauvage sont de la même couleur rouge foncé. Mûrs, ils ont une chair sucrée mais qui peut être amère, sans être acide. Avant d'être cultivées, ces merises sauvages étaient récoltées comme l'attestent les noyaux trouvés sur des sites néolithiques et de l'Âge du Bronze, en Europe centrale.

La culture du cerisier pour ses fruits remonterait au IVe siècle av. J.-C., d'après les traces archéologiques trouvées en Asie Mineure (Caucase, Anatolie). Les premières cultures seraient grecques puis romaines. La cerise aurait été rapportée de Cerasus du Pont à Rome par Lucullus, après sa campagne contre Mithridate.

Jules Verne, dans le roman Kéraban-le-Têtu, fait passer ses héros le long de la mer Noire en direction d’Istanbul, ils traversent alors une ville nommée Giresun où « le cerisier abonde ». L'auteur mentionne le fait que le bois de ces arbres est utilisé également pour faire des pipes.

Les termes français cerise, anglais cherry (issu du normand cherise, avec [z] pris pour un pluriel), espagnol cereza, allemand Kirsche, vieil anglais cirse procèdent tous du latin vulgaire *cerĕsia, issu lui-même du bas latin ceresium pour cerasium, emprunt au grec κερἀσιον / kerásion. La cerise a donné son nom à des villages et à des familles.

En France, le cerisier fut cultivé pour le commerce dès le haut Moyen Âge ; ses fruits délicats et sucrés étaient appréciés, mais aussi son bois, à la texture et à la finesse délicates.

On trouve des cerisiers dans les jardins de l'aristocratie, comme ceux de Marguerite de Flandre au château de Rouvres en 1375 ou ceux de Charles V à l'hôtel Saint-Pol à Paris.

Jean Morelot, de Fontenoy-le-Château, qui rapporta de ses voyages en Asie Mineure des plants de cerisiers, fut anobli en 1585 par le duc de Lorraine ; lui ont été octroyées des armes portant un « cerisier de sinople fruité de gueules ».

Cependant, c’est à Louis XV, qui aimait beaucoup ce fruit, que l’on doit l’optimisation et la culture intensive du cerisier moderne en France.

À l'Époque moderne, des cerisiers sont cultivés près des marchés urbains. Grâce à la sélection de variétés greffées à des merisiers, la période où ils donnent des fruits, seulement fin mai à l'origine, s'étend jusqu'à début juillet désormais. Ces arbres bordent aussi routes seigneuriales et royales. À la fin du XVIIIe siècle, Paris recevrait 7000 à 8000 paniers de cerises par jour de la vallée de Montmorency (cerise de Montmorency).

Si la cerise n'est pas considérée de façon aussi banale que la pomme ou la prune, elle n'atteint pas, à cette époque, le prestige de la poire et de la pêche. Les cerises de Montmorency et de Meudon restent toutefois prisées de la noblesse. Surexploitée, la variété de Montmorency s'abâtardit progressivement jusqu'au XIXe siècle.

Production

La récolte des fruits se fait en général entre fin mai et mi-août, selon les variétés. Il faut généralement compter 45 jours entre la date de floraison et la date de maturité des fruits.

Les ravageurs principaux de la cerise sont la Drosophila suzukii et la mouche de la cerise. La lutte se fait par insecticide ou par traitement biologique (argile blanche, pulvérisation d'ail liquéfié, agent entomopathogène de type Beauveria bassiana).

Production mondiale

En dix ans, la production mondiale de cerises douces a progressé de 17 %. En 2009, la Turquie reste le premier producteur mondial, les États-Unis sont montés au second rang.

Production française

Les premières cerises de l'année viennent systématiquement de la région de Céret (Pyrénées-Orientales) dès le mois de mars et un cageot des premières cerises de l'année est envoyé chaque année au président de la République depuis 1932.

En 2017 la production française est de 39 936 tonnes. La surface cultivée est de 8 009 hectares, soit un rendement de 5 tonnes à l'hectare. Les principaux départements producteurs sont le Vaucluse (13 900 tonnes) le Gard, le Rhône, la Drôme. Le commerce extérieur est déficitaire : 2 664 tonnes produites sont exportées mais 6 404 tonnes sont importées.

