Le Denkōroku (japonais : 伝光録?, « Recueil de la transmission de la lumière »), en général attribué à Keizan Jōkin Zenji (1268-1325), est une anthologie de brèves histoires et d'anecdotes sur chacun des cinquante-deux patriarches de la lignée reconnue par l'école zen sôtô comme étant celle des successeurs du bouddha Shakyamuni. L'ouvrage se termine par Dōgen Zenji (1200-1253), qui a transmis au Japon le zen sôtô (qu'il avait ramené de Chine), et son premier successeur, Koun Ejō (1198-1280).
Ces récits rapportent ainsi la transmission du zen, directement après Shakyamuni, entre maîtres et élèves successifs, jusqu'à son introduction au Japon par Dôgen. L'ouvrage relève d'une sorte de genre littéraire appelé Transmission de la lampe dans le ch'an et le zen.
Histoire du texte et genre littéraire
Keizan a pris pour modèle le Keitoku Dentô Roku (chin.: « Ching-te Ch'iian-teng Lu »), une collection de biographies des débuts du zen datant du XIe siècle. Par la suite, l'ouvrage a été publié pour la première fois en 1857. Cependant l'attribution du texte à Keizan n'est pas certaine: l'ouvrage a sans doute été composé après sa mort par ses disciples. Le livre est aussi connu par son titre complet : Keizan oshō denkōroku, « Recueil de la transmission de la lumière par maître Keizan ».
Le Denkōroku fait partie d'un ensemble de textes plus vaste, connus en chinois sous le nom de Chuándēng lù, « Recueils de transmission de la lampe ». Toutefois, le livre de Keizan s'en écarte dans la mesure où il s'agit d'une histoire qui ne prend en compte qu'un seul lignage, présentant uniquement le seul successeur de chaque patriarche, sans donner d'information sur les lignées collatérales.
Patriarches
Le recueil comte cinquante-trois chapitres. Il s'ouvre sur un chapitre consacré au Bouddha Shakyamuni, après quoi vient la série des cinquante deux patriarches qui lui ont succédé. Cette liste comprend vingt-sept maîtres indiens, de Mahakashyapa à Prajnatara; six Chinois, de Bhodhidharma à Huineng; dix-sept successeurs de Huineng (jap. : Enô) dans la tradition chinoise de l'école appelée Caodong (jap. : sôtô), de Qingyuan Xingsi (jap. : Seigen Gyōshi) à Tiantong Rujing (jap. : Tendō Nyojō); et les deux maîtres japonais Dôgen et Ejô.
Structure des chapitres
Chaque chapitre se compose de quatre parties : (1) (honsoku) Brève présentation d'un cas présentant l'expérience d'éveil du patriarche; (2) (kien) une section plus longue avec une brève biographie du patriarche ainsi que des enseignements marquants et des échanges avec des disciples et d'autres maîtres; (3) (teisho) un commentaire en prose par l'auteur de l'ouvrage; (4) un poème conclusif (jakugo), sous forme de gāthā, qui donne une appréciation sur l'ensemble.