Valeurs nutritionnelles

La cerise douce est riche en sucre et assez énergétique. C'est une bonne source de fibres alimentaires et de vitamine C.

Composition phénolique

La cerise douce contient des composés phénoliques qui contribuent à son activité anti-oxydante. On trouve principalement des acides phénols (des acides chlorogéniques, de l'acide férulique et hydroxybenzoïque) et des flavonoïdes (avec une dominance des anthocyanosides).

- Les acides chlorogéniques se trouvent aussi dans les boissons de café robusta ou les prunes avec environ la même teneur que dans la cerise douce et dans les pruneaux, mais avec une teneur double. Ces acides ont une activité antioxydante, anxiolytique (à forte dose) et pourrait jouer un rôle dans la prévention du diabète de type 2. - Les cerises douces et crues contiennent des flavanols (ou catéchines) comme les pommes ou les raisins. Elles contiennent aussi des oligomères et polymères de flavanols, appelés « tanins condensés » ou « proanthocyanidol » mais en quantité relativement modérée comparée aux prunes. Ces molécules ont une activité vasodilatatrice (par activation de l'oxyde nitrique synthase e NOS). - Les anthocyanosides sont des pigments naturels responsables de la coloration rouge, pourpre des fruits. Outre les cerises, on les trouve aussi dans les myrtilles. Le mûrissement des fruits se traduit par un accroissement de la concentration de pigments anthocyanosides et des sucres ainsi qu'une diminution de la concentration des acides. Les pigments anthocyanosidiques diminuent la perméabilité des capillaires et augmentent leur résistance et comme beaucoup de composés phénoliques, ce sont des piégeurs de radicaux libres. - Les flavonols (quercétol et kaempférol) et leurs hétérosides sont des métabolites secondaires des plantes

Il n'y a pas de mesure absolue de l'activité antioxydante des aliments mais diverses méthodes qui, lorsqu'elles sont appliquées à des listes de produits, permettent de faire des comparaisons significatives. Ainsi, le Nutrient Data Laboratory de Beltsville donne dans sa table de 2010, le classement suivant le score ORAC :

Pour l'alimentation

Les cerises se consomment nature, au sirop (amarena), à l’eau de vie, en confiture, en pâtisserie et même en tisane :

- fruit frais, juteux, parfois acidulé ; les plus appréciés sont les bigarreaux, mais certaines variétés supportent mal le transport. La cerise à croquer doit être charnue et brillante, avec un pédoncule bien vert ; - conserves à l’eau-de-vie : ce sont les griottes qui conviennent le mieux à cet usage ; - confitures ; - pâtisserie : tarte, clafoutis, mendiant, gâteau basque, etc. - boisson, par distillation ou macération, pour la préparation du kirsch (Alsace, Franche-Comté), du guignolet (Anjou), du marasquin, ou maraschino en italien (Dalmatie), de la kriek (Belgique) et de la ginjinha au (Portugal).

Il existe aussi des recettes locales :

- macérées au moins un jour dans du vin rouge sucré (recette catalane) ; - macérées au moins trois jours dans du vinaigre (sans les queues) pour accompagner les farces et le gibier, une recette allemande.

Le noyau de la cerise contient de l’amygdaline.

Pour la santé

Les cerises fraîches sont très riches en vitamine C, en vitamine B3 et sont légèrement laxatives. Elles contiennent des sucres (15 g pour 100 g, dont le lévulose), de la pectine (utile pour les confitures).

Le potassium qu’elle contient lui donne des propriétés diurétiques et ses fibres stimulent le fonctionnement intestinal.

Leur teneur calorique reste raisonnable de 65 à 68 kcal pour 100 g.

Les pédoncules, ou queues de cerises, se préparent en décoction et sont utilisées notamment contre l’inflammation des voies urinaires, la cystite, la goutte et l’hydropisie.

Le cerisier appartient à la sous-famille des Prunoïdées (ou Amygdaloïdées) qui élaborent des hétérosides cyanogénétiques (prulaurasoside surtout contenu surtout dans les feuilles et les fleurs, amygdaloside présent surtout dans le noyau), qu'un complexe enzymatique, l'émulsine, décompose en glucose, aldéhyde benzoïque, essence à parfum caractéristique et acide cyanhydrique, ce dernier composé étant violemment toxique. La consommation des amandes de noyaux de cerises est donc dangereuse.

Interdiction de traitement au diméthoate

La France, depuis 2016, l'Italie et l'Espagne ont interdit la vente de produits traités avec du diméthoate, insecticide destiné à lutter contre la mouche de la cerise (drosophila suzukii) qui fait des ravages dans la filière arboricole et particulièrement chez les producteurs de cerises, car les larves de cet insecte détruisent les fruits et les pertes de production peuvent être considérables. Il n'est pas interdit par l'Union européenne et certains pays l'utilisent. Pour éviter une situation de distorsion de concurrence défavorable à ses producteurs, la France interdit en 2019 l'importation et la mise sur le marché de cerises fraîches en provenance de ces pays où l'utilisation du diméthoate est autorisée.

Noms et expressions

Le nom de la cerise désigne, par analogie, d'autres fruits. Il désigne aussi le fruit du caféier, qui contient deux noyaux, et les grains de café, par analogie à cause de leur couleur rouge. On parle aussi de tomate cerise à propos des variétés de tomates à petits fruits.

Cerise peut être un prénom. En France, un arrêt de la 1re chambre civile de la Cour de cassation en date du 10 juin 1981 (connu sous le nom d'arrêt « Cerise ») a rappelé que : « d'après l'article I de la loi du 11 germinal an XI relative aux prénoms et aux changements de nom, peuvent notamment être reçus comme prénoms les noms en usage dans les différents calendriers […] les parents peuvent choisir comme prénoms, sous la réserve générale que dans l'intérêt de l'enfant ils ne soient pas jugés ridicules, les noms en usage dans les différents calendriers » et qu'« il n'existe aucune liste officielle des prénoms autorisés. »

La cerise apparaît dans plusieurs expressions et proverbes. On la rencontre dans plusieurs proverbes français : « avoir la cerise » ou « avoir la guigne », c’est manquer de chance. « Mettre une cerise sur le gâteau », c’est terminer une activité. « C’est la cerise sur le gâteau » signifie (parfois ironiquement) « c’est le petit détail final qui parfait une réalisation ».

Par tradition, dans les bataillons français de chasseurs à pied ou alpins, « bleu cerise » est employé à la place de « rouge » pour désigner cette dernière couleur, sauf dans trois cas : la couleur du drapeau ; l'insigne ou le ruban de la Légion d'honneur ; « les lèvres de la femme aimée ».

En physique, on parle de rouge cerise quand un métal porté à incandescence atteint une température d’environ 900 °C.

Musique

La chanson Le Temps des cerises fut longtemps un symbole révolutionnaire ouvrier fort et, à ce titre, fut longtemps interdite dans de nombreux pays. La Cerise est aussi le titre d'une chanson de Matmathah.

Littérature

L'écrivain et philosophe suisse de langue française, Jean-Jacques Rousseau, consacre un chapitre de son autobiographie intitulée Les Confessions (ouvrage posthume paru en 1782) à un moment particulier de sa vie qu'il intitule « l'idylle des cerises ».

En 1969, l'écrivain français René Fallet publie le roman Comment fais-tu l'amour, Cerise ? chez Denoël. Une œuvre musicale en est tirée : Cerise (comment fais-tu l'amour, Cerise ?), paroles René Fallet, musique Paul Louka, publiée en 1976 chez Babel. Une adaptation théâtrale du roman est créée par la Compagnie XYZ.

Sport

Il existe un sport consacré au cracher de noyau de cerise. Des championnats sont organisés en Suisse et en Europe. Pour la fête annuelle de la cerise de Céret, un pinyodrome est dressé pour le concours amateur de cracher de noyau de cerises, avec régulièrement des lancers de plus de 10 mètres.

- Championnat du monde à Düren (Allemagne). - Concours du cracher de noyau de cerise à Céret.

Calendrier

Le 19e jour du mois de messidor (des moissons) du calendrier républicain / révolutionnaire français est dénommé jour de la cerise, généralement chaque 7 juillet du calendrier grégorien.